Science

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La science (latin scientia, « connaissance ») est l'ensemble des connaissances considérées comme vraies et les théories pour les expliquer.

Résultats et méthode scientifique[modifier]

Max Adler a beaucoup écrit sur la question de la causalité dans la science sociale dans ses études sur Marx.

Science et capitalisme[modifier]

Historiquement, l'affirmation politique de la bourgeoisie en Europe a eu tendance à aller de pair avec l'affirmation de la science vis-à-vis de la religion. Galilée avait osé affirmer, contre l'Eglise, qu'il pouvait voir grâce à sa lunette que la Terre tourne autour du Soleil. Ce genre de découverte nécessitait de l’audace, une certaine curiosité et surtout disposer de la lunette inventée par les Hollandais. Les conditions sociales de ces découvertes sont clairement les productions d’une société à un certain moment.

Le capitalisme porte les connaissances scientifiques à un niveau sans précédant dans l'histoire, mais maintient l'immense majorité des humains dans l'ignorance. Ce qui fait dire à Marx que dans ce système, la « lumière limpide de la science [brille] sur le fond ténébreux de l’ignorance ».[1]

Le capitalisme influence la recherche scientifique de nombreuses façons :

  • les sujets de recherche sont favorisés selon le profit dont on peut en tirer. Dans la recherche privée, cet effet est direct : les laboratoires de recherche et développement des grands groupes industriels sont orientés vers des recherches qui peuvent déboucher sur des marchandises répondant à un marché solvable ;
  • même si l'on peut trouver quelques crédits pour la recherche fondamentale dans la recherche publique, celle-ci n'est pas déconnectée du capitalisme. L'Etat est au service de l'intérêt à plus long terme des capitalistes de son pays, en finançant des recherches qui a priori ne sont pas sûres de déboucher. Ce secteur étant moins rentable, il est financé par la population... Dès qu'une découverte est potentiellement rentable, des partenariat avec des groupes privés sont mis en place ;
  • les chercheurs ne sont pas des machines logiques détachées de la société. Ils sont en général, aujourd'hui, mâles, blancs, écrivant l’anglais et d’origine sociale plutôt favorisée, travaillant pour le privé ou pour l’armée. De ce fait, on peut bien sûr suspecter de nombreux biais dans leur façon de faire de la recherche.

Les revues scientifiques sont aujourd'hui dans une situation de quasi-monopole privé (Springer, Elsevier...). Cela créé une situation de rente pour ces entreprises, et des tarifs prohibitifs pour beaucoup de chercheurs, voire d'universités entières qui renoncent à leur abonnement.[2]

Science et idéologie[modifier]

L'influence de l'idéologie sur les sciences[modifier]

Les sciences ont une base objective réelle tout en étant affectées par les idéologies dominantes. La question du rapport entre sciences et idéologies est un champ de débats complexes pour les marxistes. Pour schématiser, les deux principaux écueils sont de :

  • considérer que les sciences sont hors du champ des idéologies et sont des vérités au delà des luttes de classe (position "scientiste") ;
  • considérer que toute science est entièrement idéologique (position "relativiste").

Pour prendre un exemple dans le domaine de l'économie, Marx semblait considérait que l'Ecole classique (Adam Smith, David Ricardo...) exprimait à la fois des résultats scientifiques incontestablement plus solides que d'autres théories, et à la fois les intérêts de la bourgeoisie. Ainsi il disait de la théorie de Ricardo sur la rente foncière qu'elle est « un système scientifique »[3], et en même temps, qu'elle «n'est que l'expression économique d'une lutte sans merci des bourgeois industriels contre les propriétaires fonciers. ».

Il critiquait durement le protectionniste allemand Friedrich List lorsque celui-ci accusait les économistes anglais de n'avoir défendu qu'une idéologie anglaise :

«Comme il s'agit, en effet, pour le bourgeois allemand, de droits protecteurs, il est naturel que tout le développement de l'économie depuis Smith n'ait aucun sens pour lui, étant donné que les représentants les plus remarquables de cette économie ont pour point de départ la société bourgeoise actuelle de la concurrence et du libre-échange. Le philistin allemand montre ici, de mainte façon, son caractère « national ». Dans toute l'économie politique, il ne voit que systèmes élucubrés dans les cabinets d'étude. Que le développement d'une science telle que l'économie soit liée au mouvement réel de la société, ou même en soit seulement l'expression théorique, M. List ne le soupçonne même pas : c'est un théoricien allemand. Étant donné que sa propre théorie (son ouvrage) recèle un but caché, il flaire partout des buts secrets. »[4]

Lénine reconnaissait un caractère objectif à la science, s'appuyant par exemple sur le "matérialisme inconscient" de l'immense majorité des physiciens dans leur méthode de recherche quotidienne. Par contre, il affirmait que les considérations générales sur la théorie des connaissances (la gnoséologie) sont totalement imprégnées d'idéologie, et se divisent selon le grand clivage idéalisme / matérialisme. Il avait aussi cette vision par rapport à l'économie :

