Mode de production

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Le mode de production d'une société est la façon dont elle produit ses biens (nourriture, vélos, chaises, santé, éducation...).

Le mode de production est la résultante des forces productives et des rapports sociaux de production.

Généralités[modifier]

Forces productives et rapports de production[modifier]

Les forces productives (les travailleurs associés aux moyens de production) sont les premiers acteurs de la production. Dans une société donnée, les forces productives tendent à croître sur le long terme : plus de travailleurs occupés sur plus de moyens de production... Ces forces productives se déploient au sein de rapports de production donnés (esclavagisme, servage...).

Au delà d'un certain seuil, les forces productives entrent en conflit avec les rapports de production, qui les freinent désormais. Un changement dans les rapports de production peut avoir lieu : les bases économiques d'une époque de révolution sont là. Si ce changement dans les rapports de production a lieu, il engendre à son tour plus ou moins rapidement une transformation de l'ensemble de la société.

Plusieurs rapports de production peuvent coexister, non seulement dans le temps et dans des régions ou pays différents, mais également au sein d'un même pays (ce qui donne ainsi naissance à des formation sociales et économiques hybrides, avec des dominantes de tel ou tel mode de production, ex: société capitaliste semi-féodale,etc.).

Mode de production[modifier]

Un mode de production stabilisé, c’est un ensemble de rapports de production avec une superstructure correspondante, qui se reproduisent plus ou moins automatiquement par le fonctionnement même de l’économie, par le jeu normal de la reproduction des forces productives. Ce fut le cas, pendant des siècles, dans de nombreux pays, du mode de production esclavagiste, féodal, capitaliste. Ce fut le cas, pendant des millénaires, du mode de production du communisme tribal. Un mode de production est, dans ce sens, une structure, qui ne peut être fondamentalement modifiée par évolution, adaptation ou auto-réforme sa logique interne ne peut être dépassée que s'il est renversé.

En revanche, dans des périodes historiques de bouleversements sociaux profonds, on peut connaître des ensembles de rapports de production qui n'ont pas la nature d'un mode de production stabilisé. Un exemple typique est celui de l'époque de prédominance de la petite production marchande (15ème, 16ème siècles dans les Pays-Bas, en Italie du Nord, puis en Angleterre) ou ne prévalent ni les rapports entre seigneurs et serfs, ni ceux entre capitalistes et salariés, mais bien ceux de producteurs libres ayant directement accès à leurs moyens de production.

L'enchaînement entre les différents modes de production n'est pas mécanique ni linéaire - même si le champ des possibles n'est pas infini. Dans ces sociétés de transition, les rapports de production hybrides ne sont pas des structures qui s'auto-reproduisent plus ou moins automatiquement. Ils peuvent conduire soit à la restauration de l'ancienne société, soit à l'avènement d'un nouveau mode de production. Cette alternative historique est tranchée par un ensemble de facteurs, ou interviennent notamment l'essor suffisant ou insuffisant des forces productives, l'issue de la lutte de classes dans le pays donné et à l'échelle internationale, le jeu d'éléments superstructurels et subjectifs (rôle de l'Etat, niveau de combativité et de conscience de classe révolutionnaire, etc.).

Formation économique et sociale[modifier]

Lorsqu'il s'agit d'analyser une société concrète, à une époque déterminée, par exemple l'Angleterre en 1780, Marx emploie le terme de formation sociale et économique, qui renvoie à une complexité bien plus grande que le schéma général de mode de production.

Néanmoins, le matérialisme historique est une méthode qui s'efforce d'abstraire des déterminations dans le flot complexe de l'histoire. Dans cette optique, étudier le mode de production est important car c'est la base même de la société, son infrastructure :

« Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie sociale, politique et intellectuelle en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience.»[1]

Modes de productions[modifier]

Dans la préface de son œuvre Critique de l'économie politique(1859)[1], Karl Marx affirme que « les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d'époques progressives de la formation sociale économique ».

On aurait donc la succession des modes de production suivants :

Marx a cependant indiqué plus tard qu'il avait étudié le cas de l'Europe occidentale et qu'il ne considérait pas qu'il y ait un schéma unique de succession des modes de production.

« Ce n’est pas assez pour mon critique. Il se sent obligé de métamorphoser mon esquisse historique de la genèse du capitalisme en Europe occidentale en une théorie historico philosophique de la marche générale imposée par le destin à chaque peuple, quelles que soient les conséquences historiques où il se trouve, de façon à ce qu’il puisse ultimement parvenir à la forme d’économie qui assurera avec la plus grande expansion des pouvoirs productifs du travail social le développement le plus complet de l’homme. Mais je lui demande pardon. C’est me faire trop d’honneur et trop de honte. »[2]

Il faut noter cependant que le mode de production asiatique est controversé. Marx le signale sans l’approfondir, comme d’autres modes de production (tribal, vieux slave, nomade...).

En URSS, malgré quelques périodes de débats, le dogme était une progression en cinq étapes : communauté primitive, esclavagisme, féodalisme, capitalisme et communisme.

On ne saurait donner des datations précises.

« Pour les époques historiques, comme pour les époques géologiques, il n'y a pas de ligne de démarcation rigoureuse. »[3]

Il existe de nombreux débats entre marxistes au sujet de la dynamique de ce schéma : comment se déroulent les transitions ? la succession des différents modes a-t-elle été une nécessité historique ?

Décadence ?[modifier]

Une polémique existe au sujet de la vision selon laquelle les modes de production connaîtraient, comme des organismes, des phases de décadence. Le schéma de la décadance ne semble clairement pas pouvoir être retenu.

« il y a plusieurs manières pour un mode de production donné de disparaître. Celui-ci peut vivre une période de décadence avant de disparaître définitivement, comme cela fut le cas pour l'Empire Romain, une des variantes des formes secondaires. Il peut aussi subsister sans se développer pendant des siècles comme ce fut le cas pour les formes asiatiques, autrs variantes des formes secondaires. Il peut aussi être battu en bèche en son propre sein par une forme de production montante jusqu'à ce que le mouvement qualitatif se transforme en saut qualitatif et que la novuelle forme renverse l'ancienne. C'est le cas du féodalisme qui donne naissance au mode de production capitaliste. »[4]


A creuser[modifier]

L'exemple des Ibères[modifier]

Mode de production patriarcal / tribal

« Clientèle » : vassalité

Agriculture majoritairement, mais aussi poterie, métallurgie, textile, mines/carrières, sel.

Surtout, la différence majeure que l’on peut observer par rapport aux sociétés précédentes, c’est la rechercher d’un surplus et l’accumulation par une classe dominante. Par le commerce, la classe dominante pouvait échanger des surplus agricoles ou de minerais contre des articles de prestige (céramiques grecques, bijoux phéniciens…).

Notes et sources[modifier]

  1. 1,0 et 1,1 Karl Marx, Critique de l'économie politique - Préface,1859
  2. Lettre à l’éditeur de Otétchestveniye Zapisky, fin 1877, en réponse à un des dirigeants du parti socialiste des narodniki Russes
  3. Karl Marx, Le Capital, Livre I, IV° section, Chapitre XV
  4. http://www.robingoodfellow.info/pagesfr/archives/rimcfr/Rimc11_3.htm