Déchets

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La problèmatique des déchets et du recyclage est une question écologique majeure. Il y a d'une part la pollution engendrée par les déchets toxiques, et d'une façon générale la difficulté du recyclage, le coût énergétique de ce recyclage... C'est une problématique assez symbolique du gaspillage capitaliste et de la nécessité d'une planification socialiste.

Gestion des déchets[modifier]

Déchets ménager : le sommet de l'iceberg[modifier]

Dans débat public, c'est des déchets ménagers que l'on parle le plus souvent. Cela permet à l'idéologie bourgeoise de faire passer plus facilement le problème pour une histoire de consommation individuelle. Mais il faut cependant savoir que les déchets ménagers récoltés localement représentent une infime minorité des déchets produits. Par exemple : seulement 2,5 % du total des déchets générés aux Etats-Unis. Tout le reste consiste en déchets industriels, en résidus de matériaux de construction et de travaux de démolition et en ce que l’on appelle les « déchets spéciaux », comme ceux issus de l’exploitation minière

Décharges en plein air[modifier]

Une loi votée en 1992, sous l’égide de l’écologiste Brice Lalonde, visait à interdire les décharges d’ordures ménagères en plein air. Cette loi n’était pas trop contraignante puisque quinze ans plus tard l’immense décharge de Marseille Entressen accueille encore aujourd’hui plus de 1 200 tonnes d’ordures par jour.

Il y a dans tous les pays, même dans les pays du "Nord", des sites d’enfouissements discrets ou clandestins. Il faut la détermination de riverains, d’associations écologistes ou de quelques élus locaux pour les rendre publics, comme en Alsace, près de Hagenthal, où Greenpeace a révélé en février 2005 que les usines de la chimie de Bâle entreposaient à ciel ouvert des déchets toxiques pour les hommes comme pour la nappe phréatique.

Déchets nucléaires[modifier]

Des ordures lucratives[modifier]

Depuis 1992, il existe une taxe sur les ordures ménagères, censée financer notamment le tri et la construction d’usines d’incinération. Cette taxe payée par la population ne cesse d’augmenter. Elle est devenue le quatrième impôt local. Dans l’immense majorité des communes de ce pays, c’est une filiale de Suez ou de Véolia qui récupère directement l'argent de la taxe.

L’affaire des déchets d’Abidjan a fait connaître le groupe Séché Environnement, choisi pour évacuer et retraiter les produits toxiques abandonnés. La ministre de l’Environnement, Nelly Olin, a félicité le patron de cette société pour « la première opération humanitaire écologiste ». Il faut croire que l’humanitaire rapporte puisque les profits du groupe Séché ont progressé de 40 % au premier semestre 2006. C’est avec l’aide directe de l’État que Séché s’est développée, rachetant en 2001 le groupe Alcor, une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, organisme public, puis la société TREDI dont les installations ont été très largement subventionnées par l’État. Ces mêmes installations sont d’ailleurs régulièrement responsables de la contamination du poisson dans les eaux du Rhône.

Les pays dominés : poubelles des multinationales[modifier]

Légitimation par des économistes bourgeois[modifier]

En 1991, un certain Lawrence Summers, économiste en chef à la Banque Mondiale, déclarait très crûment :

« Entre nous, la Banque Mondiale ne devrait-elle pas encourager plus de migration des industries polluantes vers les pays moins développés ? Je pense que la logique économique qui consiste à déverser une part des déchets toxiques dans les pays où les salaires sont les plus faibles est impeccable et nous devrions l’assumer... j’ai toujours pensé que les pays sous-peuplés en Afrique sont largement sous-pollués. »

Bien sûr à part ce genre d'exception, tous les bourgeois bien-pensants condamnent unanimement ce genre de pratique. Il existe par exemple une convention internationale depuis 1992, dite « convention de Bâle », censée interdire l’exportation vers les pays du Tiers Monde des déchets dangereux. Cette convention de Bâle n’a pas plus arrêté le trafic des déchets que les diverses conventions de Genève n’ont rendu les guerres propres.