« Pas un mot d'aucun de ces professeurs, capables d'écrire des ouvrages de très grande valeur dans les domaines spéciaux de la chimie, de l'histoire, de la physique, ne peut être cru quand il s'agit de philosophie. Pourquoi ? Pour la raison même qui fait que l'on ne peut croire un mot d'aucun des professeurs d'économie politique, capables d'écrire des ouvrages de très grande valeur dans le domaine des recherches spéciales, au sujet des faits réels, dès qu'il est question de la théorie générale de l'économie politique. Car cette dernière est, tout autant que la gnoséologie, dans la société contemporaine, une science de parti. Les professeurs d'économie politique ne sont, de façon générale, que de savants commis de la classe capitaliste ; les professeurs de philosophie ne sont que de savants commis des théologiens. »[5]

Trotsky partageait cette idée que les siences naturelles parviennent à plus d'objectivité tandis que les sciences humaines sont chargées d'idéologie (même s'il n'y a pas de « mur infranchissable ») :

« Tandis que le socialisme manifeste une grande confiance envers les sciences consacrées à l'étude directe de la nature, il doit appliquer une non moins grande méfiance critique aux sciences et pseudosciences étroitement liées à la structure de la société humaine, à son organisation économique, à l'Etat, au droit, à la morale, etc. D'ailleurs, ces deux sphères ne sont pas séparées par un mur infranchissable. Mais c'est un fait incontestable que l'héritage est de plus de valeur dans ces sciences qui ne concernent pas la société humaine mais la matière, dans les sciences naturelles.  »[6]

La plupart des marxistes conservent ce point de vue nuancé sur les rapports entre science, idéologie et vérité.[7]

Science et féminisme[modifier]

Etant donnée la prépondérance des hommes parmi les scientifiques, des féministes comme Catherine Vidal ont dénoncé le sexisme dont peuvent être imprégnées leurs recherches. Dès 1908, Madeleine Pelletier écrivait :

« Comme les autres hommes, les savants sont pénétrés de ce vieux mépris de la femme, reste ancestral des âges où la force musculaire était tout ; il n’est donc pas étonnant qu’ils aient lu son infériorité dans l’anatomie, la physiologie et la psychologie.  »[8]

Dans les années 1950, certains psychologues tenants du behaviorisme accusaient certaines femmes d'être des « mères réfrigérantes », dont la « froideur » favoriserait l'autisme et la schizophrénie chez leurs enfants. Cette critique était surtout dirigée contre des femmes indépendantes, plus tournées vers leur propre carrière que la moyenne.[9]

Science et racisme[modifier]

Des scientifiques conservateurs ont commencé à développer des théories racistes dès le 19e siècle (théorie des races biologiques, physiognomonie...). Même si la base scientifique de ces théories s'est avérée nulle, elles ont contribué pendant toute une période à nourrir et justifier un sentiment de supériorité raciste dans le monde occidental. Tout un milieu de scientifiques a collaboré avec les nazis et s'est livré à des expériences inhumaines. Certains scientifiques se sont emparés de la génétique en espérant en faire l'outil qui prouverait leurs théories racistes. Cependant, il est apparu dans l'après-guerre un consensus parmi les généticiens pour invalider le racisme biologique.[10]

Relativisme[modifier]

En tant que critique des biais idéologiques de la science sous le système capitaliste, le marxisme « relativise » par nature les productions scientifiques. Engels écrivait par exemple que la science tend à approcher la réalité physique, mais qu'individuellement chaque scientifique a une vision déformée :

« La souveraineté de la pensée humaine se réalise dans une série d’hommes dont la pensée est extrêmement peu souveraine, et la connaissance forte d’un droit absolu à la vérité, dans une série d’erreurs relatives ; ni l’une ni l’autre (ni la connaissance absolument vraie, ni la pensée souveraine) ne peuvent être réalisées complètement sinon par une durée infinie de la vie de l’humanité.  »[11]

Lénine reprend la même idée en termes plus simples: « Nous nous rapprocherons de la vérité objective (sans toutefois l’épuiser jamais) »[5]

Dans les années 1970, les sociologues David Bloor et Barry Barnes développent le « programme fort », pour qui « le contenu de n’importe quelle science est social de part en part ». La sociologue marxiste Hillary Rosa soutiendra aussi que la science n'est « pas objective » sous le capitalisme[12]. Depuis les années 1990, le relativisme a connu un fort essor dans le champ philosophique. On peut citer notamment le livre de Bruno Latour, La Science en action (2005) qui défend ces conceptions. Un exemple de raisonnement de Bruno Latour : il remet en question le fait que Ramsès II serait mort de la tuberculose (ce que des recherches récentes ont montré), parce que le virus de la tuberculose, le bacille de Koch, n'avait pas été découvert à l'époque.

