Marxisme

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Le marxisme est le système des idées de Karl Marx , en étroite collaboration avec Friedrich Engels, et de ceux qui ont continué à faire vivre sa méthode (Rosa Luxemburg, Lénine, Trotsky...).

Marx a continué et parachevé les trois principaux courants d'idées du 19e siècle, la philosophie classique allemande, l'économie politique classique anglaise et le socialisme français. La logique et l'unité remarquables de ses idées sont des qualités reconnues même par ses adversaires, et aujourd'hui timidement et partiellement réhabilités par ceux qui se disent marxiens.

Le marxisme est la base du socialisme scientifique, qui est pour beaucoup de révolutionnaires l'acquis le plus précieux pour l'émancipation de l'humanité. Car  « la pensée marxiste n'est pas seulement pensée orientée vers l'action. Elle est théorie de l'action, réflexion sur la praxis, c'est-à-dire sur le possible et l'impossible. [...] La pensée critique n'a de sens et de portée que par l'action pratique révolutionnaire, critique en acte de l'existant. »[1]

Les fondements[modifier]

Le marxisme utilise comme fondements le matérialisme et la dialectique, réunis dans une même théorie de l'évolution qu'est le matérialisme dialectique.

Le matérialisme[modifier]

Le marxisme part du principe matérialiste : le monde est matériel, et l'on doit chercher à expliquer la réalité à partir de la matière. 

La dialectique[modifier]

La dialectique est en philosophie une manière de raisonner et d'interpréter le monde qui part des contradictions apparentes et cherche à les dépasser, c'est-à-dire à faire émerger de nouvelles thèses dans lesquelles les contradictions sont résolues.

La méthode[modifier]

La méthode de raisonnement marxiste se situe à la fois sur le plan de l'interprétation de l'histoire, et sur celle de l'analyse économique du capitalisme. Les deux approches ne sont pas dissociables, chacune fait appel à l'autre.

L'analyse de l'histoire[modifier]

Article détaillé : Matérialisme historique.

La conception matérialiste de l'histoire[modifier]

L'aspect directement pratique du matérialisme dialectique est la conception matérialiste de l'histoire, ou matérialisme historique. Celle-ci permet de comprendre les évolutions de l'humanité à partir des changements intervenus dans la sphère matérielle. De même que l'on ne juge pas une personne selon ce qu'elle pense d'elle-même, on ne doit pas juger une société sur les valeurs qu'elle proclame. On doit à l'inverse chercher dans les conditions de vie des masses et dans les rapports de production les sources de la politique et des idéologies.

La lutte des classes[modifier]

Résultat principal du matérialisme historique : l'histoire est dans ses grandes lignes dessinée par la lutte des classes. Marx a donné de nombreux exemples d'analyses approfondies des événements politiques majeurs de son époque, et des époques antérieures.

L'analyse économique[modifier]

Article détaillé : Marxisme économique.

Marx a consacré de nombreuses années de sa vie à étudier en détail le fonctionnement du capitalisme (en particulier dans son oeuvre majeure, Le Capital), ce qui nous permet aujourd'hui de disposer de résultats d'une précision toujours d'actualité.

Marchandises et loi de la valeur[modifier]

Lorsque l'on s'intéresse aux marchandises dans le marxisme, on distingue la valeur d'usage (l'utilité sociale) et la valeur d'échange (le prix moyen).

Marx a montré rigoureusement que la valeur (d'échange) des marchandises correspond au temps de travail socialement nécessaire pour la produire. C'est ce qu'il a appelé la loi de la valeur.

Le fétichisme[modifier]

Un point sur lequel Marx insiste beaucoup : les marchandises et leur prix, aussi concrets qu'ils soient, sont des constructions sociales. Leur réalité n'est pas une donnée intemporelle et immuable, mais le reflet des rapports de production actuels. Ce phénomène de fétichisme est illustré de façon plus frappante par la monnaie, la marchandise servant d'équivalent universel.

La plus-value et le profit[modifier]

En étudiant le capitalisme, un des premiers phénomènes que Marx a remarqué et cherché à comprendre a été l'accroissement de la richesse sociale. En effet, malgré l'inégalité sociale, la paupérisation et la concurrence entre capitalistes, il est apparu que cet accroissement ne résultait pas, à l'échelle sociale, d'un transfert de valeur, mais de création. Plus précisément, c'est par l'exploitation du travail que les capitalistes dégagent une plus-value, qui leur permet à la vente des marchandises de réaliser un profit.

Les crises[modifier]

Mais le système capitaliste a un fonctionnement tout sauf statique. De par l'accumulation même du capital, il créé une tendance à la baisse du taux de profit, ce qui se traduit par des crises régulières.

Histoire et économie sont inséparables[modifier]

On le voit, l'économie capitaliste tout entière participe de la lutte des classes, et par conséquent détermine en très large partie les idéologies, la politique, en bref l'histoire. En retour, les choix des militants du mouvement ouvrier ainsi que les expériences qui forgent la conscience de classe du prolétariat, et donc sa combativité, peuvent imposer des conditions d'exploitation très différentes au capitalisme, voire, dans la perspective révolutionnaire, le renversement définitif du système.

Il est toujours utile de rappeler aux penseurs révolutionnaires que l'économisme - croyance en une autonomie totale de l'économie - est au moins aussi improductif que l'activisme indifférent à l'économie.

