Extrême-droite

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L'extrême droite désigne les forces politiques ultra-réactionnaires. Cela implique d'assez grandes différences selon la période historique, comme tout ce qui est basé sur le clivage droite-gauche. Depuis le 20e siècle, l'extrême droite a surtout montré qu'elle pouvait donner naissance à des mouvements fascistes.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

Révolution française et 19e siècle[modifier | modifier le wikicode]

C'est sous la Révolution française que s'est installé la distinction droite-gauche. Il s'agissait essentiellement de distinguer les partisans de la Révolution (gauche), ceux qui l'acceptent avec modération (droite), et les contre-révolutionnaires (extrême-droite). A cette époque, l'extrême-droite représentait les intérêts de l'aristrocratie et du haut clergé, même s'il est arrivé qu'elle embrigade des paysans souvent imprégnés de catholicisme.

Ce clivage va se maintenir tout au long du XIXème siècle, et la bourgeoisie républicaine va subir de vrais échecs politiques face à l'extrême-droite royaliste, comme lors de la Restauration en 1815. Mais les royalistes, et l'ensemble de la noblesse, se sont fondamentalement adaptés au nouveau mode de production capitaliste. Malgré leurs efforts pour maintenir les rentes foncières ou financières, ils ne pouvaient ni ne voulaient vraiment empêcher la Révolution industrielle. Et leur combat acharné contre les valeurs modernes propulsées par le développement économique et social était voué à l'échec.

Après l'écrasement de la Commune de Paris en 1871, le parlement de la Troisième République est d'abord dominé par les réactionnaires royalistes, la bourgeoisie désirant plus que tout le retour à l'ordre. Mais peu à peu, à la "Belle époque", la gauche bourgeoise et l'extrême gauche ouvrière progressent politiquement. La classe dominante, qui tend à s'homogénéiser, comprend de plus en plus qu'elle a intérêt à une politique plus souple, à la fois pour gérer ses affaires plus efficacement, et pour induire le réformisme dans les rangs socialistes.

Années 1920 et 1930[modifier | modifier le wikicode]

Les crises engendrées par le capitalisme vont bouleverser les schémas des progressistes bourgeois et des socialistes réformistes. En premier lieu, la Première guerre mondiale va causer tant de dégâts sociaux qu'elle va instaurer une situation révolutionnaire ou pré-révolutionnaire dans de nombreux pays industrialisés, notamment en Europe où survint la temporaire victoire socialiste en Russie.

Inévitablement, cette radicalisation conduisit aussi au renforcement de l'extrême-droite, qui représente la "radicalisation des conservateurs". L'exemple le plus précoce est la réaction fasciste en Italie, grâce à la laquelle la bourgeoisie put mater le mouvement ouvrier. Le fascisme, qui va inspirer toute l'extrême-droite mondiale par la suite, est alors un mouvement inédit, qui n'est pas vraiment issu de l'ancien courant royaliste, qui en général dépérit. Il se base surtout sur un nationalisme exacerbé, un discours qui pour la première fois à l'extrême-droite se dit "révolutionnaire", un leader qui prétend incarner le "peuple", la désignation d'ennemis (intérieurs et extérieurs) et un Etat autoritaire temporairement avec la société fascisée. Ce mouvement s'appuie d'abord surtout sur la petite-bourgeoisie déclassée ou menacée de l'être, et s'il critique souvent les "grands financiers cosmopolites" (de préférence juifs) en reprenant des accents socialistes ("national-socialisme"), il gomme la lutte de classe et impose la mise au pas des travailleurs rebelles.

Ce scénario se reproduisit à grande échelle dans l'Europe en crise des années 1930, suite à des défaites ou trahisons majeures (1923 en Allemagne, 1936 en France...). De l'extrême droite emergèrent des mouvement fascistes qui l'emportèrent en Allemagne, Espagne, Grèce... sans oublier le Régime de Vichy en France (1940-1944). Ce tourbillon nationaliste et belliqueux fut un facteur déclencheur majeur de la Seconde guerre mondiale.

