Matérialisme dialectique

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Le matérialisme dialectique est la conception marxiste du matérialisme. Il rompt notamment avec le matérialisme mécaniste, en y intégrant la pensée dialectique. Il permet de mieux comprendre l'histoire et ses potentialités avec son corrolaire, le matérialisme historique.

Ses deux termes antagonistes en une seule unité permet de mettre en avant un matérialisme ayant su assimiler et intégrer les enseignements de Hegel selon lesquels « la nature procède dialectiquement » :

« les choses elles-mêmes ne sont pas immobiles, elles se développent selon un processus analogue à celui dont Hegel avait fait la loi de la pensée, c'est-à-dire par opposition (thèse et antithèse) qui se trouve dépassées, et résolue en une synthèse supérieure. Là où Hegel voyait une dialectique de l'idée, le matérialisme dialectique voit « le reflet dans la conscience, du mouvement dialectique du monde réel ». Un tel matérialisme ne peut plus se définir, selon la formule d'Aug. Comte, comme la doctrine « qui explique le supérieur par l'inférieur ». Ici, en effet, chaque ordre de réalité constitue une synthèse, en quelque mesure, nouvelle, bien qu'en dernière analyse elle se trouve conditionné par ce qui la précède : de même que la vie est quelque chose de relativement nouveau par rapport aux phénomènes physico-chimiques qui la conditionnent, la conscience, tout en dépendant de conditions physiologiques et aussi, d'ailleurs, sociales (cf. ci-dessus p.370), « amène un stade nouveau de développement, celui où l'homme transforme le monde à son usage, où le monde s'humanise et se rationalise »[1]. La pensée n'est plus un épiphénomène puisqu'elle réagit sur ses propres conditions » [2].

Origine de l'expression, sa négation et négation de sa négation[modifier]

L'expression de « matérialisme dialectique » n'apparaît pas chez Marx.

Engels utilise de manière épisodique les termes de « dialectique matérialiste » et de « matérialisme dialectique » en 1886 selon Pascal Charbonnat[3]. Ils apparaissent cependant seulement dans son Ludwig Fuerbach en 1888[4]. Ce « matérialisme moderne » par opposition au matérialisme ancien a été explicité par Joseph Dietzgen (1887) et Gueorgui Plekhanov (1891) en utilisant le terme de « matérialisme dialectique ». Lénine reprend ce terme dans Matérialisme et empiriocriticisme (1908) et dans les Cahiers philosophiques (1916).

« Dans le registre français », les expressions de « matérialisme dialectique » et de « dialectique matérialiste » ont été utilisées explicitement pour la première fois sous la plume d'Henri Wallon dans l'introduction des deux volumes de l'ouvrage collectif À la lumière du marxisme publié en 1935 et 1937[4]. Si, Georges Politzer enseignait à l'université le contenu conceptuel du matérialisme dialectique et historique en 1935 et 1936, son cours retranscrit par l'élève Le Gaos a été diffusé au grand public pour la première fois en 1946 sous le titre de Principes élémentaires de philosophie.

Après guerre,

« Les Principes élémentaires de philosophie (1945) se présentent alors comme la première formulation doctrinale d'ensemble en langue française du matérialisme dialectique, alors que les énoncés de Wallon sur ce sujet sont de caractère plus segmentaire, malgré l'antériorité historique incontestable de leur publication (1935, 1935 n.83 et n.84, 1936 n.91, 1937n.97, parmi d'autres). Il reste que la plupart des textes de Wallon sont d'une densité théorique majeure (1935, 1937 n.97, 1946 n.125) par rapport à la perspective dialectique matérialiste, telle qu'elle a pu se présenter parfois dans certains exposés à grande diffusion. »[4]

A posteriori, l'expression est utilisée pour désigner dans son ensemble la dimension philosophique du marxisme [5] et cela malgré les divergences au sein du marxisme notamment entre ceux qui rejettent le matérialisme et ceux qui rejettent la dialectique.

En définitif, peu de personnalité utilise le concept dans la lignée de Marx et Engels malgré les vulgarisations correctes de

Ces vulgarisations restent cependant dans un cadre polémique en réponse à :

  • Eduard Bernstein et Conrad Schmidt (1898), puis Alexandre Bogdanov (1910) pour Plékhénov;
  • Benedetto Croce (1885), Georges Sorel (1896) et Giovanni Gentile (1897) pour Antonio Labriola;
  • Vladimir Bazarov, Alexandre Malinovski (Bogdanov) et Anatoli Lounatcharski pour Lénine en 1908;
  • Grigori Zinoviev et Déborine (1923, 1925)[6], puis Jean-Paul Sartre (1961) pour Lukács;
  • Lénine pour Pannekoek en 1938 même si il est « en contradiction avec les mots même de Lénine » [7];
  • Au Bolchevisme pour Karl Korsch en 1923;
  • Et à James Burnham et Max Shachtman pour Trotsky en 1940.