Le capitalisme doit être renversé[modifier]

L'instabilité du capitalisme apparaît avec évidence tout au long de son histoire, évidence qui d'ailleurs aujourd'hui se fait sentir plus brutalement encore. Cette instabilité, illustrée notamment par les crises à répétitions, n'est pas une caractéristique accidentelle, qui serait due à des mauvaises gestions. Même si les choix politico-économiques diffèrent ou changent la forme que celles-ci peuvent prendre, les crises du capitalisme sont inévitables, car fruits des contradictions internes du système.

Le capitalisme créé les conditions de son dépassement[modifier]

Par l'approche du matérialisme historique, Marx conclut que le capitalisme est, comme les systèmes qui l'ont précédé, voué à être remplacé par un système qui lui est supérieur.

Les principales contradictions que le marxisme a identifié sont :

Le sujet révolutionnaire : la classe ouvrière[modifier]

Le capitalisme n'a pas pour seul effet d'engendrer une organisation sociale de plus en plus irrationnelle. En détruisant toujours plus les anciens modes de production, il affaiblit les classes intermédiaires (paysannerie, petite bourgeoisie) et fait grossir les rangs du prolétariat : ceux qui n'ont que la vente de leur force de travail pour vivre. De plus, ne serait-ce que pour ses besoins de production, il a besoin d'une main d'oeuvre de plus en plus formée. C'est ce qui créé une classe capable de reprendre en main collectivement la production pour la destiner à la satisfaction des besoins de tous, c'est-à-dire, capable d'accomplir la révolution socialiste.

La lutte politique[modifier]

La perspective communiste[modifier]

Pour le socialisme scientifique, la perspective communiste n'est pas une utopie, mais une organisation sociale concrète sur laquelle le capitalisme peut déboucher, et pour laquelle tous les progressistes d'aujourd'hui devraient donc militer.

A l'inverse du socialisme utopique, il ne s'agit pas d'imaginer un système qui serait le meilleur, mais d'utiliser tous les points d'appuis dans le présent qui permettent de dépasser le capitalisme. Et il s'agit en premier lieu de s'engager dans la lutte politique.

État, élections, révolution[modifier]

Peu de questions ont autant divisé les socialistes que celle du contenu politique de cette lutte. Et pour cause, les conditions mêmes de cette lutte ont beaucoup évolué depuis les débuts du capitalisme. Aux débuts de la Révolution industrielle les ouvriers étaient clairement exclus de la vie politique, et la lutte pour la république et la démocratie était celle de toute "la gauche".

Mais l'histoire a montré que la bourgeoisie pouvait conserver ses intérêts dans le cadre formel d'une démocratie représentative : l'État est et reste un instrument de la classe dominante. Schématiquement, l'attitude des socialistes vis à vis de cet État est assez caractéristique :

  • Les réformistes de la social-démocratie entretiennent toutent sortes d'illusions vis-à-vis de l'État et des élections qu'il organise.
  • Les anarchistes rejettent en bloc l'État et prônent l'abstention aux élections.
  • Les communistes révolutionnaires entendent organiser la classe ouvrière en lutte pour prendre le pouvoir et détruire l'État bourgeois : c'est la dictature du prolétariat, qui doit mener à l'abolition des classes sociales, donc à l'extinction de l'État. Les élections actuelles ne doivent être utilisées que pour se faire entendre et pour arracher toute réforme "démocratique" ou "sociale" réellement positive, en aucun cas pour gérer le capitalisme en association avec la "gauche bourgeoise".

Internationalisme[modifier]

Les bourgeoisies sont nées dans le cadre de leurs nations et sont appuyées sur elles pour défendre leurs intérêts. Les visées impérialistes sont toujours des menaces de guerre pour l'humanité, c'est-à-dire concrètement pour les classes populaires qui les subissent le plus.

Pourtant, le capitalisme, qui tend à la mondialisation depuis son origine, fait apparaître également le caractère arbitraire des frontières nationales. C'est pourquoi l'internationalisme n'est pas seulement un supplément de solidarité ouvrière ou un idéal communiste, mais la condition même de la réussite d'une révolution socialiste, autrement dit « une des premières conditions de l'émancipation du prolétariat »[2].

Critiques du marxisme[modifier]

Une idée couramment répétée par les anti-marxistes serait que "le marxisme est dépassé", que ce serait une idéologie propre au 20e siècle.

Cela n’est pas vrai parce que le capitalisme qu’analysa Marx était, par certains aspects, moins celui qu’il avait sous les yeux que celui du siècle présent. Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, l’économie capitaliste se réduisait à l’Europe occidentale jusqu’au Danube, à l’Amérique du nord et à quelques villes ou États au sud de l’Afrique, ainsi qu’à l’Océanie. La majeure partie du monde connu alors n’était pas capitaliste. Au sein des pays industriels l’immense majorité de la population était occupée dans l’agriculture. La classe ouvrière était donc très minoritaire. Les différences de richesse entre les pays capitalistes et les pays non capitalistes n’étaient pas très grandes.

Le courant des Subaltern studies critique le marxisme en lui reprochant d'être une idéologie occidentale, inadaptée aux peuples dominés.

Quelques marxistes sur ce wiki[modifier]

Ecrits de marxistes en ligne[modifier]

Le site Marxists.org

Notes et références[modifier]

Voir cet article de présentation du marxisme par Lénine.

  1. Henri Lefèbvre, Sociologie de Marx, 1974
  2. Karl Marx, Friedrich Engels, Manifeste du Parti communiste, 1847