Absolutisme

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L'absolutisme, la constitution de monarchies absolues, est le phénomène de concentration et de renforcement du pouvoir central de l'Ancien Régime féodal de l'Europe occidentale, à partir du 15e siècle.

Généralités[modifier]

Dans la première période du féodalisme, celle proprement dite de "féodalité", les seigneurs locaux avaient une large latitude tandis que les attributs du suzerain et son influence concrète en tant que "puissance publique" étaient très réduits.

La pouvoir central s'est progressivement renforcé en regagnant de l'ascendant sur la noblesse provinciale, et en se portant garant de son intérêt général de classe. Malgré des siècles de résistance armée et de complots, la majorité de la noblesse a finalement accepté l'État absolutiste et y a même participé, car celui-ci était indispensables pour la protéger contre :

  • les soulèvements paysans dont la répression exigera de véritables armées ;
  • les tentatives de conquête des noblesses voisines, ;
  • l’endettement.

La noblesse a pu résister à l'endettement grâce à la partialité des tribunaux et grâce aux pensions et cadeaux du roi, aux traitements de fonctions, civiles et militaires, dans l’administration royale. Pendant plusieurs siècles l’État absolutiste a prolongé l’existence de la noblesse en lui redistribuant ainsi des revenus prélevés au travers des impôts sur la paysannerie, mais aussi sur la bourgeoisie et le petit peuple urbain.

Des secteurs de la bourgeoisie alliés à des secteurs de la noblesse ont parfois tenté d'instaurer des régimes constitutionnels. Ainsi les révolutions des Pays-Bas de 1566-1609 ou anglaise de 1640-1660 ont renversé des absolutismes jeunes qui tentaient de se renforcer et qui ont déstabilisé le régime par leurs propres efforts de renforcement. A l'inverse, après les échecs du mouvement des États généraux de 1355-1358, le pouvoir royal se renforcera sous Charles V, de même après la Fronde (1648-1653) avec Louis XIV.

Historique[modifier]

13e et 14e siècle[modifier]

Le développement des villes rendent les affaires nombreuses et difficiles à gérer pour les tenants de la famille royale. En Angleterre, les barons parviennent à imposer au roi quelques limitations de son pouvoir dans la Magna Carta de 1215.

15e et 16siècle[modifier]

Un peu déjà dès les 12e et 13e siècles, mais surtout entre les 15e et 16e siècles, le pouvoir royal s’est progressivement renforcé. Il s’est doté d’une bureaucratie, de tribunaux, de représentants en province distincts des grands seigneurs, d’impôts permanents, d’une armée permanente, d’une diplomatie. A partir du 15e et surtout au 16e et 17e siècles, il a restreint les pouvoirs “étatiques” des nobles sur leurs terres et l’autonomie des villes. 

Mais ce mouvement n'est pas homogène, ne serait-ce que parce que les bases sociales ne sont pas homogènes, en partie en fonction de la géographie (qui engendre des sociétés plus ou moins marchandes).

On peut ainsi voir dans la guerre de Trente Ans (1618-1639) une opposition entre les puissances catholiques et réactionnaires de l’Europe dirigées par le roi d’Espagne (Habsbourg d’Espagne et Autriche, Etats catholiques allemands dont Bavière et archevêques de la vallée du Rhin, papauté...), d’autre part des forces que l’on peut caractériser comme plus modernes et plus démocratiques, en particulier les Etats majoritairement protestants (Provinces-Unies, Suède, Danemark).

L'absolutisme nécessite pour ses conquêtes militaires de lourds impôts, qui engendrent des révoltes, en particulier dans les régions éloignées du centre et nationalement opprimées. La révolution aux Pays-Bas (1566-1609) est la première grande victoire contre l'absolutisme espagnol, sous le leadership de la bourgeoisie.

Concernant la formation de l'absolutisme russe, Trotsky écrit :

« L'autocratie byzantine que les tsars moscovites s'étaient officiellement appropriée dès le début du XVIe siècle soumit les grands féodaux, les boyards, avec l'aide des nobles de la Cour (dvoriané) et s'assujettit ces derniers en leur asservissant la classe paysanne, pour se transformer en monarchie absolue, celle des empereurs de Pétersbourg.  »[1]

En revanche concernant la Pologne :

« Dans les villes polonaises, l'organisation corporative des métiers était déjà beaucoup plus répandue [qu'en Russie]. Mais les cités polonaises ne s'élevèrent pas au point de réussir à seconder le pouvoir royal pour briser avec lui les féodaux. Le pouvoir de l'État resta directement sous la coupe de la noblesse. En résultat : complète impuissance de l'État et sa désagrégation. »[2]

17e et 18siècle[modifier]

L'absolutisme espagnol continue de susciter des réactions. Par exemple, la guerre d'indépendance du Portugal débute par des soulèvements populaires éclatent (en 1635 à Visèu et Viana del Castelo, en 1636 à Vila Real) et se poursuit par une généralisation de la lutte (en particulier engagement général de la petite noblesse) qui donna une grande force au Portugal face à la puissante couronne espagnole, et lui permettra de gagner sa guerre (1640-1668).

D'autres mouvements qui sont en grande partie des réactions à sont réprimés, comme la révolution catalane (1640-1652) ou la révolution napolitaine (1647).

La révolution anglaise de 1640-1660 est un séisme qui va marquer l'union des classes possédantes anglaises. La paysannerie sera la grande perdante et le régime pro-bourgeois qui en émergera sera un des plus puissants moteurs du développement du capitalisme.

La révolution bourgeoise de 1789 renverse dans le fracas l'absolutisme français.

19et 20e siècle[modifier]

La Révolution russe de 1917 a mis fin à un des plus vieux absolutismes, et le dernier d'Europe, en renversant le tsarisme.

Notes et sources[modifier]

Les révolutions bourgeoises, IIRF, 1989