Impérialisme français

L'impérialisme français est l'un des principaux impérialismes mondiaux, historiquement structuré autour de son vaste empire colonial puis de ses réseaux d'influence néocoloniaux. Le développement du capitalisme en France a conduit à une expansion territoriale mondiale, faisant de l'empire français l'un des plus vastes au monde.
Comme la plupart des vieux pays impérialistes, et même plus vite que certains autres, l'impérialisme français est en déclin relatif. Sur le plan économique, il a toujours été relativement faible comparé à d'autres, et il s'appuie beaucoup sur la force étatique.
Expansionnisme féodal et guerres dynastiques[modifier | modifier le wikicode]
Durant le Moyen Âge et jusqu'à l'Époque moderne, la « nation française » n'est pas encore réellement constituée, et l'impérialisme ne fonctionne pas selon les mêmes modalités. Le territoire n'est pas structuré par un marché national intégré ou par une bourgeoisie cherchant à écouler des marchandises, mais obéit aux logiques du mode de production féodal. Les guerres menées par la royauté sont avant tout des guerres dynastiques. L'objectif de la noblesse et de la monarchie est alors d'étendre leur domaine pour accaparer davantage de terres, et donc s'approprier le surtravail de la paysannerie sous forme de rente foncière, ou pour régler des querelles de succession (comme lors de la guerre de Cent Ans ou des guerres d'Italie). L'État se confond alors avec le patrimoine foncier de la dynastie régnante (les Capétiens, Valois, Bourbons) plutôt qu'avec une véritable entité nationale.
Néanmoins, l'État qui portera plus tard l'impérialisme français s'est forgé par des siècles d'expansionnisme territorial au sein d'un mode de production pré-capitaliste.
Croisades (11e-13e siècles)[modifier | modifier le wikicode]

Bien qu'elles soient justifiées par l'idéologie religieuse de l'Église catholique, les croisades répondent à des nécessités matérielles précises. Elles offrent un exutoire à la surpopulation relative de la petite noblesse franque (les cadets de famille privés d'héritage) qui part s'y tailler de nouveaux fiefs par la force, aboutissant à la création des États latins d'Orient. Les seigneurs issus de ce qui deviendra la France y jouent un rôle si prépondérant que les populations orientales désigneront longtemps tous les Européens de l'Ouest sous le nom générique de « Francs ». Ces expéditions ouvrent également la voie commerciale vers l'Orient, favorisant l'enrichissement de certaines fractions marchandes (bien que cet enrichissement profite alors davantage aux républiques italiennes qu'au royaume de France).
Centralisation de l'État absolutiste[modifier | modifier le wikicode]
Les nombreuses guerres européennes, notamment la lutte séculaire contre la maison des Habsbourg, obligent la monarchie française à centraliser son pouvoir, à prélever toujours plus d'impôts et à se doter d'une armée et d'une marine permanentes.
C'est ce puissant appareil d'État absolutiste, initialement bâti par et pour l'aristocratie féodale, qui va ultérieurement parrainer les premières grandes entreprises commerciales outre-mer (mercantilisme, compagnies coloniales) sous l'impulsion d'une bourgeoisie naissante, servant de tremplin à l'accumulation primitive du capital et posant les jalons du premier empire colonial français.
Empires coloniaux[modifier | modifier le wikicode]
La France d'Ancien régime s'est lancée dans la colonisation, rivalisant avec les autres puissances. Puis, ce premier empire colonial a fortement décliné, avant qu'un nouveau regain de colonisation au 19e siècle au moment de l'essor du capitalisme industriel. A ce moment-là, on a commencé à parler de « vieilles colonies » pour les plus anciennes.
Premier empire colonial (1534-1815)[modifier | modifier le wikicode]
Rivalités européennes[modifier | modifier le wikicode]
Au 15e siècle, le Portugal et l'Espagne prennent une forte avance dans la diffusion de leurs colonies et de leur influence, suite aux « grandes découvertes ». Le traité de Tordesillas (1494), sous l'égide de la papauté, acte un partage du monde entre ces deux puissances. Mais la France se lancera aussi dans la course. François Ier ironisera sur la justification catholique : « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde »[1]
L'expansion française hors d'Europe commence avec la prise de possession du Canada en 1534, puis progressivement d'un ensemble de possessions en Amérique du Nord appelés « Nouvelle-France » (conquête de la Louisiane fin 17e siècle).
Au 17e siècle également, la France conquiert des îles des Caraïbes (Saint-Christophe, Saint-Martin, et la Dominique en 1625, Guadeloupe et Martinique en 1635, Saint-Barthélémy en 1648, Sainte-Lucie en 1660, Saint-Domingue en 1697), utilisant largement des corsaires pour affaiblir les colonies espagnoles établies, notamment depuis l'Île de la Tortue. Beaucoup d'îles de l'Atlantique changeront de nombreuses fois de mains entre les différentes puissances européennes. Par exemple, l'île de Sainte-Lucie changea quatorze fois de mains jusqu'en 1814, quand l'île devint définitivement britannique, en même temps que la Dominique.
En Amérique du Sud, des Français tentent de s'établir dans l'actuel Brésil, en 1555 au Sud (« France antarctique »), et en 1612 au Nord (« France équinoxiale »), mais ils sont rapidement chassés par les Portugais. En revanche, les tentatives de fonder une colonie en Guyane, commencées en 1604, finissent par se pérenniser en 1763.

La France s'étend aussi dans l'océan Indien, avec la prise de possession de l'ïle Bourbon en 1642. A partir de 1668, la Compagnie des Indes orientales commence à installer des comptoirs en Inde, qui se multiplieront (Pondichéry, Karikal, Yanaon, Mahé et Chandernagor).
En 1659, les Français fondent Saint-Louis-du-Sénégal. Ils se lancent dans l'achat et la déportation d'esclaves vers les plantations des Caraïbes, et rivalisent avec les Britanniques pour casser le monopole néerlandais sur la traite. Ils prennent aussi l'île Maurice en 1715, alors appelée île de France et centre des activités françaises dans l'océan Indien. Une colonie est un temps établie au sud de Madagascar, Fort-Dauphin (1643-1674).
La Guerre de Sept Ans (1756-1763) marque l'affirmation de la Grande-Bretagne comme puissance dominante sur les mers, et affaiblit notablement l'impérialisme français. La France perd la Nouvelle-France (à l'exception de Saint-Pierre-et-Miquelon) et les colons sont chassés d'Acadie. Elle perd également la plupart de ses possessions en Inde. Hormis pour Haïti, la révolution de 1789 ne change pas grand chose à la vie dans les îles, se contentant de changer le nom de l'île Bourbon en île de la Réunion.
En 1803, Napoléon Ier récupère la Louisiane, mais la vend aussitôt aux jeunes États-Unis.
Après la chute du Premier Empire, la France ne conserve que quelques possessions : cinq comptoirs en Inde, La Réunion, l’île de Gorée au Sénégal, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), ainsi que la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon.
Compagnies coloniales[modifier | modifier le wikicode]
Une profusion de compagnies coloniales ont existé en France, mais la plupart ont été de courte durée et ont eu moins de succès que les compagnies néerlandaises et britanniques.

