Utopia

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L'Utopie.gif

L'Utopie est un livre de Thomas More, écrit en 1516. Ce grand humaniste y expose sa vision d'une société harmonieuse, qui contient en creux de vives critiques de la société moderne. Il est un des penseurs qui ont contribué à l'émergence, ultérieure, du socialisme moderne.

More a par là même créé le terme d'utopie.

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

Thomas More était un homme politique anglais, savant, avocat, archevêque de Canterbury. Il fit une brillante carrière politique, devint grand chancelier en 1529 mais en 1535, il fut jugé pour haute trahison et décapité. En effet, c’était un catholique sincère et il refusait la rupture de la monarchie anglaise avec le pape ( le Parlement avait décidé de faire du roi le chef de l’Église anglaise ). Il fut élevé au grade de Saint dans les années 1930.

L'Utopie[modifier | modifier le wikicode]

Dans ce livre, More se propose de relater le "discours du très excellent homme Raphaël Hithloday sur la meilleure constitution d'une république" sur l'île d'Utopie. C'est un pays de nulle part : une île fortifiée née du naufrage d’un navire romain trois siècles avant J.-C. Utopie est ainsi (étymologiquement aussi) une île grâce à laquelle More peut exposer librement sa vision d'une société communautaire harmonieuse.

Aspects progressistes[modifier | modifier le wikicode]

Thomas More imagine une organisation sociale en opposition franche avec celle qu'il connaît, et proche des idées socialistes sur bien des points : l'argent est aboli, le travail réparti et limité au nécessaire, les richesses partagées, les citoyens disposent de temps libre, d'une éducation libre et gratuite à tout âge... La société y est régie par un système politique démocratique avec des sénateurs élus et la propriété privée n’y existe pas.

"En Utopie, l'on ne se sert jamais d'espèces monnayées dans les transactions mutuelles. [...] L'or et l'argent n'ont pas, en ce pays, plus de valeur que celle que la nature leur a donnée." "Il ne faut pas croire que les utopiens s'attellent au travail comme des bêtes de somme depuis le grand matin jusque bien avant dans la nuit. Cette vie abrutissante pour l'esprit et pour le corps serait pire que l'esclavage. Tel est cependant partout ailleurs le triste sort de l'ouvrier!" "Six heures sont employées aux travaux matériels".[1] "On me dira peut-être : six heures de travail par jour ne suffisent pas aux besoin de la consommation publique [...] réfléchissez au nombre de gens oisifs [...] les femmes [...] cette foule immense de prêtres et de religieux fainéants. Ajoutez-y tous ces riches propriétaires qu'on appelle vulgairement nobles et seigneurs [...] Considérez aussi combien peu de ceux qui travaillent sont employés en choses vraiment nécessaires. Car, dans ce siècle d'argent, où l'argent est le dieu et la mesure universelle, une foule d'arts vains et frivoles s'exercent [...]"

More est aussi très pragmatique dans de nombreux domaines : liberté de religion, légalisation de l'euthanasie...

Limites[modifier | modifier le wikicode]

Par d'autres côtés, More reste un individu élevé dans l'ordre et la morale, notamment religieuse. Par ailleurs, sa conception de l'égalité est parfois franchement liberticide.

"L'adultère est puni du plus dur esclavage. [...] La récidive en adultère est punie de mort." "Quand les condamnés esclaves se révoltent, on les tue comme autant de bêtes féroces et indomptables que la chaîne et la prison ne peuvent contenir."

Le suicide est un déshonneur, les villes et les habits sont uniformes, le divorce est possible mais soumis à l'accord des sénateurs...

La libre circulation des citoyens est interdite au nom du devoir d'avoir une vie transparente...

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

L'Utopie en ligne.

  1. Rappelons qu'à son époque, ouvriers et cultivateurs se tuaient à la tâche en moyenne de 5 heures du matin à 7 heures du soir.