Armée permanente

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Soldat français en Afrique.

L'armée permanente est une partie de l'armée régulière composée exclusivement de militaires et de volontaires, l'autre partie est l'armée de réserve (réservistes volontaires).

Rôle des armées permanentes[modifier | modifier le wikicode]

Cause des conflits[modifier | modifier le wikicode]

La principale cause des conflits armés dans le monde, c’est le système capitaliste lui-même, qui implique une course permanente aux armements : c’est une nécessité pour les puissances impérialistes de maintenir leur domination par la force, aussi bien face aux peuples que face aux autres puissances ; c’est une nécessité pour chaque nation impérialiste que de soutenir sa propre industrie et enrichir ses capitalistes par la fabrication de matériel de guerre. Seule une société débarrassée des conflits de classe, de la misère et du profit, pourra se passer des armes et des dépenses d’armement.

Pourrissement du capitalisme[modifier | modifier le wikicode]

En 2010, les États ont consacré 1 630 milliards de dollars à l’armement : cela suffirait largement à faire disparaître la faim dans le monde, et à éradiquer bien des maladies. C’est le signe flagrant de la décadence de ce système, qui fabrique de plus en plus de moyens de destruction, et de moins en moins de moyens de production nécessaires à satisfaire les besoins de l’humanité.

Armée et révolution[modifier | modifier le wikicode]

Points de vue des communistes révolutionnaires[modifier | modifier le wikicode]

Peut-on épurer l'armée ?[modifier | modifier le wikicode]

L'énorme majorité, sinon la quasi-totalité des cadres de l'armée sont de droite, réactionnaires ou au moins conservateurs. Ceux qui se prétendent démocrates, en cas de putsch de la droite préfèrent disparaître plutôt que de briser l'armée en s'y opposant.

Épurer signifie-t-il exclure tous ceux-là ? Mais alors il ne reste plus personne et cela revient dans les faits à dissoudre et briser l'armée ou cela signifie-t-il seulement - comme l'entendent les partis de gauche quand ils en parlent - se défaire des plus réactionnaires ou des plus compromis d'entre les cadres ? Mais alors c'est ne rien changer de fondamental et maintenir pour l'essentiel ce corps dont la défense des intérêts de la bourgeoisie est la raison d'être, c'est maintenir donc tous les dangers de putsch et de coup d'État.

Peut-on démocratiser l'armée ?[modifier | modifier le wikicode]

On ne peut pas plus démocratiser qu'épurer l'armée de la bourgeoisie. En France, tous les cadres de cette armée ne sont pas des grands bourgeois. Une bonne partie d'entre eux est issue de la petite bourgeoisie. Les hommes de troupe le sont, eux, de la classe ouvrière ou de la paysannerie. Mais un paysan, un petit-bourgeois ou un ouvrier qui passe sous l'uniforme et y fait carrière, abandonne les idées de sa classe et les attaches avec elle pour devenir un soldat c'est à-dire un instrument dans les mains de l'état-major. C'est encore plus vrai s'il devient officier. La formation et la discipline auxquelles il est soumis, et qui ont fait largement leurs preuves plus que centenaires, n'ont pas d'autre but.

Coupés du reste de la population laborieuse durant leur service militaire, encasernés hors de tout contrôle et de tout droit de regard de cette population, ces soldats comme ceux de carrière sont entièrement soumis à leurs officiers. Seuls face à ceux-là ils n'ont pratiquement aucun moyen de s'opposer à leur volonté.

Vers une armée socialiste[modifier | modifier le wikicode]

La seule armée populaire et démocratique serait celle que formeraient tous les travailleurs en armes, hors des casernes, sans gradés tout-puissants ni hiérarchie professionnelle mais avec l'armement et l'instruction militaire sur les lieux de travail ou d'habitation et des chefs élus et révocables, à tous les échelons.

Certes une armée moderne, qui comporte obligatoirement des blindés, de l'aviation, des armes de toutes sortes d'une haute technologie doit avoir des stocks d'armement et aussi des techniciens capables de servir ces armes.

Mais mettre les stocks et les dépôts sous la garde des travailleurs en armes, soumettre leur utilisation par les techniciens à l'approbation des représentants des travailleurs est parfaitement possible. Car il est finalement plus facile aux travailleurs qui fabriquent les armes et les munitions, les moyens de transport et les communications, qui bien souvent les entretiennent, de soumettre l'état-major et le corps des officiers tout entier à un tel contrôle, qu'aux soldats du contingent isolés et privés d'information.

De toute façon, sans un tel contrôle, inutile de parler de démocratisation de l'armée.

