Révolution chinoise (1949)

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La révolution chinoise de 1949
fut la prise du pouvoir par le Parti Communiste Chinois (PCC), mais pourrait être caractérisée comme une révolution nationaliste, avec un fort appui de la paysannerie, mais en aucun cas d'une révolution socialiste. Cette révolution est l'aboutissement de ce que l'on a appelé la guerre civile chinoise (1927-1949).

Contexte
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La décennie de Nankin (1927-1937)[modifier]

Article détaillé : Décennie de Nankin.

Suite à la cuisante défaite du mouvement ouvrier en 1927, les militants du PCC sont pourchassés, et ont trouvé refuge dans les campagnes. Le Kuomintang (KMT) de Tchang-Kaï-chek instaure une dictature et réussi à rétablir l'ordre bourgeois dans l'essentiel du pays.

L'Internationale communiste stalinisée impose à cette époque un tournant gauchiste, et le PCC implante des "bases rouges" dans les campagnes, et proclame même une éphémère république dite « soviétique », même s'il s'agit principalement d'une réforme agraire, sans démocratie. Le PCC change profondément de nature : il perd tout lien avec les deux millions d'ouvriers et devient un appareil politico-militaire qui se créé une certaine popularité dans la paysannerie.

Parallèlement, les combats avec l'armée du KMT sont très durs, infligeant de dures épreuves au PCC : c'est la "guerre civile chinoise". C'est notamment avec la Longue Marche que Mao Zedong va s'imposer à la direction du parti, auquel il va faire accepter son révisionnisme consistant à s'appuyer sur une armée paysanne. Les pérégrinations du PCC dans les campagnes chinoises vont d'ailleurs lui permettre de populariser son programme parmi l'immense paysannerie pauvre de Chine.

L'impérialisme et la « Guerre Froide »[modifier]

En cette moitié de XXème siècle, la Chine est un immense pays peuplé d'un demi-milliard d'habitants, avec une civilisation extrêmement ancienne et qui fut longtemps en tête de l'humanité. Mais depuis le XIXème siècle, l'impérialisme occidental et japonais l'avait dominée et bridée, à tel point que l'on pouvait véritablement parler de semi-colonisation. Une partie de la bourgeoisie avait tenté de défendre le projet de plus d'autonomie, notamment avec le KMT de Sun-Yat-Sen et la révolution de 1911, mais ce fut un semi-échec. Car cela impliquait soulever des masses paysannes et ouvrières que le KMT craignait, d'autant qu'elles étaient influencées par les communistes. La politique capitularde imposée par les staliniens permirent au KMT de s'imposer pour encore plus d'une décennie, mais la fragilité face aux puissances impérialistes était toujours là.

De plus, la profonde stagnation économique des années 1930 avivait les tensions entre impérialistes, au point de provoquer la Seconde boucherie mondiale.

A cela venait s'ajouter depuis la fin de la Seconde guerre mondiale la « Guerre Froide » qui opposait les puissances occidentales à l'URSS et ses alliés. Pourtant, l'Union soviétique ne fit rien pour aider le  PCC à prendre le pouvoir. La clique stalinienne n'avait d'ailleurs que du mépris pour les militants du PCC qu'elle appellait les « communistes de margarine ». 

Quant aux Etats-Unis, ils avaient jusqu'au bout soutenu et armé les vaincus, Tchang Kaï-chek et son parti, le Kuomintang. La prise du pouvoir par Mao s'appuyait sur une telle mobilisation populaire que l'impérialisme ne tenta pas d'intervenir directement.

Les événements
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1931 - L'invasion japonaise[modifier]

En 1931, le Japon envahit la Mandchourie, au Nord-Est de la Chine. Malgré le calme relatif qui s'ensuit, les velléités expansionnistes de l'impérialisme japonais ne font aucun doute.

Mais face à cela, le Kuomintang fut très peu réactif, et au contraire se coula dans la collaboration. C'est que sa base sociale était une bourgeoisie conservatrice (grands banquiers et grands propriétaires) qui montrait peu d'empressement à se battre. Se contentant depuis déjà longtemps d'un rôle de compradore, elle préférait partager les fruits de l'exploitation des ouvriers et des paysans.

C'est pourquoi non seulement, le KMT ne fit quasiment rien contre l'avancée japonaise, mais en plus se concentrait sur la répression de l'ennemi intérieur, le PCC.

