Parti ouvrier social-démocrate de Russie

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Le Parti ouvrier social-démocrate de Russie, ou POSDR (Российская Социал-Демократическая Рабочая Партия, РС-ДРП), était la section russe de l'Internationale ouvrière. Fondé en 1898, il se divise dès son 2e congrès (1903) en deux fractions durables : les bolcheviks et les mencheviks. Le parti bolchevik devient par la suite le Parti communiste de l'Union soviétique.

1 Les origines[modifier | modifier le wikicode]

1.1 Le populisme russe[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir : Populisme russe.

Au 19e siècle, le mouvement de contestation dominant est le mouvement narodnik (« populiste »). Ils s'opposaient à la tyrannie du tsarisme et défendaient en même temps une sorte de socialisme utopique. Il s'agissait principalement de membres de l'inelligentsia, souvent très dévoués, mais sans réelle stratégie révolutionnaire (certains ont misé sur l'éducation, d'autres sur des appels au soulèvement des paysans...). Ils ont formé différentes organisations, dont la principale fut Volonté du Peuple (Narodnaïa Volia). qui mène des attentats vers la fin du 19e siècle.

Les narodniks tuent le tsar avec une bombe en 1881

L'influence du marxisme en Russie est assez tardive, mais profonde. En 1872, la traduction du premier tome du Capital est achevée par deux émigrés, Lopatine et Danielson (travail repris en 1907 par Bazarov). La censure tsariste estimant que ce texte “scientifique” trop dense sera peu lu en Russie autorise sa diffusion, laquelle constitue ainsi tant la première traduction du Capital que la première publication de l'ouvrage de Marx à l'étranger. Or, contrairement aux attentes des censeurs, Le Capital va connaître un grand succès en Russie (les 3000 exemplaires sont écoulés en une année), et engendrer des discussions passionnées dans les milieux radicaux russes, ainsi que des polémiques acharnées sur les “destinées du capitalisme en Russie”, selon le titre de l'ouvrage publié en 1882 par Vorontsov, économiste narodnik.

Signalons également l'existence de deux organisations qui n'étaient pas encore marxistes mais qui étaient les premières à faire de la classe ouvrière leur sujet politique : l'Union ouvrière du Sud de la Russie (1875) et l'Union ouvrière du Nord de la Russie (1878).[1]

En 1883, la première cellule marxiste russe, Libération du Travail, est formée à Genève par d'anciens populistes : Plekhanov, Axelrod, Zassoulitch, etc. Une grande partie de l'intelligentsia sera gagnée au marxisme au tournant du 20e siècle, mais le populisme restera un courant influent jusqu'au début des années 1920. Des populistes constituent en 1901 le Parti socialiste-révolutionnaire (SR). Les partis seront aussi beaucoup désignés par les diminutifs эсер (« essère », S-R) et эсдек (« essdek », S-D).

C'est en luttant contre les conceptions des populistes que se sont formés les marxistes russes, autour de publications comme Nos différends (1885)[2] de Plékhanov ou Le développement du capitalisme en Russie (1899)[3] de Lénine. En 1898, Trotski reprend un le chant de la Trique (Doubinouchka), création des populistes sur la paysannerie, et le transforme en chant de la Machine (Machinouchka), sur les ouvriers[4].

Cependant des nuances commençaient déjà à être perceptibles entre Lénine et son mentor Plekhanov. Par exemple lorsque Lénine critique fermement les bourgeois libéraux en 1894[5], Plekhanov lui reproche d'être trop dur avec eux.[6] Lénine était aussi moins objectiviste que Plékhanov, qui lorsqu'il polémiquait avec le volontarisme narodnik, écrivait que les causes du développement historique « n’ont rien à voir avec la volonté et la conscience humaines ».

1.2 Premiers cercles ouvriers et marxistes[modifier | modifier le wikicode]

Plékhanov, considéré comme le père du marxisme russe

Dans les années 1880, des cercles ouvriers se formaient dans les villes industrielles, souvent éphémères en raison de la répression. Ils étaient souvent dirigés par des étudiants ou intellectuels marxistes.

En 1884, un petit groupe dirigé par Blagoïev écrivit au groupe de Plékhanov : « Nous sommes parvenus à la conclusion qu’il y a beaucoup en commun entre nos opinions et celles du Groupe Liberté du Travail ». Se soumettant à l’opinion de leurs « camarades étrangers, qui ont bien plus de préparation littéraire et une plus grande expérience révolutionnaire », ils demandaient la mise en place de relations régulières, l’envoi de littérature, et une discussion sur des points du programme, et ils promirent de fournir des fonds. Après une année de collaboration, à l’hiver de 1885-86, le groupe de Blagoïev fut anéanti par la répression.[6]

Un autre groupe, appelé le cercle Totchisky, veut une courte existence en 1888. En 1889 apparaissait le groupe Brousnev, du nom de son dirigeant, un ingénieur. Parmi les membres de ce groupe se trouvait un certain nombre d’ouvriers de premier plan comme Bogdanov, Norinsky, Chelgounov et Afanassiev. Il cessa d’exister après les interventions policières de 1892.

En 1888, Lénine participa à un cercle socialiste à Kazan, constitué de quelques étudiants qui lisaient ensemble et échangeaient leurs idées sur ces lectures. Le cercle le plus important de Kazan était celui dirigé par le marxiste Fédosséïev. Lénine participa ensuite à un petit cercle à Samara, où il diffusa notamment un texte qui montre son cheminement de l'époque : « Une discussion entre un social-démocrate et un populiste »[7], puis une longue étude sur la question agraire[8]. C'est vers 1892-1893 à Samara qu'il passe définitivement du populisme au marxisme.

Il y eut peu de grèves ouvrières dans les années 1880. Dans les six années 1881-1886, il y en eut seulement 48[9], et les marxistes n’en n’influencèrent aucune. Dans ce contexte, les cercles (kroujki) étaient focalisés sur l'étude de textes, peu tournés vers l'extérieur et très propagandistes et avant-gardistes. Les ouvriers qui y participaient se coupaient généralement de la masse. L'exception était le mouvement ouvrier en Pologne, en particulier dans le prolétariat juif, qui ressemblait déjà à un mouvement de masse.

1.3 Vers l'agitation[modifier | modifier le wikicode]

En 1891, suite à une terrible famine, Plékhanov proclama qu'il fallait développer une agitation à large échelle. Il définit les termes de propagande et agitation, et écrit : « Une secte peut se satisfaire de la propagande dans le sens étroit du mot, pas un parti politique. »[10] Son appel eut peu d'effet. En 1894, Kremer, un dirigeant du Bund, écrivit une brochure, Ob Agitatsii (Sur l’agitation), en collaboration avec Martov. La brochure condamnait sévèrement la préoccupation des membres des cercles marxistes de leur propre « perfection », et rappelait que : « Les larges masses sont amenées à la lutte, non pas par des considérations intellectuelles, mais par le cours objectif des événements »

En avril 1894, un exemplaire d’Ob Agitatsii arriva à Moscou, où il fut hectographié et envoyé à d’autres groupes social-démocrates dans toute la Russie. En 1896, la brochure fut imprimée à Genève par le Groupe Liberté du Travail avec une préface d’Axelrod, et fut largement distribuée. Il y avait beaucoup de résistance, notamment de certains ouvriers formés dans les cercles qui jugeaient que « les tracts sont une perte de temps »[11]. Mais peu à peu, une majorité des cadres intellectuels marxistes adopte cette nouvelle ligne. Le groupe de Plékhanov, qui était un des premier à l'avoir prônée, fut incapable de la mettre en pratique. Ils rejetaient avec mépris le travail pour faire de l'agitation et de la vulgarisation, qu'Axelrod appelait « des publications illettrées ou semi-illettrées »[12]. Un seul numéro de Listok Rabotnika (« Bulletin ouvrier », consacré essentiellement aux nouvelles des luttes économiques) parut fut imprimé entre novembre 1896 et novembre 1897. Cela produisit un clivage assez net entre la jeune génération de marxistes et les vétérans du groupe Liberté du Travail.

