Maoïsme

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Le maoïsme est une théorie politique révolutionnaire. Le maoïsme tire son nom de son principal théoricien: Mao Zedong. Mao est un révolutionnaire chinois, activiste politique, philosophe marxiste, leader militaire et homme d’état. Il a proposé un certain nombre d’apports à la théorie communiste, jusque là appelée marxisme-léninisme, du nom de Karl Marx et de Vladimir Lénine.

Si le maoïsme s’est d’abord développé en Chine, il a par la suite été synthétisé par le Parti Communiste du Pérou durant les années 80. Grâce à l’implication de celui ci au niveau international, le maoïsme est aujourd’hui devenue une théorie précise, qui n’est plus simplement une application chinoise du communisme. Le maoïsme est donc un outil utilisable dans n’importe quel pays.

Le but final du maoïsme est le communisme : une société sans classe sociale ni état, débarrassée de toute forme d’exploitation,  où le travail serait équitablement réparti, comme les richesses qu’il produit, et où l’environnement serait préservé.

Voici quelques apports du maoïsme :

  • Dans le domaine philosophique, Mao a produit un certain nombre d’essais portant sur le matérialisme dialectique (c’est à dire la méthode d’analyse scientifique guidant les communistes) et sur la loi de la contradiction. Nous n’entrerons pas en détail dans ce sujet complexe ici pour ne pas surcharger cet article: nous vous conseillons la lecture des Quatre essais philosophiques portant sur ces questions.
  • Dans le domaine de l’organisation politique, le maoïsme reprend les conceptions développées par Lénine d’un parti démocratique centralisé dirigé par les prolétaires, seule organisation capable d’organiser une révolution. En plus du parti, deux instruments sont nécessaires: le front uni, ensemble des organisations populaires (pas nécessairement communistes) appuyant le projet révolutionnaire; et la force combattante, c’est à dire la force armée capable de défendre le peuple et de combattre le système politique de la bourgeoisie.
  • De plus, le maoïsme considère que dans chaque organisation communiste, il y a une lutte de ligne entre une ligne représentant les intérêts de la classe dominante et qui freine voire trahit la révolution, et une ligne rouge, c’est à dire une ligne représentant les intérêts du prolétariat et portant la conception juste de la révolution. Comme nous l’apprend le matérialisme dialectique, un se divise en deux, c’est une loi universelle : d’un parti émergera une ligne juste et une ligne conduisant à la restauration du capitalisme. En Chine, la ligne rouge a été dominante, jusqu’en 1976 où elle a perdue, avec les conséquences que l’on connaît.
  • Dans le domaine de la pratique, le maoïsme ne cherche pas à installer un pouvoir de manière déconnectée du peuple: les maoïstes pratiquent l’enquête, s’intéressant aux questions qui préoccupent leurs sœurs et leurs frères de classe, pour les synthétiser et proposer des solutions cohérentes et radicales. C’est en cela qu’ils constituent une avant-garde en lien avec le peuple.
  • Dans le domaine militaire, le maoïsme considère que la stratégie pour la révolution est la guerre populaire prolongée. Guerre populaire, car elle vise à mobiliser largement le peuple dans l’affrontement avec le vieil État, sans attendre un “grand soir” qui n’arrivera jamais. Le maoïsme n’est donc pas “légaliste”, il considère que tous les moyens doivent être envisagés dans le combat. Guerre prolongée, car elle se développe en trois phases: tout d’abord une longue phase de défensive stratégique, durant laquelle le camp révolutionnaire se défend, accumule des forces et commence à porter des coups à l’appareil d’État; puis un équilibre stratégique, durant lequel les forces de la révolution son équivalentes à celles de l’État; et enfin l’offensive stratégique, durant laquelle les centres du pouvoir sont encerclées par les périphéries (banlieues populaires, campagnes, régions excentrées…) et prises d’assaut. Pour les maoïstes, le pouvoir est “au bout du fusil”: sans armer le peuple, ce dernier sera condamné. Il s’agit de se défendre sous la direction du parti, puis de contre-attaquer pour obtenir une vraie libération.