Malgré les caricatures sur le matérialisme dialectique et le rejet de la dialectique en science lors des deux crises historiques du XX (1914-1945, 1952-1984), on retrouve cependant des démarches dialectiques conscientes dans la lignée matérialiste de Marx chez des scientifiques comme :

Au XX, la négation du matérialisme dialectique a été au profit des démarches empiriques et pragmatiques en science. Aujourd'hui, ses démarches sont cachées sous le vocable de « pratique fondée sur les preuves » (Evidence-based). Elles sont soutenues politiquement afin de déterminer selon eux la meilleur décision sous couvert de science. Cependant, il existe au XXI une émergence de la dialectique en science marquée en France en 2012 par le livre d'Évariste Sanchez-Palencia, Promenade dialectique dans les sciences aux éditions Hermann.

Cette émergence des démarches dialectiques ne sont pas sans lien avec la crise en science notamment en génétique et en psychologie scientifique qui se font dépasser dialectiquement suite aux découvertes nouvelles par exemple sur l'épigénétique entre autres. Il y a ainsi une reconnaissance entre autres de l'influence des phénomènes extérieurs dans les transformations internes des choses comme la reconnaissance de l'interpénétration du biologique, du psychologique et du sociologique dans la recherche en pédagogie, en psychologie ou dans la santé. Les démarches dialectiques en science abolissent les visions biologistes (du tout gène, du tout cerveau, du tout inné), culturalistes (du tout acquis) et technicistes (homme machine) dans lesquelles les démarches empiriques et pragmatiques se sont enfermées - comme on le remarque par exemple dans les oppositions de Stuart Ritchie (empirisme) et de Howard Gardner (pragmatisme) sur la notion d'intelligence.

Si il existe en philosophie, des écrits sur le matérialisme dialectique dans la lignée de Marx comme les notes de cours de Georges Politzer à partir des années 40 et les écrits d'Evald Ilyenkov à partir des années 70, il faudra cepedant attendre la première décennie du XXI pour que le terme et le contenu du « matérialisme dialectique » de Marx et Engels retrouvent une confiance comme entre autres chez :

  • Lucien Sève à travers Karl Marx et Lev Vygotski dans Penser avec Marx aujourd'hui;
  • Georges Gastaud à travers d'auteurs anciens et contemporains, divers et disparates dans Lumières Communes - Traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique. Chez ce dernier l'expression de « matérialisme dialectique » est explicite.

Depuis 2015, Karl Marx fait partie du programme d'étude pour l'agrégation de philosophie.

Principes de la dialectique[modifier]

Article détaillé : Dialectique.

Dans son livre de vulgarisation en réponse à Durhing, Friedrich Engels, se fondant sur la Science de la Logique de Hegel, postule trois « lois »[9] de la dialectique :

  1. l’unité et l'interpénétration des contraires ;
  2. la transformation de la quantité en qualité ;
  3. la négation de la négation.

ces lois s'intépénètrent dans le réel. De ce fait, « Nous voyons, lors de la description de ces principes dialectiques..., qu'il ne s'agit nullement de lois déterministes précises comme celle de la gravitation, mais des tendances générales, sorte de cadre où s'inscrivent des lois plus précises et particulières ou les phénomènes eux-même. » (Promenade dialectique dans les sciences, Évariste Sanchez-Palencia, éd. Hermann, 2012, partie Pragmatique et dialectique, p. 272)

Cependant, ces principes ont été formulés de manière progressive dans l'histoire. En effet :

  • La première loi, se trouve déjà chez le philosophe antique Héraclite. Elle était considérée comme l’aspect le plus important de la dialectique par Hegel (Science de la logique, § 69) et Lénine (« Sur la question de la dialectique »).
  • La seconde loi se trouve également chez les philosophes grecs, notamment dans l’explication par Aristote des paradoxes de Zénon.
  • La troisième loi, en revanche, trouve son origine chez Hegel, et fut popularisée par Marx qui en déduisit la nécessité de l’effondrement du capitalisme : « L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol. »[10]

Au cour du développement de la science d'autres principes émergent. Ainsi, selon Évariste Sanchez-Palencia :

Voici l'énoncé de ces principes, essentiellement dus à F. Engels (1878), sous la forme donnée par J.M Brohm (2003):

  1. Mouvement et transformation.
  2. L'action réciproque (ou interdépendance, dite aussi unité dialectique)
  3. La contradiction, force créatrice
  4. Le passage du quantitatif au qualitatif (bonds et ruptures).
  5. La négation de la négation : thèse, antithèse et synthèse (ou principe du développement en spirale).

Notons que Georges Politzer (1936) regroupe les principes 3 et 5 en un seul. Cela ne présente aucun inconvénient, puisque le contenu des principes n'a pas encore été défini. Qui plus est, l'évolution de nos connaissance scientifiques conduit à une révision permanente du contenu de ces principes. C'est ainsi que [...], pour les phénomènes faisant intervenir l'évolution d'au mois trois agents, un nouveau principe, « des comportements erratiques sur l'attracteur » mettant en œuvre des découvertes (le chaos déterministe) datant seulement d'une trentaine d'années, et donc totalement inconnues d'Engels ou de Politzer.

