Seconde guerre mondiale

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Avancées de l'Allemagne nazie et de l'URSS stalinienne en Europe du 31 août 1939 au 21 juin 1941.

La seconde guerre mondiale fût le conflit le plus meurtrier et le plus destructeur que l'humanité ait jamais connue, datée par les historiens de l'invasion de la Pologne par les armées nazies (septembre 1939) à la capitulation du Japon (et des dernières forces de l'Axe) consécutive aux bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki le 2 septembre 1945. Elle voit l'arène guerrière se polariser entre deux camps, celui de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon et vassaux) et celui des Alliés (France, Angleterre, Etats-Unis, empires coloniaux...). Elle éleva les Etats-Unis d'Amérique et l'URSS (de Staline), les deux "Grands" vainqueurs, au rang de superpuissances qui s'affronteront durant la guerre froide.

1 Contexte[modifier | modifier le wikicode]

1.1 Crise économique, fascisme et impérialisme[modifier | modifier le wikicode]

A l'issue de la Première guerre mondiale et de l'échec de la vague communiste, le prolétariat est durement touché par les plans d'austérités gouvernementaux et le chômage. Les gouvernements ex-alliés, jouissant du prestige de leurs victoires, sont dominés par les conservateurs chauvins. La timide reconstruction cède, en une décennie à peine, à une terrible crise économique, causée par une crise du capitalisme vieillissant, ébranlant les principaux pays industrialisés, à l'exception de l'URSS qui ne cesse de se développer. Le fascisme, idéologie à la base essentiellement petite-bourgeoise prônant un État fort et guerrier, se répand comme une traînée de poudre : Mussolini et les "chemises brunes" en Italie dans les années 1920, Hitler et les nazis en Allemagne en 1933, Franco soutenu par ces deux derniers juste avant la guerre... Ce sont les politiques impérialistes fascistes, consécutives à leur idéologie et la crise, qui amèneront à cette guerre funeste.

Pourtant, il y avait en face un camp porteur d'une alternative, celui de la révolution socialiste. Mais coup sur coup, il a été vaincu et ses directions ont été incapables de mener à une victoire dans un pays, qui aurait peut-être pu faire basculer le rapport de force. Ainsi Trotski écrivait, à la veille de la guerre :

« Si les républicains bourgeois espagnols, avec leurs alliés socialistes, avec leurs alliés communistes, ou avec leurs alliés anarchistes n’avaient pas réussi à étrangler la révolution espagnole — car ce ne fut pas la victoire de Franco, mais la défaite du Front Populaire —, on aurait alors pu espérer que la victoire du prolétariat espagnol provoquerait un grand mouvement révolutionnaire en France, et on en a vu le commencement en juin 1936 dans les grèves sur le tas en France : dans ces conditions, l’Europe aurait pu éviter la guerre. »[1]

1.1.1 En Allemagne[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1920 jusqu'aux années 1930, l'Allemagne est dominée par les "socialistes-démocrates", les mêmes qui écrasèrent le soulèvement ouvrier à l'issue de la Grande Guerre. Grâce aux crédits américains, les industries se reconstruisent et le niveau de vie global augmente. Mais l'ancien Reich doit des milliards de dollars de frais et réparations aux pays victorieux. A la suite du crash boursier américain en 1930, la récession frappe le pays, et ce, d'autant plus que l'État n'a toujours pas remboursé la dette fixée par le traité de Versailles et les accords ultérieurs. Comme toujours, ce sont les prolétaires et petits-bourgeois qui en souffre. On assiste à une paupérisation de la société civile, dû notemment aux licensiements (économiques) massifs et à l'inflation. Un tel contexte aurait été propice à une révolution socialiste, d'autant plus que les capitalistes avaient développées suffisamment les forces productives pour assurer du travail à tous. Mais le PCA, inféodé au Komintern stalinisé, suit une politique réformiste, aux antipodes des idéaux prônés par Luxemburg. Les communistes, profondément divisés depuis Staline, sont concurrencés par les nazis, bien plus dynamiques et démagogues, constituant ainsi une force politique et populaire majeure. En 1933, les nazis obtiennent la majorité des sièges à l'Assemblée légale de l'époque, le Reichstag. Des partisans nazis incendient l'Assemblée, Hitler profitant de cet incident pour se faire voter les pleins pouvoirs, annihiler toute opposition, diffuser ses idées par une propagande intense et ainsi instaurer un régime totalitaire. Par la suite, les dignitaires nazis se débarasseront progressivement des milices (petites-bourgeoises) qu'ils intègreront à la police politique ou à l'Armée. L'épisode le plus marquant de cette purge est la Nuit des Longs Couteaux, où la franche modérée du pouvoir, incarnée par Rommel et les SA, sont éliminés, les sympathisants déportés ou contraints à l'exil. Hitler théorise la thèse du "territoire vital", justifiant l'invasion de l'Autriche et de la Tchécoslovaquie.
L'invasion allemande de la Pologne, le 1er et 2 septembre 1939, marque le début de la guerre.