Les Pays-Bas ont été les premiers à opérer une révolution bourgeoise aboutissant en 1590 à une République d'une considérable puissance maritime. Son capital marchand est capable de lancer de grandes expéditions, d'en tirer des profits et de s'en servir pour lancer plus d'expéditions. L'Angleterre va connaître un peu plus tard (1641-1651) sa propre révolution qui va faciliter sa montée en puissance.
En France, une première Compagnie des mers orientales est fondée en 1601 par des marchands, mais son expédition échoue. La bourgeoisie française était moins puissante, plus subordonnée par la monarchie absolue, et tournée vers l'obtention de terres et d'offices. C'est pourquoi la monarchie va jouer un rôle moteur pour créer des compagnies coloniales, afin de tenter de rivaliser. Mais ce contrôle étatique rigide a souvent été un frein. Les compagnies françaises dépendaient des finances de la monarchie, souvent épuisées par les guerres continentales en Europe, et ont connu de nombreuses faillites et restructurations.
Parmi les nombreuses compagnies qui se succèdent : Compagnie de Rouen (1614), Compagnie Rozée (1626), Compagnie des Cent-Associés (1627), Compagnie des îles d'Amérique (1635), Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal (1658), Compagnie de Chine (1660)...
En 1664, Colbert créé la Compagnie française des Indes occidentales et celle des Indes orientales. Étroitement contrôlée par l'État (le roi est son premier actionnaire) elles reçoivent à la fois des objectifs économiques et politiques (contrôle militaire et évangélisation).
La Compagnie occidentale est très vite critiquée par les planteurs des Caraïbes pour son incapacité à leur amener assez d'esclaves, alors qu'elle en a le monopole. Endettée, elle est dissoute en 1674, et aussitôt le commerce des esclaves prend un essor, et la production de sucre bondit de 50% entre 1674 et 1682.
De nombreuses réorganisations ont lieu, que ce soit dans la collecte des taxes (l'office de la Ferme d'Occident se revendait...) ou dans la traite esclavagiste (tentatives en 1673, 1694 puis 1709 de mettre sur pied une compagnie du Sénégal toujours déficitaire).

En 1717-1719, le financier John Law fusionna les compagnies coloniales françaises dans une Compagnie des Indes. Law venait de créer la première « banque centrale » de France, émettant les premiers billets, et avait l'oreille de la monarchie. Mais son système connaît aussitôt une crise : une bulle éclate en 1720. Malgré cela le commerce poursuit son essor.
Après la déroute de la Guerre de Sept Ans, la Compagnie des Indes est en liquidation en 1770. Une nouvelle Compagnie des Indes orientales et de la Chine est fondée en 1785.
En 1790, suite à la Révolution, le monopole de la compagnie est aboli, mais cela n'empêche pas celle-ci de croître. Elle est finalement liquidée en 1793, accusée d'activités contre-révolutionnaires.
Intérêts économiques[modifier | modifier le wikicode]
Ces premières colonies n'ont jamais été pleinement des colonies de peuplement (sauf partiellement le Canada). Contrairement aux Treize colonies anglaises par exemple, les territoires contrôlés par la monarchie française n'ont jamais connu d'afflux massif de population européenne. L'émigration vers les colonies a été interdit aux Français protestants et juifs, qui étaient pourtant les plus susceptibles de fuir des persécutions.[2] Par ailleurs, la France connaît une forte et durable baisse de natalité au 18e siècle, amplifiée par la Révolution.
La France utilisait les colonies pour extraire leurs ressources :
- Au Canada, c'est principalement la traite des fourrures (de castor, rat musqué, ours...) qui intéressait les colons. La pêche à la morue à Terre-Neuve est également un secteur lucratif.
- De l'Afrique, la France extrayait de l'or, de la gomme arabique, de l'ivoire et bien sûr, de nombreux esclaves pour les colonies d'Amérique et des Caraïbes. De 1701 à 1713, les Français avaient l'asiento (monopole d'importation des esclaves vers les nombreuses colonies espagnoles) et dominaient l'Afrique occidentale.
- Dans les îles des Caraïbes, la France exploitait des plantations d'indigo, de tabac, de café, et de canne à sucre (Martinique, Guadeloupe et surtout Saint-Domingue). La canne à sucre a été favorisée, y compris par des politiques de Louis XIV, car plus rentable. En 1788-1790, les esclaves représentaient près de 90 % de la population des colonies françaises esclavagistes[3].
Entre les années 1500 et 1880, plus de 3,2 millions d'Africains ont été déportés sur des navires français. La France était responsable de 25 % du commerce transatlantique d'esclaves, étant le troisième pays ayant la plus grande participation à cette traite, derrière le Royaume-Uni et le Portugal. L'esclavage sera définitivement aboli dans les colonies françaises en 1848.

La France soumettait les colonies au principe de l'Exclusif : tout ce que la colonie produit doit être exporté vers la métropole et tout ce que la colonie importe doit venir de la métropole ou être transporté par des bateaux français. Mais même parmi les productions coloniales, la métropole mettait son véto si certains de ses intérêts étaient menacés. Les classes dominantes en métropole primaient sur les colons.
Par exemple, en 1713, l'importation des rhums coloniaux est interdite, pour protéger les propriétaires fonciers et les producteurs d'eau-de-vie de vin (cognac, armagnac) en métropole. Ou encore, puisque l'objectif était d'importer le sucre de canne des colonies pour le raffiner en métropole, le sucre raffiné était lourdement taxé à l'entrée.
Avec l'aide de la diaspora arménienne, les tissus colorés de type « indiennes » sont fabriqués à Marseille puis dans le reste de la France. En parallèle, les autorités interdisent en 1686 l'importation de ces tissus très prisés par les consommateurs, n'autorisant que l'importation de coton blanc.[4] Un protectionnisme similaire à ce que font les Britanniques.[5]
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Colons marchandant des fourrures avec des autochtones du Canada (1777)
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Jugement royal de 1721 incarcérant une femme pour avoir fait commerce d'indiennes
Idéologies[modifier | modifier le wikicode]

Si les rivalités politiques ont été assumées, elles ont été fortement accompagnées de justifications religieuses. Comme toutes les autres puissances européennes, la France a prétendu vouloir propager la foi chrétienne (missions) pour le bien des peuples.
Au Moyen-Âge, l'Église avait condamné l'esclavage, et la France catholique prétendait être en accord avec cela, même si elle pratiquait le servage. Sous la pression de la concurrence, comme toutes les autres puissances européennes, elle a pratiqué la traite et l'esclavage colonial. Celui-ci n'a pas été pratiqué sur le sol métropolitain.[6]
Sur le plan économique, la théorie dominante de l'époque était le mercantilisme, dont la variante française était le colbertisme.
Révolution haïtienne[modifier | modifier le wikicode]

