Guerre froide

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La guerre froide (1945 - 1991) fût une période de tensions majeures entre les Etats-Unis et leurs alliés capitalistes et l'URSS et ses alliés "communistes", sans entraîner cependant un conflit militarisé direct entre les deux Grands (URSS et Etats-Unis). Elle fût la conséquence de la politique nationaliste et "marxiste-léniniste" (staliniste) des dirigeants soviétiques et entraîna la discréditation du communisme de par le monde à son issue (fin de l'URSS). Sur cette page, nous n'allons que sommairement détailler les évènements historiques de ce conflit, mais plutôt voir leurs mécanismes, et les leçons à retenir pour la classe ouvrière.

Origines[modifier]

Le premier assaut impérialiste[modifier]

Dans les premières années de la révolution russe de 1917, les puissances occidentales et le Japon interviennent directement pour tenter de renverser les bolchéviks. C'est donc par une guerre chaude que commencent les rapports entre ce qui allait devenir le bloc de l'Est le reste du monde. Les impérialistes essaient ensuite de soutenir les forces contre-révolutionnaires dans la guerre civile russe, mais doivent bientôt admettre la victoire de la Russie, même si celle-ci se retrouve ruinée et bureaucratisée.

Années 1920 et 1930[modifier]

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Le krach de 1929 touche le coeur de l'économie capitaliste et plonge durablement les puissances occidentales dans la grande dépression. A l'inverse, déconnectée du marché mondial, l'URSS n'est pas touchée. Comme par ailleurs, Staline a bien fait comprendre qu'il ne cherchait pas à étendre la révolution mais à chercher des accords pragmatiques avec les chancelleries selon ses intérêts, il devient fréquentable.

Beaucoup de bourgeois - dont certains furent les premiers effrayés de la révolution de 1917 - discutent de la planification soviétique, voire se rendent en délégation en URSS. Cette dernière profite de cette situation, et de ses nombreux "compagnons de route", pour avancer sa propagande.

Partage de l'Europe à l'issue de la guerre froide[modifier]

A la fameuse Conférence de Yalta en 1943, les trois principaux dirigeants Alliés qu'étaient Staline (URSS), Churchill (Royaume-Uni) et Roosevelt (Etats-Unis), savaient pertinament que l'empire nazi était perdu et qu'il fallait organiser l'après-guerre. Mais il n'y avait aucune optique révolutionnaire dans la politique du dictateur soviétique. Au contraire, il s'agissait d'étendre la nomenklatura russe à ses alliés afin d'instaurer une nouvelle classe dirigeante utilisant les différents Partis Communistes stalinisés comme outils. Quant aux deux dirigeants occidentaux, il s'agissait de préserver un maximum de vassaux européens de l'"ogre" soviétique, afin notemment de ne pas perdre de futures parts de marchés et d'influence.

Le 8 mai 1945, le IIIème Reich capitule au terme d'une guerre sans pitié ayant fait des dizaines de millions de morts de par le monde. Les économies alliées comme allemandes sont anéanties par les affrontements et les bombardements aériens massifs. À Berlin, plus de 90 % de la cité est à reconstruire. Très vite, des dissensions se manifestent entre les russes, aux volontés expansionnistes, et les occidentaux, hostiles aux communistes du Kremlin. La ville est vite séparée en deux zones d'occupations (dites "d'influence"), celle soviétique, à l'Est du centre, et celle occidentale (entre les américains, les anglais et même les français) vers l'Ouest.

Constitution du Bloc de l'Est et révoltes populaires[modifier]

Entre 1945 et 1950, on observe en Europe une formidable ascension des communistes stalinisés en Europe de l'Est : des régimes communistes sont instaurés en Roumanie, en Hongrie, en Tchéquoslovaquie, en Yougoslavie ainsi qu'en Albanie. Ils se confondent de par la nature de leurs régimes, profondéments autoritaires : les opposants aux régimes, notemment trotskystes et socialistes libertaires, sont calomniés, persécutés puis écrasés sans pitié par la nouvelle caste dirigeante. Quant à l'Allemagne, elle finit par se séparer en deux parties, la République Démocratique Allemande à l'Est, stalinisé, et la République Fédérale Allemande à l'Ouest, libérale. On assiste, à Berlin-est, une célébration en grandes pompes des instigateurs du régime, dont Staline...

En France, le PCF dénonce alors la constitution du bloc atlantique (création de l'OTAN en avril 1949).

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A partir de 1950, l'élan communiste est freiné par le mécontement des peuples de l'Est ainsi que par la pression occidentale à l'Ouest. En 1953, éclate une grève générale en Allemagne de l'Est. Les travailleurs revendiquent des élections libres, de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, la fin de la censure, de l'écoute et du Parti unique. Leur seule réponse sera la mitraille des tanks soviétiques, sous ordre de Staline avec la complicité des dirigeants est-allemands. Quelques années plus tard, une autre révolte éclate, cette fois-ci en Hongrie. Les travailleurs revendiquent sensiblement les mêmes choses, à la différence près que même des éléments du Parti Communiste demandent des réformes profondes ("socialisme_à_visage_humain"). La révolte sera matée dans le sang, et prouvera définitivement que le socialisme est incompatible avec la dictature stalinienne.