  • Promenade dialectique dans les sciences, Évariste Sanchez-Palencia, éd. Hermann, 2012, partie Pragmatique et dialectique, p. 271-2

Les conceptions matérialistes de Marx et Engels[modifier]

En opposition à l'idéalisme[modifier]

Le matérialisme de Marx s'est forgé au contact de la philosophie de Feuerbach. Ce dernier était considéré par Marx comme un penseur important par la rupture qu'il introduit par rapport à l'idéalisme hégélien. Marx peut ainsi écrire :

« Pour Hegel, le mouvement de la pensée, qu'il personnifie sous le nom de l'idée, est le démiurge [c'est-à-dire le créateur] de la réalité. [...] Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n'est que le reflet du mouvement réel, transporté ettransposé dans le cerveau de l'homme. » [11]

En parfait accord avec cette philosophie matérialiste de Marx, F. Engels, en l'exposant dans l'Anti-Dühring (dont Marx avait lu le manuscrit), écrivait :

« L'unité du monde ne consiste pas en son Etre... L'unité réelle du monde consiste en sa matérialité, et celle-ci se prouve... par un long et laborieux développement de la philosophie et de la science de la nature... Le mouvement est le mode d'existence de la matière. Jamais, et nulle part, il n'y a eu de matière sans mouvement, et il ne peut y en avoir... Mais si l'on demande ensuite ce que sont la pensée et la conscience et d'où elles viennent, on trouve qu'elles sont des produits du cerveau humain et que l'homme est lui-même un produit de la nature, qui s'est développé dans et avec son milieu ; d'où il résulte naturellement que les productions du cerveau humain, qui en dernière analyse sont aussi des produits de la nature, ne sont pas en contradiction, mais en conformité avec l'ensemble de la nature. »
« Hegel était idéaliste, ce qui veut dire qu'au lieu de considérer les idées de son esprit comme les reflets[12] plus ou moins abstraits des choses et des processus réels, il considérait à l'inverse les objets et leur développement comme de simples copies réalisées de l'« Idée » existant on ne sait où dès avant le monde. »

Dans son Ludwig Feuerbach, livre où il expose ses propres idées et celles de Marx sur la philosophie de Feuerbach, et qu'il n'envoya à l'impression qu'après avoir relu encore une fois le vieux manuscrit de 1844-1845 écrit en collaboration avec Marx sur Hegel, Feuerbach et la conception matérialiste de l'histoire, Engels écrit :

« La grande question fondamentale de toute philosophie, et spécialement de la philosophie moderne, est celle... du rapport de la pensée à l'être, de l'esprit à la nature... la question de savoir quel est l'élément primordial, l'esprit ou la nature... Selon qu'ils répondaient de telle ou telle façon à cette question, les philosophes se divisaient en deux grands camps. Ceux qui affirmaient le caractère primordial de l'esprit par rapport à la nature, et qui admettaient, par conséquent, en dernière instance,une création du monde de quelque espèce que ce fût... formaient le camp de l'idéalisme. Les autres, qui considéraient la nature comme l'élément primordial, appartenaient aux différentes écoles du matérialisme. »

Marx repoussait catégoriquement non seulement l'idéalisme, toujours lié d'une façon ou d'une autre à la religion, mais aussi le point de vue, particulièrement répandu de nos jours, de Hume et de Kant, l'agnosticisme, le criticisme, le positivisme sous leurs différents aspects, considérant ce genre de philosophie comme une concession « réactionnaire » à l'idéalisme et, dans le meilleur des cas, comme « une façon honteuse d'accepter le matérialisme en cachette, tout en le reniant publiquement ».

Voyez à ce propos, outre les ouvrages d'Engels et de Marx que nous venons de citer, la lettre de Marx à Engels en date du 12 décembre 1868, où il parle d'une intervention du célèbre naturaliste T. Huxley. Constatant que ce dernier s'est montré « plus matérialiste » que d'ordinaire et a reconnu que, tant que « nous observons et pensons réellement, nous ne pouvons jamais sortir du matérialisme », Marx lui reproche d'avoir « ouvert une porte dérobée » à l'agnosticisme et à la théorie de Hume.

En opposition au matérialisme mécaniste[modifier]

Article détaillé : Matérialisme mécaniste.

Selon Marx et Engels, le défaut essentiel de l'« ancien » matérialisme, y compris celui de Feuerbach (et à plus forte raison du matérialisme «vulgaire» de Büchner-Vogt-Moleschott), tenait au fait que :

  1. ce matérialisme était « essentiellement mécaniste » et ne tenait pas compte du développement moderne de la chimie et de la biologie (de nos jours, il conviendrait d'ajouter encore : de la théorie électrique de la matière) ;
  2. l'ancien matérialisme n'était ni historique ni dialectique (mais métaphysique dans le sens d'antidialectique) et n'appliquait pas le point de vue de l'évolution d'une façon systématique et généralisée ;
  3. il concevait l'« être humain » comme une abstraction et non comme « l'ensemble de tous les rapports sociaux » (concrètement déterminés par l'histoire), et ne faisait par conséquent qu'« interpréter » le monde alors qu'il s'agissait de le « transformer », c'est-à-dire qu'il ne saisissait pas la portée de l'activité pratique révolutionnaire.