« La réponse de bon sens (...) consiste à dire que les objets (bacilles ou ferments) étaient déjà là depuis des temps immémoriaux, et que nos savants les ont simplement tardivement découverts (...) Dans cette hypothèse, l’histoire des sciences n’a qu’un intérêt fort limité. »

Les relativistes défendent généralement l'idée que ce que l'on considère comme vérité scientifique n'est en fait que le résultat d'un rapport de force : le réseau de scientifiques les plus forts arrivent à faire passer leur point de vue comme "vrai". La rationalité est alors disqualifiée :

« Un concept n’est pas doué de pouvoir en vertu de son caractère rationnel, il est reconnu comme articulant une démarche rationnelle parce que ceux qui le proposaient ont réussi à vaincre le scepticisme d’un nombre suffisant d’autres scientifiques, eux-mêmes reconnus comme  ‘‘compétents’’ ». Isabelle Stengers (Les concepts scientifiques, 1991)

Ce courant, qui se veut critique de toutes les idéologies, est globalement marqué à gauche. Certains militants marxistes critiquent le fait que ce relativisme gagne une certaine influence dans l'extrême-gauche.[13]

L'adhésion à un relativisme total peut conduire à une certaine indifférence à la science et au fait qu'il y ait des coupes budgétaires dans la recherche. Les scientifiques ne sont plus vus sous l'angle de personnes travaillant à une recherche (au moins partielle) de la vérité, mais uniquement sous l'angle d'agents reproduisant des idéologies dominantes (bourgeoise, sexiste, raciste...).

Science et marxisme[modifier]

La science chez Marx et Engels[modifier]

Il existe de nombreux débats sur ce que pensaient Marx et Engels de la science, et ces débats sont complexes parce que la science (en général) n'était pas le coeur de leurs études (ils s'appuyaient sur les découvertes scientifiques du 19e siècle mais sans expliciter de point de vue général), et parce que la définition de la science est elle-même un débat qui n'est toujours pas refermé.

« Au moment où se fragmente le socle épistémologique et où se cristallisent des sciences « positives » ou « anglaises », Marx maintient la problématique d’une science comme savoir, au sens habituel de la culture allemande, qui remonte, par-delà Hegel, Schelling, Fichte, et Kant jusqu’à Jacob Böhme. »[14]

Marx méprisait profondément ce qu’il appelait « cette merde de positivisme »[15]. A propos de ses travaux théoriques, il disait : « Dans une œuvre comme la mienne […], la composition et l’articulation d’ensemble constituent un triomphe de la science allemande […], l’économie comme science au sens allemand est encore à faire. »[16]

Cette science aurait sa parenté dans la "science du troisième type" de Spinoza, la "science du contingent" de Leibniz, puis la "science spéculative" de Hegel. Marx et Engels se revendiquaient à la fois des matérialistes français du 18e siècle (sans la « métaphysique »), des sciences positives anglaises alors en plein essor (sans leurs conclusions bourgeoises), et de la dialectique hégélienne (« remise sur ses pieds », convertie de l'idéalisme au matérialisme). Pour ces raisons, d'un côté certains leur reprochent un travers « scientiste », de l'autres certains leur reprochent des éléments « non-scientifiques » (notamment la dialectique).

Par exemple, le matérialiste Eugen Dühring ironisait sur les « miracles dialectiques » dispensés par Marx. En réaction, Engels écrivit Anti-Dühring, Monsieur E. Dühring bouleverse la science[11].

Le 19e siècle fut un siècle d'accélération sans précédant des découvertes scientifiques, qui remettaient en question des dogmes bien établis, et qui favorisaient une vision du monde bien plus dynamique que par le passé. Exemple célèbre, Charles Darwin avait publié en 1859 L'origine des espèces[17], démontrant l'évolution des espèces vivantes. Ouvrage que Marx et Engels avaient lu et qu'ils considéraient comme le complément dans le domaine biologique de leur vision dynamique de l'histoire humaine.

L'étude du mouvement par la physique, centrée sur les lois de Newton, se réduisait essentiellement à de la cinématique réversible. La physique commence alors à découvrir à quel point « tout se transforme ». En physique, James Prescott Joule avait démontré que la chaleur pouvait être transformée en énergie mécanique et inversement. En géologie, Charles Lyell avait découvert la création continue et la destruction des couches de la croûte terrestre.

Marx avait été formé à la géologie par Johann Steininger, lui-même un élève d'Abraham Werner – un des premiers à soutenir l'idée, alors radicale, que la terre avait une histoire. Plus généralement, Marx et Engels s'intéressaient à toutes les sciences. Marx suivait attentivement à partir des années 1860 les travaux du chimiste Justus Von Liebig sur le cycle des nutriments dans l'agriculture et ses conséquences environnementales. Marx suivait également les travaux de John Tyndall, qui envisageait dès 1861 l'effet potentiel du CO2 sur l'effet de serre planétaire.