À la fin du 18e siècle, les esclaves de Saint-Domingue sont soumis à une exploitation particulièrement brutale, ce qui est la face cachée de cette colonie qui est alors considérée comme la « perle des Antilles », produisant à elle seule une part immense des richesses mondiales (sucre, café). Lorsque la Révolution de 1789 éclate, cela réveille rapidement un volcan dans cette colonie, où tant d'esclaves aspiraient à la liberté.
Mais l'embarras de la bourgeoisie française révèle les limites de l'idéologie des «droits de l'homme » universels. Car l'insurrection des esclaves, débutée en 1791, se heurte aux intérêts matériels de la bourgeoisie marchande des ports français (Nantes, Bordeaux).
La lutte déterminée des esclaves et des mulâtres force la Convention à abolir l'esclavage en 1794, ce qui était aussi une mesure tactique pour conserver la colonie face aux Anglais et Espagnols.
La contre-révolution qui regagne aussitôt la France engendre une tentative de retour en arrière, incarnée par Bonaparte. Celui-ci tente de rétablir par la force l'ordre esclavagiste en 1802, mais ses armées seront battues, et l'indépendance d'Haïti sera proclamée en 1804. Cependant, l'impérialisme français ne s'est pas avoué vaincu par la seule perte territoriale. En 1825, sous la menace d'une nouvelle invasion, la France impose à la jeune république d'Haïti le paiement d'une « indemnité » colossale de 150 millions de francs-or pour dédommager les anciens colons. Ce mécanisme de dette coloniale, qui ne sera totalement remboursé qu'en 1947, a fonctionné comme un véritable garrot financier, empêchant le développement du pays et préfigurant les mécanismes de domination du néocolonialisme financier.
Second empire colonial (19e-20e siècle)[modifier | modifier le wikicode]
En 1820, les colonies représentent environ 77 000 km2 et 800 000 habitants[7]. Le moment où l'empire colonial français est au plus bas. Mais au début du 19e siècle, la France entame sa révolution industrielle comme le reste de l'Europe de l'Ouest. La bourgeoisie française va alors profiter de l'avantage technologique pour se lancer dans une course à la colonisation avec les autres puissances. C'est surtout vers la fin du 19e siècle que ce mouvement va s'accélérer, période que beaucoup de marxistes ont analysé comme le passage d'un capitalisme de libre concurrence à un capitalisme de monopole, « stade impérialiste ».
Invasion de l'Algérie[modifier | modifier le wikicode]

La conquête de l'Algérie en 1830 est le point de départ de ce second empire. Le prétexte de l'invasion est un incident diplomatique (le « coup d'éventail »). Mais en réalité, la guerre était une tentative de la monarchie de Charles X, très contestée en interne, de renforcer son prestige, et de réaliser un gain économique au passage. Car, alors que la France avait des dettes auprès de commerçants algériens qu'elle refusait de payer, elle va au contraire saisir le Trésor d'Alger, estimé à plus de 48 millions de francs de l'époque.
La conquête va cependant être plus longue que prévu, s'étirant jusqu'en 1847 (et 1904 pour les régions du Sahara), du fait de la résistance, notamment de l'émir Abdelkader.
Contrairement aux comptoirs du premier empire, l'Algérie va devenir le laboratoire d'une colonie de peuplement où l'État français organise l'expropriation massive des terres paysannes indigènes au profit des colons et des grandes compagnies capitalistes. Cette guerre de conquête préfigure les méthodes de l'impérialisme moderne : destruction des structures sociales pré-capitalistes locales, exploitation systématique des ressources et mise en place d'un régime juridique d'exception (le Code de l'indigénat).
Politique des « points d'appui »[modifier | modifier le wikicode]
Même si la conquête de l'Algérie préfigure la vague de colonialisme capitaliste de l'Europe, en ce début de 19e siècle, ce n'est pas encore la politique dominante. La plupart des pays d'Europe n'en sont encore qu'au début du décollage de leur capital industriel, et l'avantage technologique et militaire sur le reste du monde n'est pas encore écrasant.
Dans un premier temps, c'est avant tout la sécurisation du commerce qui motive la relance du colonialisme. En 1843, Guizot, le ministre des affaires étrangères, déclarait à l'Assemblée : « Il est indispensable […] de posséder sur les points du globe qui sont destinés à devenir de grands centres de commerce et de navigation, des stations maritimes sûres et fortes qui servent de points d’appui à notre commerce et où il puisse se ravitailler et chercher refuge ».[8] Cette « politique des points d'appui » se veut modeste, aussi par pragmatisme : le Royaume-Uni a l'hégémonie sur les mers du globe.
C'est le moment de l’annexion de Mayotte (1841), des îles Marquises et de Tahiti (1842) et de la Nouvelle-Calédonie (1853).
Tahiti et le Pacifique[modifier | modifier le wikicode]

Avant même qu'une colonisation soit entreprise, le contact avec les Européens avait déjà fortement affaibli les communautés du Pacifique qui avaient longtemps été isolées. Décimée par les maladies et subissant les ravages de l’alcool, la population polynésienne avait chuté brutalement. Sur l’île de Tahiti elle était passée de 70 000 habitants en 1760 à 9 000 en 1842. Les armes introduites par les Européens permettent à une famille de chefs (Pomare) de prendre le pouvoir sur l'archipel, et fonder un Royaume de Tahiti en 1788. La France impose par la guerre (1844-1847) le statut de protectorat à ce royaume, avant d'en faire une simple colonie officiellement en 1880.
En grande partie, la domination française s'est appuyée sur des alliances avec des chefs locaux à qui un pouvoir très modeste était concédé, et plus largement à des couches petite-bourgeoises locales, notamment incarnées par les « demis » (métis).
Des plantations de café, coton et canne à sucre y sont implantées dans les années 1860, et de nombreux travailleurs sont amenées d'autres îles, ainsi que de Chine.[9] Du phosphate est exploité à Makatea.
Nouvelle-Calédonie / Kanaky[modifier | modifier le wikicode]
La colonisation de la Nouvelle-Calédonie fut une des plus féroces. Dans la première moitié du 19e siècle, les débarquements réguliers d'Européens (baleiniers, négociants de bois de santal...) avaient déjà, via épidémies et alcool, fait chuter la population de l'archipel de 300 000 personnes à environ 100 000.
La France décréta que les Kanaks, méprisés comme des sauvages inférieurs, n’auraient droit qu’à 1/10 des terres et qu’ils seraient parqués dans des réserves. En 1878, un puissant soulèvement de 3 000 Kanaks groupés derrière le chef Ataï tua près de 200 colons. L'armée eut besoin de 18 mois et du soutien de colons et Kanaks achetés pour en venir à bout. Une autre révolte a lieu en 1917, contre la pression à s'enrôler pour la guerre en Europe.
Au début du 20e siècle, les Kanaks n’occupaient plus que 8 % de la superficie de la Grande Terre. Ils faillirent même disparaître, ils n’étaient plus que 27 000 en 1921. Mais illes n'ont jamais cessé de résister.
La Réunion, Mayotte, Madagascar[modifier | modifier le wikicode]

La Réunion était un des seuls restes de l'ancien empire colonial. Après l'abolition de l'esclavage en 1848, les riches colons propriétaires de plantations de canne à sucre développent l'engagisme, et de nombreux Indiens, Chinois, Malgaches ou autre Cafres viennent travailler.
La France prend possession de Mayotte en 1841 en soutenant un sultan menacé par les souverains des autres îles comoriennes. Ironiquement, l'administration française a prononcé l'abolition de l'esclavage à Mayotte en juillet 1847[10] (avant la révolution et l'abolition de 1848 !) parce que les esclaves présents sur l'île étaient possédés par des musulmans, et que cela entravait les plans d'exploitation français, qui nécessitaient de mobiliser de la main d’œuvre. En 1856, des travailleurs des plantations se révoltent, derrière Bakari Koussou (ironiquement, un ancien propriétaire d'esclaves).
C'est à partir de Mayotte que la France va ensuite se projeter vers le royaume voisin de Madagascar. Elle a un accord avec la Grande-Bretagne, qui se son côté peut prendre Zanzibar. A partir de 1886, l'ensemble des Comores passent sous domination française. Après une phase de protectorat (1882-1897), Madagascar devient une colonie. Au prix d'une expédition militaire et d'une répression qui tue des centaines de milliers de Malgaches.
Idéologies[modifier | modifier le wikicode]
L'idéologie de la « mission civilisatrice » de la France a été un pilier du colonialisme, surtout à partir du 19e siècle où la nécessité d'obtenir l'assentiment d'une opinion publique devient plus forte[11]. Des éléments de ces discours existaient déjà depuis le 15e siècle, mais la propagande des intellectuels bourgeois et de l'État devient plus systématique, adossé à un racialisme qui décrit toute une « hiérarchie des races ».

