Révolution

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Une révolution est un bouleversement radical d'un système.

Le révolutionnarisme ou révolutionnisme est le fait d'être partisan de la méthode révolutionnaire.

Types de révolution[modifier]

On peut parler de révolution dans des domaines assez différents :

Révolution et processus révolutionnaire[modifier]

Une révolution n'est jamais un événement purement ponctuel, mais peut être considéré comme ponctuelle au regard du temps long historique. Surtout, la révolution est une rupture avec le cours normal de l'évolution (ou de la stagnation) et avec les institutions dominantes, à l'inverse d'une évolution graduelle.

On emploie parfois le terme de « processus révolutionnaire » pour zommer sur le déroulé des événements (donc à leur aspect "non ponctuel").

On emploie aussi parfois ce terme même dans le cas où le processus n'a pas abouti et que la réaction l'a emporté. Certains considèrent dans ce cas que ces événements ne peuvent pas être appelé « révolution », mais qu'il s'agit d'une situation révolutionnaire qui s'est refermée. Néanmoins il y a des raisons de parler de révolution même dans ce cas, car il est rare qu'un processus révolutionnaire ne laisse aucune conséquence : même s'il en reste peu de traces concrètes, l'effet est en général puissant sur les consciences et les mémoires et la clarification politique (dissipation des illusions...). C'est ce qui faisait dire à Marx que « Les révolutions sont les locomotives de l'histoire. »[1] Il a alors en tête les révolutions politiques et principalement la révolution de 1848.

Ainsi on parle de « révolution russe de 1905 » même si le tsarisme n'a pas été renversé à ce moment-là, ou de « révolution chinoise » pour les processus révolutionnaires de 1911 et de 1925-1927, même si les deux ont été des échecs.

Il arrive cependant que l'usage de « révolution » et « processus révolutionnaire » soit tellement extensif qu'il en change de sens. Cette démarche peut servir à masquer un réformisme. Par exemple, les centristes de l'Internationale ouvrière, comme Kautsky, disaient que le progrès de la social-démocratie (en adhérents, aux élections, dans les idées...) devait être considéré comme un processus révolutionnaire, ce qui permettait de dissiper l'idée qu'une rupture nette avec l'Etat serait un jour nécessaire.

Lien dialectique[modifier]

Le matérialisme historique permet de comprendre que ces différents événements historiques sont interdépendants, évoluent de façon dialectique.

Par exemple l'invention d'une technique nouvelle est bien sûr une acte d'innovation intellectuelle, puisqu'il surgit d'une idée nouvelle, mais cette idée ne surgit pas du néant, elle est conditionnée par l'observation du milieu environnant et les savoirs accumulés qui façonnent celui qui pense. Elle a donc des racines profondément matérielles. Il faut ajouter à cela que l'individu est intégré dans une chaîne de relations sociales qui déterminent la majeure partie de ses paradigmes et de ses marges de manoeuvre.

Ainsi les révolutions bourgeoises ont été contemporaines de grands bouleversements dans les idées qui les ont nourries (Réforme protestante, Lumières, libéralisme...), se sont appuyées sur un milieu dynamique propice à la science (L'Encyclopédie, grandes inventions...) et en retour ont permis une véritable libération des forces productives avec la révolution industrielle.

Révolutionnisme et évolutionnisme[modifier]

Parmi les socialistes, un débat récurrent est celui de savoir si la transition vers le socialisme doit être le résultat d'une évolution ou d'une révolution.

Dans l'analyse de Marx (matérialisme historique), ces termes ne sont pas opposés mais combinés. Schématiquement : il existe une tendance de fond à l'évolution de certains facteurs (notamment les forces productives), mais celle-ci se heurte aux rapports de production imposés par la classe dominante (qui freinent cette tendance, voire provoquent des effets destructeurs). Dans ces conditions, une révolution sociale est nécessaire.

En se basant sur les écrits et la pratique politique de Marx et Engels, on peut signaler deux écueils possibles :

  • L'excès de volontarisme, qui surestime la puissance de la volonté d'une avant-garde révolutionnaire et se préoccupe trop peu de la préparation de la révolution, qui passe par une évolution de l'ensemble de la classe révolutionnaire.
  • L'excès d'objectivisme, qui sous-estime l'importance de la praxis révolutionnaire et conduit à une pensée gradualiste.

Par exemple Marx et Engels ont critiqué les blanquistes pour leur illusion qu'il pourrait suffire d'un coup d'Etat mené par une minorité, indépendamment de l'état d'esprit des masses. Cette division a également conduit à une scission dans la Ligue des communistes.

Notes et sources[modifier]