Engels avait même suffisamment de connaissances pour avancer certaines thèses. Dans Le rôle joué par le travail dans la transformation du singe en homme[18] (1876), il explique que la bipédie adoptée par les humains a libéré leurs mains et leur a permis de développer l'usage des outils, qui eut lieu en même temps que le développement d'un cerveau plus volumineux. Cette idée a suscité l'admiration de Stephen Jay Gould, qui y voit le premier exemple de ce qu'il appelle gene-culture coevolution.

Au début des années 1880, Serge Podolinsky, socialiste et populiste ukrainien, publie un article intitulé Le Socialisme et l’unité des forces physiques, dans lequel il essaie de comprendre en terme de flux énergétiques comment le travail humain parvient, en apparence, à une accumulation (donc à produire plus que ce qui a été dépensé pour réaliser ce travail). Dans sa lettre à Marx du 8 avril 1880, Podolinsky présente sa démarche comme « une tentative d’harmoniser le surtravail et les théories physiques actuelles ». Marx demande alors son avis à Engels, qui lui écrit :

« Voilà comment je vois l’histoire de Podolinsky : sa véritable découverte est que le travail humain est capable de retenir et de prolonger l’action du soleil à la surface de la terre au-delà de ce qu’elle durerait sans ce travail. Toutes les considérations économiques qu’il en tire sont fausses […]. À partir de sa très importante découverte, Podolinsky a fini par faire fausse route parce qu’il a voulu trouver une nouvelle preuve scientifique de la justesse du socialisme et qu’il a mêlé de ce fait la physique et l’économie. »[19][14]

Une des questions que cela soulève est donc celle de l'existence ou non d'une science globale (qui intègrerait aussi bien la physique que l'économie, la biologie que la psychologie, etc.). Pour Marx : « Les sciences de la nature comprendront plus tard aussi bien la science de l’homme que la science de l’homme englobera les sciences de la nature : il y aura une seule science. »[20]

Dans L'Idéologie allemande, Marx et Engels écrivaient encore :

« Nous ne connaissons qu’une science, la science de l’histoire. Seule l’histoire peut être considérée sous les deux aspects, se divisant en histoire de la nature et histoire de l’humanité. Cependant, il ne faut pas séparer ces deux aspects ; dans la mesure où les hommes existent, l’histoire de la nature et l’histoire des hommes se conditionnent réciproquement. »

En ce qui concerne la méthode scientifique, Engels a clairement défendu une unicité : les lois de la dialectique qu'il entendait exposer dans La dialectique de la nature.

Socialisme scientifique[modifier]

Article détaillé : Socialisme scientifique.

Le socialisme et la réaction face à la science[modifier]

Au 19e siècle, beaucoup de découvertes scientifiques ont remis en question des discours dominants, par exemple le darwinisme contre le créationnisme... Cela a conduit les mouvements réactionnaires à adopter longtemps une attitude hostile envers la science, et à l'inverse les libéraux et les socialistes à la considérer comme une alliée. Par ailleurs, quand le capitalisme est en crise ou en stagnation, les budgets de la recherche sont souvent sacrifiés, ce qui peut conduire à une radicalisation des scientifiques.

Lénine et les marxistes russes[modifier]

Le courant de l'empiriocriticisme fondé par Richard Avenarius, puis le livre du physicien Ernst Mach, L'analyse des sensations (1886) eut un grand écho parmi les social-démocrates russes, suscitant notamment l'Essai de conception réaliste du monde(1904) de Vladimir Bazarov, l'Essai de la philosophie marxiste (1908) d'Alexandre Bogdanov, ou encore l'Essai de philosophie collective d'Anatoli Lounatcharski. Ces derniers veulent réconcilier religion et marxisme pour relancer l'élan révolutionnaire de la masse, affaibli par le reflux de la révolution de 1905. Ils sont ainsi liés au courant « de la construction de Dieu » qui prône un retour à la thèse de Feuerbach selon laquelle l'homme serait Dieu.

En 1909, Lénine écrit en réponse Matérialisme et empiriocriticisme[21], et reproche aux empiriocriticistes de « renoncer au matérialisme en recourant à une théorie de la connaissance idéaliste ». Il y exprime également sa divergence par rapport à la conception matérialiste de Plekhanov. Il voit dans la théorie des hiéroglyphes de Plekhanov une négation de l'objectivité et une impossibilité de connaître les choses elles-mêmes.

La science en URSS[modifier]

Dans les années 1920, de nombreux travaux scientifiques novateurs fleurissent dans la jeune Russie soviétique.

  • Valentin Volochinov, Le Marxisme et la philosophie du langage[22] ;[23]
  • Lev Vigotski, sur la psychologie[22] ;[24]
  • Vladimir Vernadsky, La Biosphère (1926) : Vernadsky y développe en précurseur l'écologie globale, et signale une dégradation inquiétante qui n’aurait de solution que dans le changement des modèles alimentaires et des sources d’énergie. De nombreux instituts de recherche et d’enseignement consacrés à l’écologie sont alors ouverts.