La religion continue un certain temps d'être un prétexte aux agressions coloniales, comme la protection des missionnaires en Indochine sous le Second empire. Mais étant donné l'anticléricalisme en France, cette mission civilisatrice est de plus en plus justifiée dans le cadre du républicanisme, malgré des voix minoritaires qui dénoncent la trahison des idéaux de 1789.
Vers la fin du 19e siècle cela devient « le principe clé de l’impérialisme républicain Français »[12]. En particulier le républicain Jules Ferry est un de ceux qui a le plus justifié la politique d'expansion coloniale. Devant l'Assemblée nationale, il disait : « Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... »[13] Mais il assumait aussi clairement qu'il s'agissait d'un « le besoin de débouchés ».[13] Il écrira même que « la politique coloniale est fille de la politique industrielle ».[14]
Paradoxalement, toute une partie de la droite (monarchistes, bonapartistes...) est tellement hostile au gouvernement républicain qu'elle critique les nouvelles expéditions coloniales, clamant que cela coûterait trop cher, et qu'il faudrait se concentrer sur la revanche face à l'Allemagne, après la perte de l'Alsace-Lorraine en 1870. Le réactionnaire Paul Déroulède disait par exemple : « J'avais deux filles, et vous m'offrez vingt domestiques ».[15] Mais la droite deviendra vite la plus grande défenseuse du colonialisme.
Certains économistes libéraux comme Frédéric Passy ou Yves Guyot s’opposent au colonialisme au nom de l’orthodoxie budgétaire et du libre-échange, alors que d’autres, comme Paul Leroy-Beaulieu, s'en font au contraire les théoriciens.
Expositions coloniales[modifier | modifier le wikicode]

Avec le développement industriel, les grandes puissances européennes mettent en place de grandes « expositions universelles » mettant en scène leurs prouesses industrielles et artistiques, véritables vitrines de soft power impérialiste. Mais de plus en plus, au sein de ces expositions aux nombreux pavillons thématiques, des espaces sont dédiés à l'étalage des « richesses des colonies ». Finalement, des expositions coloniales dédiées seront organisées.
Ainsi lors de l'exposition universelle de Paris de 1889 (moment de la construction de la tour Eiffel), des danseuses javanaises ou des Sénégalais sont présentés comme attraction au public. Comme le confia un Sénégalais à un journaliste du Temps : « Nous sommes très humiliés ». Ce même journaliste admet : « Nous oublions que ce sont des gens et non pas des animaux exotiques ».[16] Puis il y a aura une « Exposition universelle, internationale et coloniale » à Lyon en 1894, une exposition à Rouen en 1896, à Rochefort en 1898, à Hanoï en 1902, à Marseille et Paris en 1906, Paris 1907, Bordeaux 1907, Marseille 1922, Strasbourg 1924, La Rochelle 1927, la grande Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris, et encore Paris en 1937.
Ces véritables « zoos humains » n'avaient pas lieu seulement lors de ce type d'exposition (et ne se limitaient pas à l'exotisation des colonisés, mais aussi de différentes formes de handicap).
Expansion en Afrique[modifier | modifier le wikicode]

À partir des années 1880, l'impérialisme français se lance dans une conquête massive de l'Afrique, en compétition avec les autres impérialismes européens :
- En Afrique du Nord : La France impose militairement un protectorat à la Tunisie en 1881, devançant de justesse l'impérialisme italien. Le Maroc deviendra à son tour un protectorat français en 1912 (une partie est protectorat espagnol).
- En Afrique de l'Ouest : La France envahit et détruit les États locaux (Empire toucouleur, royaume du Dahomey, etc.), malgré les résistances. Le travail forcé[17] et le pillage des ressources sont institutionnalisés. En 1895, ces territoires sont rassemblés dans l'Afrique-Occidentale française (AOF).
- En Afrique équatoriale : Des expéditions (comme celles de Brazza) permettent à l'État français de s'approprier les territoires des actuels Gabon et Congo (dès 1882), puis des armées s'emparent du Tchad, avec la sanglante mission Voulet-Chanoine (1899). Au cours de celle-ci les deux capitaines se lancent dans une telle frénésie de violence (viols, exécutions arbitraires, décapitations, esclavage et massacres de villages entiers...), qu'ils se mettent en tête de se tailler un empire africain pour leur compte. La métropole doit envoyer une expédition pour les arrêter... En 1910 ces territoires sont regroupés dans l'Afrique-Équatoriale française (AEF). L'exploitation du caoutchouc et du bois y est confiée à des compagnies privées aux méthodes d'une extrême brutalité (comme tuer des otages femmes et enfants des ouvriers s'ils ne récoltent pas assez de sève d'hévéa).[18][19]

Cette course à l'Afrique a fait des centaines de milliers de mort·es.[20] Les victimes directes lors de combats sont une petite part du total. Des famines ont été provoquées par la politique de terre brûlée (l'armée brûlait les récoltes ou le bétail), des épidémies ont été provoquées par la malnutrition et les déplacements forcés... Une fois les colonies établies, la violence continue, et de nombreux semi-esclaves seront tués à la tâche. Sans compter des actes de barbarie réguliers, qui n'éclatent qu'épisodiquement, comme lors de l'affaire de Fort Crampel (1903), où des administrateurs coloniaux ont tué un Africain en lui introduisant un bâton de dynamite dans l'anus pour célébrer le 14 juillet.
Cette expansion se heurte aux intérêts de l'impérialisme britannique. La conférence de Berlin (1884-1885) est une tentative des pays capitalistes de réguler cette concurrence en fixant les règles de l'occupation formelle du continent, mais elle ne fait qu'accélérer la course aux territoires.
Expansion en Asie[modifier | modifier le wikicode]
L'État français s'empare également de territoires en Indochine, voulant s'assurer un point d'appui vers l'immense marché de la Chine, et essayant de ne pas se laisser distancer par l'impérialisme britannique.
Sous le Second empire, prenant prétexte de la répression de missionnaires chrétiens dans l'Empire d'Annam, la France lance une série de campagnes militaires (1858-1862), qui aboutissent à la création de la colonie de Cochinchine, puis à la mise sous protectorat du Cambodge (1863).
Cette politique s'intensifie plus tard sous la Troisième République, notamment avec la guerre franco-chinoise (1881-1885) et l'expédition du Tonkin (1883-1886), pour écraser les résistances locales. Le reste de la péninsule devient alors des protectorats, et l'ensemble est réuni dans une fédération, l'Indochine (1887). Le Laos y sera intégré en 1893.
La population ne se laisse pas faire, notamment avec le mouvement Cần Vương (1885 et 1896), que les colons répriment avec une politique de terre brûlée et des exécutions sommaires, qui feront des dizaines de milliers de morts. En réaction, le Cần Vương massacra un nombre comparable de vietnamiens convertis au catholicisme, suspectés d'être des traîtres. Autant de morts qui n'auraient pas eu lieu sans le colonialisme français.
Par rapport aux Britanniques, les Français contrôlaient plus directement leurs colonies, même dans le cas des protectorats.[21] Malgré tout, ils renoncent à l'idée de supprimer la monarchie locale, ce qui risquerait d'être trop risqué et plus coûteux.[22]
L'économie de l'Indochine est mise sous la coupe des monopoles français et la Banque de l'Indochine (fondée en 1875), qui contrôle le crédit, émet la monnaie locale et dirige les investissements vers l'exportation. Les masses paysannes sont souvent brutalement chassées de leurs terres, ou ruinées par les monopoles d'État imposés par l'administration sur l'alcool, le sel et l'opium, ou encore les lourdes taxes, imposées notamment par le gouverneur Paul Doumer. Une partie est ensuite employée par des colons ou des entreprises : cultures d'exportation, mines de charbon, routes, réseaux ferrés, ports... L'administration coloniale a largement recours au travail forcé (souvent sous le régime de l'engagisme).[23] Un dicton vietnamien affirmait que « les arbres à caoutchouc poussent sur des cadavres ».[24]

