Origine des idées socialistes et communistes

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Les idées socialistes, communistes et anarchistes ont une histoire, même si c'est le développement concret du capitalisme et de la lutte des classes qui a créé un besoin et un espace pour ce courant politique.

Les mots « communisme » et « socialisme » signifient étymologiquement la même chose, « socius » signifiant en latin « commun ». Ces sont les utilisations de ces termes par des courants menant des politiques différentes, en particulier à partir du 20e siècle, qu'ils en sont venus à avoir des connotations si différentes.

Antiquité[modifier]

Platon, imagina dans son livre La République une société divisée en trois classes dont les dirigeants mettraient leurs biens en commun. Sparte, ancienne ville grecque du Péloponnèse, a adopté selon Plutarque un régime de communauté de biens au sein de sa classe dirigeante.

16e siècle - Thomas Münzer, Thomas More...[modifier]

Au 16e siècle, la Réforme ébranla l'Eglise catholique, ce qui fut partiellement l'illustration de la lutte de la bourgeoisie naissante face à une noblesse engoncée dans ses privilèges. Mais il y eut une tentative de pousser plus loin ce progressisme avec Thomas Münzer, qui dirigea la Guerre des paysans dans le Sud de l'Allemagne. Il voulait prendre au mot Luther et opérer un retour au christiannisme primitif, abolir la domination et l'inégalité. Ses idées empreintes de passéisme et de religiosité ne sont pas du socialisme, mais s'inscrivaient déjà dans un mouvement contre les possédants.

Dans le domaine littéraire et intellectuel, le livre L'Utopie de Thomas More, qui décrit une société communautaire harmonieuse, aura un grand retentissement sur la pensée émancipatrice. On peut aussi citer un peu plus tard (1602) un écrit utopique du moine Tommaso Campanella, La Cité du Soleil.

17e siècle - Les Niveleurs[modifier]

Pendant la Révolution anglaise, sous la République de Cromwell qui avait fait condamner le roi à mort en 1649, se développa un mouvement minoritaire très radical. Les Niveleurs protestaient contre le fait que la grande majorité de la population était dépourvue de toute propriété. L’un de ces militants, Chamberlen, publia un programme prévoyant la nationalisation des biens du roi, du clergé, des entreprises commerciales, un minimum vital pour tous, la mise au service de la collectivité des biens nationalisés, une politique de grands travaux et l’exploitation des terres en friches sous le contrôle de l’État.

18e siècle[modifier]

La philosophie des Lumières[modifier]

Chacun à sa manière, Diderot, Voltaire, D’Holbach, Helvétius et d’autres, révolutionnèrent le monde des idées avant la Révolution française en soumettant toutes les anciennes théories au crible de leur critique impitoyable. A leurs yeux, la religion, la conception de la nature, l’organisation sociale, tout, devait désormais justifier d’une existence raisonnable ou alors cesser d’exister. Le surnaturel jeté aux oubliettes, les principes découverts par la pensée issue du cerveau humain devaient légitimer désormais toute action, décision, association, etc. Pour ces philosophes, le monde ne s’était jusque là laissé guider que par les préjugés mais le jour se levait, la superstition, l’injustice, le privilège, l’oppression, allaient être balayés par "la Vérité éternelle, la Justice éternelle, l’Égalité fondée sur la Nature, les droits inaliénables de l’homme".

Parmi les auteurs des Lumières, certains considèrent la propriété privée comme une source d'injustice : le curé Meslier, Morelly, Dom Deschamps ou Godwin.

La Révolution français et Babeuf[modifier]

Pourtant, dans les faits, la Révolution française donna naissance à une République bourgeoise qui réalisa non pas la justice et l’égalité éternelle et absolue mais l’égalité devant des lois le plus souvent faîtes pour protéger la propriété des possédants. Bien sûr c’était un immense progrès et le plus grand réalisable pour l’époque. Mais les grandes idées des philosophes étaient venues buter contre les faits économiques et sociaux. La nouvelle société n’était pas la société idéale rêvée par eux de la Justice et de la Raison.

