Impérialisme français

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L'impérialisme français est l'un des principaux impérialismes mondiaux, historiquement structuré autour de son vaste empire colonial puis de ses réseaux d'influence néocoloniaux. Le développement du capitalisme en France a conduit à une expansion territoriale mondiale, faisant de l'empire français l'un des plus vastes au monde.

Comme la plupart des vieux pays impérialistes, et même plus vite que certains autres, l'impérialisme français est en déclin relatif. Sur le plan économique, il a toujours été relativement faible comparé à d'autres, et il s'appuie beaucoup sur la force étatique.

Expansionnisme féodal et guerres dynastiques[modifier | modifier le wikicode]

Durant le Moyen Âge et jusqu'à l'Époque moderne, la « nation française » n'est pas encore réellement constituée, et l'impérialisme ne fonctionne pas selon les mêmes modalités. Le territoire n'est pas structuré par un marché national intégré ou par une bourgeoisie cherchant à écouler des marchandises, mais obéit aux logiques du mode de production féodal. Les guerres menées par la royauté sont avant tout des guerres dynastiques. L'objectif de la noblesse et de la monarchie est alors d'étendre leur domaine pour accaparer davantage de terres, et donc s'approprier le surtravail de la paysannerie sous forme de rente foncière, ou pour régler des querelles de succession (comme lors de la guerre de Cent Ans ou des guerres d'Italie). L'État se confond alors avec le patrimoine foncier de la dynastie régnante (les Capétiens, Valois, Bourbons) plutôt qu'avec une véritable entité nationale.

Néanmoins, l'État qui portera plus tard l'impérialisme français s'est forgé par des siècles d'expansionnisme territorial au sein d'un mode de production pré-capitaliste.

Croisades (11e-13e siècles)[modifier | modifier le wikicode]

Godefroy de Bouillon passe le Jourdain et tue un chameau. Enluminure de 1337.

Bien qu'elles soient justifiées par l'idéologie religieuse de l'Église catholique, les croisades répondent à des nécessités matérielles précises. Elles offrent un exutoire à la surpopulation relative de la petite noblesse franque (les cadets de famille privés d'héritage) qui part s'y tailler de nouveaux fiefs par la force, aboutissant à la création des États latins d'Orient. Les seigneurs issus de ce qui deviendra la France y jouent un rôle si prépondérant que les populations orientales désigneront longtemps tous les Européens de l'Ouest sous le nom générique de « Francs ». Ces expéditions ouvrent également la voie commerciale vers l'Orient, favorisant l'enrichissement de certaines fractions marchandes (bien que cet enrichissement profite alors davantage aux républiques italiennes qu'au royaume de France).

Centralisation de l'État absolutiste[modifier | modifier le wikicode]

Les nombreuses guerres européennes, notamment la lutte séculaire contre la maison des Habsbourg, obligent la monarchie française à centraliser son pouvoir, à prélever toujours plus d'impôts et à se doter d'une armée et d'une marine permanentes.

C'est ce puissant appareil d'État absolutiste, initialement bâti par et pour l'aristocratie féodale, qui va ultérieurement parrainer les premières grandes entreprises commerciales outre-mer (mercantilisme, compagnies coloniales) sous l'impulsion d'une bourgeoisie naissante, servant de tremplin à l'accumulation primitive du capital et posant les jalons du premier empire colonial français.

Empires coloniaux[modifier | modifier le wikicode]

La France d'Ancien régime s'est lancée dans la colonisation, rivalisant avec les autres puissances. Puis, ce premier empire colonial a fortement décliné, avant qu'un nouveau regain de colonisation au 19e siècle au moment de l'essor du capitalisme industriel. A ce moment-là, on a commencé à parler de « vieilles colonies » pour les plus anciennes.

Premier empire colonial (1534-1815)[modifier | modifier le wikicode]

Voir sur Wikipédia : Premier empire colonial français.

Rivalités européennes[modifier | modifier le wikicode]

Débarquement français au Québec en 1534

Au 15e siècle, le Portugal et l'Espagne prennent une forte avance dans la diffusion de leurs colonies et de leur influence, suite aux « grandes découvertes ». Le traité de Tordesillas (1494), sous l'égide de la papauté, acte un partage du monde entre ces deux puissances. Mais la France se lancera aussi dans la course. François Ier ironisera sur la justification catholique : « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde »[1]

L'expansion française hors d'Europe commence avec la prise de possession du Canada en 1534, puis progressivement d'un ensemble de possessions en Amérique du Nord appelés « Nouvelle-France » (conquête de la Louisiane fin 17e siècle).

Au 17e siècle également, la France conquiert des îles des Caraïbes (Saint-Christophe, Saint-Martin, et la Dominique en 1625, Guadeloupe et Martinique en 1635, Saint-Barthélémy en 1648, Sainte-Lucie en 1660, Saint-Domingue en 1697), utilisant largement des corsaires pour affaiblir les colonies espagnoles établies, notamment depuis l'Île de la Tortue. Beaucoup d'îles de l'Atlantique changeront de nombreuses fois de mains entre les différentes puissances européennes. Par exemple, l'île de Sainte-Lucie changea quatorze fois de mains jusqu'en 1814, quand l'île devint définitivement britannique, en même temps que la Dominique.