Le psychologue Alexandre Luria témoigne de l'atmosphère qui régnait alors :

« J'ai commencé ma carrière dans les premières années de la grande révolution russe. Il était évident dès le départ que je ne pourrais pas suivre une éducation systématique et bien ordonnée qui est la pierre angulaire de la plupart des carrières scientifiques. A la place la vie m'a offert l'atmosphère incroyablement stimulante d'une société active et changeant rapidement. Toute ma génération a été nourrie de l'énergie du changement révolutionnaire, l'énergie libératrice que les gens ressentent quand ils prennent part à une société qui accomplit d'énormes progrès en une période très courte. »[25]

En 1925, Trotsky est président du Conseil Scientifique et technique de l’industrie et prend la parole devant un auditoire de chimistes. Son discours fait un éloge appuyé de « l’optimisme technico-scientifique » du grand savant russe Mendeleïev. Il vante la société socialiste comme meilleure pour favoriser le développement scientifique :

« Par la bouche d'un de ses savants, Du Bois Reymond, la classe sociale quittant la scène historique nous confie sa devise philosophique : "Ignoramus, ignorabimus !" c'est-à-dire : "Nous ne comprenons pas, nous n'apprendrons jamais". Mensonge, répond la pensée scientifique qui lie son sort à celui de la classe montante. L'inconnaissable n'existe pas pour la science. Nous comprendrons tout ! Nous apprendrons tout ! Nous reconstruirons tout !  »[6]

En revanche, la bureaucratisation de l'URSS va transformer cette effervescence en son contraire : une glaciation de la recherche, une forte censure et auto-censure des chercheurs. Le dogme devient le matérialisme dialectique (abrégé « diamat » en russe). La version de la dialectique qu'utilisaient les staliniens était une application rigide des trois lois de la dialectique selon Engels. Les lois étaient martelées par Staline et ses partisans acceptaient sans y voir la moindre difficulté le concept d'une dialectique de la nature.[26]

Des scientifiques reconnus dans leur discipline furent purgés parce qu'ils ne montraient pas assez qu'ils appliquaient le « diamat » dans leur science. Ils étaient alors remplacés par de jeunes collègues qui avaient proclamé leur allégeance au matérialisme dialectique stalinien. C'était, en partie, un effort pour contraindre la science à s'adapter aux besoins spécifiques de l'Union soviétique pour se maintenir comme puissance mondiale. Il ne pouvait plus être question de science pure. Les scientifiques devaient justifier leur travail en démontrant sa pertinence dans le cadre du Plan quinquennal de développement économique de Staline. Mais c'était aussi un effort idéologique pour justifier l'Etat soviétique, tant aux yeux de ses propres citoyens que pour les sympathisants d'Occident, comme une société totalement organisée selon les intérêts du prolétariat.

Cela pouvait aller jusqu'à l'incompétence flagrante et même la contradiction frontale avec le savoir scientifique accumulé jusque là. Par exemple, Trofim Lissenko, qui rejetait la génétique comme une déviation bourgeoise, fut nommé directeur de l'Institut de génétique, et son opposant, le brillant botaniste et généticien Nikolai Vavilov, fut victime des grandes purges.[27]

Cette réaction intellectuelle sera à son comble jusqu'à la mort de Staline (1953), et s'atténuera par la suite.

Autres sientifiques marxistes[modifier]

Anton Pannekoek : L'anthropogenèse (1944)[28]

Les scientifiques communistes en Angleterre[modifier]

Dans les années 1930, l'université prestigieuse de Cambridge était devenue un repaire de communistes ou du moins de compagnons de route.[29] A ce moment-là non seulement il y avait des coupes budgétaires au Royaume-Uni, mais le nazisme et l'essor du fascisme en général faisait craindre une vague irrationnelle sur le monde entier. La promesse du socialisme d'organiser au contraire plus rationnellement la société apparaissait crédible. Malheureusement ce socialisme était alors surtout incarné par le stalinisme, et beaucoup de scientifiques mettaient leur esprit critique en veilleuse quand il s'agissait de ce qui se passait en URSS, ou au niveau de la démocratie interne des PC...

Le Second congrès international d'histoire des sciences et technologies se tint à Londres en 1931. Une délégation nombreuse venue d'Union soviétique eut un fort impact sur les scientifiques présents. Elle était dirigée par Boukharine, qui définit les sciences comme un aspect (central) des forces productives, et défendit l'idée qu'à ce titre elles sont freinées par le capitalisme. Le physicien russe Boris Hessen expliqua que les découvertes de Newton étaient le fruit des contradictions qui suivirent la révolution anglaise. L'idée de l'influence de la société sur les sciences fut de plus en plus admise au fil des années 1930, y compris par des libéraux comme Julian Huxley. Ces idées furent développées par exemple dans le livre du physicien marxiste J.D. Bernal, The Social Function of Science (1939).

