J.B.S. Haldane

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John Burdon Sanderson Haldane connu sous le nom de J.B.S. Haldane (5-11-1892, Oxford (Royaume-Unie) / 1er-12-1964, Bhubaneswar (Inde)) est un généticien, auteur de Science-Fiction et marxiste britannique.

Comme tous ses compatriotes anglais et plus largement du monde anglophone, Haldane est eugéniste. Cependant il est d'un eugénisme particulier qui va à l'amélioration du corps individuel et collectif par l'abolition du capitalisme (marxisme) et non par la suppression directe de tares socio-biologiques supposés selon les normes du moment (Francis Galton, conservatisme) ou par l'abandon social des « inadaptés » (Herbert Spencer, libéralisme) selon les politiques de droite; ou encore par la mise à l'écart des « anormaux » (H.G. Wells, socialisme anglais) ou par l'amélioration du corps biologique par la technologie (Julian Huxley, transhumanisme) selon les tendances gauchistes anglo-US.


BIOGRAPHIE[modifier | modifier le wikicode]

La Philosophie marxiste et les Sciences (1947, éd. Sociales)[modifier | modifier le wikicode]

Préface de Marcel Prenant[modifier | modifier le wikicode]

Parcours[modifier | modifier le wikicode]

p.7 > « Les « Éditions sociales » ont pris une excellente initiative n publiant, sous le titre la Philosophie marxiste et les Sciences, la traduction des conférences faites à l'Université de Birmingham, en 1938, par le professeur J.B.S. Halddane.

Membre de la Société royale de Londres, J.B.S. Haldane est une figure les plus éminents de la biologie actuelle. Longtemps il enseigna la biochimie à l'université de Cambridge, puis il fut professeur de physiologie dans la Royal Institution à l'Université College à Londres.

Dans chacune de ces trois disciplines, J.B.S. Haldane tient une grande place, par ses travaux et par ceux de ses élèves. En biologie chimie il a poussé très loin la théorie des actions des enzymes, si importante pour l'interprétation des phénomènes vitaux, et son livre sur la Cinétique des enzymes est un classique. On peut dire qu'au temps où il était attaché à (p.8 >) Cambridge, au laboratoire, du célèbre biochimiste Hopkins, il n'est pas une recherche sortie de ce remarquable centre scientifique qui n'ait dû quelque chose à l'imagination et à l'esprit critique de Haldane. »

Génétique[modifier | modifier le wikicode]

p.8 > « En génétique, il s'est attaché, surtout aux problèmes spécialement difficiles et délicats de la génétique humaine, et a entrepris de réaliser la première carte montrant la distribution des gênes sur les chromosomes humains.

Mais sa culture mathématique lui a permis d'aborder, du point de vue de la théorie génétique, de grandes questions théoriques relatives à l'évolution des espèces vivantes :

  • problème de la sélection naturelle,
  • vitesse d'évolution que l'on peut attendre des divers types de mutations,
  • effets sélectifs des divers modes de reproduction,
  • probabilité du perfectionnement graduel du mécanisme visuel,
  • développement des instincts altruistes dans les sociétés d'insectes à reproduction spécialisée avec individus neutres [neutre selon Darwin, mais ces individus sont non-reproducteurs (ni stérile, ni neutre sexuellement)].

La diversité des préoccupations scientifiques de J.B.S. Haldane, en biologie, ne peut étonner aucun de ceux qui ont le privilège de le connaître. Ils savent la vive intelligence de ce brillant causeur, dont l'imagination sait allier l'audace de la raison appuyée sur une grande érudition. »

Philosophie[modifier | modifier le wikicode]

p.9 > « Haldane ne s'est pas contenté du vaste domaine des sciences biologiques. Dès 1924, il écrivait, sur l'avenir (p. 9 >) de la science, un petit ouvrage philosophique intitulé Daedalus [cf J.B.S. Haldane et Bertrand Russell (2015). Dédale et Icare. Allia]. En 1945, développant quelques conséquences de la théorie de Milne sur la relativité cinématique, il publiait un aperçu de quelques pages sur une nouvelle théorie cosmologique, montrant par le calcul entre autres choses, que les planètes avaient pu être engendrées par l'absorption, par le soleil, d'un seul photon ou d'un petit nombre de photons. Dans cet opuscule, il développait aussi l'idée que, jusqu'à une certaine époque de l'histoire de la terre, la vie restait impossible parce que les réactions chimiques ne fournissaient pas de l'énergie assez rapidement pour compenser la diffusion.