Pendant la Révolution, dans leur lutte contre la noblesse féodale, les révolutionnaires de la bourgeoisie comme Robespierre ont pu se présenter comme des représentants, non pas seulement de leur classe sociale, mais de tous les déshérités et opprimés. C’était vrai, dans une certaine mesure, puisqu’ils étaient en lutte à mort avec les partisans du retour à l’Ancien régime.

Pourtant dès son arrivée au pouvoir, la classe bourgeoise a dû faire face à une classe de travailleurs encore très peu développée mais qui contestait déjà dans la lutte politique, par l’intermédiaire de quelques représentants décidés l’hégémonie de ceux de la bourgeoisie. C’est notamment le cas du premier "communiste", Gracchus Babeuf.

19e siècle[modifier]

Friedrich Engels définissait le socialisme moderne comme l’expression d’une double prise de conscience :

  1. Des conflits existant entre la classe des possédants et celle des non possédants dans la société capitaliste.
  2. De l’anarchie qui règne dans la production capitaliste.

Dès ses débuts, il se rattache, comme continuation et développement, aux idées des philosophes des Lumières notamment celles des philosophes matérialistes du 18e siècle.

Les trois grands utopistes[modifier]

Au début du 19e siècle, se manifestent des penseurs qui sont révoltés par l’organisation capitaliste , généralisée par la Révolution industrielle . Bien que leur critiques du mode de production actuel aient fortement contribué au socialisme, ils avaient en commun de prôner non pas réellement des actions politiques contre le pouvoir existant, mais la création de communautés à l'intérieur du système, pour montrer l'exemple d'une vie harmonieuse et saine. Ce sont principalement Saint-Simon, Owen et Fourier, que l'on appelle les socialistes utopiques .

Blanqui[modifier]

Louis-Auguste Blanqui était un républicain communiste et, pour lui, la république devait aboutir à l'égalité réelle. Il rejettait les chimères des « systèmes sortis tout équipés, de cervelles fantaisistes », marquant par là une rupture avec le socialisme utopique du début du siècle. Mais il faisait l'erreur fondamentale de croire qu'une insurrection de quelques hommes bien préparés suffirait à aboutir à une révolution socialiste, ignorant la nécessité de l'auto-organisation des travailleurs.

Le socialisme scientifique[modifier]

Les socialistes utopistes comme les philosophes des Lumières avant eux, se donnaient pour ambition, non pas de libérer une classe opprimée, mais d’affranchir l’humanité entière, d’établir presque d’emblée une harmonie universelle fondée sur la « Raison » et la « Justice » éternelles en régénérant la société. Marx et Engels, tout en reconnaissant pour leur propre vision du monde l’importance de l’œuvre passée des utopistes et de leurs critiques impitoyables du capitalisme, fondèrent le socialisme moderne en en faisant la théorie défendant les intérêts bien réels de la classe ouvrière en lutte, fondée sur l’étude de l’histoire et de l’économie capitaliste. Ils défendire un matérialisme dialectique, c’est-à-dire une philosophie selon laquelle les contradictions font partie de la vie réelle. On ne peut donc pas abolir les contradictions sociales d’un coup de baguette magique, ou en construisant d’emblée une nouvelle société idéale. Ces contradictions ne peuvent être résolues qu’au travers des conflits réels, des lutte de classe et des révolutions.

On peut noter qu'au 19e siècle, les différents courants du socialisme sont essentiellement nommés par rapport à des fondateurs : saint-simonisme, fourierisme, blanquisme, lassallisme, bakounisme, marxisme... A partir du 20e siècle, quand le mouvement social-démocrate, basé sur le marxisme, devient hégémonique, d'autres adjectifs émergent pour désigner les tendances au sein du marxisme : révisionnisme, économisme, réformisme, maximalisme...

Notes et sources[modifier]