En détruisant violemment une partie des rapports précapitalistes pour y greffer un capitalisme d'extraction, l'impérialisme français bouleverse les rapports de classe locaux. Il pose les bases matérielles qui donneront naissance, quelques décennies plus tard, au mouvement de libération nationale et au mouvement ouvrier dans la région.
En Inde, les quelques comptoirs français restent inchangés jusqu'à leur intégration dans l'Inde indépendante dans les années 1950.
Intérêts économiques[modifier | modifier le wikicode]
Ce second empire colonial permet d'exploiter la main-d'œuvre locale à bas coût et d'extraire des ressources pour fournir l'industrie métropolitaine. Parmi les ressources convoitées :
- les industries minières : nickel en Nouvelle-Calédonie depuis les années 1860 ; fer, phosphate, cobalt au Maghreb[25][26][27] ; charbon en Indochine ; graphite à Madagascar ;
- les cultures de rente et produits agricoles : le riz (exporté massivement de Cochinchine), l'arachide (Sénégal), le coton (AEF et AOF), le cacao et le café (Côte d'Ivoire)[28], la canne à sucre (Antilles, La Réunion)[29] ou encore le vin (Algérie)[30] ;
- les fruits exotiques (bananes de Guinée et des Antilles[31], ananas) ;
- les bois tropicaux (okoumé du Gabon, acajou de Côte d'Ivoire) ;[32]
- le caoutchouc (en Afrique[19] et en Indochine[33]), notamment pour les pneus Michelin à travers d'immenses concessions comme la Société des plantations des Terres Rouges ;
- des chemins de fer sont construits, principalement pour acheminer ces ressources vers les ports d'exportation (Congo-Océan, Dakar-Niger, Conakry-Niger, Transindochinois, Indochine-Yunnan) ;
- le luxe français, qui exploite les perles de Tahiti ou encore la vanille (Madagascar, La Réunion)[34].

Pour exploiter ces ressources, l'administration coloniale n'avait pas assez de main d’œuvre en exploitant les indigènes ou les bagnards, ce qui l'amena à développer l'engagisme, c'est-à-dire le recrutement massif de travailleur·ses pauvres, officiellement volontaires mais la plupart du temps réduits par une situation d'endettement à une situation de servitude. Ceux-ci étaient recrutés principalement dans d'autres pays colonisés ou semi-colonisés. Ainsi des milliers de Néo-hébridais[35], Indonésiens, Indochinois, ou Japonais furent exploités en Nouvelle-Calédonie (notamment dans les mines), des milliers de Gilbertins[36] et de Chinois[9] dans les plantations de Tahiti... Le taux de mortalité de ces « engagés » était très élevé. En 1904, un enseigne de vaisseau écrit à propos du recrutement des Néo-Hébridais :
« Pour 450 F (…) le Canaque est vendu pour 5 ans (…). Au bout de ce temps (…) 70 % ont disparu, victimes d’un travail trop pénible, de privations exagérées et surtout de mauvais traitements qui forment trop souvent leur seule rétribution »[37]