1.1.2 En France[modifier | modifier le wikicode]

FrontPopulaireProgramme.jpg

En 1918, la situation de la France est analogue à celle des allemands. Le nord est dévasté par les batailles, même Paris a été fortement touché par les bombardements allemands. Mais, profitant de leur victoire, des indemnitées reversées par l'Allemagne et notemment de l'annexion de l'Alsace-Moselle, les industries et communes, pilotées temporairement par l'Etat, se reconstruiront plus vite. Cela n'empêche pas les ouvriers de rester, pour la plupart, dans la misère, la plupart de ceux du Nord vivant dans des taudis, gagnant à peine de quoi se nourrir, se vêtir et se chauffer. Cette situation se globalise en se détériorant lorsque la France est frappée par la crise dans les années 1930. Les ligues, ces forces d'extrême-droite profitant du succès des fascistes et des nazis, profondément antisémites et antiparlementaristes, ne cessent de gagner de l'ampleur. Le PCF, stalinisé, décide de passer un compromis avec les forces socialistes, elles-même alliées aux forces radicales (moyennes-bourgeoises) : le Front Populaire, immense vecteur d'espoir, naît et emporte la majorité des sièges lors des élections législatives de 1936.

Mais ce n'est pas un front unique ouvrier, dans le sens où les communistes, inféodés aux bourgeois sous ordre de Staline (qui ne souhaite pas étendre la révolution, depuis longtemps consumée en URSS), suivent une ligne réformiste qui ne peut qu'aboutir à la victoire du grand capital. Bien que des mesures exemplaires soient prises par le Front Populaire (toutefois sous l'empressement des travailleurs lors des grandes grèves consécutives aux élections), comme les congés payés, la semaine de quarante heures ou encore la nationalisation des industries de l'armement et des chemins de fer, cela ne suffit pas pour enrayer la crise. Le FP se déchire, les communistes, radicaux quittant l'alliance, laissant la SFIO seule. Cette dernière perd les élections législatives suivantes, récupérées par la droite tradionnelle qui ne fait qu'aggraver la crise, mais signe un "compromis" (très laxiste) avec les forces allemandes, s'attirant ainsi la sympathie de la population, redoutant une autre guerre.

1.1.3 En Angleterre[modifier | modifier le wikicode]

Le Royaume-Uni fût assez peu frappé par la crise, mais la paupérisation des masses facilita l'émergence des forces socialistes révolutionnaires (Parti des Travailleurs...), cependant sans suites particulières. Peu avant l'invasion de la Pologne, les Britanniques signeront un compromis avec les forces nazies, avec le succès qu'on lui connaîtra...

1.1.4 En URSS[modifier | modifier le wikicode]

L'URSS, autarcique car isolée depuis l'échec de la révolution mondiale, n'est pas impactée par la crise économique. Au contraire, ses industries, civiles comme militaires, ne cesseront de se développer, et ce, grâce aux destructions de la Guerre Civile et de la mise en place des plans quinquennaux. Mais, politiquement, l'URSS est un pays aux institutions gelées. Staline, s'érigeant de plus en plus comme une divinité vivante (à l'instar de l'empereur du Japon), ne tolère aucune opposition, même partielle, dirige d'innombrables purges, calomnie les dissidents révolutionnaires comme Trotski