En Amérique du Sud, des Français tentent de s'établir dans l'actuel Brésil, en 1555 au Sud (« France antarctique »), et en 1612 au Nord (« France équinoxiale »), mais ils sont rapidement chassés par les Portugais. En revanche, les tentatives de fonder une colonie en Guyane, commencées en 1604, finissent par se pérenniser en 1763.

Carte de 1681 représentant l'Amérique du Nord avec la Nouvelle-France, dont la Louisiane.

La France s'étend aussi dans l'océan Indien, avec la prise de possession de l'ïle Bourbon en 1642. A partir de 1668, la Compagnie des Indes orientales commence à installer des comptoirs en Inde, qui se multiplieront (Pondichéry, Karikal, Yanaon, Mahé et Chandernagor).

En 1659, les Français fondent Saint-Louis-du-Sénégal. Ils se lancent dans l'achat et la déportation d'esclaves vers les plantations des Caraïbes, et rivalisent avec les Britanniques pour casser le monopole néerlandais sur la traite. Ils prennent aussi l'île Maurice en 1715, alors appelée île de France et centre des activités françaises dans l'océan Indien. Une colonie est un temps établie au sud de Madagascar, Fort-Dauphin (1643-1674).

La Guerre de Sept Ans (1756-1763) marque l'affirmation de la Grande-Bretagne comme puissance dominante sur les mers, et affaiblit notablement l'impérialisme français. La France perd la Nouvelle-France (à l'exception de Saint-Pierre-et-Miquelon) et les colons sont chassés d'Acadie. Elle perd également la plupart de ses possessions en Inde. Hormis pour Haïti, la révolution de 1789 ne change pas grand chose à la vie dans les îles, se contentant de changer le nom de l'île Bourbon en île de la Réunion.

En 1803, Napoléon Ier récupère la Louisiane, mais la vend aussitôt aux jeunes États-Unis.

Après la chute du Premier Empire, la France ne conserve que quelques possessions : cinq comptoirs en Inde, La Réunion, l’île de Gorée au Sénégal, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), ainsi que la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Compagnies coloniales[modifier | modifier le wikicode]

Une profusion de compagnies coloniales ont existé en France, mais la plupart ont été de courte durée et ont eu moins de succès que les compagnies néerlandaises et britanniques.

Armoiries de la Compagnie française des Indes en 1719. Le symbole central (un Dieu fleuve représentant le Mississipi et une corne d'abondance) est repris de la Compagnie du Mississippi, et la devise est reprise de la Compagnie des Indes orientales.

Les Pays-Bas ont été les premiers à opérer une révolution bourgeoise aboutissant en 1590 à une République d'une considérable puissance maritime. Son capital marchand est capable de lancer de grandes expéditions, d'en tirer des profits et de s'en servir pour lancer plus d'expéditions. L'Angleterre va connaître un peu plus tard (1641-1651) sa propre révolution qui va faciliter sa montée en puissance.

En France, une première Compagnie des mers orientales est fondée en 1601 par des marchands, mais son expédition échoue. La bourgeoisie française était moins puissante, plus subordonnée par la monarchie absolue, et tournée vers l'obtention de terres et d'offices. C'est pourquoi la monarchie va jouer un rôle moteur pour créer des compagnies coloniales, afin de tenter de rivaliser. Mais ce contrôle étatique rigide a souvent été un frein. Les compagnies françaises dépendaient des finances de la monarchie, souvent épuisées par les guerres continentales en Europe, et ont connu de nombreuses faillites et restructurations.

Parmi les nombreuses compagnies qui se succèdent : Compagnie de Rouen (1614), Compagnie Rozée (1626), Compagnie des Cent-Associés (1627), Compagnie des îles d'Amérique (1635), Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal (1658), Compagnie de Chine (1660)...

En 1664, Colbert créé la Compagnie française des Indes occidentales et celle des Indes orientales. Étroitement contrôlée par l'État (le roi est son premier actionnaire) elles reçoivent à la fois des objectifs économiques et politiques (contrôle militaire et évangélisation).

La Compagnie occidentale est très vite critiquée par les planteurs des Caraïbes pour son incapacité à leur amener assez d'esclaves, alors qu'elle en a le monopole. Endettée, elle est dissoute en 1674, et aussitôt le commerce des esclaves prend un essor, et la production de sucre bondit de 50% entre 1674 et 1682.

De nombreuses réorganisations ont lieu, que ce soit dans la collecte des taxes (l'office de la Ferme d'Occident se revendait...) ou dans la traite esclavagiste (tentatives en 1673, 1694 puis 1709 de mettre sur pied une compagnie du Sénégal toujours déficitaire).

Action de la Compagnie des Indes (1787)

En 1717-1719, le financier John Law fusionna les compagnies coloniales françaises dans une Compagnie des Indes. Law venait de créer la première « banque centrale » de France, émettant les premiers billets, et avait l'oreille de la monarchie. Mais son système connaît aussitôt une crise : une bulle éclate en 1720. Malgré cela le commerce poursuit son essor.

