Esclavage

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L'esclavage, travail forcé généralisé, est un rapport de production très fréquemment utilisé dans l'histoire humaine. Il a parfois joué un rôle secondaire dans l'économie (esclavage d'autres clans dans les sociétés patriarcales primitives...), et a été au coeur de la société antique (Rome, Grèce...) et sous une forme proche (servage) de la société féodale.

Esclavage à travers les âges[modifier]

Esclavage antique[modifier]

Les sociétés du monde antique étaient esclavagistes, principalement parce qu'avec la faible productivité du travail qui existait alors, le seul moyen pour une classe de dégager des richesses était l'asservissement d'une autre classe afin de dégager un surproduit.

C'était notamment le cas en Grèce et à Rome, où les esclaves n'était pas là principalement pour servir de domestiques aux riches patriciens, comme l'histoire des vainqueurs tend à le faire croire, mais avant tout pour effectuer les travaux les plus pénibles, dans l'agriculture. Le sud de la péninsule italienne notamment, regroupaient de grandes concentration d'esclaves agricoles, qui furent le foyer des grandes révoltes (Spartacus...).

Esclavage médiéval[modifier]

Durant l'époque médiévale, l'esclavagisme va progressivement disparaître, se subsistuant aux rapports de production féodaux.

Les marchands vénitiens, bien que de religion chrétienne, ne voient pas d'objection à vendre des païens slaves aux musulmans. Venise conserve le souvenir de ce fructueux commerce dans le nom d'un quai célèbre à l'extrémité du Grand Canal : le quai des Esclavons (nom sous lequel étaient désignés à l'époque les Slaves). C'est l'époque où, dans les langues occidentales, le mot « esclave » ou « slave » se substitue au latin « servus » pour désigner les travailleurs privés de liberté.[1]

"Esclavage industriel"[modifier]

Dans la société bourgeoise, l'esclavage a laissé place à la forme plus complexe du salariat. Mais dans ce domaine, cela n'a rien eu d'une révolution soudaine. Au contraire, l'esclavage a été une base de l'accumulation primitive du capital. Quand l'industrialisation était encore au début de son développement, une division internationale a pu perdurer entre des États esclavagistes fournissant les matières (quasi-)brutes, et les "États libres" orientés vers la production de biens manufacturés.

En 1847, Marx écrivait dans Misère de la philosophie à propos de "l'esclavage des noirs dans le Surinam, dans le Brésil, dans les contrées méridionales de l'Amérique du Nord" :

« L'esclavage direct est le pivot de l'industrie bourgeoise aussi bien que les machines, le crédit, etc. Sans esclavage, vous n'avez pas de coton ; sans le coton, vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donné leur valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont créé le commerce de l'univers, c'est le commerce de l'univers qui est la condition de la grande industrie. Ainsi l'esclavage est une catégorie économique de la plus haute importance. Sans l'esclavage, l'Amérique du Nord, le pays le plus progressif, se transformerait en pays patriarcal. Effacez l'Amérique du Nord de la carte du monde, et vous aurez l'anarchie, la décadence complète du commerce et de la civilisation modernes. Faites disparaître l'esclavage, et vous aurez effacé l'Amérique de la carte des peuples. Aussi l'esclavage, parce qu'il est une catégorie économique, a toujours été dans les institutions des peuples. Les peuples modernes n'ont su que déguiser l'esclavage dans leur propre pays, ils l'ont imposé sans déguisement au nouveau monde. »[2]

Ou encore, dix ans plus tard :

« L'esclavage des Noirs, esclavage purement industriel, est supposé par la société bourgeoise, bien qu'au cours de son développement, il devienne insupportable à celle-ci et disparaisse ; en effet, sans les États libres pratiquant le salariat, les pays esclavagistes isolés verraient bientôt leurs structures sociales retourner aux formes précivilisées. »[3]

Ou encore, dix ans plus tard :

« La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore.  »[4]

Notes et sources[modifier]