1936 - L'alliance KMT-PCC[modifier]

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En décembre 1936, Tchang Kaï-chek, qui se reposait dans une résidence proche de la ville de Xian, fut enlevé par un de ses généraux, qui entendait lui imposer ainsi de constituer un front uni avec le PCC contre les Japonais. Finalement une délégation de ce parti, conduite par Chou En-lai, vint négocier et libérer le dictateur. Au delà de l'anecdote, cela correspondait aussi à la nouvelle politique décidée à Moscou de favoriser les "Fronts populaires" avec les bourgeois dans tous les pays. Les armées paysannes du PCC furent intégrées à l'armée de Tchang Kaï-chek. L'accord satisfaisait également les puissances impérialistes rivales du Japon, qui voulaient freiner son expansion dans la région.

Jusque-là, le PCC avait dénoncé le régime dictatorial du KMT, désormais il présentait ceux qui hier encore le réprimait comme un bon allié. Comme dans les années 1920, le PCC ressortit sa justification étapiste, et le "bloc des 4 classes" (paysans, ouvriers, petite-bourgeoisie, bourgeoisie nationaliste), parlant de réaliser d'abord une phase « démocratique-bourgeoise » de la révolution. Devenu l'allié du parti des grands propriétaires fonciers, le PCC se mit à limiter les ardeurs de sa base paysanne. Il n'était plus question que de s'en prendre aux propriétaires fonciers collaborant avec l'envahisseur japonais. Le PCC ne prônait plus que le développement d’un « capitalisme à caractère progressiste » pour « contribuer à l’amélioration des conditions de vie du peuple ».

Encore Mao n’alla-t-il pas jusqu’à fusionner purement et simplement ses forces armées avec celles du KMT, comme le voulait Staline. De ce point de vue, il parvint à maintenir une certaine autonomie par rapport à Moscou.

Le PCC se plaçait désormais sur le même terrain que son concurrent Kuomintang, celui du nationalisme, avec à peine une nuance réformiste. La différence, par rapport aux milieux corrompus qui entouraient Tchang Kaï-chek, était que les militants du PCC allaient apparaître comme des nationalistes sincères, dont l'engagement contre les troupes japonaises était bien réel, attirant à eux tous ceux qui voulaient se battre contre l'occupant.

1937- Guerre nationale et victoire commune
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En juillet 1937, le Japon déclenche la guerre pour la conquête totale du pays. Plus généralement les tensions inter-impérialistes sont très fortes et deux ans plus tard, c'est la Deuxième guerre mondiale. Etant donné le différentiel militaire et matériel, à l'étranger peu de monde comptait sur une victoire chinoise. Mais l'énergie des masses paysannes acquises au PCC furent combinée à un soutien matériel de puissances étrangères. En effet, dans le conflit mondial, les Etats-Unis avaient des intérêts opposés au Japon, et soutinrent officieusement le Kuomintang. L'URSS craignait de son côté surtout des avancées japonaises, ce qui l'aurait contraint à une guerre sur deux fronts.

L'avancée des troupes japonaises fut d'abord rapide, sur les côtes et même dans quelques régions de la Chine centrale. A l'Est du pays, la bourgeoisie collaborationniste mit en place le régime de Wang-Jin-Wei à la botte des envahisseurs.

Au cours de cette période, le nombre d’adhérents du PCC progressa jusqu’à 1,2 millions en 1945, recrutés presque exclusivement dans la paysannerie, qui était soucieuse de défendre sa terre contre l’envahisseur japonais et qui haïssait par ailleurs le régime de Tchang-Kaï-Tchek, car celui-ci l’avait opprimée et pillée pendant des années pour entretenir son propre parasitisme despote, et lui avait refusé la réforme agraire que le PCC lui promettait au contraire... pour l’après-guerre.

1945 - Guerre civile et victoire du PCC
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En 1945, au terme de huit ans de guerre, le Japon était vaincu, se rendait aux Etats-Unis, et se retirait de Chine. Le KMT se retourna alors contre les communistes, comme à la fin des années 1920. Mais la situation était différente. L'Etat régulier ne contrôlait plus que le Sud du pays et les grandes villes, et le PCC, qui avait gardé son autonomie, dirigeait de fait le Nord. Mais plus profondément, le KMT s'était mis à dos la plupart de la population. Le PCC avait gagné la confiance des paysans, qui ne voulaient pas voir le retour des grands propriétaires, mais aussi de larges couches de la population urbaine qui le voyaient comme un parti apte à libérer le pays.

