Sotsial-demokrat

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Jusqu'en 1918, la Russie utilisait le calendrier julien, qui avait à l'époque 13 jours de retard sur le calendrier grégorien. Le 23 février « ancien style » correspond donc au 8 mars « nouveau style » (n.s.).


Sotsial-Demokrat (Social-démocrate) fut le nom de plusieurs journaux du POSDR.

Il ne doit pas être confondu avec les journaux allemands Social-Demokrat et Der Sozialdemokrat.

Journal menchévik géorgien (1905)[modifier | modifier le wikicode]

Les menchéviks publièrent un journal en langue géorgienne à Tiflis du 7 avril au 13 novembre 1905.

6 numéros furent publiés. L'éditeur en chef était Jordania.

Organe central du POSDR[modifier | modifier le wikicode]

1906[modifier | modifier le wikicode]

Suite au congrès d'unification du POSDR (avril 1906), le nouvel organe central du parti est un nouveau journal nommé Sotsial-Demokrat. Il est publié à Saint-Pétersbourg du 17 septembre (30 septembre n.s) au 18 novembre (1er décembre n.s) 1906.

Étant donné les fortes divisions internes, il resta dans la pratique un journal menchévik. Les bolchéviks étaient alors regroupés autour du Proletarii.

1910-1917[modifier | modifier le wikicode]

En réaction à un état de profond délitement, un courant pour l'unité du parti se développe fin 1908. En janvier 1910, une séance plénière du comité central, qui s'étale sur trois semaines, semble consacrer le succès de cette réunification. Les journaux bolchevique et menchevique, le Proletarii et la Goloss Sotsial-Demokrata, vont disparaître pour laisser la place au Sotsial-demokrat, que dirigeront Lénine et Zinoviev avec Dan et Martov, ainsi que des représentants du SDKPiL (A.Varsky).

Ce journal illégal est publié de février 1908 à janvier 1917. 58 numéros parurent. Le premier numéro parut en Russie, mais il fut par la suite imprimé à l'étranger, d'abord à Paris puis à Genève.

Le système d'introduction clandestine de journaux en Russie, rompu en 1905, ne fut jamais vraiment rétabli, et le contenu était trop coupé des besoins. Piatnitsky se plaint à la conférence de Prague de 1912 :

« J’ai attaqué le comité de rédaction violemment parce qu’il oublie parfois que l’organe central – le Sotsial-Demokrat – n’existe pas seulement pour les camarades de l’étranger qui sont familiers avec les querelles du parti, mais surtout pour les camarades de Russie. »[1]

Lénine se battit énergiquement pour une ligne « bolchévique », laquelle devient hégémonique en décembre 1911, grâce au soutien du Polonais Tychko (Leo Jogiches).

En parallèle de la Pravda, publiée légalement et destinée aux ouvriers, le Sotsial-Demokrat sert essentiellement à développer des idées pour les cadres bolchéviks.

En 1912-1913, le Sotsial-Demokrat paraissait seulement avec de longs intervalles, avec un total de six numéros seulement pour les deux années. Lénine avait de grandes difficultés à introduire le Sotsial-Demokrat en Russie. Dans une lettre de 1913, il disait :

« Il est presque impossible d’organiser un transport convenable en Russie. L’expérience de 1910 et 1911 montre que des pouds de littérature qui a été introduite traînent dans des entrepôts, et il n’y a pas d’adresses, pas de lieu de réunion pour leur distribution. »[2]

Ce n’était pas surprenant, la personne responsable de la littérature acheminée en Russie jusqu’en 1912 étant Brendinsky, un agent de l’okhrana. Cela dit, l’okhrana commit l’erreur de sous-estimer l’importance de la presse bolchevique publiée à l’étranger. En juin 1914, le rapport d’un de ses agents déclarait :

Malgré l’énergie et les ressources dépensées pour son transport, elle n’a pas apporté de résultats positifs : dirigée entièrement par des théoriciens émigrés et arrivant en Russie avec un retard considérable, cette littérature a perdu tout intérêt d’actualité, n’est pas compréhensible pour les classes inférieures à moitié illettrées et n’a aucune efficacité pour influer sur l’humeur sociale.[2]

Au contraire, le Sotsial-Demokrat, comme Proletari avant lui, joua un rôle clé dans la direction des cadres du parti bolchevik. Les journaux fournissaient le canal principal par lequel les idées de Lénine et de la poignée d’émigrés qui l’entouraient atteignaient leurs proches collaborateurs en Russie.

Au début de la Première guerre mondiale, après avoir connu une interruption d'un an, Lénine relance le journal. Le n°33, publié le 19 octobre (1er novembre n.s), contenait le manifeste du comité central du POSDR(b).

Il dénonce la guerre et le social-chauvinisme.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. O. Piatnitsky, Memoirs of a Bolshevik, London n.d., p. 57.
  2. 2,0 et 2,1 Пролетарская революция, n° 2 (14), 1923, p. 45.