Un nouveau paradigme progressiste[modifier]

Tout comme le matérialisme (plus ou moins mécaniste) accompagnait l'ascension de la bourgeoisie, le matérialisme dialectique représente le paradigme en phase avec la société socialiste. A ce titre, il connaît encore des reculs, tant face au matérialisme mécaniste que face aux idéalismes portés par certains secteurs réactionnaires.

Dépassant la contradiction matérialisme / idéalisme[modifier]

Le matérialisme dialectique est à la fois un rejet de l'idéalisme, qui considère la conscience des hommes comme étant indépendante de toute forme matérielle concrète et supérieure à cette dernière, et un rejet du matérialisme vulgaire ou contemplatif qui ne considère que l'importance du concret, du réel, au détriment des idées.

Il est à la fois opposé à l'empirisme matérialiste (qui voit uniquement dans les faits eux-mêmes leur propre explication) et à l'idéalisme (qui voit les changements réels dépendants de l'évolution de "l'Esprit").

Le matérialisme de Marx est au contraire critique et pratique, il est un dépassement de cette opposition entre les conceptions idéalistes et matérialistes classiques car, tout en affirmant la détermination première du réel, du concret, il prend en compte les interactions entre ces deux conceptions.

« Les deux interprétations du monde, le matérialisme et l'idéalisme, tombent avec la praxis (marxiste) révolutionnaire. Elles perdent leur opposition [...]. La spécificité du marxisme , son caractère révolutionnaire (donc son caractère de classe) ne proviennent donc pas d'une prise de position matérialiste, mais de son caractère pratique, dépassant la spéculation, donc la philosophie, donc le matérialisme comme l'idéalisme. »[13]

Car toute pratique est constituée à la fois de concret et de "pensée". Le travail, par exemple, nécessite à la fois la réflexion et l'action. C'est bien grâce à la relative autonomie de la pensée et de la culture humaine, que les hommes sont capables d'agir en retour sur leurs propres conditions matérielles d'existence.

La nécessité et la liberté ne se nient pas mutuellement, elles entretiennent un rapport dialectique. « La nécessité n'est aveugle que dans la mesure où elle n'est pas comprise... La liberté est l'intellection de la nécessité »[14] : autrement dit, elle consiste à reconnaître l'existence de lois objectives de la nature et la transformation dialectique de la nécessité en liberté (de même que la transformation de la « chose en soi », non connue, mais connaissable, en une « chose pour nous », de l'« essence des choses » en « phénomènes »).

Correspondant à la classe révolutionnaire[modifier]

Le matérialisme dialectique n'est donc pas une simple conception ou interprétation passive du monde, il est pratique car il est notamment un outil (avec le matérialisme historique) pour l'analyse des sociétés humaines dans leur développement historique afin de mener une pratique révolutionnaire basée sur l'étude scientifique des faits, des sociétés.

Il n'est plus une philosophie car « les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de diverses manières, or ce qui importe, c'est de le transformer. ».[15]

Quand Marx se heurtait aux insuffisances de l'ancien matérialisme, il arrivait à la conclusion qu'il fallait « mettre la science de la société... en accord avec la base matérialiste, et la reconstruire en s'appuyant sur elle ». Si, d'une manière générale, le matérialisme explique la conscience par l'être et non l'inverse, cette doctrine, appliquée à la société humaine, exigeait qu'on expliquât la conscience sociale par l'être social.

Le matérialisme mécaniste a servi d'arme à la bourgeoisie contre l'ordre féodal justifié par la théologie. Avec le capitalisme triomphant, la nouvelle classe dominante s'est plu à camoufler le rapport de force sous l'idée positiviste d'une société bien ordonnée par la Raison. Mais aujourd'hui, aucune tendance dans la bourgeoisie ne se dessine pour dépasser cette conception étriquée et contredite tous les jours, quand celle-ci ne recule pas devant la réaction. Et pour cause : l'élément dialectique, parlant du mouvement des sociétés, de leurs bouleversements, n'est pas ce que recherchent ceux qui aspirent à l'ordre établi.

Résumé[modifier]

Le matérialisme dialectique est progressiste en ce qu'il :

  • rejette la thèse idéaliste d'un monde des Idées (assimilable à Dieu) surplombant le monde matériel ;
  • rejette le matérialisme vulgaire dans lequel les idées des hommes n'ont aucun rôle ;
  • rejette l'emprisime mécaniste pour lequel les faits n'ont d'autre explication qu'eux-mêmes ;
  • propose un dépassement de la spéculation philosophique, avec la transformation socialiste qui signifie une humanité enfin consciente d'elle-même.