Haldane a sans doute songé à certaines de ses œuvres quand il a écrit, dans Deadalus :

« J'ai essayé de montrer pourquoi je crois que le biologiste est aujourd'hui la figure la plus romantique de la terre.

Mais son romantisme est traditionnel, et l'on trouve, dans le même ouvrage, cette autre phrase :

« Le conservateur a peu à craindre de l'homme qui dont la raison est au service de ses passions, mais qu'il se méfie de celui dont la raison est devenue la plus grande et la plus terrible des passions ! » »

Romantisme rationnel[modifier | modifier le wikicode]

p. 10 > « Ce romantisme rationnel, Haldane l'a mis aussi dans sa vie, et en a fait l'armature de son courage physique et civique. Après avoir combattu dans la guerre 1914-1918, il a été (p.10>) le premier savant anglais à sympathiser ouvertement avec le communisme, puis à adhérer au Parti communiste britannique.

Pendant la guerre civile d'Espagne, il a été volontaire pour prendre part à la résistance de Madrid assiégé. Dans la dernière guerre il a risqué sa santé et sa vie dans des recherches très dangereuses, faites en collaboration avec sa femme H. Sparway-Haldane, sur le passage a haute rapide aux hautes pressions, et a été comme il le dit quelque part avec humour, le premier humain à goûter l'oxygène sous une pression de six atmosphères. »

[Il testait aussi sur lui-même, les effets de divers gaz toxique jusqu'à parfois l'évanouissement dont les gaz des armes chimiques. Selon lui, les armes chimiques sont moins meurtrières que les armes à projectile comme il l'a constaté lors de la grande guerre. Cela est confirmé par un général qui critique l'interdiction par les grandes instances internationales de l'emploi de ses armes qui permettent tactiquement de déloger sans trop de boucherie un ennemi terré. Mais, Haldane en oublie les conséquences sur le long terme sur la santé comme le fait remarquer Stephen Jay Gould.]

le matérialisme dialectique[modifier | modifier le wikicode]

« Dans toute cette activité, le savant est inséparable de l'homme, et l'un et l'autre sont armés de cette « raison passionnée », que Haldane lui-même dit si redoutable aux conservateurs, et qui l'a mené au matérialisme dialectique.

L'exposé qu'il en fait sera apprécié du public français par sa qualité et son agrément. La haute culture de l'auteur lui a permis d'aborder avec sa grande pénétration les disciplines les plus diverses, des mathématiques à psychologie et à la sociologie, et à l'apport d'une pensée audacieuse, éclairée par l'expérience scientifique et politique, et nuancée par les conditions sociales et intellectuelles d'outre-Manche, sera des plus utiles pour le développement, chez nous, de la méthode marxiste. »

MARCEL PRENANT. »

Avant-propos de J.B.S. Hadalne (1946)[modifier | modifier le wikicode]

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

p.11 > « Ce sont les conférences de philosophie politique Muirhend faites à l'Université de Birmingham, en janvier et février 1938, qui ont servi de base à ce livre. Je les ai développés pour traiter plus en détail certains points particuliers. Elles s'adressent en premier lieu aux chercheurs et aux étudiants, avec la conviction que le marxisme sera aussi profitable à leur travail scientifique qu'il l'a été au mien. Mais la portée générale de mon sujet me donne de trouver une audience un peu plus vaste.

Une entreprise d'appliquer le marxisme aux problèmes scientifiques actuels, comme le firent il y a des années Engels, et en 1908, Lénine. Je ne doute pas d'avoir commis des erreurs.

Un marxiste ne doit pas craindre de commettre des erreurs. »

Critiques[modifier | modifier le wikicode]

Une entreprise comme la mienne s'expose inévitablement à deux critiques.

  • Première critique

« Si l'on se limite aux faits scientifiques bien établis, on vous dira qu'il est facile d'appliquer le marxisme après coup et qu'avec suffisamment d'ingéniosité on peut toujours trouver une citation de Marx et Engels qui s'applique à [p.12 >] quelque élément de travail scientifique récent. »

[Cette critique rappelle celle des matérialistes vulgaires et celle de l'affaire lyssenko amalgamant à tort lyssekisme (empirisme) et théorie des deux sciences (Alexandre Bogdanov).]