La Ligue de combat pour l’émancipation de la classe ouvrière, qui faisait de l'agitation à Saint-Pétersbourg

Ob Agitatsii avait une vision mécaniste et étapiste des rapports entre la lutte économique (dans l'entreprise) et la lutte politique (contre le tsarisme). Dans les années suivantes, cela devint le fondement du développement de « l’économisme », qui sera sévèrement condamné par Lénine. Mais dans les années 1894-96, il épousait parfaitement le tournant vers l'agitation. Par exemple dans un projet de programme social-démocrate écrit en 1895, Lénine insiste beaucoup sur l'importance des luttes pour la progression de la conscience de classe, en soulignant que les luttes économiques amènent les ouvriers à être forcés de s'intéresser aux questions politiques.[13]

Mais dans la pratique surtout, Lénine est concentré sur les luttes économiques. Arrivé à Saint-Pétersbourg en 1893, il y a fondé avec Martov et d'autres une Ligue qui diffuse des tracts dans les usines, comme L’ouvrier et l’ouvrière de l’usine Thornton. Quand il aborde la politique, c'est sur un ton très modéré. En novembre 1895, dans son article A quoi pensent nos ministres ? Lénine dénoncent les lois qui favorisaient les patrons, en esquivant la question du tsar, qui à cette épique était toujours « le petit père » pour les ouvriers et les paysans. Anna, la sœur de Lénine, rapporte les propos suivants de son frère : « Evidemment, si vous commencez d’entrée de jeu par critiquer le tsar et le système social, vous ne faites que braquer les travailleurs »[12] Lénine essayait de conduire pas à pas le lecteur à des conclusions politiques plutôt modestes qui n’étaient pas exprimées de façon explicite, comme dans sa brochure Explication de la loi des amendes infligées aux ouvriers d’usine. Il passait du temps à étudier les conditions concrètes dans les usines, en interrogeant des ouvriers. Il recevait pour cela une aide précieuse de Kroupskaïa, qui participait depuis 1890 à des écoles du soir pour ouvriers.

1.4 Premiers succès, premières divisions[modifier | modifier le wikicode]

Le Rabotchéïé Diélo, journal du courant « économiciste »

Fin 1895 - début 1896, Lénine et Martov sont arrêtés. Quelques mois plus tard, éclate la première grève de masse de Russie. C’était une grève des ouvriers du textile de Saint-Pétersbourg, en mai 1896. Les membres de la Ligue, du moins ceux qui étaient encore en liberté, jouèrent un rôle central dans cette grève massive. Elle commença sous la forme d’une protestation contre le non-paiement des salaires pour le congé de trois jours célébrant le couronnement de Nicolas II. Mais elle se transforma bientôt en lutte pour une réduction des heures de travail et une augmentation des salaires et se propagea à vingt des plus grandes usines de Russie, employant 30.000 ouvriers. Ceux-ci poursuivirent la lutte pour la journée de 10 heures ½ pendant trois semaines, et lorsqu’ils décidèrent finalement de reprendre le travail, ils le firent comme un seul homme dans toutes les usines en même temps. Ce n’avait pas seulement été la plus grande grève de Russie jusque-là. C’était aussi la première à aller au-delà des limites d’un seul établissement industriel, et la Ligue de Saint-Pétersbourg y avait joué un rôle de premier plan. Pour la première fois dans la longue histoire du mouvement ouvrier russe, les révolutionnaires avaient mis les masses en action.

La social-démocratie devenait un mouvement important, même si elle était encore avant tout perçue comme un secteur de l'intelligentsia, cherchant à être l'avant-garde du prolétariat. Un ouvrier de Saint-Pétersbourg disait ironiquement en 1898 : « Seule différence avec nous, durant l’été les membres du parti vont en vacances… La révolution est en congé. »[14]

Vers 1898, le groupe Libération du travail commence à polémiquer contre une tendance à abandonner la propagande marxiste, que ce soit au nom du révisionnisme de Bernstein, ou au nom de la priorité aux luttes économiques (« économisme »). Plekhanov se concentrait sur la critique des révisionnistes et Axelrod des économistes. C'est notamment sur cette ligne que va se regrouper en 1900 la rédaction de l'Iskra, nouveau journal se voulant un point de ralliement pour la social-démocratie russe. L'équipe regroupe des anciens comme Plékhanov, et des jeunes comme Lénine et Martov.

2 Historique du POSDR[modifier | modifier le wikicode]

2.1 Premier congrès (1898)[modifier | modifier le wikicode]

POSDR Fondation 1898.png

En mars 1898, un congrès (clandestin) est organisé à Minsk pour tenter d'unifier en un parti diverses organisations marxistes ou ouvrières. Le Congrès réunit moins de 15 délégués, venant de trois organisations: le groupe de la Rabotchaia Gazeta de Kiev, le Bund, et les Unions de Lutte pour la libération de la classe ouvrière de Saint-Pétersbourg, Moscou et Ekaterinoslav. L'unique délégué ouvrier présent au Congrès était un militant du Bund, qui était alors la plus grande organisation ouvrière.

Ce congrès procéda à l'élection d'un Comité Central composé par trois personnes : Boris Eidelman (de la Rabotchaia Gazeta), Arkadi Kremer (du Bund) et Stepan Radchenko (de l'Union de lutte de Saint-Pétersbourg). Pierre Struve était l'un des participants. Lénine, alors en exil à Chouchenskoïé (Sibérie) ne fut pas présent à ce congrès. Trotski lui, est en prison à Kherson (Ukraine).

La conception organisationnelle de ce premier congrès était fédéraliste et informelle. Un article disposait que le Comité Central ne devait décider sur aucune question qui pouvait être tranchée par le congrès suivant, et que seules les questions les plus urgentes pouvaient être réglées par le CC de sa propre autorité. Même dans ce cas, la décision du CC devait être unanime.[15]

Le Congrès n'adopta ni programme, ni statuts. Seulement un manifeste, dont la rédaction finale fut confiée à Struve. Celui-ci proclamait la création du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, et affirmait une analyse marxiste : malgré la prédominance de la paysannerie à l'époque, le vrai potentiel révolutionnaire résiderait à terme dans le prolétariat industriel (qui pesait alors 3% de la population). Il faisait également l'observation pertinente : « Plus l'on va à l'Orient de l'Europe, plus, sous le rapport politique, la bourgeoisie est lâche et vile, et, par conséquent, les tâches culturelles et politiques qui s'imposent au prolétariat n'en sont que plus grandes. » Mais il laissait encore à désirer sur bien des points. Il restait muet sur la nécessité, pour le prolétariat, de conquérir le pouvoir politique ; il ne disait rien de l'hégémonie du prolétariat, il restait également muet sur les alliés du prolétariat dans sa lutte contre le tsarisme et la bourgeoisie.

Le jeune parti fut durement frappé par la répression tsariste. Peu après sa fondation, des arrestations de masse frappèrent 500 militants et sympathisants. Sept des neuf membres du Comité Central furent emprisonnés peu de temps après le congrès de Minsk.

2.2 Rupture avec les « marxistes légaux »[modifier | modifier le wikicode]

Struve, chef de file des « marxistes légaux », qui devint un libéral monarchiste

Dans ces premières années du POSDR, le courant des « marxistes légaux » de Struve était également présent. Ils avaient des journaux légaux tolérées par le régime, et leur « marxisme » servait surtout à justifier par la « nécessité historique » le développement de la démocratie bourgeoise et du capitalisme, mais en aucun cas l'action révolutionnaire. Ils connurent une grande influence pendant l'arrestation et l'emprisonnement des dirigeants de l'aile révolutionnaire du marxisme russe (dont Martov et Lénine) en 1895-1896.

