Lutte Ouvrière

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Lutte Ouvrière (LO) est un parti politique français communément considéré d'extrême gauche, et se revendiquant du communisme, de l'Internationalisme et du trotskysme. LO fait partie d'un regroupement international appelé Union communiste internationaliste. Le nom du parti vient du journal hebdomadaire qu'il édite, Lutte Ouvrière. LO publie également une revue théorique intitulée Lutte de Classe.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Une origine ancienne[modifier | modifier le wikicode]

Lutte Ouvrière a immédiatement succédé à Voix Ouvrière (VO), dissous par décret le 12 juin 1968 à la suite des évènements de mai/juin 68. Ce groupe était lui-même issu d'un petit groupe, l'Union Communiste (UC), agrégé autour de David Korner (alias Barta) à partir de 1939, lorsqu'il s'est retiré du PSOP de Marceau Pivert. Ce petit groupe a eu un rôle moteur dans une importante grève aux usines Renault en 1947.

La figure d'Arlette[modifier | modifier le wikicode]

En 1974, Lutte Ouvrière a choisi de présenter une candidate à la présidence de la République, Arlette Laguiller. C'était la première fois qu'une femme se présentait comme candidate à ce poste. Bien qu'elle ait obtenue au départ un score modeste (2,35% des voix), sa position de porte-parole nationale et le fait qu'elle se soit re-présentée systématiquement en tête de liste à toutes les élections auxquelles LO a participé, y compris toutes les présidentielles, en ont fait une figure médiatique célèbre et jouissant d'une popularité allant bien au delà de l'influence réelle de LO. Ainsi Arlette Laguiller a obtenu 5,30% des voix en 1995 et 5,72% des voix en 2002 au premier tour des élections présidentielles, c'est à dire à chaque fois plus de 1600000 voix, un chiffre encore inégalé pour l'extrême gauche en France. Lutte Ouvrière est ainsi apparue pendant longtemps pour les médias comme "le parti d'Arlette Laguiller".

Incompréhension et calomnies[modifier | modifier le wikicode]

La montée de la popularité d'Arlette Laguiller s'est également accompagnée de rumeurs persistantes au sujet de LO, certains journaux bourgeois (l'Express notamment) présentant ce parti comme une "secte" dirigée par un "gourou" caché, Robert Barcia alias Hardy, rumeur grossie par des détails croustillants (et bien entendu faux) sur les interdits sexuels à LO et la vie de chateau d'Arlette Laguiller. Ces calomnies ont été plus largement reprises ou relayées par des médias liés à la Gauche traditionnelle (dont l'Humanité, Le Monde et Libération) après qu'Arlette Laguiller aie refusé d'appeler à voter pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles de 2002.

LO depuis 2002[modifier | modifier le wikicode]

Suite à cette passe difficile, et dans un contexte de démoralisation de la classe ouvrière, LO obtient par la suite des scores électoraux en général moins bons que pendant la décennie précédente. Arlette Laguiller obtient 1,33% des voix (487857 voix) aux présidentielles de 2007. Par ailleurs, Arlette Laguiller a cédé sa place dès la fin de cette campagne présidentielle à Nathalie Artaud comme porte-parole nationale du mouvement. LO a également refusé de participer à la création du NPA avec la LCR en 2009.

Idées et organisation[modifier | modifier le wikicode]

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Lutte ouvrière se présente comme une libre association de militants qui œuvrent à la création d’un parti ouvrier, communiste, révolutionnaire capable de défendre les intérêts des travailleurs, à court terme (licenciements, chômage, salaires, conditions de travail et de logement…) et à long terme (inégalités entre hommes et femmes, pollution, guerres, famines…). Selon LO, tous ces problèmes découlent de l’organisation capitaliste de la société et de la course au profit, et ne concernent pas que les travailleurs, mais l’ensemble de la population mondiale qui en subit les conséquences.

Lutte ouvrière justifie son existence séparée au sein du mouvement trotskiste par sa volonté d'orienter son action en priorité vers la classe ouvrière.

Lutte ouvrière estime que l’écart croissant entre les moyens techniques de plus en plus perfectionnés dont dispose l’humanité et la persistance, voire dans certaines régions l’aggravation, de la misère et des inégalités, rend possible et nécessaire le remplacement de la société capitaliste par une société communiste, c'est-à-dire par la mise en commun et le contrôle démocratique par l’ensemble de la population des capacités de production et d’échange dont dispose l’humanité pour assurer tous ses besoins.

Pour Lutte ouvrière, une société communiste serait bien éloignée de la caricature qu’en ont donnée les pays de l’Est et l’URSS, mais serait au contraire une société plus libre, plus démocratique que le capitalisme actuel, en donnant à l’ensemble de la population des moyens d’agir sur des choix qui sont pris actuellement dans les conseils d’administration de banques ou de multinationales. Selon LO, les possibilités matérielles pour une telle société existent d’ores et déjà, ce qui n’était pas le cas dans la Russie de 1917.