  • Seconde critique

« Si, d'autre part, on se risque à des spéculations, on est certain de se tromper sur des points de détail, sinon sur des sujets plus fondamentaux. Néanmoins, je crois qu'il vaut la peine de montrer à quel genre de spéculation le marxisme conduit un savant. »

[Whewell contre Mill montre que la science à besoin d'hypothèses mais qui ne sortent pas du coup de chapeau du magicien ou des démarches par les faits des empiristes purs (cf consilience, abstraction)].

interpénétration philosophie-science[modifier | modifier le wikicode]

« Car le fait d'accepter cette philosophie amène inévitablement des types nouveaux de pensée et d'action. C'est ainsi que je défendrai certaines parties du chapitre V que quelques lecteurs considèreront comme une digression dans un livre ayant quelque utilité.

J'ai tenté d'embrasser un champ très vaste, et j'ai pleinement conscience de l'avoir faite d'une manière à la fois inégale et très superficielle.

J'espère toutefois que je pourrais inciter d'autres à combler les lacunes de mon exposé et à les corriger si c'est nécessaire.

Une interprétation marxiste pertinente de la science ne peut surgir que dans une atmosphère rigoureuse controverse et j'espère faire clairement comprendre que je compte bien être critiqué.

Mais j'espère que la critique à laquelle je serai soumis de la part d'écrivains marxistes sera constructive. »

Bibliographie des citations du livre[modifier | modifier le wikicode]

« J'ai utilisé pour mes citations les ouvrages suivants :

  • Friedrich Engels ; M. E. Dühring bouleverse la science (Anti-Dühring) (1878); L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État (1894); Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande (1880)
  • Karl Marx : Le Capital (Édition d'Engels, 1887).
  • V.I Lénine : Matérialisme et Empiriocriticisme (1909).

J'espère faire naître chez de nombreux lecteurs le désir d'étudier ces ouvrages. »

Science, marxisme, guerre (1948, éd. du Pavillon)[modifier | modifier le wikicode]

Avant propos de Marcel Prenant[modifier | modifier le wikicode]

p.7 > «  J.B.S. Haldane est un grand savant. Ses travaux de physiologie, de génétique, de biométrie, et plus rarement de biologie, lui ont fait un nom connu dans les milieux scientifiques du monde entier, et son ample culture s'étend de là jusqu'au domaine des mathématiques.

Mais Haldane est antre chose encore. C'est un homme complet, qui a compris et profondément senti l'impossibilité de s'enfermer dans son laboratoire et de s'y abstraire égoïstement, des luttes et des difficultés du temps présent. C'est pourquoi depuis de longues années déjà, nous le trouvons sur la brèche, souvent au risque de sa vie et au détriment de sa santé.

C'est ainsi que pendant la guerre d'Espagne, il s'enferme dans Madrid assiégé et bombardé, et prend part à la défense de la ville en organisant un service médical. C'est ainsi que, depuis lors, et en vue de préciser les troubles physiologiques dont souffrent les équipages de sous-marins et d'avions sous des pressions d'air et de gaz carbonique très éloignée de la normale, il s'est soumis lui-même, de façon répétée, à des expériences pénibles et dangereuses.

Parmi les tâches que s'est imposées ce grand citoyen, figure celle de mettre son savoir à la disposition du peuple. Il s'astreint, notamment à donner chaque semaine un article de vulgarisation au Daily Worker, le journal du Parti Communiste de Grande-Bretagne. L'ouvrage dont on donne ici la traduction française n'est pas autre chose qu'un recueil ordonné et choisi de ces articles, et d'autres, parus dans divers périodiques.

p. 8 > Les lecteurs en apprécieront certainement, non seulement le contenu plein de sens, mais aussi l'agrément. L'auteur lui-même a placé en être du recueil les conseils qu'il a donnés un jour aux travailleurs scientifiques, pour les aider à écrire de tels articles. Quelque utiles que soient de tels conseils, ils ne suffisent pas, si ceux qui voudraient les suivre n'apportent les mêmes larges connaissances, la même expérience du public, et le même esprit ingénieux, qui fait de Haldane, en privé, un délicieux et substantiel causeur, et lui permet ici de retenir l'attention, par des aperçus nouveaux et imprévus, liés à la vie de chaque jour, mais sans jamais faire de concession à la facilité.