Après la déroute de la Guerre de Sept Ans, la Compagnie des Indes est en liquidation en 1770. Une nouvelle Compagnie des Indes orientales et de la Chine est fondée en 1785.

En 1790, suite à la Révolution, le monopole de la compagnie est aboli, mais cela n'empêche pas celle-ci de croître. Elle est finalement liquidée en 1793, accusée d'activités contre-révolutionnaires.

Voir sur Wikipédia : Compagnies coloniales françaises.

Intérêts économiques[modifier | modifier le wikicode]

Ces premières colonies n'ont jamais été pleinement des colonies de peuplement (sauf partiellement le Canada). Contrairement aux Treize colonies anglaises par exemple, les territoires contrôlés par la monarchie française n'ont jamais connu d'afflux massif de population européenne. L'émigration vers les colonies a été interdit aux Français protestants et juifs, qui étaient pourtant les plus susceptibles de fuir des persécutions.[2] Par ailleurs, la France connaît une forte et durable baisse de natalité au 18e siècle, amplifiée par la Révolution.

La France utilisait les colonies pour extraire leurs ressources :

  • Au Canada, c'est principalement la traite des fourrures (de castor, rat musqué, ours...) qui intéressait les colons. La pêche à la morue à Terre-Neuve est également un secteur lucratif.
  • De l'Afrique, la France extrayait de l'or, de la gomme arabique, de l'ivoire et bien sûr, de nombreux esclaves pour les colonies d'Amérique et des Caraïbes. De 1701 à 1713, les Français avaient l'asiento (monopole d'importation des esclaves vers les nombreuses colonies espagnoles) et dominaient l'Afrique occidentale.
  • Dans les îles des Caraïbes, la France exploitait des plantations d'indigo, de tabac, de café, et de canne à sucre (Martinique, Guadeloupe et surtout Saint-Domingue). La canne à sucre a été favorisée, y compris par des politiques de Louis XIV, car plus rentable. En 1788-1790, les esclaves représentaient près de 90 % de la population des colonies françaises esclavagistes[3].

Entre les années 1500 et 1880, plus de 3,2 millions d'Africains ont été déportés sur des navires français. La France était responsable de 25 % du commerce transatlantique d'esclaves, étant le troisième pays ayant la plus grande participation à cette traite, derrière le Royaume-Uni et le Portugal. L'esclavage sera définitivement aboli dans les colonies françaises en 1848.

Esclaves au travail sur un moulin à sucre et administrateurs de la Compagnie des Indes occidentales


La France soumettait les colonies au principe de l'Exclusif : tout ce que la colonie produit doit être exporté vers la métropole et tout ce que la colonie importe doit venir de la métropole ou être transporté par des bateaux français. Mais même parmi les productions coloniales, la métropole mettait son véto si certains de ses intérêts étaient menacés. Les classes dominantes en métropole primaient sur les colons.

Par exemple, en 1713, l'importation des rhums coloniaux est interdite, pour protéger les propriétaires fonciers et les producteurs d'eau-de-vie de vin (cognac, armagnac) en métropole. Ou encore, puisque l'objectif était d'importer le sucre de canne des colonies pour le raffiner en métropole, le sucre raffiné était lourdement taxé à l'entrée.

Avec l'aide de la diaspora arménienne, les tissus colorés de type « indiennes » sont fabriqués à Marseille puis dans le reste de la France. En parallèle, les autorités interdisent en 1686 l'importation de ces tissus très prisés par les consommateurs, n'autorisant que l'importation de coton blanc.[4] Un protectionnisme similaire à ce que font les Britanniques.[5]

Idéologies[modifier | modifier le wikicode]

Si les rivalités politiques ont été assumées, elles ont été fortement accompagnées de justifications religieuses. Comme toutes les autres puissances européennes, la France a prétendu vouloir propager la foi chrétienne (missions) pour le bien des peuples.

Au Moyen-Âge, l'Église avait condamné l'esclavage, et la France catholique prétendait être en accord avec cela, même si elle pratiquait le servage. Sous la pression de la concurrence, comme toutes les autres puissances européennes, elle a pratiqué la traite et l'esclavage colonial. Celui-ci n'a pas été pratiqué sur le sol métropolitain.[6]

Sur le plan économique, la théorie dominante de l'époque était le mercantilisme, dont la variante française était le colbertisme.

Révolution haïtienne[modifier | modifier le wikicode]

La Révolution haïtienne (1791-1804) est la première victoire historique d'une révolte d'esclaves débouchant sur la création d'un État.

À la fin du 18e siècle, les esclaves de Saint-Domingue sont soumis à une exploitation particulièrement brutale, ce qui est la face cachée de cette colonie qui est alors considérée comme la « perle des Antilles », produisant à elle seule une part immense des richesses mondiales (sucre, café). Lorsque la Révolution de 1789 éclate, cela réveille rapidement un volcan dans cette colonie, où tant d'esclaves aspiraient à la liberté.

