Capital

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Le capital est une richesse utilisée pour produire une richesse supplémentaire, dans le cadre de la propriété bourgeoise des moyens de production. Donc « au lieu d'être une chose, le capital est un rapport social entre les personnes, lequel rapport s'établit par l'intermédiaire des choses »[1].

Pour le livre de Marx, voir Le Capital.

La nature du capital

Un rapport social

Dans la pensée économique, l'école classique a d'abord vu trois sources de richesses, le travail, le capital foncier (terre agricole ou à bâtir, gisements miniers et d'hydrocarbures, réserves hydrauliques et autres ressources naturelles) et le capital technique qui englobe les biens et les machines productives.

Dans ses études de toute une vie, Marx s'est attelé à montrer que ni les ressources naturelles ou les machines, ni "le travail" ne sont pas du capital en soi, mais que le capital ne peut se définir que dans une organisation sociale déterminée, historiquement datée. Ce n'est qu'une apparence un point de vue fétichiste de voir la création de richesse comme une propriété physique de certains objets. En effet, quel profit des machines peuvent elles fournir sans le salariat qui amène des ouvriers à travailler sur ces machines ? Qu'apporte une mine d'or ou une terre fertile si des mineurs ou des ouvriers agricoles ne travaillent pas à l'extraction ? Ces biens, possédés par un capitaliste, lui rapportent parce que celui-ci bénéficie du cadre de la propriété bourgeoise et du travail exploité.

Marx parle d'ailleurs du capitaliste lui-même comme d'un « rouage » d'un « mécanisme social ».[2]

Exemples

Un exemple simple pour clarifier : supposant un gagnant du loto qui s'achète un chateau pour y finir ses jours dans le luxe. Sa fortune peut bien être supérieure à celle de nombreux petits-bourgeois, ce n'est pas un capital, dans la mesure où il n'essaie pas d'en tirer encore plus d'argent.

Prenons l'exemple que donne Marx, de l'infortune de M. Peel. Cet anglais voulant faire fortune aux États-Unis, y emporta 3000 ouvriers et ses moyens de production. Seulement voilà, à cette époque les colons étatsuniens étaient attirés par la possibilité d'avoir une terre à soi pour presque rien, si bien qu'il n'y avait quasiment pas de classe ouvrière. Conséquence : une fois arrivé à destination, « M. Peel resta sans un domestique pour faire son lit ou lui puiser de l'eau à la rivière. »[1]. Car M. Peel ne pouvait pas exporter à lui seul les rapports de production anglais. Son capital, une fois transporté dans un autre contexte social, s'est volatilisé.

On peut aussi imaginer un capitaliste qui, tel un hibernatus, se retrouverait en plein futur, en possession de ses moyens de productions anachroniques. Ces machines démodées, qui représentaient un certain capital à son époque, ne valent plus rien (à moins qu'elles vaillent en tant qu'antiquités). On peut pousser plus loin en imaginant que notre bourgeois se réveille après qu'une révolution socialiste... Son capital n'aurait plus aucun sens au milieu d'une production socialisée...[3]

« Capital » social et culturel selon Bourdieu

L’école sociologique de Pierre Bourdieu a notamment introduit les notions de :

  • « capital » culturel (niveau du diplôme et maîtrise de la culture légitime),
  • et « capital » social (relations familiales, professionnelles et amicales).

Ces notions ont des points communs avec le concept de capital chez Marx : il s’agit de rapports sociaux qui peuvent expliquer certains phénomènes sociaux (par exemple, la reproduction des inégalités scolaires ou des inégalités sur le marché de l’emploi). Toutefois, ce ne sont pas à proprement parler des rapports sociaux de production : un diplôme, un bagage culturel, un réseau professionnel ne sont pas des moyens de production. On peut dire que dans ces notions introduites par Bourdieu, « capital » est employé métaphoriquement par rapport au concept de Marx (d’où l’utilisation des guillemets pour le distinguer de l’emploi littéral par Marx).

Il en découle des conséquences importantes pour l’analyse des classes sociales. En prenant l’expression au pied de la lettre, on pourrait croire que les travailleur.e.s fortement doté.e.s en capital social ou culturel appartiennent à la petite bourgeoisie, même s’ils ne détiennent pas de capital économique. On serait donc amené à considérer qu’ils ne font pas partie de la classe ouvrière, qui joue le rôle central dans la révolution prolétarienne d’après la tradition marxiste. Or, si le « capital » social et culturel ne constitue pas du capital au sens matérialiste du terme, c’est-à-dire un rapport social de production, alors les travailleur.e.s intellectuel.le.s et celles/ceux issu-e-s de milieux fortement intégrés à la société appartiennent pleinement à la classe ouvrière en soi.

C’est donc une des tâches des communistes révolutionnaires de dissiper les préjugés à l’encontre des travailleur.e.s fortement dotés en « capital » social et culturel, pour réaliser l’unité de la classe, condition indispensable de la révolution prolétarienne. En même temps, il est nécessaire de combattre les structures d’oppression qui peuvent naître au sein des organisations ouvrières, de l’inégale distribution du « capital » social et culturel (reproduction de la division entre travail manuel et travail intellectuel, exclusion des personnes faiblement dotées, etc.).

Analyse économique marxiste

Schéma de la production capitaliste

Notre capitaliste investit une somme d'argent A , qui se répartit entre :

  • le capital variable v : la somme des salaires qu'il paiera à ses travailleurs pour le cycle de production
  • le capital constant c (ou capital fixe) : la valeur des machines ou de leur entretient, l'électricité, la matière première, etc...

A l'issue du cycle de production, les marchandises ont une nouvelle valeur A' > A qui dépend du temps de travail social cristallisé en elles.

La différence A' - A = pl est la plus-value, qui se réalise à la vente en un profit. Ce profit est ensuite réparti entre :

La reproduction du capital

Article détaillé : Reproduction du capital.

Ratios utiles

L'analyse marxiste utilise une série de rapports qui rendent compte de l'état et de la dynamique du système capitaliste :

Notes et sources

Voir aussi : capital fictif