Démentèlement des bateaux usés[modifier]

La récente aventure autour du monde du porte-avions Clemenceau, bourré d’amiante, a illustré le fait que les gouvernements eux-mêmes n’hésitaient pas à abuser de cette logique. La quasi-totalité des gros navires qui arrivent en fin de vie chaque année dans le monde sont démolis dans un chantier de l’Inde, du Pakistan ou du Bangladesh. La démolition des bateaux n’est rentable que pour des capitalistes de pays pauvres trouvant à leur porte de la main-d’oeuvre assez misérable pour accepter, sans aucune protection, des conditions de travail extrêmement dangereuses.

C’est le cas à Alang en Inde, où des milliers d’ouvriers mal payés désossent les navires sur une simple plage. Il y a cinquante à soixante accidents par an provoqués par les chutes, les explosions, les nombreuses émanations des substances toxiques contenues dans les bateaux. Sans parler de tous les ouvriers qui meurent quelques années plus tard, après être rentrés dans leur village, des maladies contractées sur le chantier.

Démentèlement du matériel électronique en Chine[modifier]

À Guiyu en Chine, c’est du matériel électronique collecté dans le monde entier, qui est désossé, dessoudé sans masque, nettoyé à l’acide. Ce matériel contient des métaux lourds, du cadmium, du plomb, du mercure et bien d’autres substances extrêmement toxiques. Selon un médecin d’un hôpital voisin cité par le journal « le Monde », sur « 160 enfants âgés de un à cinq ans à qui on a fait un prélèvement sanguin, 80 % sont atteints de saturnisme ». Des prélèvements effectués dans les nappes phréatiques près de Guiyu ont révélé des taux d’acidité qui rendent l’eau dangereuse pour la consommation

Tsunami de 2004 en Somalie[modifier]

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le tsunami de décembre 2004, qui a touché aussi les côtes de Somalie, a « éventré des conteneurs de déchets radioactifs, chimiques et hospitaliers, illégalement immergés le long des côtes somaliennes - entre autres par des firmes suisses ». Le porte-parole du Programme ajoutait « le rejet de déchets toxiques est effréné en mer, sur les rivages et dans l’arrière pays. Depuis le début des années 90, une quantité incalculable de cargaisons de déchets, nucléaires, toxiques, hospitaliers, de cadmium, de plomb et de mercure ont été déposés sur le rivage ou simplement immergés au large ». Des fuites de ces fûts contaminés provoquent des intoxications, des maladies graves et parfois la mort pour les habitants vivant à proximité. La faune et la flore sont largement contaminées.

Abidjan 2006, l'affaire du Probo Koala[modifier]

Fin août 2006, la population d’Akouédo, un quartier d’Abidjan, se révoltait contre le déversement dans des décharges urbaines en plein air de déchets hautement toxiques. Ce déversement sauvage a provoqué la mort de dix personnes, l’intoxication grave de plusieurs dizaines et l’hospitalisation de milliers d’autres.

On apprenait ainsi que ces déchets toxiques avaient été apportés en Côte d’Ivoire par le Probo Koala, vieux tanker battant pavillon panaméen, propriété d’armateurs grecs et affrété par la société de courtage pétrolier Trafigura dont le siège est à Amsterdam et dont plusieurs dirigeants sont français. Selon les propres déclarations de son porte-parole, cette société avait un contrat à Amsterdam pour faire vidanger les cuves du Probo Koala remplies, officiellement, de résidus de lavage. Mais devant la toxicité anormalement élevée des résidus en question, le port d’Amsterdam a exigé un délai supplémentaire et revu la facture à la hausse.

La direction de Trafigura a alors choisi de faire rembarquer sa cargaison mortelle dans les soutes du bateau. Par l’intermédiaire d’une de ses filiales en Côte d’ivoire, elle a passé un contrat avec une obscure société ivoirienne de vidange. Les directeurs de Trafigura savaient parfaitement que la société ivoirienne en question ne disposait d’aucune installation pour recycler les déchets très toxiques refusés à Amsterdam. Mais cela coûtait cent fois moins cher qu’en Europe. Pour ce prix-là peu leur importait que les déchets finissent en pleine ville !

Le cas d’Abidjan a déclenché un scandale parce que la population ne s’est pas laissée intoxiquer sans broncher. Mais trois ou quatre cas semblables sont répertoriés chaque année en Afrique et dans d’autres régions sous-développées du monde.

Notes et sources[modifier]