Mais l'embarras de la bourgeoisie française révèle les limites de l'idéologie des «droits de l'homme » universels. Car l'insurrection des esclaves, débutée en 1791, se heurte aux intérêts matériels de la bourgeoisie marchande des ports français (Nantes, Bordeaux).

La lutte déterminée des esclaves et des mulâtres force la Convention à abolir l'esclavage en 1794, ce qui était aussi une mesure tactique pour conserver la colonie face aux Anglais et Espagnols.

La contre-révolution qui regagne aussitôt la France engendre une tentative de retour en arrière, incarnée par Bonaparte. Celui-ci tente de rétablir par la force l'ordre esclavagiste en 1802, mais ses armées seront battues, et l'indépendance d'Haïti sera proclamée en 1804. Cependant, l'impérialisme français ne s'est pas avoué vaincu par la seule perte territoriale. En 1825, sous la menace d'une nouvelle invasion, la France impose à la jeune république d'Haïti le paiement d'une « indemnité » colossale de 150 millions de francs-or pour dédommager les anciens colons. Ce mécanisme de dette coloniale, qui ne sera totalement remboursé qu'en 1947, a fonctionné comme un véritable garrot financier, empêchant le développement du pays et préfigurant les mécanismes de domination du néocolonialisme financier.

Second empire colonial (19e-20e siècle)[modifier | modifier le wikicode]

En 1820, les colonies représentent environ 77 000 km2 et 800 000 habitants[7]. Le moment où l'empire colonial français est au plus bas. Mais au début du 19e siècle, la France entame sa révolution industrielle comme le reste de l'Europe de l'Ouest. La bourgeoisie française va alors profiter de l'avantage technologique pour se lancer dans une course à la colonisation avec les autres puissances.

Voir sur Wikipédia : Second empire colonial français.

Invasion de l'Algérie[modifier | modifier le wikicode]

Flottant française attaquant l'Algérie, 3 juillet 1830

La conquête de l'Algérie en 1830 est le point de départ de ce second empire. Le prétexte de l'invasion est un incident diplomatique (le « coup d'éventail »). Mais en réalité, la guerre était une tentative de la monarchie de Charles X, très contestée en interne, de renforcer son prestige, et de réaliser un gain économique au passage. Car, alors que la France avait des dettes auprès de commerçants algériens qu'elle refusait de payer, elle va au contraire saisir le Trésor d'Alger, estimé à plus de 48 millions de francs de l'époque.

La conquête va cependant être plus longue que prévu, s'étirant jusqu'en 1847 (et 1904 pour les régions du Sahara), du fait de la résistance, notamment de l'émir Abdelkader.

Contrairement aux comptoirs du premier empire, l'Algérie va devenir le laboratoire d'une colonie de peuplement où l'État français organise l'expropriation massive des terres paysannes indigènes au profit des colons et des grandes compagnies capitalistes. Cette guerre de conquête préfigure les méthodes de l'impérialisme moderne : destruction des structures sociales pré-capitalistes locales, exploitation systématique des ressources et mise en place d'un régime juridique d'exception (le Code de l'indigénat).

Politique des « points d'appui »[modifier | modifier le wikicode]

Même si la conquête de l'Algérie préfigure la vague de colonialisme capitaliste de l'Europe, en ce début de 19e siècle, ce n'est pas encore la politique dominante. La plupart des pays d'Europe n'en sont encore qu'au début du décollage de leur capital industriel, et l'avantage technologique et militaire sur le reste du monde n'est pas encore écrasant.

Dans un premier temps, c'est avant tout la sécurisation du commerce qui motive la relance du colonialisme. En 1843, Guizot, le ministre des affaires étrangères, déclarait à l'Assemblée :  « Il est indispensable […] de posséder sur les points du globe qui sont destinés à devenir de grands centres de commerce et de navigation, des stations maritimes sûres et fortes qui servent de points d’appui à notre commerce et où il puisse se ravitailler et chercher refuge ».[8] Cette « politique des points d'appui » se veut modeste, aussi par pragmatisme : le Royaume-Uni a l'hégémonie sur les mers du globe.

C'est le moment de l’annexion de Mayotte (1841), des îles Marquises et de Tahiti (1842) et de la Nouvelle-Calédonie (1853).

Tahiti et le Pacifique[modifier | modifier le wikicode]

La flotte française à Tahiti, le 9 septembre 1842.

Avant même qu'une colonisation soit entreprise, le contact avec les Européens avait déjà fortement affaibli les communautés du Pacifique qui avaient longtemps été isolées. Décimée par les maladies et subissant les ravages de l’alcool, la population polynésienne avait chuté brutalement. Sur l’île de Tahiti elle était passée de 70 000 habitants en 1760 à 9 000 en 1842. Les armes introduites par les Européens permettent à une famille de chefs (Pomare) de prendre le pouvoir sur l'archipel, et fonder un Royaume de Tahiti en 1788. La France impose par la guerre (1844-1847) le statut de protectorat à ce royaume, avant d'en faire une simple colonie officiellement en 1880.