La première partie du recueil est personnelle. Elle contient les éléments d'une confessions, et se termine par ces fières paroles, écrites en 1942, et qu'auraient contre-signées alors tous les hommes vraiment épris de liberté : « Je préfère mourir en combattant. ». Puis viennent trois séries d'articles, d'une grandes élévations scientifique et philosophique, sur l'univers, les mathématiques et la logique. Dans ceux qui suivent, et qui sont relatifs à la science de guerre Haldane s'est conformé à l'actualité, s'efforçant de faire comprendre à ses lecteurs britanniques le sens scientifique, moral et politique de l'effort fait par la recherche. Les trois dernières parties, enfin, nous mènent à des perspectives d'avenir.

La science, en contraste avec la science de guerre, devient, dans une communauté mondiale fondée sur le socialisme, le grand moyen d'action des hommes, pour la conquête d'un bonheur de plus en plus large dotée de tout ce qu'il faut pour s'épanouir en une large culture. C'est elle qui, par la connaissance du monde, non seulement physique, mais encore humain, nous donne les moyens d'agir avec certitude, et aussi d'acquérir la véritable liberté. Cette notion de liberté, si chère aux hommes, et souvent si étrangement galvaudée par ceux même qui oppriment la véritable liberté, Haldane l'analyse dans les faits concrets fournis par l'expérience sociale, et la remplace sur son vrai plan.

p.9 > Il montre enfin comment la science moderne lorsqu'on veut la comprendre de façon à la fois expérimentale et vraiment rationnelle, se confond avec la philosophie matérialiste dialectique, œuvre de Marx et d'Engels, brillamment enrichie et précisée par Lénine et Staline notamment [Du moins si Staline avait le temps dans les années 30 et 40 dans la crise historique de 1914-1945. Alexandre Zinoviev pense que l'essai de vulgarisation Le Matérialisme dialectique et le Matérialisme historique fut écrit pas un étudiant et non par Staline.]. Il montre comment cette méthode [cette méthode d'abstraction ou ses démarches dialectiques], dans les sciences de la nature, et plus encore dans les sciences sociales, permet de se débarrasse des préjugés et des fausses difficultés, et d'agir en toute connaissance de cause ; comment elle est ainsi, dans le monde moderne, le grand moteur du progrès.

Une partie de ces idées est familière à beaucoup d'entre nous. Mais le matérialisme dialectique, parce qu'il répond à la réalité des choses, a comme celle des aspects divers et multiples, difficiles à épuiser. Il ne tient ni dans un dogme, ni dans quelques formules [contrairement à ce que disent l'anticommuniste et le techno-scientiste, matérialiste ou idéaliste]. Il sera utile au public d'en prendre, dans ce recueil, un aperçu renouvelé par l'originalité de la pensée de J.B.S. Haldane, et par les habitudes des lecteurs britanniques auxquels l'auteur s'adressait tout d'abord.

MARCELLE PRENANT. Professeur à la Sorbonne. »

Préface de J.B.S. Haldane (1944)[modifier | modifier le wikicode]

p.11 > « La plupart des essais réimprimés ici ont été publiés pour la première fois dans le « Daily Worker », pour lequel j'écris un article hebdomadaire sur quelque sujet scientifique.

  • Les cinq sur le matérialisme dialectique ont été publié dans le « Labour Monthly »,
  • « J'étais Biométricien » et « L'Univers devient moins mystérieux » ont paru dans le « New Statesman »,
  • « Les lois de la Nature », « Cléomène et le Christ », et « La preuve par le dessein », dans le « Rationalist Annual »,
  • et « Comment on écrit un article scientifique populaire » dans le « Journal of the Association of Scientific Workers ».

Les lieux de publication des autres sont indiqués dans le corps du livre.

Ils s'étendent sur une large période de temps, et 'quelques-uns d'entre eux ne sont plus à l'ordre du jour. J'espère par exemple, que l'article sur « Les Bruits d'une attaque aérienne » sera totalement périmé au moment où ce livre sera publié. J'ai modifié mes opinions depuis qu'ont été écrits certains d'entre eux. Si je ne l'avais pas fait, cela prouverait simplement que j'ai cessé d'être instruit par l'expérience. J'ai également commis quelques erreurs quant à ce qui se produirait vraisemblablement. Il eût manifestement été injuste de les corriger après l'événement.