L'Algérie et la Nouvelle-Calédonie furent les deux seules vraies colonies de peuplement, les autres étant uniquement des colonies d'exploitation.
Les colonies sont aussi utilisées comme marché captif, particulièrement pendant la crise des années 1930 qui est un pic de protectionnisme. L'industrie cotonnière vosgienne y écoulait la plus grande partie de ses ventes (40 % en 1925, 90 % en 1938). Les colonies absorbaient aussi plus de 80% de la production de bougies. La France faisait pousser de l'arachide au Sénégal, et vendait de l'huile d'arachide partout dans les colonies...
Certains économistes et haut fonctionnaires considèrent néanmoins que la politique française est trop archaïque, et que les colonies seraient plus profitables si la France y laissait se développer une certaine industrialisation.
Première guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]
En 1898, les rivalités franco-britanniques atteignent leur paroxysme lors de la crise de Fachoda au Soudan. Une expédition militaire française y affronte les troupes britanniques pour le contrôle de la vallée du Nil. En infériorité, la France finit par reculer. Ce recul ouvre paradoxalement la voie à un compromis inter-impérialiste (l'Entente cordiale de 1904) dirigé contre un rival commun perçu comme plus dangereux : l'impérialisme allemand. Cette course aux colonies en Afrique a ainsi été l'un des moteurs menant tout droit à la Première Guerre mondiale.
Décolonisations[modifier | modifier le wikicode]
Premiers mouvements et répression[modifier | modifier le wikicode]
A plusieurs reprises, les peuples colonisés se sont soulevés contre l'administration coloniale française, qui a toujours répondu avec une grande brutalité. En Indochine, le terrible bagne de Poulo Condor entraînait la mort de la plupart de ses détenus (mais a aussi été un lieu de fermentation révolutionnaire).
Les directions réformistes du mouvement ouvrier furent des appuis de la bourgeoisie française, que ce soit pour désamorcer les luttes de classe en métropole ou les luttes de libération dans les colonies. Le PS a seulement dénoncé les répressions les plus violentes de l'administration coloniale, mais a le plus souvent embrassé les discours sur la « mission civilisatrice » du colonialisme « républicain ». En 1931, Léon Blum fait un éditorial modérément critique contre l'Exposition coloniale, mais avec beaucoup de concession à l'esprit colonial[38].
Le jeune parti communiste (SFIC), lors de sa rupture avec le PS en 1920, fut pendant quelques années combatif contre le colonialisme. Il aida l'auto-organisation des militant·es issus des colonies, manifesta contre la guerre du Rif en 1925, organisa l'opposition aux expositions coloniales[39]...
Des partis communistes sont également fondés dans les colonies, souvent à partir de sections locales du PCF : Syrie et Liban (1924), Indochine (1930), Tunisie (1934), Algérie (1936), Maroc (1943), Sénégal et Mali (1957).
Mais cette politique était surtout portée par une minorité de militant·es, et par l'IC tant qu'elle était plus ou moins révolutionnaire. Rapidement, la bureaucratisation du parti renforça les tendances racistes et chauvines, et l'IC se mit à subordonner son anticolonialisme aux intérêts diplomatique de l'URSS. Notamment, lors du tournant vers les fronts populaires, moment où l'IC cherche à s'allier à la France contre l'Allemagne, et où le PC devient le très tricolore PCF, l'anticolonialisme est mis en sourdine.
Quoi qu'il en soit un résultat inexorable de la colonisation était aussi la diffusion (même ralentie) d'idées rebelles, d'origine locales ou occidentales (même le libéralisme entrait en contradiction avec les traitements infligés par les colons), religieuses ou marxistes. Par exemple, de jeunes vietnamiens comme Tạ Thu Thâu (futur trotskiste) ou Nguyễn Ái Quốc (le futur Hô Chi Minh) se forment à Paris puis militent en Indochine. Des organisations se forment, mêlant souvent des idées nationalistes et socialistes. Des mouvements ouvriers émergent. Au Sénégal, dès 1919, des grèves éclatent parmi les dockers, cheminots, employés de commerce (comme à Thiès en 1938). Les syndicats sont généralement distincts entre Européens et Sénégalais. En Indochine en 1930, un soulèvement forme même des soviets, qui seront réprimés (y compris par bombardement aérien), faisant plus de 1500 tué·es.
Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]
La Deuxième guerre mondiale chamboule profondément les métropoles autant que les peuples des pays colonisés, qui sont largement enrôlés, et constatent que leurs colons ne sont pas invincibles. Pendant la guerre, les États-Unis utilisent les îles de Polynésie française pour établir des infrastructures militaires, et embauchent des indigènes, qui découvrent alors à quel point ils avaient été maintenus à l'écart de la modernité par la métropole.
D'une part ces peuples vont désormais attendre une reconnaissance de leurs services rendus et a minima d'être traités en égaux, d'autre part, l'idée d'une libération par la force va devenir plus plausible. Si bien qu'à la fin de la guerre, une vague de soulèvements balaie l'empire colonial. En Algérie, le 8 mai 1945, jour de l'armistice, les forces coloniales tirent sur les manifestants (massacres de Sétif, Guelma et Kherrata). En Indochine, c'est la révolution d'août, que la France n'accepte pas et qui déclenche la guerre. Et dans toute l’Afrique les peuples se soulevaient les uns après les autres.
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Soldats français défilant en Indochine devant des soldats japonais après la capitulation du Japon (août 1945)
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Gorges de Kherrata, où l'armée a jeté des algériens, par centaines, vivants ou morts, du haut des falaises (mai 1945)
Mais à ce moment-là, le PS et le PC jouent un rôle contre-révolutionnaire, et d'appui à l'impérialisme français, d'autant plus que Staline veut maintenir l'alliance avec les Alliés (la guerre froide ne commencera qu'en 1947). Le PCF publia en 1944 une brochure intitulée Au service de la renaissance française, qui expliquait :
« Pour la France, être une grande puissance européenne et mondiale et tout simplement continuer d’être, c’est la même chose […]. Unité et intégrité de la plus grande France, des Antilles à Madagascar, de Dakar à Casablanca, à l’Indochine et à l’Océanie. Notre pays est une puissance des cinq parties du monde et on ne découvre pas de raison pour laquelle il devrait cesser de l’être ».
La ligne était indiscernable de celle de De Gaulle, qui disait : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les Colonies écartent toute idée d'autonomie, toute possibilité d'évolution hors du bloc français de l'Empire. » [40]
La seule ouverture tenait dans cette phrase : « On veut » , pour les peuples coloniaux, « que leur responsabilité soit peu à peu formée et élevée afin qu'ils se trouvent associés à la gestion de la chose publique dans leur pays » .
Après 1945[modifier | modifier le wikicode]
Au lendemain de la guerre, lors de la formation de la 4e République, la bourgeoisie française tente de réorganiser l'empire français en une « Union française », et les vieilles colonies sont transformées en départements d'outre-mer.
Essais nucléaires militaires[modifier | modifier le wikicode]
La France a utilisé ses colonies pour tester ses bombes nucléaires. A partir de 1960, elle fait exploser des bombes A dans le désert algérien. A partir de 1966, ces essais sont transférés en Polynésie, où la première bombe H est testée en 1968. Malgré les protestations, ces essais sont poursuivis jusqu'en 1996. Les retombées radioactives ont entraîné une surmortalité par cancer de la thyroïde.
Départementalisation des vieilles colonies (1946)[modifier | modifier le wikicode]
En parallèle, l'État français choisit de transformer en départements en 1946 plusieurs colonies (Réunion, Martinique, Guadeloupe, Guyane), qui sont en fait les « vieilles colonies ». Cette loi fut votée à l'unanimité, et portée notamment par une série de représentants politiques qui étaient alors au PCF (Aimé Césaire en Martinique, Léon de Lépervanche et Raymond Vergès à la Réunion...). Les populations de ces territoires espéraient que cela apporterait une plus grande égalité en droits politiques et sociaux, que la métropole donnerait plus de moyens pour développement local, et régulerait mieux le pouvoir des dominants locaux (békés, gros blancs...).
De son côté, la bourgeoisie française consentait à faire un effort financier pour mieux intégrer ces territoires, surtout pour mieux les arrimer à la France en désamorçant le sentiment indépendantiste qui prenait de l'ampleur partout, et conserver au moins ces points d'appui. Cet effort financier était envisageable parce que ces territoires étaient suffisamment petits. Mais la haute administration a dès le début et freiné l'application de l'harmonisation des droits (SMIG, prestations sociales...).[41] L'égalité complète dans ces droits n'a été acquise qu'en 1996. Pendant ce temps c'est surtout un traitement raciste et post-colonial qui perdure.

