Islamophobie

De Wikirouge
Aller à : navigation, rechercher
LePointIslam.jpg
L'islamophobie est la stigmatisation de personnes de confession musulmane, ou supposées musulmanes. Dans la mesure où cette stigmatisation sert la plupart du temps à exprimer un racisme anti-arabes, elle est considérée comme une forme de racisme par plusieurs organisations anti-racistes.

Actualité[modifier]

L’islamophobie prend de plus en plus d'ampleur, particulièrement depuis les attentats du 11 septembre 2001. C’est lié à la stratégie des grandes puissances occidentales, qui depuis la chute de l’Union soviétique ont besoin de se trouver un nouvel ennemi pour maintenir l’ordre et faire taire les critiques de la mondialisation capitaliste qui se développent de plus en plus.

Il était impossible pour les gouvernements occidentaux, pour le G8 de dire que les « Arabes » ou les « Africains » sont « nos ennemis ». Par contre dénoncer la « barbarie de l’Islam » et chercher à faire des musulmans des boucs émissaires, c’est clairement la stratégie qui se développe de plus en plus. Plusieurs raisons expliquent le succès de l’islamophobie, l’habileté consiste à laisser se développer les discriminations qui visent spécifiquement les musulmans (dont la loi sur le voile n’est qu’un aspect) tout en affirmant que l’islamophobie n’existe pas, car c’est un mot qui serait répandu par les intégristes musulmans.

L’islamophobie n’est donc pas un phénomène isolé aujourd’hui. C’est une forme de racisme qui permet de justifier des politiques discriminatoires à l'intérieur et de multiplier des interventions impérialistes contre le soi-disant « axe du Mal » à l'extérieur.

Vincent Geisser décrit l'émergence d'une "nouvelle islamophobie" qui est à distinguer du racisme anti-arabe auparavant dominant. Désormais, les cibles du racisme sont constituées de Français dont la religion ferait problème à la Nation et à la République. Il ne s'agit plus seulement d'étrangers "inintégrables" ou en difficultés d'"intégration" mais d'un "ennemi de l'intérieur".

Le rôle des médias est analysé non pas comme opération de création machiavélique de l'islamophobie mais comme processus de diffusion d'image sur l'islam aux conséquences islamophobes. Dans le même sens, Thomas Deltombe analyse la construction médiatique d'un "islam imaginaire". Prenant pour objet d'analyse les archives de la télévision française de la révolution iranienne de 1979 aux débats sur le "foulard" en passant par la marche pour l'égalité de 1983 et l'affaire Rushdie, il restitue la construction progressive de l'image d'un islam dangereux, c'est-à-dire d'"une véritable islamophobie".

L'islamophobie est donc un avatar du racisme dans sa forme culturaliste. Elle se construit à partir d'une vision d'un "monde musulman", perçu à travers le filtre d'un orientalisme renouvelé; mettant exclusivement en avant des dimensions négatives : la peur, la différence, la distance, l'étrangeté, l'extranéité, etc. L'islamophobie est également une xénophobie, puisqu'elle désigne le plus souvent l'islam comme une composante étrangère à la "culture française". Elle procède comme toutes les autres formes du racisme par amalgame, réduction et globalisation: les personnes immigrées ou issues de l'immigration sont "lues" d'abord/uniquement comme musulmanes dans leurs interactions sociales, dans leurs comportements quotidiens et dans leurs prises de positions politiques. Le musulman n'est ainsi que musulman. Il n'est ni locataire, ni parent d'élève, ni travailleurs, etc. L'islamophobie s'inscrit de ce fait dans la grille d'analyse culturaliste de Samuel Huntington d'un "choc des civilisations". 

Historique[modifier]

Même si elle connaît un regain notable depuis les années 2000, l’islamophobie est historiquement bien plus ancienne que le racisme anti arabe qui s’est développé avec la colonisation du Maghreb.

John Tolan a mis en évidence la construction au Moyen-âge d'un imaginaire européen caricatural de l'islam et des musulmans. A partir d'une multitude de matériaux courant du 8ème au 13ème siècle, il met en exergue les images négatives et péjoratives qui s'ancrent dans la culture européenne au cours de cette période de confrontation.

L’islamophobie s’enracine dans l’histoire des Croisades menées à l’époque médiévale par les Etats européens. Elle s’appuie ensuite sur le refoulement des origines arabes et islamiques de la culture européenne. Il n’y aurait pas eu de développement des Lumières, de la culture occidentale et du capitalisme sans l’apport de la civilisation musulmane et de l’Islam qui font partie des bases de notre culture. Mais la culture bourgeoise européenne s’est développée depuis cette période en refoulant ce lien avec la culture musulmane, ce qui participait de l’idée de la supériorité de l’occident sur le reste du monde.

Positions de différentes organisations et courants[modifier]

En France, l'usage du terme islamophobie dans les réseaux antiracistes est récent, et fait l'objet de polémiques.

La mise en lumière de l'islamophobie par de nombreuses recherches suscite en réaction de nombreux écrits, en particulier de la part des "nouveaux philosophes" et/ou des "nouveaux réactionnaires". La convergence des argumentaires est patente : l'islamophobie n'existe pas. Elle n'est qu'une invention des "islamistes" et/ou des "islamo-gauchistes". Le terme d'"islamophobie" est d'ailleurs considéré comme une manipulation islamiste (ils affirment qu'il aurait été créé par les mollahs du régime iranien) par ceux qui considèrent qu'il y a un danger islamo-gauchiste.

Certains courants du mouvement ouvrier refusent d'utiliser le terme d'islamophobie, au nom du fait qu'il reviendrait à défendre une religion plutôt que des personnes victimes de racisme. Ce à quoi il est généralement répondu que le fait de dénoncer une religion comme "plus dangereuse" qu'une autre est un racisme, ou encore le fait que l'antisémitisme vise en général les juifs en raison de leur religion, et que pour autant les antiracistes trouvent normal de s'y opposer sans hésitation.

Notes et sources[modifier]

www.islamophobie.net - Site du Collectif contre l'islamophobie en France