À partir de 1901, les « marxistes légaux » abandonnent le marxisme, et à partir de 1902 Struve publie un journal libéral, Osvobozhdenie (Libération).

2.3 « Iskristes » contre « économistes »[modifier | modifier le wikicode]

En 1901, de l'étranger où ils étaient venus rejoindre les anciens immigrés du groupe Libération du Travail, Lénine et Martov commencent la publication clandestine de l'Iskra (L'Étincelle). Ils voulaient grâce à cette publication bâtir un grand parti centralisant, si nécessaire de façon volontariste, les différents groupes socialistes et cercles ouvriers existant en Russie.

Très rapidement se développe à l'intérieur du mouvement une opposition entre « iskristes » et « économistes ». Le terme économistes désignait les sociaux-démocrates russes qui luttaient plus pour l'amélioration des conditions de vie immédiate des ouvriers (« revendications économiques ») que pour les questions démocratiques (« revendication politique »), qu'il fallait laisser à la bourgeoisie libérale.

A partir de 1899, Oulianov puis l'Iskra menèrent un combat contre les « économistes ». Ils dénonçaient leur position comme de l'opportunisme, mettant la classe ouvrière à la remorque de la bourgeoisie, et défendaient ainsi l'importance de construire le parti (une organisation centralisée), alors que les économistes défendaient un mouvement localiste.[16] Oulianov développait sur la nécessité d'une division du travail dans le parti pour le rendre efficace, dans un contexte difficile de clandestinité :

« Il est indispensable que des membres ou des groupes du parti se spécialisent dans les divers domaines de son activité : reproduction des textes, introduction en Russie des publications éditées à l’étranger, transport à travers la Russie, distribution dans les villes, organisation de logements clandestins, collectage des fonds, transmission du courrier et de tous les renseignements sur le mouvement, organisation des liaisons, etc. Pareille spécialisation exige, nous le savons, beaucoup plus d’endurance, d’aptitude à se concentrer sur un travail modeste, anonyme, obscur, beaucoup plus d’héroïsme authentique que le travail effectué habituellement dans les cercles.  »[17]

En février 1902, Oulianov publie, sous le pseudonyme de Lénine, la brochure Que faire ?, qui expose les positions de l'Iskra sur les économistes, mais aussi sur les questions organisationnelles qui se posent pour le parti naissant.[18]

2.4 2e congrès (1903) : mencheviks et bolcheviks[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir : 2e congrès du POSDR.
2e-congrès-POSDR.jpg

Le second congrès, qui réunit essentiellement des intellectuels émigrés, tente de constituer une force politique unifiée qui n'existe toujours pas réellement. Les 43 congressistes (représentant 51 mandats) se réunissent à Bruxelles en juillet 1903 mais doivent sous la pression des autorités se déplacer à Londres. Les partisans de l'Iskra ont préparé le congrès de façon à avoir une délégation nettement majoritaire. Ce travail fut en grande partie réalisé par Lénine, qui était un des rares dirigeants intellectuels à s'investir activement dans les tâches d'organisation.

Les délégués des économistes et du Bund (qui réclamaient une organisation autonome pour les social-démocrates juifs), sont mis en minorité, et quittent le congrès.

Mais le bloc de l'Iskra se fissure aussitôt entre « martovistes / léninistes », ou « doux / durs ». D'abord sur la condition d'adhésion au parti : Martov défendait un certain laxisme, Lénine avançait que le participation régulière à l'organisation était indispensable, pour lutter contre l'opportunisme des intellectuels dilettantes.[19]

La structure du corps dirigeant du parti faisait consensus :

  • une direction idéologique assurée par la rédaction de l'Iskra (depuis l'émigration, donc) ;
  • un comité central de trois personnes devant fonctionner en Russie (trois proches de Lénine seront élus).
  • au dessus d’eux, un conseil du parti, constitué de 5 membres – 2 désignés par le comité central, 2 par l’Iskra, et le cinquième élu par le congrès (Plékhanov étant tout désigné).

Puis le conflit se tend surtout lors du vote sur le comité de rédaction de l'Iskra (devenu l'organe central du parti) : Lénine propose de le limiter à Plékhanov, Martov et lui-même, au nom de l'efficacité (les autres participant peu au travail). Le fait que des vétérans comme Axelrod et Zassoulitch se retrouvent écartés accentue la dramatisation.

C'est sur la base de cette majorité que les partisans de Lénine se désigneront les bolcheviks (de bolchinstvo, « majorité »), par opposition aux mencheviks (de menchinstvo, « minorité »). Les termes de bolchéviks / menchéviks ne seront employés par les martovistes que vers fin 1905.[20] Schématiquement, les bolcheviks rassemblent autour de Lénine un courant homogène, alors que les mencheviks regroupent différentes tendances : sociaux-démocrates traditionnels, tendance plus à gauche de Martov et tendance « gauchiste » de Trotski.

2.5 Le revirement de Plékhanov et la lutte fractionnelle[modifier | modifier le wikicode]

La scission se matérialise un peu plus tard, en novembre. Les menchéviks refusent d'appliquer la décision sur l'Iskra. Plekhanov fait volte-face et soutien leur demande, au nom du maintien de « l’unité ». Scandalisé, Lénine refuse, et quitte la rédaction. Il se fixe alors un objectif : convoquer un 3e congrès pour trancher.

Martov, principal leader des mencheviks

Les deux camps s'engagent alors dans une intense lutte fractionnelle, par de nombreux textes polémiques,[21] et par une lutte pour l'influence sur les comités social-démocrates. Pendant toute l'année 1904, on insiste des deux côtés sur le fait que le clivage est plus profond que la question de l'organisation. Les accusations fusent, les bolchéviks reproduiraient les travers des blanquistes, des populistes, des jacobins (Lénine est comparé à Robespierre par Plékhanov[22] et par Trotski[23]). Rosa Luxemburg polémique aussi contre Lénine.[24] De son côté Lénine polémique durement, contre ce qu'il voit comme un « anarchisme intellectuel », auquel il opposerait sa tendance prolétarienne. Il précise toutefois qu'il s'agit de désaccords secondaires par rapport au programme, ne méritant pas une scission.

Au départ, tout le monde pensait que la scission ne durerait pas. Pendant des années, la rupture a surtout concerné les milieux intellectuels dirigeants, en exil. Dans de nombreuses villes, les militants des deux fractions continueront à agir en commun. En fait, 351 organisations du parti restèrent des organisations conjointes bolcheviks-mencheviks jusqu'en 1917. La division, partie de l'émigration et plus précisément du noyau de l'organe central, s'étend lentement, d'abord aux grandes villes : elle est effective à l'automne 1904 à Saint-Pétersbourg et en mai 1905 à Moscou.

La lutte fractionnelle provoqua un déclin des effectifs et de l'activité (très peu de tracts).[25] Les menchéviks deviennent plus nombreux que les bolchéviks, mais sont eux aussi en difficulté. « Toutes les forces du parti étaient absorbées dans cette [lutte interne] et à l’hiver 1903-1904 l’activité de l’organisation tomba au point mort. »[26]

Lénine dut faire face à beaucoup de résistance y compris parmi les bolchéviks, qui l'appelaient à laisser tomber la lutte interne. Le comité central déclara même qu'il reconnaissait l'Iskra comme organe central. Mais par à son réseau et son travail obstiné (qui ne respectait pas les statuts), il mit en relation de nombreux comités qui appelèrent à un nouveau congrès.[27][28] Sous l'impulsion de Bogdanov, les bolchéviks lancent leur propre journal, Vperiod (« En avant »), à la fin 1904.

2.6 Le POSDR pendant la Révolution russe de 1905[modifier | modifier le wikicode]

Le point de départ de la révolution de 1905 est une procession religieuse pleine de naïveté qui sera impitoyablement réprimée.