Tout cela engendre de plus en plus de frustrations, et un essor des mouvements autonomistes (à la Réunion, elles étaient portées par le PC). Des émeutes mêlant colère antiraciste et colère de classe éclateront même en Martinique en 1959 et en Guadeloupe en 1967, lors de laquelle le pouvoir tue entre 80 et 200 personnes. [V 1]
En 1963 est créé le Bumidom, organisme qui incite à la migration vers la métropole, au nom du fait qu'il y avait un manque de main d’œuvre dans l'hexagone en pleine croissance, et à l'inverse du chômage dans les DOM. Une motivation plus discrète était de diminuer les revendications autonomistes. On faisait miroiter aux candidats des bons postes et une bonne situation, mais ce qui les attendait était le racisme et la surexploitation. Cela a particulièrement concerné la Réunion, où de nombreux enfants ont été déplacés plus ou moins de force, notamment pour être placés dans des familles de régions subissant l'exode rural (on parle notamment du scandale des enfants de la Creuse).
Les lois de décentralisation de 1982 vont désamorcer en partie les velléités d'autonomie. En 2010, des référendums demandent aux électeurs de Martinique et de Guyane s'ils veulent une autonomie du type de celle de Tahiti, mais ceux-ci votent Non à plus de 70%.
Dans les Comores, l'essor de l'indépendantisme pousse la France à organiser un référendum en 1974. Le sentiment est très différent entre Mayotte et les autres îles, notamment parce qu'il y avait des rivalités, que la présence coloniale n'a fait qu'attiser, et parce que Mayotte, longtemps mieux dotée que les autres îles, craignait une chute dans la misère. La conséquence est que tout l'archipel vote pour l'indépendance, sauf Mayotte, que la France décide de séparer et conserver (contrairement à la norme en terme de droit des peuples à l'autodétermination). Malgré cette allégeance, l'île sera très peu aidée par la métropole, encore moins que les Antilles. Elle ne sera départementalisée qu'en 2011. Le chauvinisme franco-mahorais est pourtant devenu très vivace : alors que les populations de l'archipel avaient depuis toujours des liens familiaux, culturels et économiques, la France les a antagonisées. Le droit du sol a été remis en question à Mayotte depuis 2018. L'État français s'accroche à cette île notamment parce qu'elle permet d'avoir un ancrage de le canal du Mozambique, voie maritime importante, dans laquelle des hydrocarbures ont par ailleurs été découverts en 2010.[42]
Polynésie et Nouvelle Calédonie[modifier | modifier le wikicode]
Aujourd'hui encore, la Polynésie française et la Nouvelle Calédonie font partie de la liste des territoires considérés par l'ONU comme non décolonisés.
A partir de 1945, Pouvanaa Oopa, brillant orateur, incarne le mouvement autonomiste en Polynésie. Il devient député en 1949, à la tête du RDPT, et avec le soutien du PCF. En 1957, l'archipel obtient un peu d'autonomie, mais l'année d'après, avec la Ve République, l'État français recentralise et réprime : Pouvanaa est arrêté et son parti dissout en 1963. Mais le flambeau de l'autonomisme est repris par Oscar Temaru et le FLP, et dans les années 1970, l'autonomie progresse. La colère augmente contre le système corrompu du gaulliste, avec grève des dockers de Papeete en 1987[43], et des émeutes régulières, notamment celle de 1995 lorsque Chirac annonce de nouveaux essais nucléaires en Polynésie.[V 2]
En Nouvelle Calédonie / Kanaky, un Parti communiste est créé en 1946, notamment par Jeanne Tunica, une européenne qui s'efforce d'organiser la convergence des luttes populaires et anti-coloniales, que ce soit des kanaks, des caldoches (blancs) ou des engagés vietnamiens. Malheureusement Tunica n'est pas soutenue par le PCF, et subit une forte pression du pouvoir et de l'extrême droite caldoche. Elle doit quitter l'île et le PCC disparaît en 1951. Ce sont alors des notables modérés qui vont capter l'autonomisme kanak, en fondant l’Union calédonienne en 1953. Pourtant elle-même se fait réprimer en 1964, et en 1972, l'État français incite des populations à venir s'installer dans l'archipel pour diluer les Kanaks.

De 1984 à 1988, la Nouvelle Calédonie vit une situation de quasi guerre civile (« les Évènements »). Un référendum d'autodétermination a lieu en 1987, mais les Kanaks sont déjà devenus minoritaires, et ils le boycottent. Après le paroxysme de la prise d'otages d'Ouvéa, la situation est désamorcée par les promesses de Mitterrand, et malgré des divisions entre modérés et radicaux parmi les indépendantistes. Ces promesses consistent à augmenter l'autonomie de l'archipel, et à reporter la décision sur l'autodétermination pour qu'elle soit reconnue par tous. Les accords de Nouméa en 1998 ont finalement prévu trois référendums, en écartant du vote ceux qui se sont installés sur l'île après 1994. Mais cela ne suffit pas à inverser le rapport de force. Les référendums ont finalement eu lieu en 2018, 2020 et 2021, et l'indépendance est minoritaire. Mais les votes sont très marqués : les ~45% en faveur de l'indépendance sont les régions à majorité kanak et les plus pauvres. En 2024, des émeutes éclataient encore, faisant 14 morts. Encore aujourd'hui, 80 % de l’économie locale est contrôlée par 10 groupes familiaux en majorité caldoches comme les Ballande ou les Lafleur.
Indépendances en Afrique[modifier | modifier le wikicode]
En 1947, Madagascar qui tente de se soulever et subit la répression sanglante. Le PCF et le PS participaient à ce moment-là au gouvernement avec la droite, et cautionnèrent les massacres et les procès expéditifs qui suivirent. Leurs députés votèrent la levée de l’immunité parlementaire des députés malgaches rendus responsables d’une insurrection qu’ils avaient condamnée.
La Tunisie obtient son indépendance en 1956 (la France avait tout de même tenté un coup de force en 1952). L'Algérie, où le colonialisme était plus enraciné, a dû mener une dure guerre (1954-1962) pour se libérer.
Domination néocoloniale[modifier | modifier le wikicode]
Le gouvernement nationaliste de Nasser, issu de la révolution de 1952, décide en 1956 de nationaliser le canal de Suez (avec indemnités). La France et le Royaume-Uni, qui en étaient actionnaires à 44%, décident alors de mener une guerre contre l'Égypte, sous un faux prétexte échafaudé secrètement avec Israël. Mais le tollé international oblige les impérialistes à se résigner à la nationalisation. Les États-Unis sont alors furieux contre cette intervention franco-britannique, qui détourne l'attention de la guerre froide (l'URSS écrase la révolution hongroise au même moment). Le prestige des deux vieilles puissances est très diminué. En France, le chef du gouvernement était le socialiste Guy Mollet.
« Françafrique »[modifier | modifier le wikicode]
Après la vague des indépendances amorcée en 1960 et le démantèlement formel de l'empire colonial en 1962, l'impérialisme français a organisé un système néocolonial officieux, couramment appelé la « Françafrique ». Ce système s'appuie sur des élites locales souvent redevables à Paris pour maintenir une relation de vassalité.
Pillage économique et financier[modifier | modifier le wikicode]
L'accès privilégié des multinationales françaises aux ressources stratégiques, comme le pétrole au Gabon ou l'uranium au Niger, est garanti. Le contrôle de la politique monétaire de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et Centrale est également assuré directement par le ministère du budget français via le système du Franc CFA.
Quadrillage militaire et politique[modifier | modifier le wikicode]
Le maintien de bases de l'armée française et la signature d'accords de défense ont permis de nombreuses interventions militaires au fil des décennies. Ces opérations visent régulièrement à défendre l'ordre politique de régimes alliés aux intérêts français ou à étouffer les mobilisations populaires, tout en protégeant les intérêts des grands groupes industriels.
« Repentance » et relents coloniaux[modifier | modifier le wikicode]
Le discours dominant actuel de la bourgeoisie reconnaît que chaque peuple a la droit à disposer de lui-même, que chaque État doit être indépendant, etc... reléguant la domination a la sphère économique. Le passé colonial est alors présenté globalement comme une erreur regrettable. Néanmoins, la fierté du dominant est conservée par les forces d'extrême droite, et la droite tend à glisser dans ce registre. Par exemple au cours de son mandat, le président Sarkozy a affirmé son refus de toute « repentance », en clamant que la France n'avait jamais commis de crime contre l'humanité, passant sous silence la torture en Algérie, l'esclavage, les massacres de Malgaches, de Kanaks, les zoo humains... Même si de tels propos sont généralement condamnés, certains politiciens lâchent parfois des formules réactionnaires assumant un impérialisme brutal.
Crise et déclin relatif[modifier | modifier le wikicode]
Dans la période récente, l'impérialisme français traverse une crise marquée et un processus de « secondarisation » sur la scène internationale.