Opposé à l'idée d'une révolution mondiale et favorable à l'expansion de son empire, Staline décourage les communistes révolutionnaires de passer à l'action et les encourage, au contraire, à suivre une ligne réformiste, respectueuse de l'Etat bourgeois et du capitalisme. En 1936, Staline mène une très grande purge, se soldant par des déportations massives dans les camps de la mort (goulags) et des condamnations à morts, contre les apparetchik du système soviétique et leurs sympathisants : ce sont les Grandes Purges. Au cours de parodies de procès, où les accusés sont contraints d'avouer des crimes imaginaires, d'anciens bolchéviks, compagnons de Lénine mais critiques (ou supposés en tant que tels), sont mis à morts, parfois sous ordre personnel de l'homme de fer. Peu avant la guerre, l'URSS signe un pacte de non-agression avec le troisième Reich. Les deux armées - nazies et rouges - démembrent, puis se partagent la Pologne (ce qui prouve, pour certains marxistes, que l'URSS était un pays impérialiste, bien que d'autres contestent cette version - voir la page Nature de l'URSS).

1.1.5 Au Japon[modifier | modifier le wikicode]

Le Japon, Etat fort et conservateur, proche du fascisme, suit une ligne politique impérialiste, guerrière et xénophobe. Il s'agissait pour les hauts dignitaires de créer un vaste Empire nippon mondial (« les huit coins du monde sous un seul toit »). Et, de ce fait, ils ne pouvaient qu'entrer en guerre.

2 La guerre (1939 - 1945)[modifier | modifier le wikicode]

2.1 En Europe[modifier | modifier le wikicode]

2.1.1 Invasion de la Pologne[modifier | modifier le wikicode]

Peu avant l'invasion de la Pologne, les puissances occidentales "démocratiques" signent un accord de la dernière chance avec les forces allemandes. Pour les Occidentaux, le but est d'éviter un second conflit européen, les dirigeants sachant les traumatismes d'une telle guerre, aussi bien économiques (destructions massives...) que sociaux (révolution socialiste...). Mais les Allemands savent qu'ils feront fit de cet accord : le but est de leurrer les futures forces alliées pour bénéficier de l'effet de surprise.

Et l'invasion peut commencer : prétextant une agression diplomatique intolérable sur le sol même du Reich (incident de Gleiwitz [sur Wikipédia]) l'Armée allemande, forte de plusieurs divisions blindées, pénètre le territoire polonais pratiquement sans résistance la nuit du 1er septembre, à 4h45 du matin. Dans le même temps, l'Armée rouge envahit la Pologne par l'Est. Largement surclassée, la Pologne est écrasée en quelques jours : c'est la guerre-éclair, ou Blitzkrieg, mobilisant de concert les forces aériennes, lourdes et l'infanterie et jouant sur un effet de surprise.

2.1.2 Drôle de guerre[modifier | modifier le wikicode]

La France et le Royaume-Uni déclarent aussitôt la guerre à l'Allemagne. Ces dirigeants pensent que l'Armée allemande sera surclassée par les forces franco-britanniques. Les Français tentent alors plusieurs perçées, mais suivant une stratégie archaique directement reprise des assauts meurtriers de la Grande Guerre, ces derniers ne peuvent avancer que d'une vingtaine de kilomètres ! De septembre 1939 à juin 1940, il n'y a aucune bataille d'ampleur. C'est la Drôle de Guerre. Les Français rechignent à attaquer, tout comme les Allemands, à tel point que certains pensent signer la paix.

En réalité, les dignitaires nazis planifient l'invasion de la France et de l'Europe en réorganisant leur armée tout en sécurisant les frontières avec les Soviétiques : la Pologne n'était qu'un "entraînement".

2.1.3 Invasion de la France, de l'Europe, de l'URSS et résistance anglaise[modifier | modifier le wikicode]

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En juin 1940, au cours d'une offensive éclair, les armées allemandes convergent toutes vers la France. Ils envahissent en quelques jours à peine le Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, pourtant neutres. Ensuite, après avoir marqué une semaine de "pause", la Wehrmacht submerge les frontières françaises en prenant à revers la ligne Maginot, entâché de faiblesses. Certains forts se rendent en moins d'un jour, d'autres résistent jusqu'à deux semaines avant d'être finalement pris, les soldats emmenés comme prisonniers de guerre. Au lieu de former un bloc homogène sur des centaines de kilomètres, les forces allemandes se concentrent sur quelques routes : les Français et Britanniques, éparpillés en petits groupes, sont incapables de leur résister. C'est la fameuse Débâcle : en quelques semaines, la moitié nord de la France et le sud-ouest sont occupés. Paris décrétée ville ouverte, le Conseil se réfugie à Verdun. L'Assemblée législative vote les pleins pouvoirs à Pétain, vieux maréchal réactionnaire à la botte de Hitler : ainsi, ce dernier signe l'armistice, puis instaure un régime antisémite livrant les exilés allemands et juifs aux camps de la morts, avant de décréter le Service du Travail Obligatoire. Certains refusent de se plier à ce gouvernement fantoche et entrent dans la résistance : espionnage des forces allemandes, distribution de tracts appelant à la lutte, sabotage voire résistance armée dans les maquis (grandes forêts). De Gaulle appelle les résistants à le rejoindre et envoie son délégué, Jean Moulin (connaissant une fin tragique), unir ces mouvements au sein du Conseil National de Résistance (CNR).

