Collectivisme

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Le collectivisme est l'idée de supprimer la propriété privée des moyens de production et les capitaux qu'ils engendrent afin de les remettre à la population. Pour nous, communistes révolutionnaires, le collectivisme est l'objectif central pour aller vers une société où les moyens de production seront utilisés non plus pour la rentabilité capitaliste mais pour, et uniquement, répondre aux besoins de l'humanité.

Exemples historiques[modifier]

Bien qu'il ait eu des périodes historiques (même en dehors de l'époque du capitalisme) de tentatives de collectivisation. Nous nous arrêterons ici à deux grandes périodes significatifs du mouvement ouvrier et du socialisme scientifique : la Commune de Paris et la Révolution Russe.

La Commune de Paris de 1871[modifier]

La Commune de Paris peut-être considérée comme une sorte de prototype de la société socialiste de demain. Bien qu'elle ne resta qu'au stade embryonnaire, il y fut mené une politique concrète de collectivisation. Par exemple, l'atelier de réparation d’armes du Louvre se dote d’un règlement autogestionnaire : chaque atelier élit, pour quinze jours, au conseil de direction, un ouvrier chargé de transmettre les réclamations et d’informer ses camarades des décisions prises. Dans l’orbite des chambres syndicales ou de comités de l’Union des Femmes surgissent de nombreux ateliers coopératifs.

Révolution russe de 1917[modifier]

Après la Révolution d'Octobre, les bolcheviks décrètent l'abolition de la grande propriété foncière sans aucune indemnité (7 novembre), introduisent le contrôle ouvrier (8 novembre) et nationalisent les banques (27 décembre 1917).

Ensuite, peu à peu, au cours de l’année 1918, pour priver la bourgeoisie de ses ressources lors de la guerre civile, le commerce extérieur (2 mai 1918), l'industrie pétrolière (20 juin 1918) puis toute la grande industrie (28 juin 1918) furent nationalisés et intégrés à une planification centralisée.

Selon le numéro 19-20 du Bulletin communiste (première année) du 22 juillet 1920 : « La révolution bolchevik a dépossédé les capitalistes des manufactures, des minoteries, des mines, des terres, des institutions financières et a tout transmis à la classe ouvrière. » et que « la production est, dans chaque usine, dirigée par un Comité de trois membres : un représentant du Comité de Fabrique, un représentant du Comité Exécutif Central des Syndicats et un représentant du Conseil Supérieur de l'Économie populaire. »

Guerre civile espagnole[modifier]

Au cours de la guerre civile espagnole, un vrai processus révolutionnaire eut lieu au sein du prolétariat. Mais il ne réussit pas et ses dirigeants ne cherchèrent pas à acquérir l'hégémonie au sein du camp républicain (antifasciste). Des expériences de collectivisation ont eu lieu dans de nombreux endroits : communes paysannes, larges secteurs de l'économie à Barcelone...

Pourquoi le collectivisme ?[modifier]

La propriété privée des moyens de production (manufactures, meuneries, mines, terres, institutions financières, etc...) soumet toute l’économie à l’impératif d’enrichissement de la classe capitaliste. Et que cela ne peut se faire qu’en organisant l’injustice sociale et la destruction de la planète. Ceux et celles qui n’osent pas remettre en cause la propriété privée des moyens de production se condamnent à n’aménager le capitalisme qu’à la marge sans supprimer ses effets dévastateurs.

Les pays dits « communistes » (staliniens) ont jadis étatisé les moyens de production. L’organisation de la production, de ce qu’il faut produire et de la répartition de cette production était simplement passé de la classe capitaliste à une nouvelle classe sociale parasitaire : la bureaucratie. Le collectivisation des moyens de production, c’est une logique totalement différente de l’étatisation ou de la privatisation.

Le service public englobera toutes les productions et services vitaux pour la population : habitat, éducation, santé, eau, énergie, moyens de communication, transports… Si les objectifs de production seront décidés par les organes démocratiques que se donnera la société, l’organisation du travail au sein de ces services publics appartiendra aux premières et aux premiers concernés : les travailleurs. Personne ne pourra prétendre tirer quelque profit que ce soit de ces activités, mais toutes et tous en bénéficieront à égalité.

Concernant le reste de l’économie – l’économie non « vitale » –, les capitalistes seront expropriés des moyens de production et les entreprises seront ainsi soumises au contrôle des travailleurs. Ils décideront, tant de l’organisation du travail que de la répartition des richesses créées.

Quant à celles et ceux qui travaillent seuls – petits paysans, commerçants et artisans –, si la société les incitera à s’organiser collectivement pour bénéficier de moyens de production plus efficaces, ils et elles feront comme bon leur semblera… du moment qu’ils ne salarient personne. Dans une économie collectivisée, nul ne doit pouvoir tirer profit du travail de quelqu’un d’autre.

La collectivisation des moyens de production fera disparaître la classe capitaliste. Ce n’est qu’alors que la démocratie, jusqu’ici bafouée par les diktats du marché et de la finance, pourra prendre un sens. La société aura alors le pouvoir sur les questions essentielles, l’organisation rationnelle de la production pour satisfaire les besoins de l’humanité tout en préservant la planète.

Nuances de vocabulaire[modifier]

Le sens de collectivisme est aujourd'hui globalement associé à celui de communisme, mais auparavant il existait des nuances.

Ainsi en 1929, Malatesta distinguait, au sein de l'anarchisme, les tendances individualistes (« possession individuelle des moyens de production et disposition intégrale du produit du travail »), collectivistes (« production en commun et répartition et disposition des produits selon le travail de chacun ») et communistes (« production associée et consommation égale pour tous »). Se revendiquant lui-même anarchiste communiste, il écrivait :

« Le collectivisme, dont on ne parle plus guère, est un système intermédiaire qui combine les mérites et les défauts des deux solutions proposées. Peut-être, à cause de cela, bénéficiera-t-il d'une large application, tout au moins dans la période transitoire entre l'ancienne et la nouvelle société. »[1]

Notes et références[modifier]

  1. Errico Malatesta, La propriété après la révolution, publié dans Il Risveglio, 1929