Mais même quand les attaques aériennes ne seront rien de plus qu'un souvenir désagréable, elles fourniront un exposé plus vivant de quelques-uns des principes des probabilités que ne le fait le tirage de boules blanches et noires extraites de sacs. Et bien que Lord Birkenhead soit mort, il vaut la peine de faire voir qu'un Lord Chancelier peut manquer d'honnêteté.

p. 12 > Si certains lecteurs se plaignent de ce que je n'aie pas embrassé un domaine aussi étendu que dans mes livres antérieurs, mon excuse doit être que certains des développements les plus intéressants de la science sont des secrets officiels, et que le flot des publications scientifiques a été considérablement réduit par la guerre [sauf peut-être dans le III Reich. Aucun scientifique n'a été condamné à Nuremberg et pour beaucoup ont été embauché du côté occident notamment aux USA où les mêmes pratiques expérimentales, perverses et sadiques, ont perduré sur les animaux (en chimie médicale et cosmétique, en psychologie) et les militaires à leur insu (essai des effets de la Bombe Atomique) mais aussi sur des civils dont à l'étranger (essai de LSD en 1951 sur un village français. Tous des faits avérés.].

Mais la guerre a du moins convaincu des centaines de milliers de gens qu'il faut prendre la science au sérieux [à condition qu'elle soit utile, empathique et humaniste]. Et une fraction appréciable de ceux-là croient, avec moi, que la méthode scientifique peut être appliquée à l'histoire, à l'économie et à la politique. Mon dessein principal, en publiant ce volume, est d'en croître le nombre.

J.B.S. HALDANE, Octobre 1944 »

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

Cf Bibliographie sur le matérialisme dialectique


CITATIONS[modifier | modifier le wikicode]


Hérédité et Politique, 1938[modifier | modifier le wikicode]

L’augmentation considérable ces dernières années du nombre de personnes certifiées comme faibles d’esprit peut se trouver être le résultat de la difficulté croissante à trouver un emploi régulier. […] En fait, ce peut être un phénomène social et économique plutôt que biologique

  • Hérédité et Politique (1938), J.B.S. Haldane, éd. PUF, 1948, p. cité in Gouz, S.(2012). J.B.S. Haldane, la science et le marxisme - La vision du monde d’un biologiste (p.390). Éditions Matériologiques, 2012

La Philosophie marxiste et les Sciences, 1947[modifier | modifier le wikicode]

Mathématique et cosmologie (II)[modifier | modifier le wikicode]

Si le matérialisme dialectique a parfois été mal appliqué en U.R.S.S., cela ne veut pas dire qu'un peu plus de cette méthode nuirait aux théoriciens de la science en Grande-Bretagne. En fait, il a déjà été utilisé par un petit nombre d'entre-eux. Malheureusement, une citation de quelques-uns des meilleurs exemples pourrait compromettre les postes et les traitements des chercheurs en questions.

  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 56

Biologie (IV)[modifier | modifier le wikicode]

Un bon marxiste s'attendra à ce que la théorie darwinienne de la sélection naturelle contiennent ses propres contradictions internes. Engels la décrivait comme « la première expression temporaire et incomplète d'un fait récemment découvert » (Lettre à Lavrov, du 12 nov 1847). Autant que nous le sachons aujourd'hui, la sélection naturelle semble se nier elle-même de façons au moins.

  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 157

D'abord, ainsi que le l'ai moi-même indiqué (The causes of Evolution, 1932), tant qu'une espèce est clairsemée, l'adaptation d'un individu dépendra presque entièrement du succès avec lequel il copie la nature inorganique ou d'autres espèces. Mais si il existe en groupes denses, ou, à l'occasion dans d'autres circonstances, l'adaptation dépendra dans une large mesure de la victoire sur d'autres membres de la même espèce.

  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 157

Une autre contradiction interne est indiquée par Elton (Evolution, 1938). Lorsque deux espèces sont en lutte, et qu'en particulier l'une mange l'autre, leur nombre est sujet à fluctuation. [...] expérimentalement ... les dévorants exterminent leurs proies et, en conséquences s'exterminent eux mêmes. [Or], cela se produira rarement d'un seul coup sur une vaste étendue. Mais cela peut arriver à l'occasion. Elton pense que la conséqence en est que les dévorants, qu'ils soient herbivores, carnivores, ou parasites ont une efficacité moins impitoyables qu'ils auraient autrement. La modération à une certaine valeur de survie.

  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 159-160

La modération a une certaine valeur de survie.