La dialectique contemporaine et la science[modifier]

Négation de la dialectique au XX[modifier]

Après 1945, à la suite de la caricature du matérialisme dialectique (le diamat) et l'affaire Lyssenko, cette dialectique dogmatique est fortement et diversement critiquée par les philosophes (Jean-Paul Sartre) et les scientifiques (Jacques Monod, Guillaume Lecointre[16]).

Dans la période de la guerre froide générant une crise philosophique, il y a une difficulté à reconnaître la dialectique comme un processus réel existant en dehors de l'idée pure et de l'action humaine pure. La dialectique est dans ce cas perçue comme une simple logique qui n'existe pas dans la nature. Dans ces visions, la dialectique est un produit de la pensée pure.

 En effet, selon Georges Gastaud[17] :

« Durant plusieurs décennies, l’idée de dialectique de la nature n’a suscité qu’indifférence ou mépris dans les milieux universitaires. Pour les philosophes de type traditionnel, cette expression faisait figure de contradiction dans les termes : la dialectique relevant du registre de la logique, elle ne pouvait évidemment pas concerner la nature : car comment la matière, étrangère par définition à l’ordre du discours, pourrait-elle être en rien concernée par la contradiction et la négativité ? De même n’est-il pas absurde d’attribuer une histoire à la nature alors que des générations de philosophes ont appris en classe terminale que l’historicité est l’apanage du sujet humain ?

Quant aux marxistes, ils avaient appris à regarder avec méfiance tout ce qui, de près ou de loin, semblait associé au diamat, un acronyme russe signifiant ” matérialisme dialectique ” mais désignant en français depuis la ” déstalinisation ” la version dogmatique de la philosophie marxiste en usage sous Staline. A la suite de Roger Garaudy, certains philosophes communistes s’engageaient alors dans une révision idéaliste du marxisme en privilégiant les œuvres de jeunesse de Marx et en recentrant leur interprétation du marxisme sur une conception purement anthropologique de la catégorie d’aliénation. D’autres, avec Althusser, empruntèrent le chemin en apparence inverse d’une révision scientiste et théoriciste de la philosophie marxiste, qu’ils prétendaient expurger de ses naïvetés idéalistes et hégéliennes ; au nombre de ces dernières, ils plaçaient l’idée d’une logique dialectique prétendant à l’universalité objective et ils répudiaient dans la foulée toute ontologie, toute conception du monde matérialiste-dialectique. Dans ces conditions, l’accès à la dialectique de la nature semblait définitivement muré puisque si les uns déclaraient incurablement dogmatique l’idée de dialectique de la nature, d’autres reléguaient au rang de scorie spéculative et métaphysique l’idée de dialectique de la nature ! Il n’y eut guère alors que le concept de reflet, clé de voûte de la théorie matérialiste de la connaissance, qui réussît à soulever contre lui autant de rejet méprisant parmi les intellectuels bien-pensants et autres ” marxologues ” ralliant à petit pas l’idéologie dominante !

Ce blocage intellectuel était encore aggravé par la méconnaissance profonde des écrits d’Engels dans laquelle se complait l’Université philosophante. »

Cependant au XX, quelques scientifiques comme Georges Politzer, Lev Vigotsky, Paul Langevin, Henri Wallon, J.B.S. Haldane, Stephan Jay Gould, Alexandre Zinoviev, Richard Lewontin, William Lawvere reconnaissent ouvertement la dialectique dans l'objet de leurs études. Ils usent de démarche dialectique. Au XX, des ouvrages remettent en avant la dialectique dans les sciences comme ceux de : Bertell Ollman, Patrick Tort, Pascal Charbonnat, Évariste Sanchez-Palencia, Lucien Sève, Georges Gastaud.

Négation de la négation au XXI[modifier]

La dialectique chinoise[modifier]

Si depuis le XX, les chercheurs rejettent la dialectique, en Chine, on met en lumière la dialectique de/dans la nature depuis des siècles. On l'associe au réel. Le sinologue François Jullien montre qu'Hegel a eu tort de voir dans la dialectique chinoise un processus vide parce qu'elle s'exprime en dehors de la logique[18]. Les regards et les actions (moment-position; shi wei) [19][20] associés au réel sont culturellement matérialistes[21] avec des représentations immanentes, fractales, changeantes et athées du monde. En effet selon le sémiologue et anthropologue Yves Richez :

« la pensée chinoise développe elle aussi une pensée dite astraite, mais le principe s'oriente pricipalement sur le « procès des choses »[22].

Les notion d'Être et d'intelligence n'existent pas. On parle de « mode opératoire »[23]. La perception des choses est donc spontanément syncrétique[24]. Il n'y a pas besoin de méthode d'abstraction ou de passage de l'abstrait au concret. La pensée chinoise est « insipide » (dan) [25]. Elle ne passe pas par des procédures logiques. Chez les asiatiques, le langage syllabaire et idéographique[26] concrétisent directement la dialectique de/dans la nature dans ses représentations. La dialectique des choses est ainsi retranscrite dans les idéogrammes au quotidien; et dans les figures immanentes très symbolisés comme le Ying et le Yang, ou les figures du Yi-King[27]. Junji Itō exploite dans son manga Spirale le mouvement dialectique d'une société capitaliste dans toute sa contradiction[28]. La spirale est une des formes de la dialectique. Elle a été aussi mise en avant par Hegel.