Le Dimanche rouge surprend toutes les forces politiques, à commencer par celles du POSDR. Celui-ci était fortement largement coupé des masses, alors influencée par le mouvement religieux de Gapone, disqualifié comme zoubatoviste. Les bolchéviks sont les plus sectaires, se méfiant même des quelques syndicats et des soviets qui apparaissent. Les menchéviks s'y investissent plus rapidement. Ils voient le début d'une évolution vers un mouvement ouvrier à l'occidentale. Lénine dut batailler pour faire évoluer ces positions.

Les seuls social-démocrates qui eurent un rôle dirigeant pendant la révolution furent le groupe de Trotski (alors surtout un électron libre), celui-ci parvenant à se faire élire président du Soviet de Saint-Pétersbourg.

La révolution confirme que la bourgeoisie préfère se jeter dans les bras de la réaction plutôt que de risquer de tout perdre dans une lutte de classe trop intense. Face à un même constat, les courants tirent des conclusions différentes :

Pendant une période, il était possible de mener une activité politique au grand jour, et de profiter du droit de réunion pour organiser plus démocratiquement le parti qu'en période clandestine (c'était auparavant la cooptation qui primait). Dans les deux fractions, il y a des réticences des comitards à ce tournant. Malgré tout, les deux fractions de la social-démocratie recrutent massivement cette année-là, et pendant un temps, se rapprochent dans la pratique (l'aile réformiste des menchéviks est en recul), ce qui accentue la volonté de réunification dans le POSDR.

Une des concessions du Tsar faite au mouvement est la convocation d'une assemblée législative, la Douma d'État. Les deux fractions sont d'accord pour la boycotter, tant la situation semble permettre d'espérer mieux.

2.7 3e congrès (1905) : le congrès bolchévik[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir : 3e congrès du POSDR.

Après une forte bataille, et bénéficiant de l'arrestation de beaucoup de ses membres, une majorité du Comité central valide le 3e congrès, qui se tient à Londres du 25 avril au 10 mai 1905. Seule une poignée de menchéviks s'y rend, les autres organisant une conférence alternative à Genève, au même moment.

L'ordre du jour du congrès était bien sûr centré sur la situation pré-révolutionnaire d'alors, sur laquelle les bolchéviks étaient unis. Mais Lénine fut mis deux fois en minorité sur des questions organisationnelles. Le congrès condamne officiellement les menchéviks comme ayant rompu le centralisme, et déclare que l'organe central n'est plus l'Iskra mais le nouveau Proletari.

Mais en réalité dans les deux camps, les dirigeants sous pression se mettent dans l'optique d'une réunification. De nombreux comités bolcheviques et mencheviques fusionnent, sans attendre une décision centrale. Les nouveaux, d'ailleurs, comprennent mal l'importance des désaccords passés.

2.8 4e congrès (1906) : réunification des fractions[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir : 4e congrès du POSDR.

La nécessité du rapprochement était réclamée par la base depuis longtemps. Lénine appela à l’unité à partir de février 1905, d'autant plus qu'il paraissait désormais possible de tenir des réunions plus démocratiques où il serait possible de voter.[30] A l’été 1905, toute une série de comités bolcheviks et mencheviks fusionnèrent de leur propre initiative.[31]

Les dirigeants (Lénine et Martov en premier lieu) s'accordent, et les deux fractions élisent des délégués sur la base de deux plates-formes, avec représentation proportionnelle au nombre des voix.

Le 4e congrès se tient à Stockholm en avril 1906. Les menchéviks sont alors majoritaires (environ 34 000 militants contre 14 000 pour les bolchéviks) et font globalement passer leurs positions.

La droite des menchéviks se déchaîne contre les bolchéviks, accusés d'utopisme, de romantisme révolutionnaire. « Soulèvement — gouvernement révolutionnaire provisoire — république, voilà tout le schéma politique des bolcheviks. » dit Jordania. Plékhanov ne cessait de reprocher un « manque de tact » vis-à-vis de la bourgeoisie libérale[32].

Les principaux sujets abordés furent la situation politique et les tâches du prolétariat, la question agraire, les questions d'organisation, ou encore l'attitude envers les élections (83 députés du parti ont été élus à la 2e Douma en janvier). Chaque point soulève une forte polémique.

Néanmoins, le parti est officiellement réunifié et les fractions se sont formellement dissoutes. Lénine annonce solennellement : « II n'y a plus de schisme [...] les fractions précédentes des 'bolcheviks' et des 'mencheviks' se sont entièrement fondues. »[33] Il déclare que les bolchéviks continueront à défendre leurs positions. La fraction bolchevique sera bientôt dirigée par un centre clandestin, autour du Proletari, qui continue de paraître, officiellement en tant qu'organe du comité de Saint-Pétersbourg.

2.9 5e congrès (mai 1907)[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir : 5e congrès du POSDR.
Le lieu du célèbre braquage de la banque de Tiflis

Le 5e congrès se tient à Londres en mai 1907. Le parti est plus nombreux que jamais, mais le reflux a commencé, et touche plus durement les menchéviks, dont la structure est moins solide. Les débats sont tendus. Les bolchéviks soutiennent encore qu'il faut se préparer à un soulèvement armé, et sont accusés de déviation putschiste ou anarchiste. Trotski est alors non aligné et fait le médiateur entre les deux blocs.

La question syndicale soulève aussi des débats. Les menchéviks soutiennent l'idée d'organiser un grand « congrès ouvrier », comme première étape vers un mouvement ouvrier organisé davantage sur le modèle d'Europe de l'Ouest.

Enfin, les menchéviks condamnent les « expropriations » (braquages menés pour financer les activités du parti) menées par certains bolchéviks. Leur résolution est votée à 65% (y compris par des bolchéviks).

Le Comité central issu de ce congrès est profondément divisé et ne parvient pas à fonctionner. Les bolchéviks élisent à l'issue du congrès leur propre direction.

2.10 Début de la période de contre-révolution (1907-1911)[modifier | modifier le wikicode]

Après le reflux de la vague révolutionnaire de 1905-1906, les années 1907-1911 sont des années de profonde réaction. La répression s'abat, des milliers d'exécutions ont lieu.[34] Le parti reculait massivement. Les intellectuels furent les premiers à déserter en masse, et beaucoup d'organisations locales furent désintégrées sous l'effet combiné de la répression et de la désorganisation. De plus, la police politique parvenait à infiltrer des agents partout chez les révolutionnaires. La 2e Douma est dissoute en juin 1907 sous des accusations de complot social-démocrate, et une nouvelle loi électorale diminue la représentation des ouvriers et paysans.

Dans l'émigration, c'était la déprime et l'aigreur entre groupes qui dominait.[35] Cela donnait lieu à des batailles dans les journaux, que les comitards en Russie méprisaient. Sematchko, lui-même émigré, écrira : « la plupart du temps les disputes d’émigrés étaient considérés comme des histoires de militants au rancart coupés de la vie réelle. De façon significative, moi qui participais à ces querelles, j’étais du même avis. »[36]

A l’été de 1905, le district de Moscou comptait 1 435 membres. A la mi-mai 1906, le chiffre monta à 5 320. Mais au milieu de 1908, il avait dégringolé à 250, qui, six mois plus tard, n’étaient plus que 150. En 1910, l’organisation cessa d’exister, lorsque le poste de secrétaire de district tomba entre les mains d’un certain Koukouchkine, agent double.[35]

Cette situation favorise un désordre organisationnel, des révisions idéalistes du marxisme (empirio-criticisme...), et des fuites en avant droitières ou gauchistes.

2.11 Les liquidateurs et les otzovistes[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir : Liquidateurs et Otzovistes.
Alexandre Bogdanov, leader de la tendance otzoviste

La dureté de la clandestinité paraît sans issue. Parmi les menchéviks, tout un courant « liquidateur » s'adapte, limitant son activité au syndicalisme ou aux élections à la Douma, et donc de fait abandonnant des revendications révolutionnaires comme celle de la République (impossibles à défendre ouvertement).

