Lobbying

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Le lobbying (ou "groupes de pression") est l'influence du patronat ou des financiers sur le gouvernement. Il est plus ou moins légal et plus ou moins visible selon les pays, mais représente le fonctionnement profond de l'État bourgeois.

Généralités[modifier | modifier le wikicode]

Le lobbying est inscrit dans le fonctionnement même de la démocratie bourgeoise, avec ses élections et élus dits "représentatifs" : il sera toujours aisé pour un grand trust, et encore plus par les cartels, de corrompre quelques "représentants de la Nation". Mais sans aller jusqu'à la corruption, la "classe politique" est imbriquée par mille liens à la bourgeoisie.

« Le processus politique est une extension du champ de bataille du marché. » Lauren Madox, lobbyiste[1]

Mais la façade démocratique qui a été obtenue dans les grands pays impérialistes a conduit à un plus grand raffinement et une plus grande discrétion dans les affaires de la bourgeoisie, ce que l'on appelle pudiquement l'art du lobbying. C'est une profonde victoire de l'idéologie dominante de présenter ce phénomène comme une "pression sur le cours normal de la vie politique". Cela pousse beaucoup d'intellectuels, révoltés lorsque ces pratiques suintent au grand jour, dans le camp du réformisme.

Évolutions récentes[modifier | modifier le wikicode]

Avec l'accélération de la mondialisation à partir des années 1970, les grandes multinationales ont pu démultiplier les activités de lobbying. Ainsi, selon les chiffres du Congressional Budget Office, entre 1983 et 2005, le nombre de lobbyistes enregistrés à Washington est passé d’à peine 6 000 à presque 33 000 tandis que les sommes dépensées dans ce type d’activité croissaient de 100 millions de dollars (à leur valeur de 2005) à 2,2 milliards de dollars.

Dans le Vieux continent, ce sont environ 10 000 lobbyistes qui travaillent auprès des institutions européennes.[2]

Les personnels des services étatiques chargés (notamment chargé de la régulation des banques) sont très souvent eux-mêmes issus des banques privées.[3]

Exemples[modifier | modifier le wikicode]

Quelques exemples notables de lobbying :

  • L'European Roundtable of Industrialists, qui regroupe environ 45 patrons de multinationales européennes, est un des artisans de la création du marché unique et de l’euro
  • 1993 | Mouvements de fonds occultes entre la Lyonnaise des eaux et le RPR (Juppé...)
  • 2005 | Durant les débats sur le numérique (DADVSI...) les représentants de Virgin et de la Fnac proposaient des cartes prépayées de téléchargement musical aux députés français.
  • 2006 | Pour vendre 72 avions de combat Eurofighter Typhoon, le groupe anglais BAE Systems verse des commissions à la famille royale saoudienne. Enquête judiciaire abandonnée au nom de « l’intérêt national » sur décision du gouvernement britannique.
  • 2006 | Pendant la coupe du monde de football (et aussi pendant l'affaire de la privatisation d'EDF et de la fusion EDF-Suez) Suez offrait des places... aux députés français.
  • 2006 | Le parlement européen passe la directive "Télévision sans frontière" qui autorise à faire de la pub pour des marques dans les films et les séries, qui augmente la pub à la télé de 9 min à 12 min par heure, et rabaisse de 45 à 30 minutes la durée minimale entre deux séquences pub dans une émission d'infos ou pour enfants.
  • 2012 | Des journalistes d'investigation anglais révèlent que les grandes banques de la City ont dépensé en 2011 environ 117 millions d'euros en lobbying auprès des dirigeants politiques (pour réduire l'impôt sur les sociétés, faire échouer un projet de caisse de retraite non lucratif, faire abandonner un projet de régulation gouvernementale des sociétés côtés en bourses...). 16% des pairs de la Chambre des lords ont des liens directs avec des sociétés financières.
  • 2016 | Des études de la littérature scientifique montrent que pendant des décennies, le lobby du sucre est parvenu à dévier l'attention des risques d'une alimentation trop sucrée en focalisant exagérement l'attention sur les risques du gras.[4]

Sections plus détaillées :

Article détaillé : Lobbying en France.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Kate PHILLIPS, « Once a Maverick, Google Joins the Lobbying Herd », New York Times, 28 mars 2006.
  2. Christian CHAVAGNEUX (2006), « Le pouvoir des multinationales », Alternatives économiques, hors-série, n° 68, « L’état de l’économie 2006 », 2e trimestre, p. 76-77.
  3. Bastamag, Collusion et pantouflage : quand le lobby bancaire met la main sur la haute administration, 28 septembre 2015
  4. http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/13/lobby-du-sucre-scientifiques-gras_n_11992974.html