Armées révolutionnaires[modifier | modifier le wikicode]

Tous les exemples historiques montrent que toute réelle révolution sociale implique une rupture avec l'ancienne armée (comme plus généralement avec l'ancien État, dont elle est la colonne vertébrale), et un armement du peuple.

Révolution française (1789)[modifier | modifier le wikicode]

Les remarquables grands capitaines de la Révolution et de l'Empire français débutaient, presque constamment, en enfreignant la discipline, en désorganisateurs. Le futur maréchal Davout, quand il était le lieutenant d'Avout, pendant de longs mois, en 1789-1790, dissolvait la discipline "normale" dans la garnison d'Aisdenne, en chassant les commandants. Par toute la France eut lieu, jusqu'au milieu de 1790, un processus de totale décomposition de la vieille armée. Les soldats du régiment de Vincennes contraignaient leurs officiers à faire table commune avec eux. La flotte expulsait ses officiers. Une vingtaine de régiments soumirent leur commandement à des violences de divers genres. À Nancy, trois régiments jetèrent en prison les officiers. À partir de 1790, les tribuns de la Révolution ne cessent de répéter, à propos des excès de l'armée : « C'est le pouvoir exécutif qui est coupable de n'avoir pas destitué les officiers hostiles à la Révolution. » Il est remarquable que, pour la dissolution de l'ancien corps des officiers, se soient prononcés aussi bien Mirabeau que Robespierre. Le premier songeait à rétablir le plus tôt possible une forte discipline. Le second voulait désarmer la contre-révolution. Mais tous deux comprenaient que l'ancienne armée ne pouvait plus durer.

Commune de Paris (1871)[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Commune de Paris (1871).

Afin de défendre la ville contre les réactionnaires versaillais, le Comité de salut public de la Commune mis sur pied une armée défensive, composée pour l'essentiel d'ouvriers et de petits-bourgeois.  Mais, mal armés, mal encadrés et peu aguerris aux techniques de la guerre (ils n'ont pour exemple aucune stratégie), les révolutionnaires fûrent promptement écrasés durant la Semaine sanglante.

Sous la révolution russe (1917-1922)[modifier | modifier le wikicode]

Trotsky décrit dans son Histoire de la révolution russe comment la lutte de classe (généraux et officiers contre soldats/paysans) et la lutte contre l'impérialisme (revendication de la paix contre intérêts de l'Etat russe) a travaillé les rangs de l'armée. Il raille les illusions des libéraux et surtout des réformistes qui oublient que toute révolution sociale conduit à une dislocation de l'armée.

En Russie, de nombreux contre-révolutionnaires (les Blancs), appuyés par les États occidentaux et japonais, attaquèrent les Soviets acquis à la suite de la révolution. Face à ce danger, Trotsky mis sur pied l'Armée rouge. Il raconte à quel point, au niveau des formes, la nouvelle armée a en grande partie consisté à rebâtir la discipline détruite dans l'ancienne armée :

« Les comités, dans les vieux régiments, s'étaient formés comme des incarnations de la révolution même, du moins dans la première étape. Dans les nouveaux régiments, le principe même des comités ne pouvait être toléré, en tant que principe de décomposition. Les malédictions envoyées à l'adresse de la vieille discipline retentissaient encore que déjà nous commencions à en établir une nouvelle. Après avoir recouru aux volontaires, il fallut, à bref délai, en revenir à la conscription forcée ; après les détachements de partisans, il fallut avoir une organisation militaire exacte.  »[1]

L'Armée rouge ainsi créé a été d'une efficacité suffisante pour gagner la guerre civile. Cependant, elle en est sortie fortement bureaucratisée et vidée de toute démocratie interne...Trotsky écrit en 1923 : « La nécessité d’entretenir une armée permanente est également une autre source importante de bureaucratisme. »[2]

Révolution espagnole (1936-1939)[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Révolution espagnole.

Face au putsch franquiste, de nombreux espagnols vont se soulever au sein du front unique afin de défendre la république et la démocratie. Mais c'est justement les dirigeants bourgeois républicains qui vont précipiter la chute du régime et la mort des révolutionnaires. En particulier, une réforme agraire radicale et l'indépendance du Maroc auraient coupé les fascistes de leurs soutients paysans arriérés et des mercenaires africains.

Révolution yougoslave (1941-1945)[modifier | modifier le wikicode]

Article détaillé : Révolution yougoslave.

Sur l'ensemble des officiers de l'ancienne armée, seuls 4,1% se retrouveront dans la nouvelle armée. Parmi les officiers de la nouvelle armée, 90% sont membres du Parti communiste yougoslave.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Léon Trotsky, Ma vie, 36. L'opposition militaire, 1930
  2. Léon Trotsky, Cours Nouveau, 1923