En grande partie, la domination française s'est appuyée sur des alliances avec des chefs locaux à qui un pouvoir très modeste était concédé, et plus largement à des couches petite-bourgeoises locales, notamment incarnées par les « demis » (métis).

Des plantations de café, coton et canne à sucre y sont implantées dans les années 1860, et de nombreux travailleurs sont amenées d'autres îles, ainsi que de Chine.[9] Du phosphate est exploité à Makatea.

Nouvelle-Calédonie / Kanaky[modifier | modifier le wikicode]

La colonisation de la Nouvelle-Calédonie fut une des plus féroces. Dans la première moitié du 19e siècle, les débarquements réguliers d'Européens (baleiniers, négociants de bois de santal...) avaient déjà, via épidémies et alcool, fait chuter la population de l'archipel de 300 000 personnes à environ 100 000.

La France décréta que les Kanaks, méprisés comme des sauvages inférieurs, n’auraient droit qu’à 1/10 des terres et qu’ils seraient parqués dans des réserves. En 1878, un puissant soulèvement de 3 000 Kanaks groupés derrière le chef Ataï tua près de 200 colons. L'armée eut besoin de 18 mois et du soutien de colons et Kanaks achetés pour en venir à bout. Une autre révolte a lieu en 1917, contre la pression à s'enrôler pour la guerre en Europe.

Au début du 20e siècle, les Kanaks n’occupaient plus que 8 % de la superficie de la Grande Terre. Ils faillirent même disparaître, ils n’étaient plus que 27 000 en 1921. Mais illes n'ont jamais cessé de résister.

La Réunion, Mayotte, Madagascar[modifier | modifier le wikicode]

Gravure de 1895

La Réunion était un des seuls restes de l'ancien empire colonial. Après l'abolition de l'esclavage en 1848, les riches colons propriétaires de plantations de canne à sucre développent l'engagisme, et de nombreux Indiens, Chinois, Malgaches ou autre Cafres viennent travailler.

La France prend possession de Mayotte en 1841 en soutenant un sultan menacé par les souverains des autres îles comoriennes. Ironiquement, l'administration française a prononcé l'abolition de l'esclavage à Mayotte en juillet 1847[10] (avant la révolution et l'abolition de 1848 !) parce que les esclaves présents sur l'île étaient possédés par des musulmans, et que cela entravait les plans d'exploitation français, qui nécessitaient de mobiliser de la main d’œuvre. En 1856, des travailleurs des plantations se révoltent, derrière Bakari Koussou (ironiquement, un ancien propriétaire d'esclaves).

C'est à partir de Mayotte que la France va ensuite se projeter vers le royaume voisin de Madagascar. Elle a un accord avec la Grande-Bretagne, qui se son côté peut prendre Zanzibar. A partir de 1886, l'ensemble des Comores passent sous domination française. Après une phase de protectorat (1882-1897), Madagascar devient une colonie. Au prix d'une expédition militaire et d'une répression qui tue des centaines de milliers de Malgaches.

Expositions coloniales[modifier | modifier le wikicode]

Danseuses javanaises à l'esplanade des Invalides.

Avec le développement industriel, les grandes puissances européennes mettent en place de grandes « expositions universelles » mettant en scène leurs prouesses industrielles et artistiques, véritables vitrines de soft power impérialiste. Mais de plus en plus, au sein de ces expositions aux nombreux pavillons thématiques, des espaces sont dédiés à l'étalage des « richesses des colonies ». Finalement, des expositions coloniales dédiées seront organisées.

Ainsi lors de l'exposition universelle de Paris de 1889 (moment de la construction de la tour Eiffel), des danseuses javanaises ou des Sénégalais sont présentés comme attraction au public. Comme le confia un Sénégalais à un journaliste du Temps : « Nous sommes très humiliés ». Ce même journaliste admet : « Nous oublions que ce sont des gens et non pas des animaux exotiques ».[11] Puis il y a aura une « Exposition universelle, internationale et coloniale » à Lyon en 1894, une exposition à Rouen en 1896, à Rochefort en 1898, à Hanoï en 1902, à Marseille et Paris en 1906, Paris 1907, Bordeaux 1907, Marseille 1922, Strasbourg 1924, La Rochelle 1927, la grande Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris, et encore Paris en 1937.

Ces véritables « zoos humains » n'avaient pas lieu seulement lors de ce type d'exposition (et ne se limitaient pas à l'exotisation des colonisés, mais aussi de différentes formes de handicap).

Expansion en Afrique[modifier | modifier le wikicode]

La domination s'étend alors massivement en Afrique, avec la création de l'Afrique Occidentale Française (AOF) en 1895 et de l'Afrique Équatoriale Française (AEF) en 1910.

Expansion en Asie[modifier | modifier le wikicode]

Carte à échanger représentant les « Comptoirs des Indes » (1920).

L'État français s'empare également de territoires en Asie, avec la création de l'Indochine en 1887, et en Océanie.

