Éducation

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L'éducation est l'apprentissage et le développement des facultés intellectuelles, morales et physiques. L'éducation humaine inclut des compétences et des éléments culturels caractéristiques du lieu géographique et de la période historique. La part de l'éducation réalisée dans le cadre de la famille et dans le cadre de la société a également beaucoup varié historiquement (de même que la délimitation entre famille et société). L'éducation est conditionnée par les moyens matériels alloués par la société, et son contenu véhicule nécessairement l'idéologie dominante.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

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Dans les sociétés capitalistes, l'éducation a vu son importance fortement augmenter. La raison matérielle de fond est la complexité croissante de l'appareil productif, qui nécessite des travailleur-se-s toujours plus formé-e-s.

A mesure que se constituaient des marchés du travail (plus exactement : marchés de la force de travail), la nécessité d'une standardisation relative de la formation s'est faite sentir. Pour cette raison, l'éducation a de plus en plus été encadrée voire prise en charge par les Etats bourgeois.

Le fait que la prise en charge se fasse par l'Etat bourgeois a posé question pour le mouvement ouvrier. D'un côté le progrès de l'éducation est de manière générale un progrès social. De l'autre côté, l'Etat peut utiliser l'institution scolaire pour renforcer la domination de la bourgeoisie.

Marx reconnaissait que cela posait une difficulté particulière : d'un côté un bon système d'éducation nécessite un changement des conditions sociales, de l'autre côté un changement des conditions sociales nécessite un bon système d'éducation. La position politique qu'il soutenait dans l'Association internationale des travailleurs était d'établir une supervision par l’État, avec des inspecteurs, mais en laissant la gestion de l'éducation aux communes ou à d'autres organes locaux.[1]

Dans le Capital, Marx dénonce l'absence d'accès à l'éducation des enfants de la classe ouvrière, obligés de travailler. Mais il soutient plutôt une forme d'éducation en alternance avec le travail.

« En consultant les maîtres d'école, les inspecteurs de fabrique reconnurent bientôt que les enfants de fabrique qui fréquentent l'école seulement pendant une moitié du jour, apprennent tout autant que les élèves réguliers et souvent même davantage.

« Et la raison en est simple. Ceux qui ne sont retenus qu'une demi-journée à l'école sont toujours frais, dispos et ont plus d'aptitude et meilleure volonté pour profiter des leçons. Dans le système mi-travail et mi-école, chacune des deux occupations repose et délasse de l'autre, et l'enfant se trouve mieux que s'il était cloué constamment à l'une d'elles. Un garçon qui est assis sur les bancs depuis le matin de bonne heure, et surtout par un temps chaud, est incapable de rivaliser avec celui qui arrive tout dispos et allègre de son travail. »

On trouve de plus amples renseignements sur ce sujet dans le discours de Senior au Congrès sociologique d'Edimbourg en 1853. Il y démontre combien la journée d'école longue, monotone et stérile des enfants des classes supérieures augmente inutilement le travail des maîtres

« tout en faisant perdre aux enfants leur temps, leur santé et leur énergie, non seulement sans fruit mais à leur absolu préjudice ».

Il suffit de consulter les livres de Robert Owen, pour être convaincu que le système de fabrique a le premier fait germer l'éducation de l'avenir, éducation qui unira pour tous les enfants au-dessus d'un certain âge le travail productif avec l'instruction et la gymnastique, et cela non seulement comme méthode d'accroître la production sociale, mais comme la seule et unique méthode de produire des hommes complets. »[2]

« La bourgeoisie, qui en créant pour ses fils les écoles polytechniques, agronomiques, etc., ne faisait pourtant qu'obéir aux tendances intimes de la production moderne, n'a donné aux prolétaires que l'ombre de l'Enseignement professionnel. Mais si la législation de fabrique, première concession arrachée de haute lutte au capital, s'est vue contrainte de combiner l'instruction élémentaire, si misérable qu'elle soit, avec le travail industriel, la conquête inévitable du pouvoir politique par la classe ouvrière va introduire l'enseignement de la technologie, pratique et théorique, dans les écoles du peuple.

Il est hors de doute que de tels ferments de transformation, dont le terme final est la suppression de l'ancienne division du travail, se trouvent en contradiction flagrante avec le mode capitaliste de l'industrie et le milieu économique où il place l'ouvrier. Mais la seule voie réelle, par laquelle un mode de production et l'organisation sociale qui lui correspond, marchent à leur dissolution et à leur métamorphose, est le développement historique de leurs antagonismes immanents. C'est là le secret du mouvement historique que les doctrinaires, optimistes ou socialistes, ne veulent pas comprendre. »

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]