Idéalisme

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L'idéalisme revêt à la fois un sens courant, de rêveries utopiques, et un sens philosophique, désignant les doctrines qui font préexister des Idées (dont les idées religieuses et (les) Dieu(x) peuvent être une forme) à la réalité matérielle.

Le courant de pensée qui s'oppose frontalement à l'idéalisme est le matérialisme, dont une branche a donné le marxisme.

Exemples d'idéalismes[modifier]

Socratisme / Platonicisme[modifier]

C'est le courant de pensée théorisé par Socrate et plus tard ses adeptes (comme Platon). Ils s'opposent à la conception théologique de l'histoire, prônent l'ouverture d'esprit (allégorie de la caverne).

Religions[modifier]

Les religions sont des systèmes de croyances en une ou plusieurs entités supranaturelles. Selon la plupart des doctrines religieuses, la ou les divinités interviennent directement sur le cours du monde (miracles, punitions divines...) et de l'histoire (conception théologique de l'histoire).

Idéalisme historique[modifier]

Article détaillé : Idéalisme historique.

Rejetant l'intervention de Dieu dans l'histoire concrète des hommes, Voltaire et la plupart des philosophes du siècle des "Lumières" expliquent l'évolution historique et ses événements par l'évolution des idées, des moeurs ou de l'opinion des hommes eux-mêmes qui prévaut à telle ou telle époque. Ainsi, pour Voltaire, la chute de l'Empire romain n'est pas du à une punition divine, mais bien aux moeurs de l'époque (et donc à la religion chrétienne) qui empêchèrent une résistance efficace face aux invasions "barbares". D'autres philosophes tels d'Holbach et Helvétius, malgré une interprétation matérialiste de la nature (où ils rejetaient toute intervention de l'idée ou de dieu), étaient par contre également idéaliste en ce qui concerne l'histoire de l'humanité. Pour ces derniers, c'est l'ignorance ou les qualités intellectuelles des hommes qui expliquent l'évolution historique. Ainsi, toutes ces conceptions de l'histoire se ramène à ceci : l'histoire à ses différentes époques s'explique par ce que les hommes pensent, par leurs idées, leur religion, leur capacités ou leur manque de capacités intellectuelles.

Idéalisme des jeunes hégéliens[modifier]

Marx et Engels sont issus du courant des « jeunes hégéliens » qui tentent de faire une lecture subversive de la pensée de Hegel dans l'Allemagne des années 1830. Mais ils vont progressivement s'approprier le matérialisme (notamment via Feuerbach, mais en allant plus loin que ce dernier), et faire une critique radicale de l'idéalisme qui règne chez les jeunes hégélien comme dans toute la philosophie allemande. Ils développent cette critique dans L'idéologie allemande (1844) :

« Naguère un brave homme s'imaginait que, si les hommes se noyaient, c'est uniquement parce qu'ils étaient possédés par l'idée de la pesanteur. Qu'ils s'ôtent de la tête cette représentation, par exemple, en déclarant que c'était là une représentation religieuse, superstitieuse, et les voilà désormais à l'abri de tout risque de noyade. Sa vie durant il lutta contre cette illusion de la pesanteur dont toutes les statistiques lui montraient, par des preuves nombreuses et répétées, les conséquences pernicieuses. Ce brave homme, c'était le type même des philosophes révolutionnaires allemands modernes.  »[1]

Bibliographie de référence[modifier]

  1. K. Marx - F. Engels, L'idéologie allemande, écrit en 1844