Intérêts économiques[modifier | modifier le wikicode]

Ce second empire colonial permet d'exploiter la main-d'œuvre locale à bas coût et d'extraire des ressources pour fournir l'industrie métropolitaine. Parmi les ressources convoitées :

  • industries minières : le nickel est exploité en Nouvelle-Calédonie depuis les années 1860 (la société Le Nickel existe toujours)

Pour exploiter ces ressources, l'administration coloniale n'avait pas assez de main d’œuvre en exploitant les indigènes ou les bagnards, ce qui l'amena à développer l'engagisme, c'est-à-dire le recrutement massif de travailleur·ses pauvres, officiellement volontaires mais la plupart du temps réduits par une situation d'endettement à une situation de servitude. Ceux-ci étaient recrutés principalement dans d'autres pays colonisés ou semi-colonisés. Ainsi des milliers de Néo-hébridais[12], Indonésiens, Indochinois, ou Japonais furent exploités en Nouvelle-Calédonie (notamment dans les mines), des milliers de Gilbertins[13] et de Chinois[9] dans les plantations de Tahiti... Le taux de mortalité de ces « engagés » était très élevé. En 1904, un enseigne de vaisseau écrit à propos du recrutement des Néo-Hébridais :

« Pour 450 F (…) le Canaque est vendu pour 5 ans (…). Au bout de ce temps (…) 70 % ont disparu, victimes d’un travail trop pénible, de privations exagérées et surtout de mauvais traitements qui forment trop souvent leur seule rétribution »[14]

L'Algérie et la Nouvelle-Calédonie furent les deux seules vraies colonies de peuplement, les autres étant uniquement des colonies d'exploitation.

Décolonisations[modifier | modifier le wikicode]

Répression des résistances[modifier | modifier le wikicode]

Les directions réformistes du mouvement ouvrier furent des appuis de la bourgeoisie française, que ce soit pour désamorcer les luttes de classe en métropole ou les luttes de libération dans les colonies. Le PS a seulement dénoncé les répressions les plus violentes de l'administration coloniale, mais a le plus souvent embrassé les discours sur la « mission civilisatrice » du colonialisme « républicain ». En 1931, Léon Blum fait un éditorial modérément critique contre l'Exposition coloniale, mais avec beaucoup de concession à l'esprit colonial[15].

Le jeune parti communiste (SFIC), lors de sa rupture avec le PS en 1920, fut pendant quelques années combatif contre le colonialisme. Il aida l'auto-organisation des militant·es issus des colonies, manifesta contre la guerre du Rif en 1925, organisa l'opposition aux expositions coloniales[16]... Mais cette politique était surtout portée par une minorité de militant·es, et par l'IC tant qu'elle était plus ou moins révolutionnaire. Rapidement, la bureaucratisation du parti renforça les tendances racistes et chauvines, et l'IC se mit à subordonner son anticolonialisme aux intérêts diplomatique de l'URSS. Notamment, lors du tournant vers les fronts populaires, moment où l'IC cherche à s'allier à la France contre l'Allemagne, et où le PC devient le très tricolore PCF, l'anticolonialisme est mis en sourdine.

La Deuxième guerre mondiale chamboule profondément les métropoles autant que les peuples des pays colonisés, qui sont largement enrôlés, et constatent que leurs colons ne sont pas invincibles. D'une part ces peuples vont désormais attendre une reconnaissance de leurs services rendus et a minima d'être traités en égaux, d'autre part, l'idée d'une libération par la force va devenir plus plausible. Si bien qu'à la fin de la guerre, une vague de soulèvements balaie l'empire colonial. En Algérie, le 8 mai 1945, jour de l'armistice, les forces coloniales tirent sur les manifestants (massacres de Sétif, Guelma et Kherrata). En Indochine, c'est la révolution d'août, que la France n'accepte pas et qui déclenche la guerre. Et dans toute l’Afrique les peuples se soulevaient les uns après les autres.

Mais à ce moment-là, le PS et le PC jouent un rôle contre-révolutionnaire, et d'appui à l'impérialisme français, d'autant plus que Staline veut maintenir l'alliance avec les Alliés (la guerre froide ne commencera qu'en 1947). Le PCF publia en 1944 une brochure intitulée Au service de la renaissance française, qui expliquait :

« Pour la France, être une grande puissance européenne et mondiale et tout simplement continuer d’être, c’est la même chose […]. Unité et intégrité de la plus grande France, des Antilles à Madagascar, de Dakar à Casablanca, à l’Indochine et à l’Océanie. Notre pays est une puissance des cinq parties du monde et on ne découvre pas de raison pour laquelle il devrait cesser de l’être ».

Un peu plus tard (1947), c'est Madagascar qui tente de se soulever et subit la répression sanglante. Le PCF et le PS participaient à ce moment-là au gouvernement avec la droite, et cautionnèrent les massacres et les procès expéditifs qui suivirent. Leurs députés votèrent la levée de l’immunité parlementaire des députés malgaches rendus responsables d’une insurrection qu’ils avaient condamnée.

