Chômage

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Le chômage est la situation d'un-e travailleur-se privé-e d'emploi. Le chômage de masse est devenu un fléau de la classe laborieuse dans le système capitaliste.

Définition[modifier]

Générale[modifier]

Le chômage est une des faces de la condition de prolétaire : lorsque l'on est obligé de vendre sa force de travail pour avoir un revenu, on n'est pas assuré de trouver un employeur qui en veuille ! Pour nous communistes, le chômeur est donc un travailleur (au sens de membre de la classe travailleuse) privé d'emploi. Bien sûr, la limite est parfois floue, surtout avec l'avancée de la précarité : un-e travailleur-se contraint-e au temps partiel parce qu'il-elle ne trouve pas d'emploi à temps complet peut être considéré-e comme en partie ou pleinement au chômage. On parle aussi de chômage partiel lorsqu'un patron force ses salariés à accepter de travailler moins pour gagner moins, ce qui lui permet de perdre moins de profits lors d'une baisse d'activité. Plus généralement, il faut prendre en compte le sous-emploi pour voir l'ampleur du chômage.

Les organismes de statistiques utilisent ensuite différentes définitions plus complexes, qui répondent à des enjeux variés. Par exemple des organismes comme l'OCDE cherchent à établir des définitions permettant la comparaison entre les différents pays industrialisés pour prendre leur pouls. Des organismes gouvernementaux eux ont plus souvent pour objectif de faire diminuer artificiellement les chiffres du chômage en prenant des définitions restrictives.

Au sens du BIT[modifier]

En application de la définition internationale adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :

  • être sans emploi, c'est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, durant une semaine de référence
  • être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours
  • avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

Causes et effets du chômage[modifier]

Le chômage est une conséquence du fait que le capitalisme puise dans la force de travail disponible selon ses besoins, mais qu'il n'a fondamentalement aucune raison d'utiliser tous les travailleur-se-s. Les chômeur-se-s font partie de la classe ouvrière, ils et elles sont des "travailleur-se-s privé-e-s d'emploi, qui constituent "l'armée de réserve" du capital.

Effet de la croissance[modifier]

En période de croissance économique (accumulation du capital rapide), des nouveaux investissements engendrent de nouveaux emplois. Si les créations d'emploi sont plus rapides que l'augmentation de la population, le taux de chômage diminue. Si le taux de chômage frôle le zéro (situation de plein emploi), la loi_de_l'offre_et_de_la_demande favorise la hausse des salaires (travailleur-se-s en bonne position pour négocier), ce qui est facteur de baisse des taux de profits, donc paradoxalement de ralentissement de la croissance.

En période de crise économique, le capitalisme expulse du marché du travail beaucoup plus de gens. L'armée de réserve fait pression à la baisse sur les salaires (travailleur-se-s obligé-e-s d'accepter les conditions patronales) ; cet effet peut cependant être freiné par des dispositions légales (salaire minimum) ou des conventions collectives.

Les économistes bourgeois appellent cette relation entre croissance et chômage la loi d'Okun.

Le chômage n'est donc pas un accident de parcours dans le système actuel. Mettre fin au chômage signifie implique de rompre avec les rapports d'exploitation capitalistes, par l'expropriation et l'autogestion des entreprises par les travailleur-se-s, hors de la concurrence pour le profit. Cela permettrait de faire le choix délibéré de partager le travail : embaucher des chômeur-se-s et diminuer le temps de travail.

L'effet du machinisme[modifier]

Les machines permettent d'augmenter la productivité du travail humain. Par conséquent, pour réaliser une même quantité de valeur d'usage (un nombre de marchandises donné), le temps de travail nécessaire diminue.

Les capitalistes qui ont investi et obtiennent ce gain ont alors deux options :

  • réduire le nombre de travailleur-se-s (licencier) et produire autant
  • maintenir le nombre de travailleur-se-s et produire plus

Produire plus est possible pour une entreprise qui gagne des marchés sur ses concurrentes, mais dans ce cas son gain est une perte pour elles. Produire plus est aussi possible globalement lorsqu'il y a de la croissance et donc que le pouvoir d'achat des travailleur-se-s augmente. Dans le cas où la croissance est nulle ou s'il y a récession, chaque gain de productivité détruit directement des emplois (d'où par exemple les réactions comme le luddisme). L'effet du machinisme sous le capitalisme est donc la destruction d'emploi, mais il est parfois contrebalancé par l'effet de la croissance.

Cet effet du machinisme couplé à d'autres effets engendre des difficultés théoriques pour des auteurs non marxistes[1].

Dans une société communiste, il serait possible d'utiliser les gains de productivité pour diminuer le temps de travail sans licencier.

Chiffres[modifier]

Premières mesures[modifier]

En général, c'est vers la fin du XIXème siècle que le taux de chômage a vraiment commencé à être comptabilisé. Un des facteurs qui fausse les mesures anciennes est qu'une grande partie de la population n'était pas dans la classe ouvrière, donc le nombre de chômeurs rapporté à la population totale sous-estime le chômage. Il peut être intéressant d'observer le nombre de chômeurs rapporté aux salariés non agricoles. Ces deux indicateurs convergent au fur et à mesure de la prolétarisation de la paysannerie, par exemple aux Etats-Unis ils sont confondus depuis les années 1960.

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Crise des années 30[modifier]

Suite à la crise de 1929, le taux de chômage a atteint 24,9 % aux Etats-Unis. En Allemagne il était de 25 % en 1932.