Par ailleurs, le régime de Tchang Kaï-chek s'était révélé inefficace et incroyablement corrompu, pire que les gangs et les mafias traditionnels. L’inflation galopante achevait de ruiner l’économie déjà ravagée par la guerre, et même les soldats désertaient en masse, souvent pour rejoindre les armées du PCC.

Pourtant, au début, les dirigeants du PCC espéraient, comme en Europe, trouver leur place dans un gouvernement d'union nationale. Les accords de Yalta, signés par les dirigeants des USA, de Grande-Bretagne et de l'URSS pour repartager le monde, reconnaissaient la prééminence de Tchang Kaï-chek. L'URSS passa même avec celui-ci un traité d'alliance valable 25 ans, négligeant ostensiblement Mao Zedong.

La guerre civile éclata dès les débuts de la Guerre Froide, Tchang Kaï-chek lançant fin 1945 une grande offensive, fort en particulier de l'aviation fournie par les Etats-Unis et de ses saisies de guerre. Ce fut pour lui le début de la déroute. La PCC sut se défendre en ouvrant les vannes de la colère paysanne. Dès 1947, le PCC réalisa, dans les régions qu’ils contrôlait, un début de réforme agraire. Des assemblées de village décidèrent du sort des seigneurs locaux, mettant ainsi un terme au féodalisme séculaire. Les armées paysannes refoulèrent et souvent absorbèrent les troupes et jusqu'aux généraux du KMT, tandis que les intellectuels et nombre de bourgeois des villes se ralliaient à lui, comme seule force capable d'instaurer l'ordre et de garantir le fonctionnement de l'économie. Les villes furent encerclées et finalement occupées, mais un fait est à relever : le PCC ne s'adressa jamais à la classe ouvrière.

Fin 1948-début 1949, l’Armée de libération populaire (PCC) vainquit à la bataille de Huai-Huai, puis la conquête des grandes villes s'étala sur toute l'année 1949. En janvier il entre dans Pékin, en avril à Nankin et enfin le 15 octobre à Canton, le KMT se repliant dans la grande île de Formose (Taiwan). 

Le nouveau régime issu de 1949
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Prise de l'appareil d'Etat et gages bourgeois
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Staline multipliait les injonctions pour que le PCC poursuive le Front populaire avec le KMT et constitue un gouvernement avec eux. La bureaucratie d'URSS, pour assurer sa domination sur sa zone, tenait à rassurer les puissances impérialistes en freinant le développement de la révolution en Chine. La direction du PCC hésita elle-même fortement. Mais l'Etat de Tchang Kaï-chek se désintégrait littéralement, et la paysannerie pressait le PCC de répondre à l'enthousiasme qu'il avait semé. Le pouvoir tomba littéralement dans les mains des "communistes", alors que ceux-ci n'avaient eu aucune stratégie révolutionnaire, et encore moins de rôle organisateur dans le prolétariat urbain. Tout au contraire, dans les villes où se constituèrent spontanément des comités ouvriers enthousiasmés, les chefs du PCC les supprimèrent rapidement et de manière systématique.

Le 1er octobre, sur la place Tien An Men de Pékin, Mao proclama la République Populaire de Chine, avec Chou En-lai comme Premier ministre, et la nouvelle Constitution adoptée en 1954 allait proclamer « un État démocratique populaire conduit par la classe ouvrière et fondé sur l'alliance des ouvriers et des paysans ». Mais de fait, la prise du pouvoir de 1949 par l’appareil du parti appuyé sur la paysannerie ne déboucha nullement sur la mise en place d’un État ouvrier. Le PCC n'impulsa aucune prise de pouvoir par les ouvriers, et au contraire réprima leurs tentatives d'organisation propres. De l'autre côté, il collabora avec la bourgeoisie, en commençant par fonder le nouveau pouvoir sur une Assemblée constituante de type bourgeois. Dans le premier gouvernement siégeaient des non-communistes et le PCC reçut le parrainage de la veuve du vieux leader nationaliste de la révolution bourgeoise avortée de 1911, Sun Yat-sen. Des responsables encore associés au KMT peu auparavant continuèrent de siéger dans les instances de l'armée, de la police, de la magistrature...

Pour obtenir le soutien de la bourgeoisie, le PCC étouffa systématiquement les revendications ouvrières, au besoin par des campagnes d’épuration dans le parti et les syndicats.  Il était bien question d'un « contrôle ouvrier », mais les ouvriers étaient seulement invités à faire des suggestions pour améliorer la production, le dernier mot restant aux chefs d'entreprise. Le PCC ne manqua pas non plus, au cours de cette période, de pourchasser, de persécuter et d’éliminer physiquement les trotskystes chinois, qui faisaient de la propagande pour la dictature du prolétariat appuyé par la paysannerie pauvre. La liquidation des opposants commença : en 1951, 10 millions de personnes furent envoyées en « rééducation par le travail », après avoir subi l’épreuve de la « réforme de la pensée ».