Départementalisation des vieilles colonies (1946)[modifier | modifier le wikicode]

En parallèle, l'État français choisit de transformer en départements en 1946 plusieurs colonies (Réunion, Martinique, Guadeloupe, Guyane), qui sont en fait les « vieilles colonies ». Cette loi fut votée à l'unanimité, et portée notamment par une série de représentants politiques qui étaient alors au PCF (Aimé Césaire en Martinique, Léon de Lépervanche et Raymond Vergès à la Réunion...). Les populations de ces territoires espéraient que cela apporterait une plus grande égalité en droits politiques et sociaux, que la métropole donnerait plus de moyens pour développement local, et régulerait mieux le pouvoir des dominants locaux (békés, gros blancs...).

De son côté, la bourgeoisie française consentait à faire un effort financier pour mieux intégrer ces territoires, surtout pour mieux les arrimer à la France en désamorçant le sentiment indépendantiste qui prenait de l'ampleur partout, et conserver au moins ces points d'appui. Cet effort financier était envisageable parce que ces territoires étaient suffisamment petits. Mais la haute administration a dès le début et freiné l'application de l'harmonisation des droits (SMIG, prestations sociales...).[17] L'égalité complète dans ces droits n'a été acquise qu'en 1996.

Hommage aux victimes du Bumidom à la Réunion

Tout cela engendre de plus en plus de frustrations, et un essor des mouvements autonomistes (à la Réunion, elles étaient portées par le PC). Des émeutes éclateront même en Martinique en 1959 et en Guadeloupe en 1967. En 1963 est créé le Bumidom, organisme qui incite à la migration vers la métropole, au nom du fait qu'il y avait un manque de main d’œuvre dans l'hexagone en pleine croissance, et à l'inverse du chômage dans les DOM. Une motivation plus discrète était de diminuer les revendications autonomistes. On faisait miroiter aux candidats des bons postes et une bonne situation, mais ce qui les attendait était le racisme et la surexploitation. Cela a particulièrement concerné la Réunion, où de nombreux enfants ont été déplacés plus ou moins de force, notamment pour être placés dans des familles de régions subissant l'exode rural (on parle notamment du scandale des enfants de la Creuse).

Les lois de décentralisation de 1982 vont désamorcer en partie les velléités d'autonomie. En 2010, des référendums demandent aux électeurs de Martinique et de Guyane s'ils veulent une autonomie du type de celle de Tahiti, mais ceux-ci votent Non à plus de 70%.

Dans les Comores, l'essor de l'indépendantisme pousse la France à organiser un référendum en 1974. Le sentiment est très différent entre Mayotte et les autres îles, notamment parce qu'il y avait des rivalités, que la présence coloniale n'a fait qu'attiser, et parce que Mayotte, longtemps mieux dotée que les autres îles, craignait une chute dans la misère. La conséquence est que tout l'archipel vote pour l'indépendance, sauf Mayotte, que la France décide de séparer et conserver (contrairement à la norme en terme de droit des peuples à l'autodétermination). Malgré cette allégeance, l'île sera très peu aidée par la métropole, encore moins que les Antilles. Elle ne sera départementalisée qu'en 2011. Le chauvinisme franco-mahorais est pourtant devenu très vivace : alors que les populations de l'archipel avaient depuis toujours des liens familiaux, culturels et économiques, la France les a antagonisées. Le droit du sol a été remis en question à Mayotte depuis 2018.

Domination néocoloniale[modifier | modifier le wikicode]

Le gouvernement nationaliste de Nasser, issu de la révolution de 1952, décide en 1956 de nationaliser le canal de Suez (avec indemnités). La France et le Royaume-Uni, qui en étaient actionnaires à 44%, décident alors de mener une guerre contre l'Égypte, sous un faux prétexte échafaudé secrètement avec Israël. Mais le tollé international oblige les impérialistes à se résigner à la nationalisation. Les États-Unis sont alors furieux contre cette intervention franco-britannique, qui détourne l'attention de la guerre froide (l'URSS écrase la révolution hongroise au même moment). Le prestige des deux vieilles puissances est très diminué. En France, le chef du gouvernement était le socialiste Guy Mollet.

« Françafrique »[modifier | modifier le wikicode]

Après la vague des indépendances amorcée en 1960 et le démantèlement formel de l'empire colonial en 1962, l'impérialisme français a organisé un système néocolonial officieux, couramment appelé la « Françafrique ». Ce système s'appuie sur des élites locales souvent redevables à Paris pour maintenir une relation de vassalité.

🔍 Voir : Françafrique.

Pillage économique et financier[modifier | modifier le wikicode]

L'accès privilégié des multinationales françaises aux ressources stratégiques, comme le pétrole au Gabon ou l'uranium au Niger, est garanti. Le contrôle de la politique monétaire de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et Centrale est également assuré directement par le ministère du budget français via le système du Franc CFA.

Quadrillage militaire et politique[modifier | modifier le wikicode]

Le maintien de bases de l'armée française et la signature d'accords de défense ont permis de nombreuses interventions militaires au fil des décennies. Ces opérations visent régulièrement à défendre l'ordre politique de régimes alliés aux intérêts français ou à étouffer les mobilisations populaires, tout en protégeant les intérêts des grands groupes industriels.

Crise et déclin relatif[modifier | modifier le wikicode]

Dans la période récente, l'impérialisme français traverse une crise marquée et un processus de « secondarisation » sur la scène internationale.