Symétriquement, un courant gauchiste se forme au sein des bolchéviks, contre toute activité légale. Ces « otzovistes » furent même majoritaires contre Lénine de la mi 1907 à la mi 1908.

Ce dernier avait fini par être convaincu que la situation était durablement au recul, et qu'il fallait donc participer aux organisations légales, y compris aux élections, pour ne pas s'isoler davantage. Mais il soulignait face aux menchéviks centristes comme Martov que le parti clandestin devait rester le centre de gravité.

2.12 La réunification de 1910[modifier | modifier le wikicode]

En réaction au délitement, un courant pour l'unité du parti se développe fin 1908, appelé notamment par Plékhanov ou Trotski. Lénine est méfiant mais une majorité unitaire de bolchéviks se dégage autour de Doubrovinski, Rykov, Sokolnikov, Noguine.

En janvier 1910, une séance plénière du comité central, qui s'étale sur trois semaines, semble consacrer le succès de cette réunification. Les journaux bolchevique et menchevique, le Proletarii et la Goloss Sotsial-Demokrata, vont disparaître pour laisser la place au Sotsial-demokrat, que dirigeront Lénine et Zinoviev avec Dan et Martov. Le bolchevik Kamenev est coopté au comité de la Pravda de Trotski. Lénine a accepté toutes ces décisions. Il écrit à Gorki que de puissants facteurs l'y ont poussé, notamment « la situation difficile du parti », et « la maturation d'un nouveau type d'ouvriers social-démocrates dans le domaine pratique ». La caution de Plékhanov est par ailleurs précieuse pour Lénine. Il s'inquiète pourtant : au comité central se sont manifestées des tendances dangereuses, « un état d'esprit de conciliation en général, sans idée claire, sans savoir avec qui, pourquoi, comment », et, outre la « haine contre le centre bolchevique pour son implacable guerre d'idées », le « désir des mencheviks de faire du scandale ».[37]

Cependant la convergence n'est toujours pas effective. Alors que Lénine s'est séparé des gauchistes, les principaux dirigeants menchéviks comme Martov continuent de cautionner les liquidateurs. Alors que Martov place à égalité d'importance l'activité légale et illégale, Lénine continue de placer le centre de gravité dans l'appareil clandestin. Dans la pratique, le comité central ne se réunit plus, la Goloss Sotsial-Demokrata continue de paraître...

L'accord sera de courte durée. Dès le 11 avril, Lénine écrit à Gorki : « Nous avons un bébé couvert d'abcès. (...) Ou bien nous les ferons crever, nous guérirons l'enfant et nous l'élèverons ou, si cela tourne mal, l'enfant mourra (...) Dans ce cas, nous vivrons quelque temps sans enfant, et ensuite nous enfanterons un bébé plus sain ». En août, la conférence social-démocrate de Copenhague voit se préciser un nouvel alignement des forces : bolcheviks et « mencheviks du parti » viennent de décider la publication en commun de deux journaux en Russie, la Rabotchaïa Gazeta, illégale, et la Zvezda, légale.

Beaucoup espéraient encore la réunification du POSDR, comme Luxembourg, qui écrivait pendant l'été 1911 : « Malgré tout, l'unité du parti peut être sauvegardée si l'on contraint les deux fractions à convoquer une conférence commune. » En août 1911, elle répétait : « Le seul moyen de sauver l'unité est de réaliser une conférence générale, composée d'hommes envoyés de Russie, car ceux qui vivent là-bas veulent la paix entre eux et l'unité, et ils sont la seule force qui puisse mettre à la raison nos coqs de l'étranger. » De son côté l’okhrana se concentrait sur l’arrestation des conciliateurs, afin de favoriser la désunion.[38]

2.13 La rupture de 1912 et le bloc d'août[modifier | modifier le wikicode]

Les luttes étudiantes connaissent un essor à partir de 1910, suivie de luttes ouvrières. La fusillade de la Léna, en avril 1912, enflamme les masses. Cette remontée convainc Lénine de l'urgence de rebâtir un appareil. Sous la direction de Zinoviev, les bolcheviks organisent en région parisienne une école de cadres en Russie pour y resserrer les contacts et préparer une conférence nationale. Malgré de nombreuses arrestations, celle-ci a leu en janvier 1912 à Prague, avec très bonne représentation des organisations clandestines de Russie. La conférence déclare l'exclusion des liquidateurs, et se prononce pour la création de « noyaux social-démocrates illégaux entourés d'un réseau aussi étendu que possible de sociétés ouvrières légales ». Elle élit un comité central où figurent notamment Lénine, Zinoviev, Ordjonikidzé, Sverdlov et Malinovski, Staline étant coopté peu après. Les bolchévis récupèrent les organes de presse, et lancent un journal légal visant largement les masses, la Pravda.

Plusieurs petits groupes, surtout de l'émigration (Plekhanov, Alexinski, Trotski...), ne reconnaissent pas cette conférence. En août ils se regroupent (« bloc d'août ») pour dénoncer le « scissionnisme » et « l'usurpation ». Mais ce bloc ne résista pas aux nombreux désaccords entre eux.

Pendant plus de deux ans (début de 1912 milieu de 1914) les deux organisations sont en conflit ouvert. Le Loutch est créé pour concurrencer la Pravda. De même à la Douma (Lénine insista pour que les groupes parlementaires soient bien distincts) : d'un côté la « Fraction ouvrière social-démocrate de Russie » (bolchéviks), de l'autre la « Fraction social démocrate » dirigée par Tchkhéidzé. Le Bureau de l'Internationale socialiste tenta en vain d'organiser une médiation.

2.14 Le parti de masse bolchévik[modifier | modifier le wikicode]

Premier numéro de la Pravda

L'organisation autour de la Pravda parvient alors à devenir un parti de masse, à l'échelle de la classe ouvrière russe. Les partisans de Lénine n'emploient quasiment pas le terme de bolchéviks à cette période, se présentant comme le POSDR.

En s'appuyant sur les données des cotisations, qui distinguent celles venant des groupes ouvriers et celles des individus (souvent des bourgeois libéraux), Lénine montre qu'en 1914, les bolchéviks groupaient 4/5e des ouvriers social-démocrates. Ils avaient aussi le contrôle de tous les plus grands syndicats de Moscou et de Saint Saint-Pétersbourg. La campagne sur les assurances sociales joue également un rôle important dans la construction d’un réseau de travailleurs soutenant le bolchevisme. Au début de 1914 lors des élections des délégués de cette institution légale, on comptait 37 partisans de la Pravda, 7 mencheviks, 4 SR et 5 abstentions.

Vandervelde, ennemi farouche des bolcheviks, est allé en Russie au nom du Bureau Socialiste International au début de 1914 et a reconnu que les bolcheviks étaient alors majoritaires dans la classe ouvrière russe. C'était aussi le constat du chef de la police tsariste, qui déclare en 1913 : « Il y a maintenant des cercles, des cellules et organisations bolcheviques dans toutes les villes. Une correspondance et des contacts permanents ont été établis avec presque tous les centres industriels. [...] Il n'est rien d'étonnant à ce que, actuellement, le rassemblement de tout le parti clandestin se fasse autour des organisations bolcheviques, et que ces dernières représentent en fait le parti ouvrier social-démocrate russe »[39]

2.15 Pendant la guerre (1914-1917)[modifier | modifier le wikicode]

En 1914, avec l’éclatement de la guerre, la répression, aidée par des provocateurs infiltrés, s’abat sur les social-démocrates. Contrairement à la plupart des sections de l'Internationale ouvrière, la ligne de la défense de la patrie est loin de faire l'unanimité en Russie. Les clivages politiques au sein du POSDR sont radicalement redessinés sur la question du soutien ou non à la guerre. Ceux qui ont soutenu la guerre ont été appelés « défensistes » et ceux qui étaient opposés étaient appelés « défaitistes » :

  • La plupart des bolchéviks sont défaitistes (Lénine théorise le « défaitisme révolutionnaire »).
  • Les menchéviks sont très divisés. Une forte minorité est défensiste (autour de Potressov). Une majorité est contre la guerre (refuse de voter les crédits) mais refuse toute action. La minorité « internationaliste » autour de Martov est plus clairement défaitiste.
  • La plupart des interrayons sont défaitistes (même si Trotski avait des nuances par rapport au défaitisme révolutionnaire).