De leurs côtés, les Italiens "se contentent" d'occuper quelques territoires à l'Est de la France et tentent d'agrandir leur empire colonial, jouant ainsi un rôle assez mineur si ce n'est "fantoche" dans la guerre et les destructions.

Pendant ce temps, les nazis envahissent le reste de l'Europe (Europe centrale, Balkans et URSS), à l'exception de la Suède. Ces derniers font face à une résistance acharnée. Staline décrète les retraites improvisées illégales. Les Russes résistent héroiquement lors des batailles de Leningrad et de Stalingrad : Hitler échoue à prendre le pétrole du Caucase et ne peut que battre en retraite, ses divisions étant littéralement annihilées par les Soviétiques. Dans les Balkans, les forces allemandes font face à une forte résistance, incarnée par Tito et l'armée de libération yougoslave.

De plus, les Allemands ne peuvent, malgré leurs moyens navaux, envahir l'Angleterre : cette dernière, envoyant hommes, armes, munitions et soins aux maquisards français, constitue l'épine dans le pied du colosse allemand, à tel point que les scientifiques nazis, sous l'égide de Von Braun, construisent et testent la fusée V1, puis V2, à très longue portée (> 300 km) : depuis le "Mur de l'Atlantique", Londres sera ainsi pillonée des mois avant la fin de la guerre. Au Maghreb, les forces allemandes finissent par être battus lors de la bataille d'El Alamein. Rommel, le "renard du désert", est déchu de son poste.

En 1943, les Alliés se réunissent à la conférence de Yalta. Confiants sur l'avenir de la guerre, le sort de l'Europe est scellé : les pays libérés par les Soviétiques resteront sous leur influence, tout comme ceux libérés par la coalition américano-britannique.

2.1.4 Répression et génocide[modifier | modifier le wikicode]

Entrée du camp de Birkenau (Auschwitz II)

Les nazis organisent alors l'extermination industrielle, au sein des chambres à gaz disséminés dans les camps de concentration polonais, des minorités juives, tziganes, homosexuelles, noires et arabes, ainsi que des opposants et des dissidents, soit une dizaine de millions de personnes.

Les détenus sont regroupés de force, nus et dépossédés, dans de vastes "chambres" maquillées en douche, d'où s'échappe un gaz hautement nocif, le Zyklon-B (utilisé comme insecticide) la plupart du temps, parfois d'autre gaz. Les cadavres sont ensuites incinérés, et l'on rapporte que certains responsables fabriquèrent des "curiosités" en cuir humain (comme des abats-jours, des lampes, reliures de livres...). A l'Est, où les moyens techniques manquent, les Allemands procèdent à des fusillades massives (Babi-Yar...), puis jettent les corps dans des fosses communes ou en pâture ; les Ukrainiens en souffriront énormément. En 1943, avec la défaite imminente, le processus s'intensifia, et ne s'arrêtera qu'au moment de la libération des camps. Il ne faut pas oublier les petits camps de concentration russes, serbes et français, servant d'intermédiaire, appelés camps de détention, comme celui de Drancy, où les détenus sont entassés dans des conditions épouvantables.[2]

2.1.5 Revers et capitulation allemande[modifier | modifier le wikicode]

Le revers allemand s'explique de plusieurs façons.