Les scientifiques de gauche furent aussi parmi les plus fervents défenseurs de la vulgarisation, une activité qui était dénoncée par les conservateurs comme une distraction par rapport à la pureté de la recherche, voire une perte de temps, les ouvriers n'étant pas capables de comprendre des idées scientifiques. Dès 1931, le mathématicien Hyman Levy, un des premiers scientifiques à rejoindre le PC, participa à une émission de la BBC sur le thème de « la science dans un monde qui change ». Plus tard il réalisa des entretiens sur la science avec un ouvrier.

Le biologiste J.B.S. Haldane fut un autre exemple de scientifique éminent qui se rallia au marxisme. En 1923, il disait : « Dans notre pays, le parti travailliste est la seule organisation politique à inclure la promotion de la recherche dans son programme officiel. » [30] De la gauche du Labour, il évolua vers le PC. Au cours de sa vie, Haldane fut de plus en plus convaincu de la puissance explicative de la méthode dialectique, déclarant dans sa préface à la Dialectique de la nature que si elle avait été publiée plus tôt, elle lui aurait épargné beaucoup de « réflexion confuse ».

Dans l'après-guerre, ce mouvement connut une brusque chute de popularité. Une des raisons fut le début de la guerre froide et la vague d'anticommunisme (alimentée par la diffusion plus large d'informations sur la réalité de l'URSS). Une autre raison fut le retour massif des investissements dans la recherche, qui diminuait la défiance envers le capitalisme. Le courant qui se maintient glisse vers des positions plus simplistes, et sans critique vis-à-vis de l'URSS, comme on peut le voir dans La science dans l'histoire de Bernal, paru en 1952.

Les scientifiques et la New Left aux États-Unis[modifier]

Aux États-Unis, tout un courant dit de la New Left (Nouvelle gauche) émergea dans les années 1960 et 1970, notamment dans les milieux universitaires. Ils se radicalisèrent en particulier contre la guerre du Vietnam (et l'utilisation massive d'Agent orange, contre l'utilisation de la science à des fins destructrices en général).

En 1969, le psychologue Arthur Jensen publia un article soutenant que les résultats scolaires plus mauvais que la moyenne chez les afro-américainn-e-s seraient dues à des causes génétiques. Des scientifiques comme Richard Lewontin, Stephen Jay Gould ou Steven Rose jouèrent un rôle important dans la lutte contre ce type d'idéologies racistes et contre toute de discours de type « darwinisme social ».[12][31][10] Lorsqu'en 1969, le généticien Jonathan Beckwith reçoit un prix de 1000$ pour avoir été le premier à isoler un gène en laboratoire, il remet publiquement l'argent au Black Panther Party. Le biologiste moléculaire Mark Ptashne se rendit au Nord-Vietnam en solidarité...

Des femmes menèrent un combat similaire au sujet des arguments biologiques justifiant les positions sociales inférieures des femmes (en particulier dans la hiérarchie scientifique) : les psychologues Ethel Tobach et Ruth Bleier, la biologiste moléculaire Rita Arditti, la biochimiste Ruth Hubbard...

Au cours des années 1980, ce mouvement perdit de son dynamisme, notamment face aux néoconservateurs, en parallèle du reflux général du mouvement ouvrier à cette période. Il y eut aussi des divergences entre scientifiques de gauche, par exemple sur l'attitude à adopter face aux progrès de la génétique. Un certain nombre d'entre eux s'opposèrent à la création d'ADN recombinant (ADN obtenu en laboratoire en combinant de l'ADN de plusieurs sources), en la dénonçant comme dangereuse, ou en affirmant que la science n'est « pas objective » sous le capitalisme[12]. Certains comme Richard Lewontin ou Steven Rose s'opposèrent même au Projet génome humain (séquence de l'ADN humain) entrepris en 1990 (et achevé en 2003). Mark Ptashne a déclaré avoir rompu avec la gauche en raison de l'opposition de celle-ci à la technique de l'ADN recombinant. A l'inverse des scientifiques marxistes ont avancé qu'il ne fallait pas tourner le dos aux avancées médicales permises par de meilleures connaissances génétiques[32].

Le débat sous-jascent était un débat qui se pose toujours sur différentes techniques (OGM, nanotechnologies...). Certains considèrent que sous le capitalisme, les technologies (ou certaines du moins) engendrent plus de dangers que de promesses, et qu'il faut donc s'y opposer.

Après l'élection de Donald Trump, une organisation nommée Science for the people s'est formée à partir de scientifiques (une organisation de ce nom a existé dans les années 1970)[33].

Science et dialectique de la nature[modifier]

Beaucoup de penseurs et de scientifiques ont soutenu que le marxisme était utile à la science, ou que les deux ont une base commune. L'angle le plus évident est celui du matérialisme, vu à la fois comme touchant ce qui est directement matériel et comme sur-déterminant les sociétés et donc influançant les scientifiques. Mais d'autres ont également mis en avant le fait que la science confirmait la dialectique, ou que la dialectique permettait de faire de la meilleure science. La difficulté à définir la dialectique pose bien sûr problème. Certains parlent surtout de la dialectique comme d'une méthode, applicable aux sciences en général. D'autres soutiennent surtout que c'est la nature elle-même qui obéit à des lois dialectiques.

