Agriculture

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L'agriculture est l'ensemble des partiques, techniques et connaissances liées à la culture de la terre. On y inclut généralement aussi l'élevage.

Apparition de l'agriculture[modifier]

L’agriculture est née avec la mise en terre de semence ou graine par l’homme. Cela a commencé il y a 10 000 ans au Moyen-Orient, en Iran, en Méso-Amérique ainsi qu'en Nouvelle-Guinée. C'est ce que l'on a appelé la révolution néolithique. De façon schématique, on peut dire que c'est cette révolution agricole qui a engendré la tendance à l'urbanisation et à la formation de sociétés divisées en classes.

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Historique des évolutions de l'agriculture[modifier]

Moyen-Âge européen[modifier]

On estime qu'au Moyen-Âge les rendements en céréales étaient de l'ordre de « 3 pour 1 » ou plus rarement de « 4 pour 1 » c'est-à-dire que lorsqu'on semait une mesure de blé, on en récoltait à peine 3 ou 4.

Les rendements moyens étaient de 4 à 5 quintaux à l'hectare (15 à 25 fois moins qu'aujourd'hui). Les rendements les plus faibles pouvaient descendre à 2,5 quintaux à l'hectare, et les plus élevés, 7 quintaux à l'hectare, étaient atteint aux Pays-Bas.

Les famines faisaient partie des calamités qui revenaient régulièrement. La paysannerie avait d'autant plus de mal à se nourrir que l'aristocratie foncière lui extorquait tout ce qu'elle pouvait. Le surproduit agricole était si faible que la population urbaine ne pouvait être que très limitée. La population rurale représentait 80 % à 90 % de la population totale, et parfois davantage. Pendant longtemps l'augmentation de la production agricole s'est surtout faite par l'agrandissement des surfaces cultivées, par des défrichages.

On n'utilisait quasiment pas d'engrais. Pas d'engrais de synthèse évidemment, mais aussi très peu d'engrais organiques (fumier), car il y avait peu de bétail. Dans les fermes on ne trouvait souvent que le minimum d'animaux de trait pour tirer les charrues et charrettes, quelques cochons (faciles à nourrir) et un peu de volaille. Pour le reste, le gros bétail était considéré par les hommes comme un concurrent nécessitant qu'on lui consacre une partie des terres susceptibles de fournir de la nourriture aux paysans.

Pendant longtemps, pour permettre aux terres épuisées par les récoltes de se reconstituer, on était obligé de les laisser en jachère, c'est-à-dire au repos. Plus tard, la généralisation des techniques de rotation des cultures, à partir du 8ème siècle, ne permit de suppléer que pour une faible part à cette absence d'engrais.

Agriculture capitaliste[modifier]

Révolution agricole anglaise[modifier]

Dès la fin du Moyen-Âge des propriétaires terriens aristocrates, mais qui commençaient à avoir des comportements de bourgeois, ont estimé qu'il était plus avantageux de vendre la laine de leurs moutons aux filatures et tissages flamands, situés de l'autre côté de la Manche, plutôt que de produire des céréales. Ils se sont mis à « faire du mouton » pour les manufactures flamandes, puis pour les manufactures anglaises lorsque celles-ci sont apparues à leur tour.

Seulement il faut beaucoup moins de paysans à l'hectare pour garder des moutons que pour cultiver la terre. Les nobles propriétaires terriens ont donc chassé leurs paysans en même temps qu'ils clôturaient leurs terres pour empêcher que les moutons aillent se balader n'importe où. Ce fut le mouvement des « enclosures », qui toucha peut-être 30 % des terres cultivées de cette époque, et qui provoqua une indignation générale dans la population des campagnes.

Le capitalisme se développera ensuite progressivement en Angleterre, notamment en exploitant les économies d'échelle. Dans les Manuscrits de 1844, Marx raille les défenseurs de la grande propriété terrienne, qui identifient « d'une manière sophistique les avantages économiques qu'offre l'agriculture à grande échelle » avec cette forme de propriété, alors qu'elle est contingente et que la propriété collective de ces grandes exploitation serait encore plus efficace.

Mécanisation de l'agriculture américaine[modifier]

À la fin du 19e siècle, l'agriculture capitaliste des Etats-Unis possédait le plus puissant appareil de production agricole jamais mis au point : elle produisait 1/5e du blé du monde, les 2/3 du maïs, plus de 50 % du coton, le tiers du tabac, sans compter la viande, le lait, etc. Ce fut notamment ce qui poussa l'Europe continentale à ériger des barrières protectionnistes (l'Angleterre, elle, sacrifia son agriculture à partir de ce moment). En parallèle, les Etats-Unis furent les premiers à développer une industrie agro-alimentaire moderne.