Les contacts avec l’exil se réduisent à presque rien : en novembre 1916, Zinoviev et Lénine, en exil, ne savent pas ce qu’est devenu l'organisation bolchévique. 

3 L'année 1917[modifier | modifier le wikicode]

A nouveau, la révolution de février 1917 surprend tous les militants organisés du POSDR. Beaucoup de dirigeants social-démocrates, bolchéviks comme menchéviks, sont en exil : Lénine et Martov sont à Zurich, Trotski est à New York, Tchernov à Paris, Tsereteli, Dan et Staline en exil en Sibérie.

Les menchéviks, alors dirigés par Tsereteli, sont sur une ligne de soutien à peine critique au gouvernement provisoire des KD. Ils demandent que soit fixé l'objectif d'une « paix juste sans annexion », mais soutiennent l'effort de guerre. Dans les soviets (où ne sont présents que les partis socialistes), les mencheviks sont majoritaires, avec l'appui des socialistes-révolutionnaires. Ils élisent Tchkhéidzé à la tête du Comité exécutif du Soviet de Petrograd, qui refuse à plusieurs reprises de participer au gouvernement provisoire successeur du régime tsariste, notamment au poste de ministre du Travail.

La faiblesse théorique des dirigeants bolchéviks est encore illustrée, de façon dramatique, en mars 1917, lorsque Kamenev, Staline et Mouranov glissent vers une ligne de soutien au gouvernement provisoire et de poursuite de la guerre. Ils envisagent même de fusionner avec les menchéviks. Le retour d'exil de Lénine et ses Thèses d'avril radicales vont réaffirmer un clivage net avec les menchéviks.

En avril 1917, après le remaniement qui place le « socialiste » Kerenski à la tête du gouvernement provisoire, Tsérétéli[40] fait passer une ligne de participation au nom de la « sauvegarde de la révolution », et devient ministre des Postes et Télégraphes, puis de l'Intérieur. Etant donné que le gouvernement refuse de répondre aux revendications populaires, la participation dessert les menchéviks. Ils perdent de leur influence aux élections municipales de Moscou en septembre 1917.

De nombreux social-démocrates rentrant d'exil au printemps ou à l'été 1917 doivent choisir leur camp devant l'ampleur des choix stratégiques à faire. Certain-e-s ex-menchéviks comme Kollontaï rejoignent les bolchéviks, d'autres non-alignés comme Trotski rejoignent le comité Interrayons, qui fusionnera avec les bolchéviks en août. Un groupe petit mais influent autour de Gorki refuse de choisir.

En octobre, les bolchéviks remportent le soviet de Petrograd, et Trotski remplace Tchkhéidzé. Cela va précipiter l'affrontement et la révolution d'Octobre, car le gouvernement Kerensky cherche à réagir. La nuit du 24-25 octobre (n.s : 6-7 novembre), les bolcheviks prennent le pouvoir à Petrograd et forment un Conseil des commissaires du peuple (ou Sovnarkom) avec Lénine à sa présidence. Le Congrès des soviets du 25 octobre (à majorité bolchévik et SR de gauche) valide le nouveau gouvernement, conçu comme provisoire.

En novembre 1917, les élections de l'Assemblée constituante russe ne sont pas favorables aux bolcheviks : l'assemblée est dissoute lors de sa première réunion.

En mars 1918, le courant bolchevik prend le nom de Parti communiste de Russie (bolchévik). Lénine fait alors un discours pour revenir sur l'histoire du nom du parti.[41] En janvier 1934, le parti devient le Parti communiste (bolchevik) d'Union soviétique, puis le Parti communiste de l'Union soviétique en octobre 1952.

La faction menchevik est exclue des soviets en 1918, puis interdite après la révolte de Kronstadt en 1921.

4 Le POSDR et l'Internationale[modifier | modifier le wikicode]

Le POSDR était la section russe de l'Internationale ouvrière. La division au sein du parti créait cependant un problème de légitimité dans les rapports avec le reste de l'Internationale. Le Bureau socialiste international (BSI) cherchait à favoriser l'unité du POSDR.

Délégué au BSI, Lénine cherchait à s'affirmer en tant que représentant du parti tout entier. Dans sa correspondance avec Huysmans, secrétaire du BSI, Lénine continue d'utiliser les termes de « majorité » et « minorité » en 1905 et, en 1909, il se sert de la traduction française « majoritaire ». Litvinov en revanche utilise le terme de Menchevik dans une lettre à Huysmans de la même époque.

En octobre 1912, la direction de la SDKPiL envoie au BSI une communication contre la « tactique scissionniste » de Lénine.

En décembre 1913 le BSI tient à Londres une réunion abordant notamment la question du parti russe. Selon Rosa Luxemburg, « les beks étaient représentés par un idiot complet (Litvínov), par contre, il y avait une foule de meks » qu'elle qualifie, dans une lettre du lendemain de « liquidateurs » (comme Lénine).

5 Congrès et conférences du POSDR[modifier | modifier le wikicode]

Congrès du POSDR Conférences du POSDR

Le programme du parti adopté au 2e congrès restera commun aux bolchévik et aux menchéviks jusqu'en 1917.

6 Comité central[modifier | modifier le wikicode]

1er Comité central (1898–1903)

2e Comité central (1903-1905)

Membres officiels
  • Krjijanovski — quitte le parti le 27 juillet 1904
  • Lengnik — arrêté le 16 juin 1904
  • Noskov — arrêté le 9 février 1905
Membres cooptés Autres membres

3e Comité central (1905-1906)

Membres officiels Membres cooptés Autres membres

7 Effectifs militants et composition du parti[modifier | modifier le wikicode]

Effectifs

  • 1905 : essor révolutionnaire, 12000 mencheviks, 8000 bolcheviks
  • 1906 : 34 000 mencheviks, 14 000 bolchéviks.
  • 1907 : 77 000 militant-e-s (au moment du 5e congrès)
  • 1908 : période de répression, effondrement des effectifs
  • 1910 : moins de 10 000 militant-e-s
  • 1916 : environ 5 000 bolchéviks
  • Bolchéviks en 1917 :
    • Février : 10 000, dont 2 000 à Petrograd
    • Avril : 79 000, dont 15 000 à Petrograd
    • Juillet : 170 000, dont 40 000 à Petrograd
    • Août : 100 000
    • Octobre : 200 000

Composition sociale

Composition sociale des délégué·es aux 4 premiers congrès :[25]

Congrès Ouvriers Paysans Employés et autres Inconnus
II° (1903) 3 0 40 8
III° (1905) 1 0 28 1
IV° (1906) 36 1 108 0
(1907) 116 2 218 0

Composition sociale des délégué·es du congrès de 1906 :

Bolcheviks Mencheviks
Profession Nombre % Nombre %
Travailleurs manuels 38 36.2 30 31.9
Employés 12 11.4 5 5.1
Professions libérales 13 12.4 13 13.4
Révolutionnaires professionnels 18 17.1 22 22.1
Journalistes 15 14.3 18 18.6
Sans 4 3.8 3 3.1
Etudiants 5 4.8 5 5.2
Propriétaires 0 0.0 1 1.0
Total 105 100.0 97 100.4

Concernant la base, en 1905, les bolcheviks étaient :

Ouvriers Paysans Employés Autres Total
Quantité 5,200 400 2,300 500 8,400
% du total 61.9 4.8 27.4 5.9 100


Âges

En 1907, la structure par âges de la base du POSDR était :[25]

Âge Bolcheviks Mencheviks Total
+ de 30 13 % 7 % 20 %
25-29 8 % 6 % 14 %
20-24 19 % 6 % 25 %
10-19 11 % 1 % 12 %
Total 51 % 20 % 71 %

Les « militants » — définis comme propagandistes, orateurs, agitateurs, membres d’un soviet local ou d’un détachement armé (social-démocrate) :

Âge Bolcheviks Mencheviks Total
+ de 30 10 % 10 % 20 %
25-29 14 % 16 % 30 %
20-24 25 % 9 % 34 %
10-19 10 % 0 % 10 %
Total 59 % 35 % 94 %

Enfin la direction avait une moyenne d'âge de 44 ans chez les mencheviks et de 34 ans chez les bolcheviks.