En occident, ce mouvement dialectique en spirale est également mis en avant en science - avec méthode d'abstraction - notamment par Henri Wallon et Jean Piaget en psychologie[29] , ou entre autres par Stephen Jay Gould en paléontologie.

Le renouveau dialectique en occident[modifier]

Au XX, la négation de la dialectique matérialisme a été au profit des démarches empiriques et pragmatiques en science. Cependant, il existe au XXI une émergence de la dialectique en science marquée en France notemment par Lucien Sève , Émile Jalley, Évariste Sanchez-Palencia, George Gastaud entre autres[30]. Cette émergence des démarches dialectiques ne sont pas sans lien avec la crise en science et en philosophie. D'ailleurs, des chercheurs américains rappellent l'importance des rapports entre faits et théorie[31], science et philosophie[32], science et idéologie[33] que les fidèles de l'Evidence-based dénient en se voulant athéorique et an-idéologique. Or, malgré ce dénie, ces rapports résurgissent spontanéement. Ces chercheurs américains appellent ainsi à la Science-based[34] dont en médecine[35] afin de prendre en compte ce que rejette les démarches utra-empiriques et hyper-pragmatiques. Il y a ainsi une volonté de fondre dans une unité l'emprisme et le rationalisme.

Si d'un point de vue général, la dialectique classique chinoise et la dialectique hégélo-marxienne sont analogues et communes, les modes opératoires sont antagonistes générant ainsi des écarts culturels. En effet, pour citer Yves Richez :

« D'un côté l'alphabet dissocie le signe et l'idée (la chose pensée), de l'autre, le sinogramme associe de manière étroite le signe et la pensée. Cela peut expliquer pourquoi notre culture est si riche en concepts, au même titre que cela explique pourquoi la pensée chinoise, que ce soit d'un point de vue scientifique, réflexion stratégique, artistique, soit restée en proximité du réel. D'un côté, une science euclidienne fondée sur le raisonnement (logismos), de l'autre une science chinoise (philosophia perenis) élaborée à partir d'un matérialisme organique. »[36].  

Ainsi, la vision du monde de l'occident et de l'orient est transcendantale. Les doctrines sur l'immanence y sont condamnées ou vivement discutées[37]. Le langage est alphasyllabaire et phonétique[38]. Or, ces caractéristiques conduisent à rendre les occidentaux et les orientaux aveugle à la dialectique dans/de la nature; Et à mettre ainsi l' « Être » au centre de toute chose. La notion de l'Être est inexistante en Chine. En Europe, Hegel est le premier à ne plus faire de l'Être un absolu[39]. Dès lors afin de mettre en lumière la dialectique dans/de la nature avec des langages alphasyllabaires et phonétiques, il y a une nécessité d'utiliser une méthode d'abstraction ou « méthode du passage de l'abstrait au concret » selon le titre de la thèse d'Alexandre Zinoviev de 1954. Cette méthode est dite aussi démarche dialectique. Avant Engels, John Stuart Mill a commencé à expliciter cette méthode dialectique :

« [...] la méthode dialectique n'est rien d'autre qu'une pensée scientifique dans des conditions où, pour paraphraser Marx, les méthodes d'investigation expérimentale et empirique doivent laisser la place à la force de l'abstraction, à des postulats théoriques et à des déductions appliquées à une interconnexion changeante et complexe de relation et de processus. John Stuart Mill avait déjà tenté de décrire une telle méthode, mais Dieu sait pourquoi on ne l'a jamais rapprochée à la dialectique. En Russie, Tchernychevski, qui avait traduit Mill en russe, l'avait également évoquée. ». [40].

Les militants trotskistes Alan Woods et Ted Grant considèrent que le matérialisme dialectique demeure un outil méthodologique valable pour la recherche scientifique. Ils reconnaissent cependant que même si les chercheurs, selon eux, usent dans leurs travaux de démarches dialectiques, sont pour la plupart réticents à employer l'expression « matérialisme dialectique », du fait du discrédit idéologique désormais rattaché à ce concept[41]. Cependant doivent-ils employer l'expression pour être ou paraître « matérialisme dialectique » comme les chercheurs soviétiques le font excessivement à partir des années 50 ?

Or, le psychologue français Henri Wallon utilisait seulement l'expression « matérialisme dialectique » (24 fois) dans ses écrits politiques. C'est d'ailleurs, le premier a l'avoir employé dans une publication en 1936. Il emploie par contre abondamment des termes de la dialectique dans ses études en psychologie. Cependant, il emploie très peu le mot « dialectique » (49 fois) contrairement à son collègue Jean Piaget[42]. Aujourd'hui, des scientifiques comme Richard C. Lewontin ou Richard Levins - ouvertement marxistes - continuent de se référer explicitement aux principes du matérialisme dialectique dans leurs études sur la nature et l'évolution[43].