  • Durant cette guerre populaire prolongée, un contre pouvoir est créé et se développe. C’est à dire que dans des zones libérées, appelées “zones rouges” (quartiers, zones isolées, puis villages et petites villes…), la révolution se met en place, avec une redistribution des biens, de nouveaux droits et devoirs, une nouvelle culture, une justice sociale réelle.  L’existence même de ce contre pouvoir sabote la légitimité et l’activité de l’État bourgeois.
  • Le maoïsme s’oppose donc aux illusions réformistes, et explique qu’aucun changement ne pourra venir des élections. Ce n’est pas une position anarchiste : dans certains pays, dans des conditions et à des moments donnés, un mouvement populaire puissant peut s’exprimer dans les élections, mais ce n’est simplement pas le cas actuellement en Europe de l’ouest, ni dans beaucoup d’autres régions du monde d’ailleurs. C’est pourquoi les maoïstes organisent quand c’est nécessaire des campagnes de boycott des élections.
  • Dans le domaine du socialisme, le maoïsme considère que “on a raison de se révolter”: face à un risque de bureaucratisation de l’État après la révolution, ou tout autre risque de retour au capitalisme, il faut employer les méthodes de la Révolution Culturelle et poursuivre la lutte sans trêve pour développer de nouveaux rapports humains, en cohérence avec la transformation de l’économie et la mise en place d’une démocratie participative réelle, au service du peuple.
  • Dans le domaine du féminisme, le maoïsme affirme la nécessité d’un féminisme prolétarien, c’est à dire d’un féminisme au service de la majeure partie de la population, la plus durement exploitée. Dans notre société patriarcale les femmes continuent de vivre dans l’insécurité, du fait des agressions, des inégalités, des travaux moins bien considérés ou payés. Mais à la maison, le travail domestique constitue en plus une seconde peine. Cette société est incapable de résoudre ces problèmes, qui au contraire lui profitent. Les femmes ont donc un rôle dirigeant à jouer dans la révolution, à tous les niveaux. Le féminisme prolétarien inclut également la libération des minorités de genre et d’orientation sexuelle dans ses objectifs en proposant à ces groupes un rôle de leadership dans le mouvement et en défendant l’auto-organisation des personnes concernées.
  • Dans le domaine de l’internationalisme, le maoïsme défend l’internationalisme prolétarien, c’est à dire la solidarité active de toutes les personnes ayant intérêt à abattre ce système autour du globe au travers de la même lutte, des mêmes objectifs. Il n’y a plus aujourd’hui de vrai “État communiste” : l’impérialisme se développe sur toute la planète, et conduit à des guerres de plus en plus nombreuses et meurtrières, notamment au Moyen-Orient et dans les pays dits “semi coloniaux, semi féodaux”. Si les États-Unis restent la principale puissance impérialiste, les maoïstes considèrent qu’il faut aussi tenir compte des autres puissances (notamment la Russie et la Chine) pour comprendre l’aggravation actuelle des tensions. Les maoïstes refusent de choisir entre la peste et le choléra, et combattent en priorité l’impérialisme de leur propre pays pour affirmer leur solidarité avec les peuples qui en sont victime – principalement en Afrique concernant l’impérialisme français.
  • Il s’agit également de travailler à bâtir un front contre le racisme et la montée du fascisme, conséquence directe de l’impérialisme. Pour cela, les maoïstes s’allient parfois avec d’autres forces politiques progressistes, et travaillent avec les personnes prolétaires immigrées pour leur permettre de se défendre. Dans la même optique, l’internationalisme consiste à créer des liens solides avec d’autres organisations dans d’autres pays, avec comme but de reconstruire une structure internationalecoordonnant et soutenant les forces révolutionnaires. Les mouvements maoïstes en Inde, en Turquie, aux Philippines ou encore au Brésil sont particulièrement puissants aujourd’hui.
  • Dans le domaine théorique, le maoïsme est donc une troisième étape de la pensée communiste, complétant le marxisme et le léninisme. Issu d’un siècle et demi de lutte pour la révolution, il constitue une théorie complète et aboutie, expérimentée avec succès en de l’Asie à l’Amérique latine