Dans la première décennie du 20e siècle, une nouvelle invention technologique capitale a été faite : le tracteur avec moteur à essence puis, quelques années plus tard, le moteur diesel. En 1910 il y avait 1 000 tracteurs aux États-Unis. 30 ans plus tard il y en avait 3,5 millions. (Les tracteurs se répandront en Europe continentale avec 50 ans de retard). Cela mit fin à l'utilisation des animaux de trait, et rendit obsolètes de millions de paysans. En 1930 la paysannerie ne représentait plus que 21 % de la population aux Etats-Unis.

Agriculture intensive[modifier]

Entre 1950 et 1985, la production mondiale de grains a pu être multipliée par 2,6 - en grande partie du fait des innovations dans le domaine de la chimie (fabrication d'engrais de synthèse).

Le recul a montré que la contrepartie écologique en matière de pollution des sols et des eaux est lourde.

Dans le domaine de la cueillette des fruits, les patrons font souvent appel à de la main d'oeuvre saisonnière, souvent des jeunes (petits boulots), ou des travailleurs immigrés surexploités. L'abondance relative de cette main d'oeuvre fait que les patrons sont peu incités à mécaniser. Mais des techniques robotiques existent dans certaines exploitations modernes[1].

Agriculture biologique et agriculture raisonnée[modifier]

Une partie des agriculteurs ont réagi à l'utilisation massive de pesticides et d'engrais, et se sont lancés dans des alternatives.

Le part du bio est encore faible dans la production agricoles. Celui-ci représente 4,14 % des surfaces agricoles cultivées en France. Dans certains secteurs, le bio représente néanmoins une part notable : 25% des cultures de légumes secs en France, 13% des surfaces arboricoles... Son chiffre d'affaire global atteint 5 milliards € en 2014.

Du côté des consommateurs, l'obstacle principal est le prix, le bio étant, en général, plus cher. Malgré cela, en 2014, 60% des Français déclairaient consommer au moins une fois par mois des produits bio (contre 49% en 2013).

Le bio repose sur des critères assez stricts. Si bien que de nombreux agriculteurs sont dans une démarche intermédiaire que l'on appelle agriculture raisonnée (limitation au minimum nécessaire des engrais et pesticides...).

La place de la technologie dans la recherche d'une agriculture raisonnée conduit à des visions assez différentes. Certains la rejettent globalement, au nom des dégâts constatés du productivisme agricole, voire au nom d'une vision naturaliste. D'autres au contraire pensent qu'il faut s'appuyer dessus :

  • utilisation de robots et d'intelligence artificielle pour optimiser l'usage d'engrais et le désherbage[2]
  • cultures étagées, sans sol, en lumière artificielle et avec 95% d'eau en moins.[3]

La propriété des semences[modifier]

Des entreprises capitalistes ont mis au point des semences issues de sélection de variétés plus résistantes, à la croissance plus rapide, donc finalement au meilleur rendement. Ces entreprises vendent leur semences aux agriculteurs, et cette logique marchande entre en contradiction avec la pratique traditionnelle du ressemage.

Partout dans le monde, le brevetage des plantes et l'interdiction du ressemage gagne du terrain.[4]

Problèmes écologiques[modifier]

Engrais et cycles des nutriments[modifier]

Marx était intéressé par les travaux des premiers scientifiques comme Justus von Liebig qui s'interrogeaient sur la soutenabilité de l'agriculture intensive créée par le capitalisme. Notamment, une citation fréquemment mise en avant est celle-ci :

« Chaque progrès de l'agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l'art d'exploiter le travailleur, mais encore dans l'art de dépouiller le sol; chaque progrès dans l'art d'accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les Etats-Unis du nord de l'Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s'accomplit rapidement. La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu'en épuisant en même temps les deux sources d'où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur. »[5]

Le problème principal qui était identifié était celui de la perte de fertilité des sols en raison de la rupture de l'extraction massive de nutriment non compensée par un retour de ces nutriments sous forme d'engrais organiques.