Méthode d'abstraction ou démarches dialectiques[modifier]

Toute la manière de concevoir, chez Marx, ce n'est pas une doctrine, c'est une méthode. Elle n'offre pas de dogmes tout apprêtés, mais des points de repère pour une recherche ultérieure, et la méthode de cette recherche.[44]

Dans notre langage alphasyllabaire et phonétique, les démarches dialectiques permettent de rendre intelligibles et abordables les contradictions (tendances antagoniques), c'est-à-dire des situations insolites et paradoxales que l'on rencontre dans les observations et les expériences scientifiques[45].

Selon Évariste Sanchez-Palencia, ces démarches permettent de résoudre des problèmes scientifiques contradictoires, insolites et paradoxaux dans tous les domaines de connaissances dont les mathématiques appliqués. « Mais, c'est surtout la sociologie et la psychologie de la recherche, les méthodes de productions de connaissances, si éloignés d'une logique communément admise mais très peu convaincante, qui peuvent trouver dans la dialectique un cadre permettant une ébauche de cohérence.»[45] En effet,« la dialectique n'est pas une logique avec des lois strictes, mais un cadre général dans lequel s'inscrivent les phénomènes évolutifs ».

Par ailleurs, Jean Cavaillès et William Lawvere montrent contre Hegel qu'il existe une dialectique en mathématique :

« Hegel distinguait les connaissances philosophique et mathématique par l’absence de dialectique de la seconde [Heg06, Préface, XLVIII sq. ]. En décrivant la nature dialectique de la pratique mathématique, Cavaillès et Lawvere ont paradoxalement montré, contre Hegel, ce que l’histoire des mathématiques avait de profondément hegelien : le concept philosophique immanent au concept mathématique. »[46]



Voir aussi[modifier]

Articles annexes[modifier]

Notes et sources[modifier]

