Liquidationnisme

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Le terme de liquidationnisme sert généralement à qualifier un courant politique accusé de liquider un héritage théorique ou politique important. Par exemple, de liquider ce qui fait qu'un parti est révolutionnaire.

Exemples[modifier]

Dans la social-démocratie russe[modifier]

Dans l'histoire du Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR), une tendance de droite, au sein des menchéviks, a été qualifiée de liquidatrice. Le Goloss Sotsial-Demokrata (La voix du Social-Démocrate), journal publié par des menchéviks (Axelrod, Martynov, Martov, Potressov) hors de Russie de février 1908 à décembre 1911, prit la défense de la fraction « liquidatrice », ce qui amena Plekhanov à quitter sa rédaction.

A cette même époque, une tendance gauchiste existait au sein des bolchéviks, les otzovistes. Leur courant a été qualifié par la majorité bolchévique de « liquidationnisme de gauche ».

Pour des dirigeants menchéviks et bolchéviks, un terrain d'entente sur une ligne à égale distance de ces déviations de droite et de gauche était envisageable, et elle a donc été essayée. Un courant « pro-parti », « non fractionniste », poussait à la réunification. Il était notamment représenté par Trotsky qui militait à ce moment-là à Vienne. Lénine les raillait comme « conciliateurs ».[1]

En février 1910, le POSDR est formellement réunifié, même si les bolchéviks restaient organisés en fraction. Mais très vite le parti est en crise. A partir de 1912, les menchéviks et les bolchéviks fonctionneront définitivement comme deux partis différents.

Dans le stalinisme[modifier]

La « déstalinisation » initiée par Krouchtchev après la mort de Staline a été qualifiée de révisionnisme et de liquidationnisme par des courants (notamment Mao) voyant dans Staline la pureté doctrinale.

Certains qualifient la ligne de plus en plus ouvertement réformiste du PTB comme du liquidationnisme.

Dans le trotskisme contemporain[modifier]

Après la fondation du NPA en 2008-2009, certains groupes trotskistes ont accusé cette branche du trotskisme (qualifiée par eux de pablisme) de liquidationnisme :

« Dans ce monde postsoviétique, le liquidationnisme pabliste trouve son expression dans le rejet pur et simple du marxisme »[2]

Courant économique des années 1930[modifier]

Après la grande crise de 1929, des économistes pensaient que la récession était une « purification » du système, nécessaire pour corriger les excès et les déséquilibres nés dans Années Folles. Ils étaient inspirés par Adrew Mellon, secrétaire du Trésor américain, qui disait :

« Liquidez le travail, liquidez les actions, liquidez l’agriculture, liquidez les biens immobiliers… cela purifiera ce système gangrené. Les coûts de la vie excessifs de même que les trains de vie se réduiront. Les gens travailleront plus dur, vivront une vie plus morale. Les valeurs seront ajustées et les entrepreneurs prendront la relève des incompétents. »[3]

Ces économistes furent plus tard désignés sous le nom de « liquidationnistes ».

Notes et sources[modifier]

  1. Lénine, Notes d'un publiciste, 1910
  2. www.icl-fi.org/francais/lebol/186suppl/npa.html
  3. Herbert Hoover, Mémoires, Hollis and Carter, 1952, p30