Luttes de classes en Rome antique

De Wikirouge
(Redirigé depuis Rome antique)
Aller à la navigation Aller à la recherche
ClassesAntiques.jpg

La société de la Rome antique est un cas d'étude intéressant d'un point de vue marxiste, car sa longévité et le fait qu'elle ait laissé un nombre conséquent de traces historiques permet d'étudier la lutte des classes et d'y exercer la méthode du matérialisme historique.

1 Origine[modifier | modifier le wikicode]

Mode de production esclavagiste

Pouvoir d’abord lié à l’appartenance aux trois tribus (gens) fondatrices (pères, Patriciens) vs plébéiens. Puis devient de plus en plus lié au revenu monétaire, notamment sous l’Empire où un secteur des patriciens s’allient à des riches plébéiens modérés pour former une « noblesse » fondée sur la richesse.

2 Royauté (-753 à -510)[modifier | modifier le wikicode]

🚧 Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !

A l'origine dans la Rome antique, le rang de noble était primordial (les aristocrates se prétendaient descendants de Romulus...).

3 République (-509 à -27)[modifier | modifier le wikicode]

3.1 Évolutions économiques, sociales et politiques[modifier | modifier le wikicode]

La mise en place de la République est une démocratisation relative sous l'effet de la lutte de classe des plébéiens, qui arrachent des contrepouvoirs.

Entre les 3e et 2e siècles av. J.-C., les plébéiens les plus riches parviennent à obliger l'élite à partager le pouvoir, ce qui aboutit à un suffrage censitaire. Pour être éligible au Sénat, il faut avoir plus de 400 000 sesterces.[1]

Il faut bien noter toutefois que ce processus de démocratisation reposait entièrement sur l'esclavage, et qu'il a même accentué la nécessité du recours à l'esclavage. En effet, la démocratie nécessitant davantage de temps de délibération, ce temps était obtenu par l'exploitation de davantage d'esclaves.

Succès dus à l’assimilation d’élites locales, qui bien vite se considèreront comme Romains.

Economie agricole (avec développement de l'agronomie), mais aussi métallurgie, céramique, travail du verre, mines, tisserands et teinturiers

Les terres sont concentrées peu à peu, par rachat auprès de petits fermiers ou location de plus de terres auprès de l’Etat ou de la municipalité.

Propriété des mines : à l’origine à l’Etat, puis privatisées (contre taxes) vers –IIe s 

3.2 Tentative réformatrice des Gracques[modifier | modifier le wikicode]

La tendance des riches patriciens à concentrer les terres suscita des réactions. La plus connue est celle de ceux que l'on a retenu comme « les Gracques ».

Tibérius Gracchus était un tribun de la plèbe, en partie influencé par les traditions romaines originelles (l'idéal d'une cité de paysans-soldats se considérant comme semblables, et se partageant équitablement le lotissement « colonial ») et en partie par le stoïcisme (Blossius). Il propose alors (-133) la lex Sempronia, loi visant à limiter la grande propriété sur l'ager publicus, et à redistribuer les terres récupérées à la plèbe.

Le Sénat s’est débarrassé de Tibérius, comme plus tard il se débarrassera de son frère Caius. Il n’est pas surprenant que les Gracques soient apparus comme des modèles aux yeux des révolutionnaires bourgeois de 1793, qui voulaient construire une société égalitaire de petits producteurs-citoyens. L’aspect moral de l’aventure des deux frères ne pouvait que les séduire, eux qui étaient nourris de Plutarque, et rêvaient de Rome avant César, alors que César était déjà là.

3.3 Révoltes d'esclaves[modifier | modifier le wikicode]

Peu après l’échec de Tibérius Gracchus, éclatait en Sicile la première grande révolte servile. Elle devait être durement réprimée, ce qui n’empêcha pas un nouveau soulèvement, toujours en Sicile, à la fin du siècle. Enfin, dans les premières décennies du Ier siècle, c’est l’Italie même qui allait être menacée par la grande révolte de Spartacus. Nous sommes très mal informés sur ces grandes révoltes serviles, qui allaient être sans lendemain. Il est frappant qu’elles se soient toutes déroulées dans un laps de temps relativement restreint, ce demi-siècle où se joue le sort de Rome, où s’effondrent les grands royaumes hellénistiques, où certainement l’économie fondée sur le travail servile a atteint son plein développement.