  1. René Maublanc, Hegel et Marx, dans recueil À la lumière du marxisme, p.222-226
  2. Cuvillier, A (1947). Manuel de philosophe (p604-605). Tome II. Armand Colin.
  3. Charbonnat 2007, p.462
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Émile Jalley (2006), Wallon et Piaget pour une critique de la psychologie contemporaine (p. 245), L'Harmattan.
  5. Lefebvre 1948, p.23
  6. G. Zinoviev et A. Deborine accuse Lukacs d'idéalisme bien que « Lukács ne fait qu'exprimer le point de vue de l'Idéologie allemande » (Pascal Charbonnat, 2007, p562)
  7. Charbonnat 2007, p.564
  8. Contrairement à Henri Wallon, la dialectique de Piaget est plus une dialectique hégélienne que marxienne selon Tran-Thong même si il se réfère à Marx. Cf Tran-Thong (1992). Stades et concept de stade de développement de l'enfant dans la psychologie contemporaine, édition Vrin (11ème édition).)
  9. « Loi » dans ce cas n'est pas à confondre avec une loi physique ou chimique. Ce n'est pas une conception mécaniste avec son déterministe absolu ou sa causalité. D'un point de vue dialectique, une cause ne produit pas qu'un effet, unique et reproductible, comme dans le cadre de l'empirisme pur. Afin d'éviter l'amalgame avec les lois de la physique selon la mécanique newtonienne, les biologistes préfèrent employer le terme de « principes biologiques » au lieu de « lois biologiques ». C'est ce que préconise Évariste Sanchez-Palencia dans Promenade dialectique les sciences.
  10. K. Marx, Capital, livre 1, ch. 32, « Tendance historique de l’accumulation capitaliste »
  11. Karl Marx, Le Capital, livre 1, postface de la deuxième édition.
  12. dans l'original : Abbilder, parfois Engels parle de « reproduction »
  13. Henri Lefèbvre,
  14. Friedrich Engels, Anti-Dühring
  15. Karl Marx, Thèse XI dans [http://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm
  16. Guillaume Lecointre, Préface de l'Histoire des philosophies matérialistes de Pascal Charbonnat, éd Syllepse 2007 (Kimé, 2013)
  17. George Gastaud (2005), Retour à la dialectique de la nature. in Sur la dialectique de la nature, Revue Etincelles.
  18. Jullien, F. (2012). Figures de l'immanence : Pour une lecture philosophique du Yi king, le Classique du changement. Point.
  19. Yves Richez (2017). Détection et développement des talents en entreprise (p.84). éditions ISTE
  20. Karl Marx use ainsi l' « action » dans le sens de « procès » dans son livre Le Capital. Le pédagogue John Dewey par sa connaissance d'Hegel de la même manière le terme « action » dans le sens de « procès ». Dewey est un des rares pragmatiques dialecticiens.
  21. Le matérialisme chinois est un matérialisme organique. Yves Richez (ISTE, 2017)
  22. Yves Richez, ISTE, p.49
  23. Chez Henri Wallon « on ne saurait distinguer l'intelligence de ses opérations » selon la formulation d' Émile Jalley pour résumer Principe de psychologie appliquée (1930). Yves Richez emploie le terme de « Mode Opératoire Naturel » (MoON). Il a mis à jour 10 MoON dont 20 composantes cœurs.
  24. Édouard Claparède découvre chez l'enfant une perception syncrétique ou globale des choses. L'enfant a cependant des difficultés à les abstraire soit à sortir des détails. Or, l'éducation chinoise qui actualise le « mode opératoire naturel » linguistique type figuratif (Yves Richez, ISTE, 2017) sort l'enfant de ses « confusions syncrétiques » pour aller vers une généralisation/globalisation du réel. Le chinois développe ainsi ce qu'Henri Wallon nomme un « syncrétisme informelle » dans les origines de la pensée chez l'enfant p. 269.
  25. Yves Richez, ISTE, 2017, p.187 : « La notion d'insipidité au sens chinois renvoie au silence intérieur et à l'indifférence (sans avis arrêté, sans distinction ni préférence, détaché du matériel et honneurs mondains) »
  26. Ce langage syllabaire et idéographique concrétise la composante figuratif du « mode opératoire naturel » linguistique chez Yvez Richez, ISTE, 2017.
  27. Jullien, F. (2012). Figures de l'immanence : Pour une lecture philosophique du Yi king, le Classique du changement. Point.
  28. Postface de Masaru Satō in Junji Itō, Spirale (2011). Tonkam.
  29. Émile Jalley, Wallon lecteur de Freud et Piaget : trois études suivies des textes de Wallon sur la psychanalyse et d'un lexique des termes techniques, Paris, Éditions sociales, coll. « Terrain », 1981
  30. Cf Les défenseurs dans la Bibliographie sur le matérialisme dialectique
  31. Trinder, L. & Reynold S. (2000). Evidence-based pratice - A critical Appraisal. Blackwell Science
  32. Tarvydas, V., Addy, A. & Fleming, A. (2010). Reconciling Evidenced-Based Research Practice with Rehabilitation Philosophy, Ethics and Practice: From Dichotomy to Dialectic. In Rehabilitation Education (p.1991-294), v24 n3-4, 2010.
  33. Mantzoukas, S (2007). The evidence-based practice ideologies. in Nursing Philosophy 8(4):244-55 · November 2007
  34. Ingraham, P. (2014). Why “Science”-Based Instead of “Evidence”-Based ? - The rationale for making medicine more science-based ». www.PainScience.com, 2014 (première publication le 2009) (consulté le 19 novembre 2018).
  35. Site Science-based Medecine - Exploring issues& controversies in science & medecine : https://sciencebasedmedicine.org/
  36. Yves Richez, ISTE, 2017, p.53
  37. Pascal Charbonnat (2011). Quand les sciences dialoguent avec la métaphysique. Vuibert.
  38. Yves Richez, ISTE, 2017., p.53.
  39. « si Hegel a pris L'être comme point de départ de sa dialectique, il n'en fait pas un principe absolu. Au surplus, il avertit à maintes reprises ses lecteurs que la synthèse — unité de la thèse et de l'antithèse — est une unité qui préexiste à ses éléments et contient en quelque sorte plus qu'eux, puisqu'elle est à son tour le moment abstrait d'une unité, d'une synthèse ultérieure. Ceci nous permet de préciser ce que Marx emprunte à une méthode avec laquelle il déclare avoir pris plaisir à « flirter » » (p.183) Scalia Carmelo. La philosophie de Karl Marx. In: Revue néo-scolastique de philosophie. 17ᵉ année, n°66, 1910. pp. 181-210.
  40. Zinoviev, A. (1991). Ma thèse. in Alexandre Zinoviev, Les confessions d'un homme en trop (p.324). éd. éditions Folio.
  41. Alan Woods, Ted Grant, Reason in Revolt: Dialectical Philosophy and Modern Science, Algora Publishing, 2003, pages 187-191
  42. Émile Jalley, Wallon et Piaget : pour une critique de la psychologie contemporaine (p.237), Paris, L'Harmattan, coll. « Questions contemporaines », 2006
  43. Michael R. Redclift et Graham Woodgate, International Handbook of Environmental Sociology, Edward Elgar Publishing Ltd, 2010, page 115
  44. Engels, lettre à Weiner Sombart in Le Capital de Karl Marx, Friedrich Engels, éd. Folio Essai, 2008 (ISBN 978-2-07-035574-7), t. 1, partie Introduction générale par Maximilien Rubel (1968), p. 74
  45. 45,0 et 45,1 Évariste Sanchez-Palencia, Promenade dialectique dans les sciences, éd. Hermann, 2012, p.7
  46. Baptiste Mélès, « Pratique mathématique et lectures de Hegel, de Jean Cavaillès à William Lawvere », Philosophia Scientiæ [En ligne], 16-1 | 2012, mis en ligne le 01 avril 2015, consulté le 08 novembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/philosophiascientiae/725 ; DOI : 10.4000/philosophiascientiae.725 .