Le taux de chômage était moins élevé en France, essentiellement parce que le pays était encore très rural comparé aux autres pays impérialistes : ce n'est qu'en 1931 que la population urbaine déépasse les 50%.

Trucage des chiffres[modifier]

Dans les grandes puissances, les politiciens de la classe dominante ont réussi à stabiliser la démocratie bourgeoise, mais pour légitimer celle-ci, il est d'usage de les juger sur les "performances économiques" ou "la situation sociale" dont le chômage est un élément clé. C'est ce qui explique principalement que dans beaucoup de pays diverses réformes des statistiques aient été faites pour "atténuer" les chiffres du chômage.

Aux Etats-Unis, depuis 1940, le taux officiel (dit U3) ne comprend plus les "chômeurs découragés". Le taux de chômage comprenant les chômeurs découragés (dit U6) est toujours calculé, mais beaucoup moins mis en avant. Pourtant, depuis l'aggravation de la crise, ce taux augmente plus vite que le taux officiel.

Voir aussi cet article : http://critiqueofcrisistheory.wordpress.com/the-september-2012-unemployment-numbers-and-the-surplus-population/

En France, un collectif nommé ACDC pour "les Autres Chiffres Du Chômage" s'est monté pour souligner l'écart entre le chiffre officiel et le chômage réel suite à différentes réformes du calcul.

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Crise actuelle[modifier]

L'une des conséquences de la crise actuelle à l'échelle internationale et particulièrement dans les pays industrialisés a été une forte augmentation du chômage de l'ensemble de la population. Aujourd'hui dans la zone Euro, le chômage évolue entre 4 % en Autriche et 21 % dans l'Etat Espagnol. Dans des pays du centre de l'Europe comme la France, le taux de chômage est de 9,7 %. Cela représente plus de 4 millions de chômeurs en France dont la durée moyenne de maintien en période de chômage est de 444 jours (source Eurostat et Gecodia). Aux Etats-Unis, toujours selon les chiffres officiels, le taux de chômage s'établit à un peu plus de 9 %.

L’Organisation Internationale du Travail compte 212 millions de chômeurs dans le monde fin 2009.

L'augmentation importante du chômage que nous connaissons aujourd'hui est bien une conséquence de la crise. En France, on établissait le taux de chômage fin 2007 et jusqu'au deuxième trimestre de 2008 à environ 7,8 %. Il y a donc une augmentation de 2 points depuis le début de la crise, selon les chiffres officiels.

Le chômage n'est pas qu'une masse de salarié-e-s sans emploi, c'est souvent des situations de vraie urgence sociale. En France, on estime que le chômage tue entre 10 000 et 20 000 personnes par an[2]. Par ailleurs, le chômage diminue très rapidement les réserves des prolétaires : d'après l'INSEE, 5 ans de chômage font chuter de 20% le patrimoine en moyenne.

Chômage des jeunes[modifier]

Article détaillé : Chômage des jeunes.

Du point de vue de l'emploi, les jeunes cherchant du travail sont particulièrement utilisés comme variables d'ajustement, puisqu'ils n'ont pas encore de contrat stable. Les différentes mesures de précarisation prises en tentées (CPE) ces dernières décennies dans les différents pays visent à accroître encore le pouvoir des patrons d'exploiter cette main d'oeuvre.

Indemnisation du chômage[modifier]

Article détaillé : Assurance chômage en France.

Théories[modifier]

Le chômage impossible[modifier]

Les plus grands zélateurs du capitalisme ont une position simple : le chômage est structurellement impossible, ou alors c'est un dysfonctionnement temporaire dû à un problème monétaire...

Au début du XXème siècle, c'est ce que concluait Walras avec ses équations d'équilibre. Une société fondée sur la libre concurrence tendrait automatiquement vers le plein emploi, avec seulement un faible "chômage de friction" (le temps que les ajustements se fassent, que tel travailleur licencié retrouve un emploi, etc...).

Mais la fin de la Belle-Époque allait démentir brusquement ces thèses. En particulier, Keynes avait devant les yeux l'exemple de l'économie britannique entre 1918 et 1938, où pendant 20 ans, environ 10% de la classe ouvrière était restée sans emploi. L'équilibre pouvait donc bien coïncider avec le chômage massif ; il devait y avoir une faille dans l'explication théorique académique.

Idéologies et perception du chômage[modifier]

Le chômage reste globalement très mal vu, comme une situation dégradante. Deux jugements dominants cohabitent :

  • la pitié, qui consent à accorder des indemnités aux chômeur.ses
  • la culpabilisation, qui prétend que le chômage est avant tout la responsabilité des chômeur.ses fainéant.es, et qui conduit à conditionner le droit aux indemnités

Une minorité de personnes inversent la perspective, et valorisent le temps libre permis -en théorie- par le chômage. Cela va souvent de pair avec l'idée que la réducation du temps de travail devrait être un but, et pas une conséquence subie. Par exemple l'auteur de science-fiction Arthur C. Clarke écrivait : « Le but du futur est le plein chômage, ainsi nous pourrons jouer. »

D'autres se plaisent à provoquer la morale bourgeoise, comme le groupe punk Les Cafards avec son titre « Chômage pour tous ! ».

Certains militant.es en viennent à préconiser le chômage (souvent associé à la sobriété volontaire ou à la débrouille) comme échappatoire individuel, et parfois à mépriser le/la travailleur.se moyen.ne qui vit sa vie aliénée de « métro-boulot-dodo ». Même si la réaction est compréhensible, cette attitude est, pour les communistes révolutionnaires, du gauchisme.

Notes et sources[modifier]