  • A l'Est, l'Armée rouge stoppe, puis repousse les forces allemandes au-delà des frontières d'origines. Les Soviétiques reprennent ainsi leur territoire, puis la Pologne et l'Europe de l'Est et enfin l'Allemagne de l'Est, marquant par là leur zone d'influence et le futur bloc de l'Est.
  • Dans les Balkans, Tito et ses troupes livrent une résistance acharnée aux troupes nazies, à tel point que ces dernières désertent la région !
  • A l'ouest, les Américains, Britanniques, Canadiens et quelques bataillons français libèrent progressivement la France, puis les pays frontaliers à partir des débarquements normands et méditérannéens, envahissent l'Italie par le Sud et le Nord et destituent Mussolini (qui meurt pendu).
  • L'Allemagne est non seulement prise entre le marteau et l'enclume, elle souffre de restrictions sévères dûs aux embargos et aux destructions ainsi qu'à l'absence de colonie, les Français profitant ainsi de leur empire colonial resté fidèle à la République pour s'y réfugier et ressourcer.

En 1945, le territoire nazi se résume à Berlin et quelques zones d'influences éparses, rapidement reprises par les Alliées. La capitale résiste quelques semaines, mais finit par être investie par les troupes russes, puis américaines, en mai 1945. Le 8 mai, le maréchel Hynkel signe la capitulation sans condition du Troisième Reich, désormais occupé par toutes les forces Alliées.

2.2 En Asie[modifier | modifier le wikicode]

2.2.1 Invasion de la Chine[modifier | modifier le wikicode]

En 1939, les Japonais procèdent à l'invasion de la Mandchourie, riche province cotière aux mains des Chinois, après avoir annexée la Corée dans les années 1930. Dans un premier temps, cela suscite l'indifférence des Européens qui se heurtent à la question nazi. Mais l'Etat chinois bourgeois, en proie à une guerre civile interne, est dans un premier temps incapable de résister aux Japonais. Ces derniers se livrent à des exactions contre les civils chinois, comme l'extermination massive de paysans ou l'esclavagisme sexuel des prisonnières ("maison de réconforts"). On assiste à des massacres sans communes mesures, comme celui de Nankin... Finalement, les forces antagonistes se réunissent au sein d'un "front uni", tenant tête aux nippons (au prix de lourdes pertes et de destructions) sans parvenir à prendre le dessus ; seul l'assistance soviétique et la capitulation japonaise consécutive aux deux bombardements atomiques permettra de libérer la Chine, alors récupérée par les "révolutionnaires" du Kuomitang.

2.2.2 Invasion des îles américaines et pourparlers avec les soviétiques[modifier | modifier le wikicode]

La tension monte entre les Etats-Unis et les Japonais. En effet, ces deux puissances impérialistes se disputent les îles du Pacifique, riches en ressources et d'intérêts géostratégiques majeurs. Cela aboutit à la fameuse boucherie de Pearl Hearbor, où les Américains, secoués par la perte de nombreux navires, finiront par reprendre le dessus au terme de combats navaux et aériens d'une violence peu commune.

Dans le même temps, les Soviétiques se montrent méfiants avec les Japonais, parce qu'ils supportent les forces de l'Axe et combattent les communistes chinois. Staline envisage alors de déclarer la guerre à l'Empire du Soleil levant, ce qu'il fera après les deux bombardements, le 9 août 1945.

2.2.3 Bombardements atomiques et capitulation[modifier | modifier le wikicode]

Champignon atomique au dessus de Nagasaki

Mais les Japonais résistent avec acharnement, les Etats-Unis perdent des milliers d'hommes et de véhicules, et l'armée ne pourra supporter le poids d'une reconquête à elle seule (le président Truman ayant promis la "victoire totale"), les Américains étant de plus confrontés aux Italiens et aux Allemands en Europe. Truman planifie alors le bombardement atomique d'Hiroshima, puis de Nagasaki, respectivement les 6 et 9 août 1945. Seuls deux bombes nucléaires auront suffi à détruire presque entièrement les deux villes et leurs habitants, les rares survivants étant irradiés et atteins de mutations génétiques, de cancers...