« La production capitaliste (...) trouble encore la circulation matérielle entre l’homme et la terre, et la condition naturelle éternelle de la fertilité durable du sol, en rendant de plus en plus difficile la restitution au sol des ingrédients qui lui sont enlevés et usés sous forme d’aliments, de vêtements, etc. '»

Marx est cependant confiant dans la capacité de l'humanité à restaurer cette "circultation" des nutriments qui auparavant avait lieu « presque spontanément » et à « la rétablir d’une manière systématique, sous une forme adéquate au développement humain intégral et comme loi régulatrice de la production sociale. »

Dans Le Capital, Marx se plaint qu'au lieu d'utiliser les déjections humaines comme engrais, on les jette à l'eau :

« A Londres, on n’a rien trouvé de mieux à faire de l’engrais provenant de quatre millions et demi d’hommes que de s’en servir pour empester, à frais énormes, la Tamise »

Le développement des engrais chimiques a fait dire à certains bourgeois que la critique de Marx sur le déséquilibre des nutriments était périmée. Dans La question agraire et les critiques de Marx, Lénine leur répond que « la possibilité de substituer des fertilisants artificiels aux engrais naturels (…) ne réfute en rien l’irrationalité qui consiste à gaspiller des engrais naturels en polluant ainsi les rivières et l’air dans les districts industriels ». Il y avait donc une critique de la fuite en avant capitaliste et de ses effets polluants. 

Déforestation[modifier]

Friedrich Engels évoquait les dégâts que pouvait réaliser l'agriculture dès son origine :

« Ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d’elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que nous avons escomptées, mais, en second et en troisième lieu, elle a des effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie Mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s’attendre à jeter par là les bases de l’actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d’accumulation et de conservation de l’humidité. » Dialectique de la nature, 1883

Karl Marx disait : « l'agriculture, dès lors qu'elle progresse (...) sans être dominée consciemment, laisse des déserts derrière elle ».

Pesticides[modifier]

Dans les années 1950, suite à la mise au point d'insecticides par l'industrie chimique, des campagnes d'épandage par avion commencent à se développer aux Etats-Unis. C'est ce que dénonçait par exemple Rachel Carson dans un livre, « Printemps silencieux », paru en 1962. Elle y décrivait comment les luttes menées contre un coléoptère dans le Middle-West, ou une espèce de fourmi dans les États du Sud, avaient été l'occasion d'aspersions massives de produits nouveaux, sans justification évidente mais à grand renfort de propagande. Ces produits se révélèrent néfastes pour les oiseaux, les poissons et toutes sortes d'animaux, et sources de maux divers pour les humains. Elle fut traitée de « vieille folle à la solde du KGB ». Le danger relatif aux pesticides est toujours régulièrement dénoncé, et fait l'objet de polémiques.[6]

Les campagnes de désinsectisation à grande échelle étaient un filon pour les fabricants, et une source de subventions gouvernementales. Entre 1957 et 1959, de telles campagnes menées d'avion s'étendirent, d'après Rachel Carson, à des millions d'hectares, et il arriva que les aviateurs fussent payés, non à l'hectare traité, mais au litre de produit déversé...

Une des mesures prises suite au Grenelle de l'Environnement (2008), le Plan Ecophyto, a fixé comme objectif la réduction de 50% des pesticides d’ici 2018, et le retrait du marché des substances les plus polluantes. Une diminution réelle a été mesurée. La consommation de pesticides en France est passée de 120 500 tonnes en 1999 à 63 700 en 2012.

Polinisation[modifier]

La polinisation est un phénomène naturel qui jusqu'à présent n'a jamais été pris en compte par l'humanité, soit méconnue soit considérée comme totalement indépendante de nos activités. Cependant, de plus en plus de problèmes apparaissent, comme la disparition des abeilles dans certaines régions. Les causes sont mal connues, mais les pesticides seraient notamment en cause.

Les cultures sont plus ou moins dépendantes de la polinisation : les céréales n'en ont pas besoin, à l'inverse les pommes ou les courgettes en dépendent beaucoup.

En conséquence, pour les cultures fortement dépendantes des polinisateurs, des études[7] ont montré que dans les cultures intensives, l'impact sur les polinisateurs conduit à une baisse -paradoxale- de rendement.

Qualité nutritionnelle[modifier]

Les capitalistes de l'alimentation cherchent à uniformiser les produits qu'ils vendent. Ce n'est pas nouveau. Déjà au 18e siècle le marquis de Pombal qui dirigeait les destinées d'un Portugal qui exportait presque tout son Porto vers l'Angleterre, a imposé qu'il y ait un goût constant, pour éviter que les Anglais ne soient inquiets à chaque fois qu'ils déboucheraient une bouteille. La qualité moyenne du vin de Porto y a peut-être gagné, mais les amateurs fortunés ont peut-être aussi plus de mal à trouver des vins excellents.

Car il ne faut pas oublier que tous ces gens qui déplorent aujourd'hui la baisse de qualité, sur le plan du goût, des produits alimentaires, ne raisonnent généralement qu'en fonction de ce que consommaient dans le passé les classes possédantes, et non les masses populaires.

