Idéalisme

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L'idéalisme revêt à la fois un sens courant, de rêveries utopiques, et un sens philosophique, désignant les doctrines qui font préexister des Idées (dont les idées religieuses et (les) Dieu(x) peuvent être une forme) à la réalité matérielle.

Le courant de pensée qui s'oppose frontalement à l'idéalisme est le matérialisme, dont une branche a donné le marxisme.

Mythes et religions[modifier | modifier le wikicode]

Les religions sont des systèmes de croyances en une ou plusieurs entités supranaturelles. Selon la plupart des doctrines religieuses, la ou les divinités interviennent directement sur le cours du monde (miracles, punitions divines...) et de l'histoire (conception théologique de l'histoire).

🔍 Voir aussi : Communisme primitif.

Bouddhisme[modifier | modifier le wikicode]

Le Bouddhisme en général se définit apriori comme une matérialisme dans sa notion de l’atome[1] et sa philosophie de la condition humaine[2].

Cependant l'école bouddhiste mahâyâna yogâcâra-vijñanavâdin (chittamatra) est « le seul exemple d'une doctrine idéaliste dans l'Inde, encore que les hindous entendent tout autre chose sous le terme d'Indian idealism, à savoir l'affirmation [hindouiste] de l'âtman (âtma-vâda), lequel est être-connaissance-béatitude (sat-cit-ânanda). »[3]

Si dans les religions monothéistes la recherche d'une transcendance (Être) est apriori, dans le bouddhisme elle est a posteriori. Elle n'est pas nécessaire pour la population au quotidien. Elle est simple inspiration et non aliénation. La transcendance appartient d'abord à l'ordre religieux et aux mystiques.

Socratisme / Platonicisme[modifier | modifier le wikicode]

C'est le courant de pensée théorisé par Socrate et plus tard ses adeptes (comme Platon). Ils s'opposent à la conception théologique de l'histoire, prônent l'ouverture d'esprit (allégorie de la caverne).

Platonicisme[modifier | modifier le wikicode]

Selon Henri Wallon :

p. 178 > La transition du mythe à la raison est visible chez Platon. Il les juxtapose. La fable vient à l'appui du raisonnement, est donné comme preuve de vérité. La fiction devient l'idée, dont les réalités confuses de la perception - ce qui est appelé communément réalité - n'est que l'ombre inconsistante.

Cette identification de l'être avec la connaissance répond à l'attitude idéaliste. L'attitude inverse où l'objet de la connaissance lui est regardé comme antérieur et extérieur, dont par la suite elle ne saurait pas régler l'existence mais auquel il faut qu'elle s'accommode, c'est le matérialisme. Les deux tendances se sont partagé l'histoire de la philosophie; elles s'affrontent encore aujourd'hui.

L'idéalisme platonicien s'est modifié au cours des âges. Il a été

  • intellectualiste ou sensualiste,
  • mathématique ou animiste,
  • spéculatif ou existentialiste.

Il a voulu

  • tantôt ramener l'existence des choses à des essences correspondantes, dont il resterait à définir la formule intellectuelle,
  • et tantôt sur le plan perceptif, à des complexes de sensations qui ne sauraient être dépassés et sur lesquels serait édifiées toute la vie mentale.

Tantôt la formule à trouver

  • est d'ordre mathématique : c'est déjà ce que Pythagore cherchait en attribuant au nombre un valeur mystique; aujourd'hui ce sont les équations proposées par les mathématiciens au physicien ou soumis par le physicien à la censure du mathématicien, etc.
  • p. 179 > Tantôt il s'agit de principes spécifiques développant en chaque être leurs pouvoirs formatifs ou créateurs,
  • tantôt l'individu n'aurait d'autre horizon que sa propre existence, d'autre univers dont celui de sa propre vie est est le support
  • et tantôt il n'est qu'un moment d'une sorte de conscience universelle.

Entre ces conceptions disparates de l'idéalisme le seul lien c'est qu'elles tendent à emprisonner le réel dans des cadres fixistes,

  • ceux de la sensibilité,
  • ceux de la raison à un moment donné de son développement,
  • et d'une façon plus générale, ceux de la conscience.