Le 8 août, soit 1 jour avant le bombardement de Nagasaki, les Américains livrent trois millions de tracts aux messages suivants :

« À L'ATTENTION DU PEUPLE JAPONAIS L'Amérique demande que vous prêtiez immédiatement attention à ce que vous allez lire sur cette feuille. Nous sommes en possession de l'explosif le plus destructeur jamais conçu par l'homme. Une seule de nos bombes atomiques, que nous avons récemment développées, est équivalente à la puissance explosive de 2 000 B-29 lors d'une seule mission. Cette affreuse affirmation doit vous faire réfléchir et nous pouvons vous assurer solennellement qu'elle est terriblement exacte. Nous venons juste de commencer à utiliser cette arme contre votre patrie. Si vous avez un quelconque doute, faites une enquête et demandez ce qui s'est passé à Hiroshima quand une seule de nos bombes est tombée sur la ville. Avant d'utiliser cette bombe pour détruire toutes les ressources militaires qui permettent de continuer cette guerre inutile, nous vous demandons d'adresser à l'Empereur une pétition pour mettre fin au conflit. Notre président a exposé les treize conditions d'une capitulation honorable. Nous vous pressons d'accepter ces conditions et de commencer le processus de construction d'un nouveau Japon, meilleur et en paix. Vous devriez prendre maintenant des décisions pour arrêter la résistance militaire. Nous devrons autrement nous résoudre à utiliser cette bombe et toutes nos autres armes supérieures pour cesser rapidement et avec force cette guerre. »

Face à la violence de cette nouvelle arme, les Japonais jettent l'éponge : la capitulation est signée en grandes pompes (!) le 2 septembre 1945. Ce bombardement est aussi, d'une certaine manière, l'acte inaugural de la guerre froide, les Etats-Unis montrant leur puissance de feu aux Soviétiques, ne disposant pas encore de cette arme.

3 Conséquences[modifier | modifier le wikicode]

3.1 Victimes et destructions[modifier | modifier le wikicode]

La Seconde Guerre Mondiale fût le conflit le plus destructeur et le plus meurtrier au monde : l'ampleur des destructions dépasse de loin l'ensemble des destructions accumulées depuis les premières guerres jusqu'à aujourd'hui. Le nombre de victimes exact est inconnu, mais nul doute qu'il dépasse plus de 60 millions de personnes, dont plus de 30 millions de civils, la plupart exterminés dans les chambres à gaz allemandes.

3.2 Repartage du monde[modifier | modifier le wikicode]

Conférence de Potsdam qui acte notamment le découpage de l'Allemagne vaincue

La première d'une série de conférences de Moscou entre Alliés commence en 1941. Dès la conférence de Téhéran, en novembre-décembre 1943, le partage du monde de l'après-guerre commence à être négocié. L'URSS obtient de conserver les territoires conquis en 1939-1940 (pays Baltes, Carélie finlandaise, Moldavie et Bessarabie roumaines) et dès le 9 octobre 1944, le principe d'un partage des sphères d'influence est accepté par Churchill. Un accord griffonné sur une feuille de papier entérina les pourcentages d'influence arrêtés: Roumanie, 90% pour la Russie, 10% pour les autres; Grèce, 90% pour la Grande-Bretagne (en accord avec les Etats-Unis), 10% pour la Russie; Yougoslavie, 50%/50%; Hongrie, 50%/50%; Bulgarie, 75% pour la Russie, 25% pour les autres. Mais cela évolua encore en fonction des rapports de forces militaires et politiques et des avancées des armées alliées et de l'Armée rouge.

Lors de la conférence de Yalta (qui n'est en réalité pas l'événément clé[3]), les vainqueurs se rencontrent à nouveau pour négocier, et proclament notamment le principe d'élections libres (que Staline bafouera très vite).

3.3 Vague révolutionnaire étouffée[modifier | modifier le wikicode]

🔍 Voir aussi : Vague révolutionnaire de 1945.

Comme après la Première guerre mondiale, la fin du conflit et la démobilisation donna un fort élan aux luttes de classes, avec y compris des situations révolutionnaires dans plusieurs pays.

En France et en Italie, les Parti communistes sortirent en position de force, notamment du fait de leur implication dans la Résistance. De très nombreux militants communistes se retrouvaient armés, tandis que l'autorité morale de nombreux secteurs de la bourgeoisie était tombée au plus bas du fait des affaires qu'ils avaient faites sous la collaboration. Mais les dirigeants communistes (suivant pleinement en cela les souhaits de Staline), mirent tout leur poids au service de la reconstruction des États bourgeois, en collaboration avec la droite (gaullisme en France...).

Le PCF maintient encore aujourd'hui une image mythifiée des réalisations du Conseil national de la résistance. Celui-ci a bien sûr consisté en l'application de mesures sociales progressistes, mais vu le rapport de force de l'époque, il représentait avant tout un effort de canalisation des espérances communistes pour qu'elles ne débordent pas du cadre capitaliste.

