Trente Glorieuses

De Wikirouge
Aller à : navigation, rechercher

Les « Trente Glorieuses » désignent la période de forte croissance économique de 1945 à 1975.

Expression française, phénomène mondial[modifier]

L'expression de Trente Glorieuses, avec sa références aux Trois Glorieuses, vient du français Jean Fourastié. Mais le phénomène était d'ampleur mondiale.

La locomotive de cette croissance mondiale, pour le Bloc de l'Ouest, était les États-Unis, dont la croissance décolle pendant la Seconde guerre mondiale.

Caractéristiques principales[modifier]

Une croissance globale soutenue[modifier]

Dans les pays industrialisés, la croissance moyenne annuelle du PIB de était de 5 %, et celle de la productivité de 4 %.

En Amérique Latine et dans certains grands pays du Tiers-monde, des modèles d'industrialisation autocentrés permettent le maintien de taux de croissance annuels de 6 ou 7%.

Un compromis entre classes[modifier]

Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, le mouvement ouvrier est très développé dans les pays industrialisés : les syndicats comportent de nombreux adhérents, de puissants Partis communistes sont renforcés... Les directions sociales-démocrates ou staliniennes de ce mouvement ouvrier ont activement participé à la Reconstruction d’États bourgeois forts, tout en négociant d'importants acquis sociaux pour calmer leur base.

Causes[modifier]

D'un point de vue très général, on peut faire l'observation que les Trentes Glorieuses sont un cycle de "reprise" après la Grande dépression des années 1930.

Au niveau explicatif, c'est la Seconde guerre mondiale qui est le point clé. Les États-Unis émergent vraiment comme superpuissance à ce moment-là, principalement grâce à l'industrie de guerre qui trouvait ses débouchés directs en Europe. Mais surtout, en entraînant une grande destruction-dévalorisation de capital, la guerre mondiale a permis de relancer durablement les taux de profit de l'ensemble des pays impérialistes.

Autres explications idéologiques[modifier]

Keynésianisme, fordisme, gaullisme[modifier]

Le discours économique dominant durant les 30 Glorieuses était inspiré du keynésianisme, appliqué largement, malgré le fait que la plupart des partis au gouvernement soient des partis de droite ! L'idée était que le marché capitaliste devait être régulé pour profiter à tous. L'industriel Henry Ford, qui visait à ce que ses ouvriers aient un salaire suffisant pour acheter les voitures qu'ils produisaient, incarnait bien cette tendance.

Aujourd'hui encore, les keynésiens ont une lecture de la reprise économique de l'après-guerre en terme de stimulation de la demande. Ainsi, Paul Krugman écrit en 2008 :

« The Great Depression in the United States was brought to an end by a massive deficit-financed public works program, known as World War II. » [La Grande Dépression aux Etats-Unis a pris fin grâce à un gigantesque programme de travaux publics, financé par le déficit public, connu sous le nom de Seconde Guerre Mondiale.][1]

Néolibéralisme[modifier]

Article détaillé : Néolibéralisme.

Notes et sources[modifier]

  1. Paul Krugman, The Return of Depression Economics and the Crisis of 2008