Adelheid Popp

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Adelheid Popp (née Dworak le 11 février 1869 à Inzersdorf, morte le 7 mars 1939 à Vienne) est une écrivain autrichienne féministe et socialiste.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Adelheid Dworak quitte l'école après trois ans d'instruction et va travailler dans une usine. Par ses frères, elle participe à l'assemblée des travailleurs où elle prend la parole sur la situation des travailleuses et créé l'émoi. Elle est politisée par un ami de son frère qui est socialiste. Il lui donne un journal. En le lisant, elle commence à réfléchir à sa propre condition d’ouvrière, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant. Elle devient une lectrice acharnée du journal qu’elle vend autour d’elle et dont elle lit des passages à voix haute à ses camarades de travail. Puis, elle accompagne son frère à une réunion social-démocrate. Elle est la seule femme dans la salle. Elle est enthousiasmée par le discours car elle comprend alors que son sort n’est pas isolé, qu’elle le partage avec les autres travailleurs de sa classe sociale. Gagnée aux idées socialistes, elle n’envisage pas cependant l’adhésion, en vertu de sa condition féminine. Au bout de plusieurs réunions, elle ose quand même prendre la parole pour évoquer sa vie d’ouvrière.

Elle s'intègre alors au mouvement ouvrier autrichien en devenant membre du Parti social-démocrate. Puis, elle participe à la rédaction du journal d’agitation en direction des femmes. Elle raconte encore comment, lorsqu’elle devient rédactrice du journal, elle doit s’imposer vis-à-vis de ses camarades de sexe masculin. Malgré le froid qui règne dans la salle de travail, elle choisit de ne pas être celle qui s’occupe de mettre du bois dans le poêle mais celle qui, comme ceux qui l’entourent, s’occupent de politique, les tâches matérielles devant être partagées par tous.

Après avoir aidé à organiser la grève des femmes, elle est la cible de la police secrète et va plusieurs fois en prison. En 1891, elle est membre de l'Association pour l'éducation des travailleuses de Vienne. Elle co-fonde et est la rédactrice en chef d'Arbeiterinnen-Zeitung jusqu'en 1919. Elle a de bonnes relations avec Friedrich Engels et August Bebel. En 1893, Adelheid épouse Julius Popp, un collègue et ami de Victor Adler, l'époux d'Emma Adler, avec laquelle elle était déjà amie. Julius Popp meurt en 1902. De cette union, naissent deux fils qui mourront, l'un durant la Première Guerre mondiale, l'autre de la grippe.

En 1902, elle fonde l'Union des Femmes et des Filles Sociales-Démocrates. En 1909, elle publie anonymement La Jeunesse d'une ouvrière avec une préface d'August Bebel et diffusée dans les cercles socialistes.

En 1918, elle est élue à l'exécutif du parti puis au conseil municipal de Vienne où elle est présente jusqu'en 1923. En 1919, elle rentre au Conseil national et est réélue jusqu'en 1934. Elle est également présidente de la Commission internationale de la Femme (en succession à Clara Zetkin). En 1929, elle publie Der Weg zur Höhe, une histoire du féminisme sociale-démocrate.

En 1933, elle prend sa retraite politique. Elle subit la guerre civile autrichienne en 1934, l'interdiction du parti socialiste, et l'Anschluss en 1938, sans pouvoir résister à cause de sa vieillesse. Adelheid Popp mourut en mars 1939. En dépit de la terreur que faisaient régner les nazis, ses camarades l’accompagnèrent nombreux lors de ses obsèques.

Oeuvre[modifier | modifier le wikicode]

  • La Jeunesse d'une ouvrière, traduit par Mina Valette. Préface d'August Bebel. Avant-propos de A. de Morsier. L. Martinet, Lausanne, 1913 ; réédition Maspero, 1979 ; réédition (présentée par Georges Haupt et annotée par Karin Königseder) Les Bons Caractères, Collection Témoignages, 2016.