Les catégories mentales dans lesquelles il répartit le connaissable sont déterminés et ce qui n'y est pas réductible est à tout jamais inconnaissable.

C'est ce « quelque chose » dont Henri Poincaré disait qu'il ne pouvait être autrement défini, la science n'étant d'ailleurs capable que de fournir des procédés commodes pour agir sur un réel en lui-même insaisissable.

Ainsi, l'idéalisme est-il capable de présenter l'aspect soit du rigorisme dogmatique le plus rigide, soit du pragmatisme le plus agnostique.

=> Wallon, H. Expérience et raison[4] (p.178-179). In Émile Jalley et Liliane Maury, Psychologie et dialectique (p.175-180). Messidor.

Les utopismes[modifier | modifier le wikicode]

La communalisme chrétien au bas moyen-âge[modifier | modifier le wikicode]

L'utopie au moyen-âge[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir aussi : Utopia.

Le socialisme utopique à l'époque moderne[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir aussi : Socialisme utopique.

Conception idéaliste de l'histoire[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir aussi : Idéalisme historique.

Rejetant l'intervention de Dieu dans l'histoire concrète des hommes, Voltaire et la plupart des philosophes du siècle des Lumières expliquent l'évolution historique et ses événements par l'évolution des idées, des mœurs ou de l'opinion des hommes eux-mêmes qui prévaut à telle ou telle époque.

  • Ainsi, pour Voltaire, la chute de l'Empire romain n'est pas du à une punition divine, mais bien aux mœurs de l'époque (et donc à la religion chrétienne) qui empêchèrent une résistance efficace face aux invasions « barbares ».
  • D'autres philosophes tels d'Holbach et Helvétius, malgré une interprétation matérialiste de la nature (où ils rejetaient toute intervention de l'idée ou de dieu), étaient par contre également idéaliste en ce qui concerne l'histoire de l'humanité. Pour ces derniers, c'est l'ignorance ou les qualités intellectuelles des hommes qui expliquent l'évolution historique.

Ainsi, toutes ces conceptions idéaliste de l'histoire se ramène à ceci : l'histoire à ses différentes époques s'explique par ce que les hommes pensent, par leurs idées, leur religion, leur capacités ou leur manque de capacités intellectuelles.

Idéalisme des jeunes hégéliens[modifier | modifier le wikicode]

Marx et Engels sont issus du courant des « jeunes hégéliens » qui tentent de faire une lecture subversive de la pensée de Hegel dans l'Allemagne des années 1830. Mais ils vont progressivement s'approprier le matérialisme (notamment via Feuerbach, mais en allant plus loin que ce dernier), et faire une critique radicale de l'idéalisme qui règne chez les jeunes hégélien comme dans toute la philosophie allemande. Ils développent cette critique dans L'idéologie allemande (1844) :

« Naguère un brave homme s'imaginait que, si les hommes se noyaient, c'est uniquement parce qu'ils étaient possédés par l'idée de la pesanteur. Qu'ils s'ôtent de la tête cette représentation, par exemple, en déclarant que c'était là une représentation religieuse, superstitieuse, et les voilà désormais à l'abri de tout risque de noyade. Sa vie durant il lutta contre cette illusion de la pesanteur dont toutes les statistiques lui montraient, par des preuves nombreuses et répétées, les conséquences pernicieuses. Ce brave homme, c'était le type même des philosophes révolutionnaires allemands modernes.  »[5]

Bibliographie de référence[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Dubessy, Lecointre, Silberstein, 2004, p.724
  2. Ballanfat, 1997, p11
  3. Guy Bugault, L'Inde pense-t-elle ?, PUF, 1994, p. 163.
  4. Texte d'une causerie radiodiffusée du 23 décembre 1956, publié la même année dans le Courrier rationaliste n°12.
  5. K. Marx - F. Engels, L'idéologie allemande, écrit en 1844