Pollution des sols

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La pollution des sols est la diffusion de substances toxiques pour la vie dans les sols. Elle pose parfois directement problème, mais souvent le risque est surtout la rediffusion de la pollution, dans l’eau (rivières mais aussi nappes souterraines), l’air, ou le vivant.

Types de pollution[modifier]

Hydrocarbures[modifier]

Des hydrocarbures polluent régulièrement les sols par fuite des véhicules ou de cuves de fioul ou mazout.

Métaux lourds[modifier]

Les métaux lourds, ou plus correctement éléments-trace métalliques, sont notamment le plomb, le zinc, le chrome, le cuivre, le cadmium, le mercure... Leur effet est très variable selon leur forme chimique. Par exemple l’absorption de plomb provoque le saturnisme, le cadmium détruit les reins et dégrade le foie, et le mercure est un puissant neurotoxique.

Fertilisants[modifier]

De nombreux engrais entraînent une pollution des sols. On estime qu’un dixième de l’azote épandu n’est pas « consommé » par les cultures et pollue les rivières ou les nappes souterraines sous forme de nitrates, posant notamment des problèmes d'eutrophisation.

Pesticides[modifier]

Les pesticides, ou « produits phytosanitaires » comprennent des produits qui tuent les insectes (insecticides), les plantes (herbicides), les champignons (fongicides) ou autres « parasites » (parasiticides). Ce type de produit était déjà utilisé dans le monde antique, mais les produits de synthèses utilisés à grande échelle depuis le XXème siècle posent des problèmes inédits. Par exemple, l’atrazine est une substance qui cause de graves problèmes au niveau de la qualité de l’eau potable.

Salinisation
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Même si c'est à 80% un processus naturel, certaines activités humaines provoquent la salinisation des sols, ce qui a notamment un effet toxique sur les végétaux. L'irrigation trop abondante ou le défrichement peut poser ce genre de problèmes.

Une écologie des sols mal connue[modifier]

Face à la différence d’échelle entre les activités humaines et le vaste volume des sols, ceux-ci ont longtemps été considérés comme des puits sans fond invariables. Les conséquences des activités humaines deviennent aujourd’hui visibles et préoccupantes. On sait que les sols remplissent des fonctions essentielles dans les équilibres écologiques actuels (production de biomasse agricole et forestière, milieu de vie, régulateur de l'écosystème, réservoir génétique). L’écologie des sols est l’une des moins bien comprises, ce qui limite la compréhension que nous pouvons avoir des phénomènes de pollutions. Pour connaître la dynamique de diffusion de la pollution, les études actuelles s’intéressent beaucoup aux bio-indicateurs, des espèces vivantes qui ont tendance à concentrer dans leur organisme le polluant étudié : escargots pour le chrome, plantes nitriophiles, métallophytes… C’est surtout l’effet en synergie de plusieurs polluants qui reste mal appréhendée. La recherche dans le domaine est clairement sous-financée. Par exemple, des chaires de microbiologie des sols ont été fermées, à contre-courant de ce qu’il faudrait faire, notamment pour assurer une agriculture pérenne.

Impacts sur les sols agricoles
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Erosion[modifier]

Certaines pratiques agricoles (sols nus en hiver, labours dans le sens de la pente ...) ou d'aménagement peuvent favoriser l'érosion des sols. 5 812 coulées de boue ont été déclarées de 1985 à 1995, ce qui représente une densité moyenne de 1,1 coulée pour 100 km2 en dix ans. Les régions les plus affectées sont le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie.

Les sols "morts" (voir-ci-dessous) favorisent l'érosion et donc les coulées de boues.

Par ailleurs, le phénomène d'érosion et de coulées de boues, en plus des dégâts qu'il occasionne, emporte principalement des terres agricoles de bonne qualité. On estime que nous avons perdu 1 milliard d'hectares de sols depuis 1900, et ce phénomène double en ampleur tous les 20 ans.

Perte de fertilité naturelle[modifier]

Au niveau des sols utilisés par l’agriculture intensive, on estime que près de 90% de l'écosystème a été tué sous l'effet des engrais chimiques et autres pesticides. Concrètement, il s’agit de vers de terre, de champignons et de micro-organismes, qui sont tués soit directement (pesticides…) soit indirectement par la modification du milieu (engrais phosphatés…). Or ces organismes jouent un rôle important dans ce qui fait la fertilité naturelle des sols, par exemple avec la production naturelle de phosphore par des champignons… C’est pourquoi l’agriculture intensive en vient à faire de la culture qui revient à de l’ «hors-sol » : la fertilité naturelle des sols n’entre plus en compte, et l’apport de nutriments est extérieurs (les engrais = « intrants »).

Etat des lieux pour la France[modifier]

Au début des années 2000, en France, environ 230 000 sites sont pollués ou potentiellement pollués par l'industrie ou des services[1]. Parmi ces sites, seulement 4 000 sont sous surveillance, en phase de diagnostic ou de réhabilitation. Il faudrait y ajouter les anciennes décharges municipales (au moins une pour chacune des 36 000 communes), les pollutions d'origine militaire, agricole, cynégétique, etc.
PolluantsSol1996.gif

En Octobre 2011, le gouvernement UMP a voté un décret relevant les plafonds d'épandage dans les exploitations agricoles, ce qui augmentera de 20 % les quantités d'azote épandues sur les sols.[2]

Notes et sources[modifier]

La vérité sur l'état écologique du sol, vidéo sur Dailymotion

Laboratoire d'Analyse Microbienne des Sols