En Afrique subsaharienne, qui constituait historiquement son pré carré, les entreprises françaises subissent un net déclin. Dans les années 2000 et 2010, les parts de marché de la France dans les pays d'Afrique subsaharienne passent de 10,1 % à 4,7 %. En parallèle, les entreprises d'autres puissances capitalistes se sont mieux implantées, notamment celles des États-Unis, de la Russie et surtout de la Chine. Celle-ci a augmenté sa part de 2 % en 1990 à 16 % en 2011.[44]
Sur le plan géopolitique, ce recul économique s'accompagne d'une perte d'influence stratégique. Au début des années 2020, des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont connu des coups d'État et de fortes mobilisations populaires dirigées contre la présence française. Ces événements ont poussé ces nations à dénoncer leurs accords de défense avec Paris, forçant le retrait d'une grande partie des troupes françaises de la région.
Impérialisme et répression[modifier | modifier le wikicode]
Le colonialisme permet aux classes dominantes qui y ont recours de développer des moyens répressifs, qui sont à la fois (et avant tout) recyclés contre d'autres peuples, et à la fois utilisés dans la répression des classes dominées. Cela vaut pour l'impérialisme français comme pour les autres.
Par exemple, la France établit des bagnes en Nouvelle-Calédonie (1864-1897) et en Guyane. Dans le bagne de Nouvelle-Calédonie furent envoyés aussi bien les Communards de 1871 que les Kabyles insurgés contre la France en Algérie la même année.
La répression des mouvements anti-coloniaux a inspiré la répression des mouvements communistes pendant la guerre froide, et les vieux impérialismes ont inspiré les nouveaux. Par exemple, quelqu'un comme le général Aussaresses, qui a sévi pendant la guerre d'Algérie, a ensuite enseigné la contre-insurrection aux États-Unis, au Brésil...
État des lieux[modifier | modifier le wikicode]
Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]
Brochures
- De Mayotte à la Nouvelle-Calédonie, l’impérialisme français contre les peuples, Cercle Léon Trotsky n°180 (2025)
- L'impérialisme français et ses anciennes colonies d'Afrique noire, Cercle Léon Trotsky n°39 (1990)
- L'impérialisme français au Moyen-Orient, Cercle Léon Trotsky n°20 (1986)
Vidéos
- ↑ Nota Bene, youtube.com, Le jour où De Gaulle a tiré sur la foule, 27 juillet 2026
- ↑ Polynésie la 1ère, youtube.com, 30 ans après : les émeutes de Tahiti contre les essais nucléaires, 13 septembre 2024
Notes
- ↑ Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, vol. I : Les vaines tentatives, 1524-1603, Montréal, Fides, 1963, p. 133-134.
- ↑ Gilles Manceron, « Première colonisation et émergence des droits de l'homme : La monarchie et l'esclavage », dans Marianne et les colonies, 2003, p. 28-30
- ↑ Frédéric Régent, « Blancs, demi-Blancs, libres de couleur et esclaves dans les colonies françaises avant 1848 », Séminaire « La traite négrière, l'esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire », 10 mai 2006 au Carré des Sciences à Paris.
- ↑ François-Xavier Emmanuelli, Vivre à Marseille sous l'Ancien Régime, Paris, Perrin, 2011
- ↑ Thomas Piketty, Capital et idéologie, 2019
- ↑ Sue Peabody, « La question raciale et le « sol libre de France » : l'affaire Furcy », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 64e année, no 6, nov.-déc. 2009
- ↑ Charles-Louis Lesur, Annuaire Historique Universel, pour 1820, 1821
- ↑ Discours à la chambre des députés, séance du 31 mars 1843, Le Moniteur universel, p. 649
- ↑ 9,0 et 9,1 Gérald Coppenrath, Les Chinois de Tahiti : De l’aversion à l’assimilation, 1865-1966, Société des Océanistes, coll. « Publications de la SdO », 8 octobre 2013 (ISBN 9782854300932), p. 25–108.
- ↑ Jean Martin, « L'affranchissement des esclaves de Mayotte, décembre 1846-juillet 1847 », Cahiers d'études africaines, École des hautes études en sciences sociales, vol. 16, nos 61-62, 1976, p. 207-233
- ↑ Raoul Girardet, L'idée coloniale en France de 1871 à 1962, 1972
- ↑ Jennifer Pitts, A Turn to Empire: The Rise of Liberalism in Britain and France, 2005
- ↑ 13,0 et 13,1 assemblee-nationale.fr, Jules Ferry (28 juillet 1885)
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- ↑ Robert W. July, Histoire des Peuples d'Afrique, Tome 3, Nouveaux Horizons, 1ère éd. 1970, p. 211-220.
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- ↑ Georges Catroux, L'Union française, son concept, son état, ses perspectives, Politique étrangère, 1953, volume 18, numéro 4, p. 235.
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- ↑ David Chandler (trad. de l'anglais), Une histoire du Cambodge, Paris, Les Indes savantes, 2011
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- ↑ Antonin Plarier, Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, Mines et environnement en situation coloniale
- ↑ Lumni Enseignement, Sucre, café et cacao : des plaisirs raffinés issus de l’esclavage, 2016
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- ↑ Hildebert Isnard, Annales, IV. Vigne et colonisation en Algérie (1880-1947), 1947
- ↑ Auguste Chevalier, Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, Contribution à l'histoire de l'introduction des bananes en France et à l'historique de la culture bananière dans les Colonies françaises., 1944
- ↑ Gaston Cadoux, Les bois coloniaux français, Journal de la société statistique de Paris, tome 71 (1930), p. 181-207
- ↑ Boucheret, Marianne, Les organisations de planteurs de caoutchouc indochinois et l’Etat du début du XXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale, 2008
- ↑ Histoire coloniale et postcoloniale, « Une histoire globale de la vanille » par Eric Jennings, 15 juin 2026
- ↑ Joël Dauphiné, « Un aspect de la traite négrière en Océanie : l'exemple néo-hébridais, 1865-1905 », Ultramarines, 1997, p. 10-19
- ↑ Michel LEPLAT, « Le fait colonial dans l'Océanie insulaire », sur histoire-geo.ac-noumea.nc, 17 juillet 2010
- ↑ Joël Dauphiné, « Un aspect de la traite négrière en Océanie : l'exemple néo-hébridais, 1865-1905 », Ultramarines, 1997, p. 10-19.
- ↑ Léon Blum, Moins de fêtes et de discours, plus d’intelligence humaine !, 7 mai 1931
- ↑ « Ne visitez pas l’Exposition coloniale » : le manifeste du groupe des surréalistes en 1931, Le Monde, 28 mai 2021
- ↑ De Gaulle, Discours de Brazzaville, 30 janvier 1944
- ↑ Yvan Combeau, Outre-Mers, Départementalisation et assimilation : les cinq temps d’une histoire (1982-1946), 2022
- ↑ Areion24.news, Canal du Mozambique : trafics et convoitises, août 2023
- ↑ Radio1 Tahiti, Le Tavini se souvient de l’émeute du 23 octobre 1987, 24 octobre 2023
- ↑ Anne Cheyvialle et Marie-Amélie Lombard-Latune, « Védrine : "La France a cédé trop de terrain en Afrique" », Le Figaro, 4 décembre 2013