La guerre froide[modifier]

Le mouvement communiste à l'ouest[modifier]

Pendant toute une période, celle de la guerre froide (1949-1952), les couches les plus radicalisées de la classe ouvrière et surtout de la jeunesse passaient spontanément au PC et à la JC, non pas en fonction de leur politique de collaboration de classe en Europe, mais bien en fonction de la situation mondiale.

Propagande[modifier]

On peut trouver une certaine symétrie pendant la guerre froide dans les propagandes des deux blocs. Une différence, c'est que la propagande est entièrement dirigée par l'Etat du côté soviétique, tandis qu'à l'Ouest elle est en général prise en charge par des mouvements et organisations politiques, de droite et parfois socialistes.

En France, l'organisation Paix et liberté (1950-1955) publiera des milliers d'affiches dénonçant le régime stalinien.

Le « camp de la paix »[modifier]

Après une deuxième guerre mondiale qui a battu les records d'horreurs de la première, la paix est une valeur chère pour les populations. Les dirigeants des deux camps cherchent donc à se présenter comme les meilleurs "pacifistes". Chacun dénonçait la puissance d'armement de l'autre, son hypocrisie dans le discours pacifiste... Les PC sont apparus comme pacifistes notamment lorsque les Etats-Unis ont attaqué le Vietnam, lors de la guerre d'Algérie...

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La menace de l'invasion[modifier]

En lien avec le thème de la paix, chaque camp entretenait dans sa population l'idée que l'adversaire était prêt à l'invasion.

Le célèbre film de Kubrick, Docteur Folamour, traite de la folie d'un monde au bord de la guerre nucléaire.

Le film Red dawn de 1984 met en scène l'invasion des Etats-Unis par le bloc de l'Est. Un remake a été produit en 2012, celui-ci devant initialement désigner la Chine comme envahisseur potentiel. Finalement, c'est la Corée du Nord qui est l'ennemi du film.

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La liberté[modifier]

Une des principales attaques que faisaient les anti-soviétiques était l'absence de liberté en URSS. Cela était bien entendu facilité par l'existence bien réelle de nombreux goulags, et par le fait qu'en général, il existait effectivement un minimum de libertés démocratiques dans les principaux pays occidentaux.

L'URSS mettait en avant de son côté la répression des grèves ouvrières ou la ségrégation raciale des Noirs aux Etats-Unis.

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La course à la performance[modifier]

L'URSS a continué à vanter sa forte croissance après la Seconde guerre mondiale. Mais contrairement aux années 1930, l'économie capitaliste a connu son plus grand essor dans les années 1950 et 1960, tandis que l'URSS a commencé à décliner. Vers la fin du bloc de l'Est, il devenait clair que l'abondance relative était du côté occidental, et que les autorités staliniennes devaient retenir par la force ceux qui voulaient émigrer.

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La course à l'espace[modifier]

La conquête de l'espace et la course qui a eu lieu pour le vol habité dans l'espace (Gagarine, URSS, 1961) et le premier pas humain sur la Lune (Armstrong, USA, 1969), sont un autre symbole bien connu de la guerre froide.

Plusieurs films ont été tournée pendant la guerre froide en rapport avec l'espace :

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La suite...[modifier]

Par la suite, la bipolarisation du monde est mise à mal par la constitution de nouveaux pays à l'issue de la décolonisation des anciens pays. Quelques révolutions socialistes éclatent, comme à Cuba, mais ces dernières, faute d'organisation internationale représentant les intérêts des prolétaires, finissent par être noyées par les bureaucrates.

La fin de l'URSS et des "démocraties populaires" d'Europe de l'Est entraîna, de facto, la fin du bloc de l'Est. Certains pensèrent alors que les Etats-Unis et l'OTAN allaient dominer le monde (unipolarisation) ; c'était cependant oublier la Russie, la Chine, l'Inde et de manière générale, tous les pays émergents. Finalement, le monde se divisa en davantage de zones d'influences, à tel point que l'on parle de multipolarisation (ex. : impérialisme russe en Ukraine et dans les républiques populaires du sud comme le Turkménistan ou le Kirghiztan...).

Conséquences[modifier]

La guerre froide eut pour conséquence majeure la mise en sourdine des revendications ouvrières, les masses ouvrières étant tiraillées entre les blocs de l'ouest et de l'est. Elle souligna la nécessité de s'emparer du pouvoir face à la bureaucratie pour constituer un gouvernement des travailleurs international dans l'optique d'une révolution communiste, mondiale et victorieuse.

Débats entre communistes révolutionnaires[modifier]

La guerre froide a été à l'origine de nombreux débats allant jusqu'à de profondes divisions dans le mouvement communiste révolutionnaire.

Pour certains, s'appuyant sur les positions soutenues par Trotsky jusqu'à sa mort, il ne fallait pas considérer l'URSS comme pays impérialiste au même titre que les pays du bloc de l'Ouest. D'où la politique de « défense_de_l'URSS » contre « l'impérialisme » (au singulier).

Pour d'autres, il faut clairement parler d'un impérialisme soviétique, et la guerre froide était donc un conflit entre blocs impérialistes. C'est notamment le cas du mouvement conseilliste et du « trotskisme troisième camp » (« ni Moscou ni Washington, socialisme international »).

Notes et sources[modifier]