  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 160

Je crois que la théorie de l'évolution est susceptible de se développer dans ce sens dialectique [de modération] sur la base du darwinisme, mais transcendant le darwinisme plutôt grossier qu'on utilise pour justifier une concurrence sans restriction et qui, comme la concurrence absolue, est une chose du passé

  • La Philosophie marxiste et les Sciences, J.B.S. Haldane, éd. Éditions sociales, 1947, p. 159

Science, marxisme, guerre, 1944[modifier | modifier le wikicode]

Ses adversaires disent que c'est un dogme auquel doivent se conformer les publications scientifiques dans l'Union Soviétique, de même que les publications scientifiques dans l'Europe médiévale devaient se conformer à la théologie courante. Mais le matérialisme dialectique ne précise pas la nature de la matière. [...] Il énonce que a matière est dans un état constant de flux, que le développement se produit au moyen d'une lutte des contraires, et ainsi de suite, mais il ne décrète pas où, dans la nature, on rencontre de pareilles luttes.

  • Science, marxisme, guerre (1944), J.B.S. Haldane (trad. Jules Castier), éd. du Pavillon, 1948, p. 283

Articles[modifier | modifier le wikicode]

Daily Worker[modifier | modifier le wikicode]

Je pense que le monde serait bien plus ennuyeux s'il n'y avait pas de différences dans les possibilités innées entre individus ou groupes d'individus […]. Le dogme de l'égalité humaine ne fait pas partie du communisme. La formule de "chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", ne voudrait rien dire si les compétences étaient égales.

  • Darwin on slavery, J.B.S. Haldane, éd. Daily Worker, 14 nov 1949, p. cité in Prum, M.(2005). L'un sans l'autre : Racisme et eugénisme dans l'aire anglophone (p.109). Harmattan.

Rationalist Annual[modifier | modifier le wikicode]

Quand je dis « je crois », je n’entends pas ces mots au sens en lequel un chrétien fervent les utilise […]. J’entends le sens ordinaire […]. C’est-à-dire que j’agis, et propose d’agir, sur la base de l’idée que le matérialisme est vrai. Mais je suis prêt à examiner des preuves du contraire. Et je ne suis certainement ni choqué ni énervé que l’on critique ou doute de la vérité du matérialisme.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 77

En pratique j’ai constaté que les matérialistes affichés sont en général moins égoïstes que ceux qui professent leur idéalisme. Car l’idéalisme est un outil particulièrement utile pour nous permettre d’accepter le malheur des autres, et en particulier leur pauvreté.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 78

La nature est dans un état de flux permanent – en fait, elle est constituée de processus et non de choses.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 81

Lorsque nous trouvons des « contradictions internes » dans nos conceptions des choses, notre esprit reflète la nature. Mais ces contradictions internes ne signifient pas que la nature est irrationnelle. Elles signifient qu’elle est instable.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 81

La nature est probablement infinie, certainement trop étendue pour que nous la saisissions entièrement. Donc notre explication de n’importe quel phénomène matériel est une simplification. Nous pensons naturellement aux choses comme étant nettement délimitées, et dès lors tendons à exagérer leur stabilité. Cependant, plus nous étudions la nature, plus nous voyons que ce qui est apparemment stable se révèle être le champ de bataille de tendances opposées.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 81

Leur vérité ou non dépend de la signification des symboles. C’est un problème social. Un énoncé n’est vrai que tant que quelqu’un le comprend. Après quoi, il est dénué de sens.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 83-84

Si nous adoptons le point de vue selon lequel un énoncé est vrai dans la mesure où il appelle des images mentales qui correspondent à la réalité, et utile dans la mesure où il incite à agir de manière appropriée à la situation réelle, nous sortons de la métaphysique et sommes confrontés à des problèmes concernant l’activité du cerveau, l’histoire du langage, et la manière dont nous apprenons le langage dans l’enfance, qui ne peuvent pas être résolus par la pensée pure, mais seulement par l’étude du monde réel.

C’est pour de telles raisons que je trouve le matérialisme satisfaisant intellectuellement.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 8

Mais [la société] fonctionne très mal. Alors nous allons probablement avoir une période difficile dans l’avenir immédiat, quoi qu’il arrive. Et comme je souhaite qu’une société rationnelle émerge des problèmes actuels, je suis non seulement un matérialiste moi-même, mais je fais ce que je peux pour que les autres soient matérialistes.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalist Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 8

Science and Society[modifier | modifier le wikicode]

Assez naturellement, les biologistes pour lesquelles le matérialisme dialectique ne signifie rien, ou bien signifie une arme de l’abominable Marx, ne peuvent pas comprendre comment des mutations délétères peuvent être une condition du progrès évolutif. Du coup, ils leur dénient toute importance.

  • In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (J.B.S. Haldane( 1937). A Dialectical Account of Evolution (p.473-485). Science and Society (vol.1, n°4).), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques, 2012, p. 56