8 Organisations régionales et étrangères[modifier | modifier le wikicode]

Au 4e congrès (1906), le Parti ouvrier social-démocrate de Lettonie intègre le POSDR en tant qu'organisation territoriale.

La section estonienne du POSDR est fondée en 1902. Au cours de la conférence de la section en mars 1907 à Terijoki (Finlande), les bolchéviks et les menchéviks s'opposent violemment.

Un petit groupe de slaves émigrés aux Etats-Unis forma la Ligue de Propagande Socialiste, qui faisait de la propagande pour le bolchévisme à l'intérieur du mouvement socialiste états-unien.

9 Financement du parti[modifier | modifier le wikicode]

Le financement du parti fut toujours compliqué. Il fallait toute une série de dépenses supplémentaires pour contourner la répression (faux passeports, etc.), et une grande partie des dépenses finissaient en pure pertes lorsque l'Okhrana faisait des saisies. Les permanents étaient très peu nombreux et mal payés.

Certains riches donateurs aidaient la cause, surtout pendant les périodes de fortes luttes. Par exemple, dans l’organisation bolchevique de Moscou, qui avait près de 1.000 membres au printemps de 1905,

Les comptes du comité de juin 1905 font apparaître un revenu total de 9.891 roubles… Le revenu comporte plusieurs sommes importantes, 4.000 roubles d’un « ami », et 3.000 « pour des armes ». On sait qu’il y avait de nombreux sympathisants riches de la cause bolchevique, parmi lesquels Gorky et le fils d’un propriétaire d’usine… Les autres cotisations individuelles se montaient seulement à 1.378 roubles.

En octobre, les fortes contributions de la part de riches sympathisants ont augmenté : il y en avait deux de 4.000 et 8.400 roubles d’ « amis ».[25]

Martov faisait état de la même situation chez les mencheviks. Pendant la période révolutionnaire,

… les budgets de l’organisation du parti avaient énormément augmenté… Les cotisations n’y jouaient qu’un faible rôle. Le rapport du trésorier du comité du parti de Bakou montre que pour février 1905, sur des recettes de 1.382,8 roubles, seulement 38,9 roubles, soit 3 %, provenaient des cotisations des travailleurs. Dans un rapport de la section du parti de Riga du mois d’août, seulement 143,4 roubles sur 558,7, soit 22 %, provenaient des cotisations. Dans un rapport du comité de Sébastopol, 14 % des rentrées venaient des cotisations ; dans les rapports de la section de Mariopol, 33 %, etc. Nous trouvons le pourcentage le plus élevé des cotisations des membres de la section social-démocrate d’Ivanovo-Voznessensk, où elles constituaient 53 % des recettes totales.[26]

L’un des « anges » les plus importants était A.M. Kalmykova (surnommée « Tantine »), qui avait donné les fonds de départ pour lancer l’Iskra. C’était une riche libraire-éditrice, distributrice de premier plan de livres populaires à bon marché et de littérature progressiste, et une amie intime de Kroupskaïa. Un autre était le magnat du textile Morozov, qui donnait 2 000 roubles par mois aux bolcheviks par l’entremise de l’ingénieur Krassine. Morozov se suicida après la défaite de la révolution de 1905. Son neveu, N.P. Schmidt, était aussi un important donateur. Kroupskaïa, qui était la trésorière nationale des bolchéviks, raconte :

Nicolaï Pavlovitch Schmidt, âgé de 23 ans, neveu de Morozov, propriétaire d’une usine de meubles sur la Presnia à Moscou, fut entièrement gagné à la cause ouvrière en 1905 et devint bolchevik. Il donnait de l’argent à la Novaïa Jizn ainsi que pour acheter des armes. Il se rapprocha des ouvriers et devint un ami proche pour eux. La police appelait l’usine de Schmidt le « nid du diable ». L’usine joua un rôle immense pendant l’insurrection de Moscou. Nicolaï Pavlovitch fut arrêté. En prison, il fut soumis à toutes sortes de mauvais traitements, on l’amena voir ce qui était arrivé à son usine ; ils lui firent voir les ouvriers abattus puis ils l’assassinèrent en prison. Avant de mourir, il réussit à faire un testament où il laissait ses biens aux bolcheviks.

Elisaveta Pavlovna Schmidt, la jeune sœur de Nicolaï Pavlovitch, hérita d’une partie de la fortune de son frère et décida de la donner aux bolcheviks. Mais elle n’était pas encore majeure, et afin qu’elle puisse disposer de l’argent selon sa volonté, il fut décidé de procéder à un mariage blanc. Elisaveta Pavlovna contracta un mariage avec le camarade Ignatiev, qui avait travaillé dans l’organisation militaire, mais qui avait réussi à rester dans la légalité, et étant sa femme officiellement, elle pouvait, avec le consentement de son mari, faire ce qu’elle voulait de son héritage. Mais le mariage était fictif. Elisaveta Pavlovna était la femme d’un autre bolchevik, Victor Taratouta. Le mariage fictif lui permit d’obtenir son héritage immédiatement et l’argent fut transmis aux bolcheviks.[42]

Après le reflux, les difficultés financières furent très importantes, surtout que les intellectuels furent les premiers à quitter le parti. Ce fut ce qui décida les bolchéviks à lancer des braquages de banques et autres institutions (les « expropriations »).

Trotski raconte également à propos du 5e congrès :

« Les fonds manquèrent non seulement pour les voyages de retour, mais aussi pour mener à bonne fin le congrès. (...) Un des libéraux anglais consentit à la révolution russe un emprunt, qui, je m'en souviens, fut de trois mille livres sterling. Mais il exigea que la reconnaissance fût signée par tous les délégués au congrès. L'Anglais reçut un document sur lequel figuraient plusieurs centaines de signatures, tracées avec les caractères qui appartiennent à toutes les populations de la Russie. Il eut cependant à attendre longtemps le versement de la somme marquée sur cet effet. Pendant la réaction et la guerre, le parti ne pouvait penser à payer de pareilles sommes. C'est seulement le gouvernement soviétique qui racheta la traite signée par le congrès de Londres. La révolution fait honneur à ses engagements, bien que d'ordinaire avec un certain retard. »[43]

10 Clivage réformistes / révolutionnaire ?[modifier | modifier le wikicode]

Certains militants simplifient les évolutions politiques, en faisant comme si la rupture de 1903 était déjà nettement celle entre réformistes et révolutionnaires. En réalité, les désaccords sont alors exclusivement sur des questions d'organisation. Sur ces questions, Luxemburg et Trotski étaient opposés à Lénine. Selon le dirigeant trotskiste Tony Cliff, on peut dire du courant de Martov en 1903 qu'il était centriste.[44] Certes, on peut noter que la fermeté, le sérieux et la détermination de Lénine, en particulier dans la Russie tsariste, étaient des conditions nécessaires pour mener à bien une politique révolutionnaire. Et c'est sans aucun doute pour cette raison qu'à terme, c'est autour de sa fraction que se sont regroupés les militants socialistes réellement déterminés à aller jusqu'au bout. Mais cela a impliqué un décantation qui s'est produite sur plusieurs années, où de nombreux militants sont passés d'une fraction à l'autre, celles-ci étant profondément renouvelées.