En 1985, Richard Levins et Richard Lewontin ont publié une série d'essais intitulés The Dialectical Biologist, dans lesquels ils expliquent avoir adopté la dialectique dans leur pratique de biologistes. Ils considèrent l'organisme à la fois comme sujet et comme objet de l'évolution. Ils critiquent d'une part les darwiniens classiques qui voient les organismes comme réagissant à des forces agissant sur eux de l'extérieur (les contraintes de l'environnement), et d'autre part les déterministes génétiques (comme Richard Dawkins et sa théorie du « gène égoïste ») pour qui le développement des organismes dépend avant tout du code génétique préétabli. Pour Levins et Lewontin, on ne peut pas considérer qu'une niche écologique adéquate à telle espèce préexiste, mais que les niches sont créées par un processus commun des organismes et de l'environnement (dont d'autres organismes). L'environnement modifie les organismes, mais les organismes modifient aussi l'environnement (les castors créent des barrages, les racines de plantes modifient le sol, la vie a modifié la composition de l'atmosphère...).

Stephen Jay Gould et Niles Eldredge ont aussi considéré que l'évolution suit un mouvement dialectique : dans leur théorie de l'équilibre ponctué, l'évolution est caractérisée par de longues périodes statiques parsemées de moments dans lesquels les espèces évoluent très rapidement. Gould déclarait que « la pensée dialectique devrait être prise plus au sérieux par les chercheurs occidentaux ».

Steven Rose, chercheur en neurologie et vulgarisateur de la philosophie de la biologie, cite la tradition dialectique comme l'une des influences qu'il a subies. Il soutient que les systèmes complexes ont des propriétés qui ne peuvent être expliquées en examinant isolément chacun de leurs éléments.

Christof Niehrs, embryologiste allemand, a noté de façon explicite, dans un article scientifique de 2011, les similitudes formelles entre les processus biologiques et les lois de Hegel[34].

Dans le domaine de la géographie, plusieurs penseurs éminent ont développé une pensée marxiste, y compris sur les rapports du marxisme avec leur propre discipline. Le fait que celle-ci soit à la croisée des sciences sociales et des sciences naturelles les conduit souvent à s'interroger sur la dialectique, la dialectique de la nature...

Par exemple Neil Smith a publié sa thèse de doctorat sous le titre Uneven Development (1990). Neil proclamait que nombre de nos idées au sujet de la nature peuvent être reliées à l'idéologie des sociétés de classe. Il critiquait les conceptions séparant d'un côté la nature (extérieure et immuable) et l'homme. Conception qui est un point commun à la plupart des écologistes (pour qui cet extérieur doit rester intact) et les technocrates (qui mettent la technique au service du pouvoir capitaliste pour prôner l'utilisation totale de la nature). L'image d'une nature immuable est aussi invoqué par les conservateurs pour dire que la société ne doit pas changer, "comme la nature". A l'inverse, Neil Smith soutenait que la nature est en partie produite par l'humanité.

Une autre question se pose : si la dialectique matérialiste a quelque chose d'objectif, pourquoi n'y a-t-il pas davantage de scientifiques dialecticiens ? La réponse la plus immédiate est que les scientifiques observent le monde réel, mais à travers un prisme déformant qui est l'idéologie dominante du capitalisme. Ainsi les scientifiques seraient poussés à voir le monde de façon parcellaire, réductionniste et utilitariste, notamment comme reflet de l'individualisme dans la société capitaliste.[35] Tout comme les économistes sont poussés à considérer le capital comme un fonctionnement normal de la société qu'il s'agit juste de réguler plus ou moins.

Analyse systémique[modifier]

Science, déterminisme et hasard[modifier]

Le déterminisme est inséparable de la science : la démarche scientifique consiste à chercher des lois (physiques, chimiques, sociales...). A priori, il est impossible de démontrer que "la totalité du monde est déterministe". C'est une démarche philosophique que de rechercher ces lois, tout comme la démarche qui consiste à croire et affirmer qu'il y a et qu'il y aura toujours de "l'inexplicable". Une différence majeure cependant : la démarche scientifique a étendu sans cesse la sphère de l'explicable, alors que la démarche anti-déterministe n'a jamais fait que se retrancher des les zones d'ombres de la science.

Déterminisme ne signifie pas forcément prédictibilité. On peut acquérir la certitude scientifique qu'un système donné est déterministe, alors même que l'on est incapable de calculer précisément sa trajectoire, son devenir, etc.

Dans une optique déterministe, le "hasard" est seulement une façon de désigner un manque d'information.

Des dés lancés en l'air retomberont dans une certaine position "au hasard". Mais si l'on pouvait mesurer précisément dans quelle direction les dés sont lancés, à quelle hauteur, avec quel mouvement de rotation initial, avec quelle dureté du sol, quel vent... on pourrait déterminer sur quelle face les dés retomberont.