Réformes progressistes et réforme agraire
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Le nouveau régime, bien plus que celui de Tchang-Kai-chek, s'avéra capable d'unifier le pays et de défendre son développement capitaliste autonome. Il se consacra d'abord à la remise en ordre agraire, financière et administrative du pays, de manière radicale certes, mais toujours autoritaire.

Le PCC prit une série de mesures pour mettre fin aux traditions réactionnaires, notamment patriarcales. Avec la loi sur le mariage (1950), le mariage forcé des enfants, la prostitution des filles furent désormais interdits, ainsi que l’infanticide. Le droit de vote des femmes, le droit au divorce et le droit au remariage furent reconnus. La coutume des pieds bandés fut combattue.

Le PCC mit fin aux rapports féodaux dans les campagnes, qui persistaient après tant d'années de soi-disant régime nationaliste bourgeois. Il mit en place, à partir de juin 1950, une réforme agraire qui transféra en deux ans, sans indemnité, la moitié de l’espace cultivé des anciens propriétaires (non exploitants) aux paysans petits et moyens. C’est avant tout en raison de son caractère bureaucratique que cette réforme, menée par en haut, fit environ dix millions de victimes ; de plus, si elle améliora indéniablement les conditions de vie des paysans pauvres, ces derniers ne disposaient que de tout petits lopins, de moins d’un hectare en moyenne. Il demeurait en revanche des paysans suffisamment riches (notamment parmi les cadre du parti) pour voir leur lopin s’accroître, de sorte que se creusèrent à nouveau de profondes inégalités dans le monde paysan.

Relations internationales[modifier]

Malgré la volonté initiale de Staline, le contexte international de la Guerre froide obligeait le nouveau régime à se positionner par rapport aux blocs de l'Est et de l'Ouest. Le camp des impérialistes occidentaux avait été hostile dès le début aux "communistes", pour des raisons évidentes de lutte de classe (malgré tous les gages des bureaucrates, la progression du communisme était redoutée), mais aussi parce que le PCC était un parti bien plus anti-impérialiste que le KMT.

Les Etats-Unis, suivis par l'ensemble des pays impérialistes, refusèrent de reconnaître le nouveau pouvoir. Tchang Kaï-chek continua à représenter la Chine et siègea au Conseil de Sécurité de l'ONU. La Chine fut soumise à un blocus économique. Chinois et Américains s'affrontèrent même lors de la guerre de Corée, sous les bannières de la Corée du Nord et des Nations unies. La Chine de Mao conclut donc un traité en 1950 avec l'URSS. Cette alliance, toujours dominée par des soupçons réciproques qui traduisaient aussi bien les origines différentes des deux régimes que leurs rivalités nationalistes, prit fin en 1960. Et pendant une dizaine d'années la Chine ne cessa de dénoncer la coexistence pacifique et le « social-impérialisme » de l'URSS. Ce qui ne l'empêcha pas de soutenir nombre de régimes réactionnaires dans le monde et, finalement, de se réconcilier avec l'impérialisme américain au début des années 1970, avec les visites à Pékin de Kissinger puis de Nixon en 1972.

Le régime et la bourgeoisie[modifier]

Dans la Chine semi-colonisée, la grande bourgeoisie tendait plutôt à accepter un statut d'intermédiaire collaborateur avec les capitalistes étrangers. Aussi en 1949, la majeure partie de la bourgeoisie commerçante compradore quitta le pays, emportant ses avoirs dans l'émigration, tandis qu'initialement la "bourgeoisie nationale" reconnu la légitimité du nouveau régime pour ne pas être inquiétée et garder le contrôle de ses entreprises.

Il faut rappeler que le gouvernement KMT avait déjà nationalisé une bonne partie de l'économie en 1945 (comme le font souvent les Etats bourgeois en temps de guerre), notamment en reprenant les biens japonais et allemands, portant à 70% de l’industrie le secteur étatique. Lorsque le PCC prit le pouvoir, il marqua d'abord une pause dans ce mouvement, se contentant de nationaliser les entreprises dirigées par des officiels du KMT, qu'il appelait les "capitalistes bureaucratiques". 37% du PIB était alors encore produits par le privé.