Par ailleurs, avant 1914, tous les social-démocrate russes, bolchéviks compris, prennent le courant majoritaire de la social-démocratie internationale et le SPD en particulier pour modèles, et considèrent le révisionnisme à la Bernstein comme une dérive droitière. Lénine se défendait nettement de représenter un courant particulier : « Où et quand ai-je prétendu avoir créé un courant particulier quelconque de la social-démocratie internationale, distinct du courant de Bebel et de Kautsky ? »[45]. Au contraire, ils s'appuyaient souvent sur leur autorité pour accuser les menchéviks de dérive opportuniste. Même si Lénine était de fait proche de Luxemburg, les divergences entre eux étaient nombreuses et ils ne se percevaient pas du tout comme incarnant ensemble une fraction révolutionnaire dans la social-démocratie internationale. Seule l'analyse historique rétrospective permet de les regrouper comme un courant distinct du centrisme.

En plus de cela, dans les conditions russes, la différenciation entre révolutionnaires, centristes et réformistes était neutralisée par le régime autocratique lui-même. Elle ne commence à être visible qu'à partir de 1905, lorsque les concessions du tsar font apparaître des possibilités de militantisme réformiste. Si en 1906, Lénine considérait que les menchéviks étaient « l’aile opportuniste du parti ouvrier »[46], il pensait qu'ils « reviendront à la social-démocratie révolutionnaire »[47]. Selon Kroupskaïa, en 1910, Lénine se donnait encore pour but de convaincre tout le parti[42]. Etant donné que le courant ouvertement réformiste (officiellement minoritaire) était toléré dans l'Internationale, Lénine considérait qu'il n'y avait pas lieu de se séparer. Il disait que « jusqu'à la révolution sociale, la social-démocratie présentera inévitablement une aile opportuniste et une aile révolutionnaire »[48].

11 Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Grigori Zinoviev, Histoire du Parti Bolchevik, 31 mars 1924
  2. Plekhanov, Our Differences, 1885
  3. Lénine, Le développement du capitalisme en Russie, 1899
  4. Léon Trotski, Ma vie, 8. Mes premières prisons, 1930
  5. Lenin, The Economic Content of Narodism and the Criticism of it in Mr. Struve’s Book, 1894
  6. 6,0 et 6,1 Tony Cliff, Lénine : 1893-1914. Construire le parti – Chapitre 1 – Lénine devient marxiste, 1975
  7. Le texte a été perdu.
  8. Lenin, New Economic Developments in Peasant Life, 1893
  9. L. Martov, Развитие крупной промышленности и рабочее движение в России, Petersbourg-Moscou, 1923, p. 19.
  10. Plekhanov, Les tâches des socialistes face à la famine en Russie, 1892
  11. Vladimir Akimov on the Dilemmas of Russian Marxism, 1895–1903, edited by J. Frankel, London 1969
  12. 12,0 et 12,1 Tony Cliff, Lénine : 1893-1914. Construire le parti – Chapitre 2 – Du cercle d’étude marxiste au mouvement gréviste, 1975
  13. Lénine, Exposé et commentaire du projet de programme du POSDR, Écrit en prison en 1895-1896. Paru pour la première fois en 1924.
  14. Marc Ferro, Des soviets au communisme bureaucratique, 1980
  15. Коммунистическая партия Советского Союза в резолюциях и решениях съездов, конференций и пленумов ЦК, 7e édition, vol.1, Moscou 1953, p. 14
  16. Histoire du Parti communiste (bolchévik) de l'U.R.S:S. 1949, p.27
  17. Lénine, Une question urgente, 1899
  18. Lénine, Lettre à un camarade sur nos tâches d'organisation, Septembre 1902
  19. Organisational Rules of the Russian Social-Democratic Labour Party adopted at the Party’s 2nd Congress
  20. Claudie Weill, A propos du terme bolchévisme, 1975
  21. Lénine, Un pas en avant, deux pas en arrière, 1904
  22. Léon Trotski, Ma vie, 12. Le congrès du parti et la scission, 1930
  23. Trotski, Report of the Siberian Delegation, 1903
  24. Rosa Luxemburg, Questions d'organisation de la social-démocratie russe, 1904
  25. 25,0 25,1 25,2 et 25,3 D. Lane, The Roots of Russian Communism, Assen 1969
  26. 26,0 et 26,1 J. Martov, Geschichte der russischen Sozialdemokratie, Berlin 1926
  27. Lénine, Conférence des comités, Vpériod, n° 1, 4 janvier (n.s) 1905
  28. Lénine, Il est temps d'en finir, Vpériod, n° 1, 4 janvier (n.s) 1905
  29. Lénine, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, 1905
  30. Lénine, La réorganisation du parti, Novembre 1905
  31. Tony Cliff, Lénine : 1893-1914. Construire le parti – Chapitre 15 – Semi-unité avec les mencheviks, 1975
  32. Plékhanov, Lettres sur la tactique et l’absence de tact, 1906
  33. Lénine, The Unity Congress of the RSDLP, avril 1906
  34. M. Pokrovsky, Brief History of Russia, 1933
  35. 35,0 et 35,1 Tony Cliff, Lénine : 1893-1914. Construire le parti – chapitre 13 – Victoire de la réaction noire, 1975
  36. Пролетарская Революция, no.2 (14), 1923, p. 452.
  37. Lénine, Lettres à Gorki, 26 février 1908, Clarté. N° 71, p. 13
  38. M.A. Tsiavlovsky, ed., Большевики : документы по истории большевизма с 1903 по 1916 год бывшего Московского Охранного Отделения, Moscou 1918, pp. 48ff, in O.H. Gankin and H.H. Fisher, The Bolsheviks and the World War, Stamford University Press 1940, p. 106.
  39. Trotski, Staline - VI : Guerre et déportation, 1940
  40. Biographie d'Irakli Tsérétéli, consultée le 11 mars 2014.
  41. Lénine, Discours au VIIe congrès extraordinaire du Parti communiste (bolchevik) de Russie, mars 1918
  42. 42,0 et 42,1 Kroupskaïa, Souvenirs sur Lénine, 1926
  43. Léon Trotski, Ma vie - 16. Deuxième émigration - le socialisme allemand, 1930
  44. Tony Cliff, Lénine : 1893-1914. Construire le parti – chapitre 5, 1975
  45. Lénine, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, 1905
  46. Lenin, Party Discipline and the Fight Against the Pro-Cadet Social-Democrats, Proletary, No. 8, November 23, 1906
  47. Lenin, How the Armavir Social-Democrats are Conducting Their Election Campaign, Proletary, No. 5, November 23, 1906
  48. Lenin, The Crisis of Menshevism, Proletary, No. 9, December 7, 1906

12 Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Archives et protocoles des congrès du POSDR

12.1 Ouvrages[modifier | modifier le wikicode]

  • Grigori Zinoviev, Histoire du Parti bolchevik, 1924
  • Pierre Broué, Le parti bolchévique, 1963
  • Collectif, Histoire du Parti communiste /bolchévik/ de l'U.R.S.S : Précis rédigé par une commission du Comité central du P.C.(b) de l'U.R.S.S, Moscou, Éditions en langues étrangères, (1re éd. 1938), 408 p.
  • Korine Amacher, La Russie 1598-1917 : Révoltes et mouvements révolutionnaires, Gollion, Infolio, coll. « Illico » (no 28), , 222 p.

12.2 Articles[modifier | modifier le wikicode]