En Italie, un processus similaire a eu lieu. Dans la biographie du dirigeant communiste Togliatti, que celui-ci a validé lui-même, il est relaté qu'à peine débarqué à Naples, Togliatti a "pris le taureau par les cornes" et s'est "attelé au problème des institutions, (...) à la création immédiate d'un gouvernement d'union nationale". Il est relaté que face à lui "la plupart des présents furent stupéfaits".[4]

Dès l'automne 1944, alors que les troupes alliées étaient sur le point de prendre le Nord de l'Italie, celles-ci firent une halte tout l'hiver, pour laisser les fascistes et nazis réprimer la résistance, ne voulant pas que celle-ci (dont la radicalité ouvrière et paysanne menaçait les possédants) soit trop forte au moment de la libération[5]. Mais les résistants tinrent bon. Et le commandement allié dut utiliser l'état de guerre et le soutien du PCI pour désarmer les comités de libération nationale[6], rendre toutes les propriétés qu'ils avaient confisquées, et remettre en scelle des politiciens conservateurs que les résistants avaient écartés. Et le PCI entra au gouvernement de Badoglio, qui était maréchal sous le fascisme. Cela faisait suite au "virage de Salerne".

D'un point de vue italien, les forces communistes semblaient pourtant, sur le papier, omniprésentes. Au Nord, derrière la frontière autrichienne, se trouvait l'Armée rouge soviétique. A l'Est, en Yougoslavie, les résistants communistes avaient aussi pris le dessus. Mais le PCY se retrouva lui aussi dans un gouvernement commun avec des monarchistes.

En Grèce, la résistance communiste était elle aussi très puissante. Mais Staline et Churchill s'étaient mis d'accord à Yalta : la Grèce devait revenir à la sphère d'influence britannique. Par conséquent, les troupes anglaises menèrent en toute sérénité une vague de répression meurtrière et un soutien aux réactionnaires, ce qui déboucha sur une guerre civile jusqu'en 1949.

En Chine, Staline appuyait Tchang Kai-chek, et ne voulait absolument pas d'un rôle indépendant du PCC. Si finalement, en Chine comme en Yougoslavie, l'après-guerre vit l'instauration de régimes "communistes", ce fut uniquement dû au fait que Mao et Tito ont rompu avec Moscou. Malheureusement, même si ces régimes représentaient de façon déformée des aspirations populaires, ils ne peuvent pas être qualifiés de socialistes, et ont dès l'origine mis en place des bureaucraties autoritaires.

3.4 Boom économique[modifier | modifier le wikicode]

La fin de la guerre laisse place à une période de prospérité sans précédent, durant les trente ans à venir (les Trente Glorieuses) : le niveau de vie global augmente, au prix constant de luttes. Les inégalités reculent, et les mirages reviennent (ascenseur social...), avant la dégringolade et les tourments de la crise, montrant par là le caractère ondulatoire du capitalisme.

3.5 Guerre froide[modifier | modifier le wikicode]

Le conflit a élevé au rang de superpuissance les Etats-Unis (qui possèdent l'arme atomique) ainsi que l'URSS, de par l'acquisition de la bombe nucléaire et la zone d'influence ainsi formée. Ces deux pays, ainsi que leurs pays vassaux, formeront deux blocs antagonistes et autarciques qui ne cesseront dès lors de s'affronter, sans conflit militaire direct. Cette tendance atteindra son paroxysme lors de la guerre du Vietnam, puis s'affaiblira au détriment de l'URSS qui finit dissoute en 1991, en proie à ses contradictions internes.

🔍 Voir aussi : Guerre froide.

4 Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

Ouvrages

Notes

  1. Léon Trotski, A la veille de la Deuxième guerre mondiale, 23 juillet 1939
  2. Voyage à Pitchipoi, Jean-Claude Moscovici. Récit de l'auteur lorsqu'il fût interné à Drancy, encore enfant.
  3. Le Figaro, Il y a 70 ans, Yalta n'a pas «partagé» le monde, 2015
  4. Palmiro Togliatti, par Marcella et Maurizio Ferrara, 1954
  5. Fernando Claudín, La crise du mouvement communiste, du Komintern au Kominform ,1970 (Parution en français : Maspero, 1972)
  6. Voir notamment le film Novecento de Bertolucci (1976)