Le hasard intervient aussi dans la transmission génétique des parents à leurs enfants. La reproduction sexuée est caractérisée par le fait que les gènes d'un individu ne sont pas la simple réplique des gènes d'un parent, ce qui serait du clonage, mais un mélange et une sélection des gènes provenant des deux parents. Cette sélection des gènes des parents se fait « au hasard . Là encore, derrière ce phénomène, il y a une très grande quantité de processus chimiques qui tous pris les uns indépendamment des autres sont absolument déterminés, mais dont le résultat final est imprévisible.

Le mouvement brownien, qui paraît complètement chaotique, est en fait déterminé par les multiples chocs des molécules.

La théorie du chaos, qui est un modèle appliqué notamment à la météorologie, ne contredit absolument pas le déterminisme. Elle postule seulement que certains systèmes complexes deviennent imprévisibles par manque de données, ou parce que des données a priori négligeables ou indétectables finissent par avoir des impacts sur le long terme qui font échouer les estimations faites initialement.

Notes et sources[modifier]

  1. K. Marx, Les révolutions de 1848 et le prolétariat , 1856
  2. Olivier Ertzscheid, « Je ne publierai plus jamais dans une revue scientifique », mai 2016
  3. K. Marx, Misère de la philosophie, 1847
  4. Karl Marx, A propos du Système national de l'économie politique de Friedrich List, 1845
  5. 5,0 et 5,1 Lénine, Matérialisme et empiriocriticisme, 1908
  6. 6,0 et 6,1 Trotsky, Mendeleïev et le marxisme, 17 septembre 1925
  7. John Parrington, Science, socialism and the Russian Revolution, juin 2017
  8. Madeleine Pelletier, La prétendue infériorité psychophysiologique des femmes, La Revue socialiste, janvier 1908
  9. Victoria Costello, NeuroTribes, Steve Silberman on a Haunting History and New Hope for Autistic People, PLOS Blogs, 2 novembre 2015
  10. 10,0 et 10,1 Steven Rose, Scientific Racism and Ideology: The IQ Racket from Galton to Jensen, 1976
  11. 11,0 et 11,1 Engels, Anti-Dühring, Monsieur E. Dühring bouleverse la science, 1878
  12. 12,0, 12,1 et 12,2 How Genes Failed: Hilary Rose and Steven Rose on the Limitations of Biological Determinism, Socialist Worker, 11 décembre 2012
  13. Hubert Krivine, La science n’est pas un « discours » comme un autre, 2013
  14. 14,0 et 14,1 Daniel Bensaïd, Marx, productivisme et écologie, 1993
  15. Karl Marx, Lettre à Engels du 7 juillet 1866
  16. Marx-Engels, correspondance, Éditions sociales, Paris 1975-1981, lettres du 20 février 1866, tome VIII, p. 219, et du 12 novembre 1858, tome V, p. 234.
  17. http://classiques.uqac.ca/classiques/darwin_charles_robert/origine_especes/origine_especes.html
  18. Friedrich Engels , Le rôle joué par le travail dans la transformation du singe en homme, 1876
  19. Engels, « Lettres sur les sciences de la nature », Éditions sociales, Paris 1973, p. 103.
  20. K. Marx, Manuscrits de 1844
  21. Lénine, Matérialisme et empiriocriticisme, 1909
  22. 22,0 et 22,1 http://www.contretemps.eu/interventions/laffaire-bakhtine-cas-vygotski-marx-penseur-lindividualit%C3%A9-humaine
  23. John Parrington, In Perspective: Valentin Voloshinov, International Socialism 75, été 1997
  24. Lev Vygotsky, The Historical Meaning of the Crisis in Psychology: A Methodological Investigation, 1927
  25. Alexander Luria, The Making of Mind: A Personal Account of Soviet Psychology, Harvard University Press, 1979
  26. John Parrington, Stalin and the Scientists, Socialist Review, Décembre 2016
  27. Jan Witkowski, [http://www.nature.com/nature/journal/v454/n7204/full/454577a.html Stalin’s War on Genetic Science, Nature, issue 454, 2008
  28. http://www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1944/00/pannekoek_19440000.htm
  29. John Parrington, The red professors, mars 1997
  30. J.B.S. Haldane, Dédale ou la science de l’avenir, 1923
  31. Steven Rose, Richard Levins, Richard Lewontin, Not in our Genes: Biology, Ideology and Human Nature, Penguin, 1984
  32. John Parrington, The Human Genome Project: Brave New World of Scientific Understanding or False Dawn?, International Socialism 139, été 2013
  33. Jeffrey Mervis, As Scientists Prepare to March, Science for the People Reboots, Science, 4 avril 2017
  34. Christof Niehrs, Dialectics, Systems Biology and Embryonic Induction, Differentiation, volume 81, numéro 4, 2011
  35. Phil Gasper, Bookwatch: Marxism and Science, International Socialism 79, 1998