Les révoltés étaient dans leur majorité d’origine orientale, et leurs chefs s’empressèrent de se proclamer « rois » et fondèrent leur autorité sur des critères de nature religieuse. Les révoltés menés par Spartacus semblent animés par un certain égalitarisme, comme le laissent supposer les règles qu’avait établies Spartacus pour le partage du butin. Mais il ne s’agissait pas de contester la légitimité de l’esclavage en lui-même, ni même d'avoir une idéologie précise. Les compagnons de Spartacus et Spartacus lui-même songeaient d’abord à rejoindre leur pays d’origine, et pour ce faire à rassembler autour d’eux tous les mécontents.

4 Empire (-27 à 395 ap. JC)[modifier | modifier le wikicode]

On peut analyser le passage de la République à l'Empire comme une réaction bonapartiste de l'État (réduction du pouvoir du sénat, relation de tribun entre l'empereur et la plèbe, restriction du pouvoir local des cités.…).

Sous l’Empire, les villa (latifundia) deviennent le centre de la vie agricole.

L’extension de l’Empire romain a apporté dans tous les territoires conquis des formes sociales qui se sont imposées : un Etat basé sur des lois, une fiscalité, le contrôle de la monnaie…

Hiérarchie sociale

  • Fonctionnaire : 60 000 – 200 000 sesterces annuels
  • Professeur de rhétorique : 100 000
  • Artisan : 2 000 – 7 000
  • Journalier : 700 – 2 000

Différentes formes de rattachement à l’Empire Romain :

  • Citoyens libres : propres lois, impôts… mais tribut annuel à Rome
  • Cités fédérées : exemptées de tribut, mais doivent envoyer des troupes
  • Cités stipendiaires : vaincus par la guerre. possèdent, mais n’ont pas la propriété du sol.
  • Colonies : cités fondées par Rome ou lorsque la citoyenneté romaine a été donnée

4.1 Transition vers le servage[modifier | modifier le wikicode]

Plusieurs facteurs vont se combiner et engendrer une transition de l'esclavage vers le servage, dit aussi colonat.

  • L'élévation des esclaves vers le statut de serf
  • L'intégration d'immigrés "barbares" (venant de l'extérieur de l'Empire), assignés à des terres
  • L'assignation de paysans libres à des terres

Sous l'empereur Dioclétien, un décret fixe les esclaves à la terre.

5 Chute de l'Empire[modifier | modifier le wikicode]

L'Empire romain a connu une forte expansion par ses conquêtes militaires victorieuses, mais il a ensuite subi des facteurs internes de fragilisation.

Vers -30, l'Empire se stabilise dans la Pax Romana. En conséquence, le nombre d'esclaves diminue avec la diminution des prises de guerre. Cette raréfaction relative des esclaves va avoir pour effet général d'obliger leurs maîtres à les ménager davantage. En particulier, il n'était plus question de les tuer à la tâche ou par punition. Le taux d'exploitation des esclaves étant en baisse, c'est la structure même de la société qui est atteinte. Pour compenser et maintenir le fonctionnement des instutions, les taxes vont être augmentées, ce qui va accroître les difficultés des petits paysans.

Dans l'Empire romain tardif, les conditions de vie étaient très dégradées pour la grande majorité. Les inégalités se sont creusées entre l'élite dirigeante et le reste du peuple. La classe curiale elle-même a fini par être touchée par la dégradation de l'économie.

Ces facteurs de fond ont affaibli les insitutions de l'Empire, ont diminué la motivation des troupes et des citoyens à le défendre. La corruption a gagné du terrain, et les défections de militaires se sont multipliées. Le succès des "barbares" qui ont envahi l'Empire n'est pas tant dû à des qualités militaires particulières, ni essentiellement à une "peur des Huns", mais fondamentalement au délitement de l'Empire. Dans de nombreux endroits, on rapporte que les envahisseurs ont été accueillis avec enthousiasme par les paysans.

Marx dit en passant dans le Manifeste communiste, que la lutte des classes dans l'histoire « finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte. » Selon Chris Haman, l'effondrement de l'Empire romain est un exemple de cette deuxième situation.

6 Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Robinson Baudry, La société romaine et ses élites, Paris, Picard, 2012