Des études ont montré que sur de nombreux fruits ou légumes, la qualité nutritionnelle a diminué depuis l'apparition de l'agriculture intensive. Ainsi par exemple :[8]

  • une pomme de 1950 contenait 100 fois plus de vitamines C,
  • sur une étude de 25 fruits et légumes, la vitamine A est en chute libre dans 17 d'entre eux ; en particulier, une orange de 1950 en contenait 21 fois plus, et une pêche 26 fois plus,
  • 20 sur 25 de ces fruits et légumes ont vu leur teneur en calcium et en fer diminuer,
  • le blé, maïs et soja sont aujourd’hui plus pauvres en zinc, en cuivre et en fer, ce qui se répercute dans la viande, qui contient 2 fois moins de fer ; par exemple le brocoli en contient 4 fois moins.

Parmi les causes :

  • Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les variétés à la croissance la plus rapide, les plus beaux, réguliers et résistants (ce qui facilite le transport et la vente), mais rarement les plus riches sur le plan nutritif.
  • L'appauvrissement des sols
  • Les végétaux sont cueillis plus tôt et n'ont plus le temps de mûrir

Selon cette même étude, les aliments bios contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, de magnésium et de phosphore que les autres. Mais si les produits bios sont cueillis avant maturité, ils sont finalement moins riches en nutriments que des produits mûrs de l’agriculture traditionnelle.

Risques sanitaires[modifier]

De par sa nature capitaliste, l'industrie agro-alimentaire fut dès l'origine accompagnée de scandales en terme de risques sanitaires, les précautions sanitaires pouvant être négligées si le profit l'exige.[9]

Il ne faut cependant pas idéaliser le passé. Il y a sûrement eu bien plus de victimes du botulisme à cause des salaisons familiales mal faites, de cas de listériose à cause de fromages ou de charcuteries « maison », d'intoxications alimentaires du fait de la cuisine familiale, que les produits industriels en ont provoqué. Mais évidemment, on parlait d'autant moins des accidents de ce type qu'ils se situaient à l'échelle d'une famille et qu'on en ignorait bien souvent les causes.

Autrefois on souffrait également de nombreuses carences sans même les comprendre (pellagre, scorbut, crétinisme par manque d’iode…), tandis que la relative abondance permet de diminuer drastiquement ces risques. On ne trouve plus de lait « nature » dans les villes, mais celui qu'on y vend est beaucoup plus sûr, bactériologiquement, que le lait que l'on consommait il y a 50 ans.

Dans les pays industrialisés, la qualité de la nourriture a plutôt progressé, à preuve l'allongement de l'espérance de vie.[10]

Elevage[modifier]

Au Moyen-Âge, les paysans étaient bien trop pauvres pour manger de la viande autrement qu'occasionnellement. Quant à la noblesse, en guise de viande, elle consommait essentiellement le gibier que lui procurait la chasse, son passe-temps favori.

Exode rural[modifier]

Article détaillé : Exode rural.

Malgré l'exode rural massif contemporain, la population agricole active serait d'environ 1,34 milliard de personnes soit près de 43 % de la population active mondiale.

Perspective communiste[modifier]

En 1925, Trotski tente de décrire ce que sera selon lui l'agriculture industrialisée. Il se la représente surtout comme le résultat d'une active intervention technique pour s'abstraire des aléas (des sols différents, du climat...).

« Au plus la chimie, la construction de machines et l’électrification libèrent la culture du sol de l’action des éléments, au plus complètement l’actuelle économie de village sera intégrée à la chaîne de montage socialiste qui coordonne toute la production ».[11]

Il s'appuie largement sur l'industrialisation de l'agriculture qui a déjà eu lieu aux Etats-Unis (alors les premiers au monde à s'être engagés dans cette voie), tout en affirmant que seul le socialisme pourra réellement aller plus loin : «  Même en Amérique, le capitalisme est clairement incapable de hisser l’agriculture au niveau de l’industrie. Cette tâche incombe entièrement au socialisme ».

Selon lui il faut viser « l’industrialisation de la production des plantes de culture, de l’élevage du bétail, de l’horticulture, etc.  (…) Il ne suffit pas de socialiser,  il faut tirer l’agriculture de son état actuel en remplaçant l’actuel grattouillage sordide du sol par des ‘usines’ scientifiquement organisées de grain et d’orge, par des ‘fabriques’ de bovins et d’ovins, etc »

Notes et sources[modifier]

Lutte ouvrière, L'agriculture, l'agroalimentaire et l'alimentation entre les mains du grand capital, 2001