Comitard

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Le terme de comitard désigne, souvent de façon péjorative, une personne qui participe assidûment à un comité de parti politique.[1] C'est un terme aujourd'hui vieilli.

Les comitards du POSDR[modifier | modifier le wikicode]

Le terme a été utilisé pour désigner les membres assidus des comités du Parti ouvrier social-démocrate de Russie. Etant donné la difficulté à s'organiser sous la répression tsariste, ces membres étaient souvent des « révolutionnaires professionnels », dont la vie tournait essentiellement autour de l'organisation. On pouvait ainsi distinguer les comitards des sympathisants, mais aussi des dirigeants du parti, qui étaient le plus souvent en déportation (Sibérie...) ou dans l'émigration (en Europe principalement).

Etant donné que les bolchéviks étaient, depuis la scission du 2e congrès (1903), les partisans d'une organisation rigoureuse, le terme de comitard a surtout été associé à eux. Le militant et historien Tony Cliff en donne la description suivante :

« Ils n’avaient pas de vie en dehors du mouvement. (...) Ils étaient, dans l’ensemble, compétents, perspicaces, énergiques et volontaires ; hors-la-loi absolus, ils n’auraient pu survivre autrement. Les comitards poursuivirent leur activité, inlassablement, pendant des mois et des années. Il suffit de consulter la liste des délégués au Ve Congrès de Londres (1907), par exemple, pour y voir une galerie de gens qui étaient la colonne vertébrale du bolchevisme, les porteurs de la tradition, de la continuité du parti...»[2]

Kroupskaïa raconte également :

« Le membre du comité était d'ordinaire un homme plein d'assurance; il voyait l'énorme influence que l'activité du comité avait sur les masses; en règle générale, le "comitard" n'admettait aucune démocratie à l'intérieur du parti; il méprisait toujours un peu les "émigrés", qui exagéraient tout et semaient la zizanie. " On voudrait bien les voir en Russie..." De plus, le comitard n'aimait pas les innovations. Il ne voulait pas et ne savait pas s'adapter à des circonstances rapidement changeantes. »[3]

Selon Trotsky, Staline fut pendant longtemps le type même du comitard.

Lorsque la révolution de 1905 éclate, ces militants précieux pour le parti firent preuve d'un certain conservatisme. La possibilité de militer au grand jour donna la possibilité de recruter largement de nombreux ouvriers, mais cela brisait les habitudes acquises, notamment celles de s'assurer par de longues périodes de formation et de probation que les nouveaux arrivants sont fiables.

Dans les conditions de la clandestinité, la démocratie dans les comités étaient très limitée, et les comitards faisaient preuvent d'autorité. A l'inverse au moment de la révolution, il devient possible d'organiser des votes, et cela aussi bouscule les comitards.

Lénine fut partisan de l'ouverture en grand des portes du parti et de sa démocratisation.

Sources[modifier | modifier le wikicode]