L'alliance avec les grands capitalistes prit fin en 1953 sous la pression des circonstances. Le blocus imposé par les États-Unis mettait le pays en grande difficulté, et le KMT - avec là encore le soutien des Etats-Unis - encourageait la bourgeoisie à la réaction en la soutenant financièrement. Le PCC, pour poursuivre le développement de la Chine et se maintenir au pouvoir, dut réagir en opérant un brusque "tournant à gauche". L’État prit des participations de 50% dans les entreprises privées et plaça à côté du propriétaire ou du gérant un directeur nommé par le parti. Pendant l’hiver 1955, les entreprises privées restantes furent expropriées ; mais leurs propriétaires reçurent en compensation des indemnités assez importantes et, souvent, le parti préféra continuer à employer ces entrepreneurs, en général à des postes de responsabilité, afin d’utiliser leurs compétences et de s’assurer leur collaboration au régime. Le lancement du premier Plan quinquennal (1953-1957) assura ainsi en douceur la continuité avec l’économie de marché libre. Cette étatisation fit naître une bourgeoisie imbriquée à la bureaucratie du parti-Etat, comme dans la plupart des pays dominés qui tentèrent de s'extraire de l'impérialisme mondial.

La collectivisation des terres[modifier]

Dans de cadre de consolidation du nouveau pouvoir, un mouvement de collectivisation des terres fut officiellement lancé le 16 décembre 1953, avec la création de coopératives agricoles « de type inférieur ». Chacune englobait 10 à 15 foyers. Les paysans restaient propriétaires de leurs terres, mais cultivaient déjà de façon collective l’ensemble des terres de la coopérative.

À partir de 1955 furent mises sur pied des « coopératives de type supérieur » : jardins et maisons devenaient la seule propriété privée laissée aux paysans. 96% des paysans chinois furent regroupés dans des coopératives sans que pour autant eut été développée la base technique permettant le développement de la production par la mécanisation. La production agricole dépassa toutefois légèrement à cette époque l’accroissement démographique, niveau probablement jamais atteint jusqu’alors.

Controverses sur la nature de l'Etat[modifier]

Si les trotskistes n'ont pas apporté de soutien politique à la direction maoïste, ils ont porté des avis divergents sur la nature de l'Etat créé par la révolution de 1949.

Pour certains, il s'agit (au moins au début) d'un Etat ouvrier dégénéré (ou Etat ouvrier bureaucratiquement déformé), comme l'était l'URSS stalinisée selon Trotsky, notamment le Secrétariat-Unifié. [1][2]

Pour d'autres, notamment pour Lutte ouvrière, il s'agit d'un Etat bourgeois[3], parce que construit dès le départ en dehors du prolétariat. LO avance qu'il ne peut exister de critère formel pour définir la nature d’un État, et qu'il n'y a aucun sens à dire que l'origine stalinienne des dirigeants du PCC (argument idéologique) implique que l'Etat chinois est né "Etat ouvrier dégénéré".

Pour d'autres enfin, il s'agissait d'un capitalisme d'Etat.

L'impasse de la voie maoïste[modifier]

Pendant toute une période, la révolution chinoise de 1949 fut considérée comme un exemple pour tous les nationalistes des pays du Tiers Monde, marquant le premier acte de la vague de luttes anticolonialistes qui allait secouer le monde pendant plus d'une décennie.

Pendant une vingtaine d'années, Mao avait tenté d'industrialiser le pays à marche forcée, en s'appuyant sur l'étatisation, et en dépit du manque de moyens technologiques, financiers et culturels, en pressurant la population laborieuse des villes et des campagnes mais sans jamais tenter de mobiliser politiquement la classe ouvrière.

Depuis 1978, l'Etat chinois s'est lancé dans une politique dite de réformes économiques, sortant officiellement de son isolement. On vante désormais le "socialisme de marché", maintenant opposée à l'étatisme. Mais la seule évolution tangible est l'accroissement des inégalités.

Ces oscillations du régime maoïste témoignent de l'impasse où s'est trouvée la révolution chinoise, comme nombre de mouvements analogues dans des pays du Tiers Monde, impasse qui elle-même n'a fait que traduire le retard de la révolution prolétarienne à l'échelle mondiale.

Notes et sources
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Les révolutions chinoises, Tendance CLAIRE du NPA, été 2011
Lutte Ouvrière n°2148 du 2 octobre 2009
Lutte Ouvrière n°1629 du 1er octobre 1999
Chinaworker.info