Manifestations contre la présence française pendant le coup d'État de 2023 au Niger. Derrière, un drapeau de la Russie, qui a beaucoup utilisé la rhétorique anti-française pour étendre sa propre influence.

En Afrique subsaharienne, qui constituait historiquement son pré carré, les entreprises françaises subissent un net déclin. Dans les années 2000 et 2010, les parts de marché de la France dans les pays d'Afrique subsaharienne passent de 10,1 % à 4,7 %. En parallèle, les entreprises d'autres puissances capitalistes se sont mieux implantées, notamment celles des États-Unis, de la Russie et surtout de la Chine. Celle-ci a augmenté sa part de 2 % en 1990 à 16 % en 2011.[18]

Sur le plan géopolitique, ce recul économique s'accompagne d'une perte d'influence stratégique. Au début des années 2020, des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont connu des coups d'État et de fortes mobilisations populaires dirigées contre la présence française. Ces événements ont poussé ces nations à dénoncer leurs accords de défense avec Paris, forçant le retrait d'une grande partie des troupes françaises de la région.

Impérialisme et répression[modifier | modifier le wikicode]

Le colonialisme permet aux classes dominantes qui y ont recours de développer des moyens répressifs, qui sont à la fois (et avant tout) recyclés contre d'autres peuples, et à la fois utilisés dans la répression des classes dominées. Cela vaut pour l'impérialisme français comme pour les autres.

Par exemple, la France établit des bagnes en Nouvelle-Calédonie (1864-1897) et en Guyane. Dans le bagne de Nouvelle-Calédonie furent envoyés aussi bien les Communards de 1871 que les Kabyles insurgés contre la France en Algérie la même année.

La répression des mouvements anti-coloniaux a inspiré la répression des mouvements communistes pendant la guerre froide, et les vieux impérialismes ont inspiré les nouveaux. Par exemple, quelqu'un comme le général Aussaresses, qui a sévi pendant la guerre d'Algérie, a ensuite enseigné la contre-insurrection aux États-Unis, au Brésil...

État des lieux[modifier | modifier le wikicode]

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

Brochures

Notes

  1. Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, vol. I : Les vaines tentatives, 1524-1603, Montréal, Fides, 1963, p. 133-134.
  2. Gilles Manceron, « Première colonisation et émergence des droits de l'homme : La monarchie et l'esclavage », dans Marianne et les colonies, 2003, p. 28-30
  3. Frédéric Régent, « Blancs, demi-Blancs, libres de couleur et esclaves dans les colonies françaises avant 1848 », Séminaire « La traite négrière, l'esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire », 10 mai 2006 au Carré des Sciences à Paris.
  4. François-Xavier Emmanuelli, Vivre à Marseille sous l'Ancien Régime, Paris, Perrin, 2011
  5. Thomas Piketty, Capital et idéologie, 2019
  6. Sue Peabody, « La question raciale et le « sol libre de France » : l'affaire Furcy », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 64e année, no 6,‎ nov.-déc. 2009
  7. Charles-Louis Lesur, Annuaire Historique Universel, pour 1820, 1821
  8. Discours à la chambre des députés, séance du 31 mars 1843, Le Moniteur universel, p. 649
  9. 9,0 et 9,1 Gérald Coppenrath, Les Chinois de Tahiti : De l’aversion à l’assimilation, 1865-1966, Société des Océanistes, coll. « Publications de la SdO », 8 octobre 2013 (ISBN 9782854300932), p. 25–108.
  10. Jean Martin, « L'affranchissement des esclaves de Mayotte, décembre 1846-juillet 1847 », Cahiers d'études africaines, École des hautes études en sciences sociales, vol. 16, nos 61-62,‎ 1976, p. 207-233
  11. Lynn E. Palermo, « Identity under Construction: Representing the Colonies at the Paris Exposition Universelle of 1889 », dans The Color of Liberty: Histories of Race in France, Durham, Duke University Press, 2003,
  12. Joël Dauphiné, « Un aspect de la traite négrière en Océanie : l'exemple néo-hébridais, 1865-1905 », Ultramarines,‎ 1997, p. 10-19
  13. Michel LEPLAT, « Le fait colonial dans l'Océanie insulaire », sur histoire-geo.ac-noumea.nc, 17 juillet 2010
  14. Joël Dauphiné, « Un aspect de la traite négrière en Océanie : l'exemple néo-hébridais, 1865-1905 », Ultramarines,‎ 1997, p. 10-19.
  15. Léon Blum, Moins de fêtes et de discours, plus d’intelligence humaine !, 7 mai 1931
  16. « Ne visitez pas l’Exposition coloniale » : le manifeste du groupe des surréalistes en 1931, Le Monde, 28 mai 2021
  17. Yvan Combeau, Outre-Mers, Départementalisation et assimilation : les cinq temps d’une histoire (1982-1946), 2022
  18. Anne Cheyvialle et Marie-Amélie Lombard-Latune, « Védrine : "La France a cédé trop de terrain en Afrique" », Le Figaro, 4 décembre 2013