Après guerre[modifier | modifier le wikicode]

Dans l'après-guerre, la bourgeoisie revient globalement à des régimes plus "acceptables" (à l'exception de l'Espagne où le régime de Franco perdure). Quelques responsables d'extrême-droite sont jugés (bien que la continuité de l'Etat soit remarquable, comme avec celui de Vichy...) et le discours dominant condamne fermement tous les "totalitarismes", rapprochant allègrement extrême-droite et extrême-gauche pour mieux signifier qu'être "raisonnable" c'est être un bon démocrate bourgeois. Il reste néanmoins des groupes d'extrême-droite nostalgiques, comme Occident en France, mais ils demeurent insignifiants dans la période.

Période contemporaine[modifier | modifier le wikicode]

Depuis les années 1980, le tournant néolibéral a engendré la paupérisation de larges couches de la population, travailleurs et petit-bourgeois. Comme cela se conjugue avec un recul des organisations défendant les intérêts des travailleurs, cela créé un terrain propice à la montée de l'extrême droite et de l'ensemble du camp réactionnaire en général. Ainsi non seulement les partis d'extrême droite tendent à se renforcer, mais leurs idées sont de plus en plus reprises par les partis bourgeois modérés qui cherchent ainsi à se tailler un électorat à n'importe quel prix. .

Les préjugés racistes, xénophobes, autoritaristes se diffusent. En Europe, cela passe surtout par l'islamophobie, avec la dénonciation de l'immigration venue d'Afrique et du Moyen-Orient comme source de tous les maux ("étranger=profiteur=délinquant..."). L'antisémitisme, plus discret, gagne lui aussi du terrain, souvent en lien avec des fantasmes conspirationnistes d'une "juiverie internationale" assimilée à une "finance détruisant la Nation".

Malheureusement, l’extrême droite gagne des soutiens dans les couches populaires de l’électorat. Cette progression s'accentue du fait de la crise de 2007-2010. La situation est particulièrement inquiétante en Grèce et en Hongrie.

Base sociale[modifier | modifier le wikicode]

Traditionnellement, l'électorat d'extrême droite se trouve surtout parmi certaines couches de la petite et moyenne bourgeoisie, ceux qui ne s'estiment pas gagnants dans le fonctionnement normal du capitalisme, qui favorise la centralisation du capital et détruit les anciens cadres sur lesquels ils comptaient. C'est pourquoi les idéologies d'extrême droite évoquent souvent un "passé glorieux" et promettent une "régénérescence" sous la conduite d'un guide qui saura "mettre fin au déclin".

Mais il ne faut pas se voiler la face : l'extrême droite parfois de plus en plus à se gagner un électorat populaire, ajoutant du (pseudo-)socialisme à leur nationalisme, ce qui est le signe avant coureur d'une montée du fascisme. Par exemple, en 2012, au premier tour de l'élection présidentielle française, 62% des électeurs de Marine Le Pen sont des employés ou ouvriers.

Mais il est important de rappeler que c'est la classe dominante qui est la principale responsable de la banalisation de la xénophobie et de l'amalgame étranger=profiteur, et particulièrement la "gauche", au sein de laquelle beaucoup font preuve de mépris social envers les plus prolétaires. En plus de toutes les attaques sociales répétées, c'est le PS qui disait sous Mitterrand « En Italie, on distribue des documents en arabe pour expliquer aux immigrés qu’ils ont intérêt à aller en France (...). Il faut que les immigrés clandestins sachent qu’ils peuvent être expulsés. »[1] ou encore « Les charters, ce sont des gens qui partent en vacances à des prix inférieurs. Là ce sera totalement gratuit et ce ne sera pas pour des vacances. »[2] Le PS encore qui a institutionnalisé les Centres de rétention administratifs où l'Etat parque les immigrés... Sans compter le discours du PCF sur le "produisons français" qui désigne non pas le patronat comme cible mais l'étranger.

Liens internationaux[modifier | modifier le wikicode]

L'extrême droite ne prône certes pas l'internationalisme... Mais les différentes forces politiques qui s'en réclament sont capables de tisser des liens, d'une part affinitaires, et d'autre part par pragmatisme.

On peut penser par exemple à l'alliance entre les nazis et les fascistes italiens avant et pendant la Seconde guerre mondiale, leur proximité avec les franquistes espagnols... Dans la période actuelle, au niveau européen par exemple, certains partis se regroupent par sensibilité (nationalistes, traditionnalistes, néo-fascistes...).

Article détaillé : Extrême droite en Europe.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Gaston Defferre [1]
  2. Edith Cresson [2]