Lutte ouvrière voit dans la classe ouvrière la seule force sociale qui ait à la fois la force et l’intérêt de prendre en main une telle réorganisation des mécanismes de production et de redistribution des richesses. LO estime qu’une telle transformation de la société ne pourra que résulter d’une confrontation entre le prolétariat et ceux qui détiennent les grands moyens de production. C’est pourquoi LO se dit révolutionnaire.

LO revendique son héritage politique de Karl Marx et Friedrich Engels, qui ont analysé les rouages et contradictions internes du capitalisme naissant (valeur des marchandises, rôle de la classe ouvrière dans le processus de production), de Rosa Luxemburg, de Lénine, qui a conduit la révolution russe de 1917 et de Léon Trotski, qui a analysé les raisons de la dégénérescence de la révolution russe en bureaucratie stalinienne, l'échec des révolutions chinoises (25-27) et espagnole (36) ainsi que l'incapacité du mouvement ouvrier allemand à s'opposer à la montée du nazisme.

Dans la continuité de ces militants, Lutte ouvrière estime qu’il est nécessaire au prolétariat de disposer d’un parti qui défende ses intérêts. C’est ce parti, ouvrier, communiste, révolutionnaire, que LO cherche à construire.

Lutte ouvrière se réclame du trotskisme, qui est à ses yeux le seul courant communiste révolutionnaire à avoir toujours combattu le stalinisme, et à exister à l'échelle internationale. Cependant, contrairement à la plupart des autres groupes trotskistes, Lutte Ouvrière estime qu'aucune des organisations internationales qui se nomment elles-mêmes Quatrième Internationale ne constitue une véritable internationale. De même que Lutte ouvrière milite en France pour la création d'un parti ouvrier communiste révolutionnaire, elle milite pour la construction d'une véritable internationale.

Programme[modifier | modifier le wikicode]

Dans les élections, LO défend les revendications dont elle estime qu’elles pourraient mettre un coup d’arrêt à la dégradation des conditions de vie de toute une partie pauvre de la population.

LO défend un programme mininum :

  • Interdiction des licenciements dans les grandes entreprises et dans les entreprises bénéficiaires.
  • Augmentation conséquente de tous les salaires et leur indexation sur l’évolution des prix qui sera constatée, au jour le jour, par la population.
  • Remplacement des emplois précaires par des emplois stables.
  • Instauration d'un contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires.
  • Arrêt toute subvention, tout aide, au patronat sous quelque prétexte que ce soit, en consacrant l’argent ainsi économisé à embaucher du personnel dans les hôpitaux, dans l’enseignement, dans un grand service public de construction de logements sociaux.

Concernant toutes ces propositions, LO affirme à chaque élection, dans les professions de foi, ses tracts, son journal, qu'elles ne constituent pas un programme électoral au sens où il suffirait d’élire un représentant pour qu’il soit appliqué, mais que par contre de telles revendications devraient être mises en avant lors d’une mobilisation des travailleurs. (« Ces objectifs ne se réaliseront pas par la magie des résultats électoraux ou par des changements de majorité, mais par la lutte collective du monde du travail »).

En ce qui concerne le programme maximum, c'est-à-dire le programme révolutionnaire :

  • Expropriation des grands groupes industriels, financiers et banquiers sans indemnités ni rachat.
  • Fusion de toutes les banques en un établissement unique sous le contrôle de la population.
  • Réquisition, parmi les 2,3 millions de logements vides, de ceux qui sont immédiatement habitables.
  • Planification de la production, en choisissant à chaque fois les solutions les moins coûteuses en travail humain et en ressources naturelles.
  • Mise en place d'une réelle information et d'un contrôle de la population sur les techniques à risques.
  • Suppression de l'armée permanente.
  • etc...

Caractéristiques[modifier | modifier le wikicode]

Presse et Bulletins d'entreprise[modifier | modifier le wikicode]

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LO publie l'hebdomadaire qui lui donne son nom, Lutte Ouvrière. Ce journal tire à 14000 exemplaires. Il est vendu sur les marchés et autres lieux d'intervention des militants, dans les manifestations, aux meetings, etc. On peut également la trouver en kiosque et elle propose en outre un abonnement. La revue théorique Lutte de Classe est plus confidentielle, et se vend par correspondance ou sur abonnement. LO publie en outre une presse d'entreprise, sous la forme des "Bulletins d'entreprise" publiés sur certains sites industriels où LO a des militants. Ils contiennent généralement un éditorial commun à tous les bulletins d'entreprise, et un contenu spécifique à l'entreprise sous forme de brèves sur les conditions de travail ou les résultats de l'entreprise.

Participations aux élections[modifier | modifier le wikicode]

LO participe, dans la mesure de ses moyens, au plus d'élections possible. Le plus souvent, il s'agit pour ce parti de tenir un discours cohérent au niveau national, et basé sur des revendications transitoires à populariser. Cependant pour certaines élections où il est envisageable d'avoir des élus, LO fait parfois alliance avec d'autres mouvements de gauche ou d'extrême gauche, pourvu qu'un accord politique ait été obtenu qui permette à LO de tenir son propre discours.

Autres modes d'intervention[modifier | modifier le wikicode]

En plus des méthodes traditionnelles (participations et appels aux manifestations, meetings, affiches, etc.) et de celles citées ci-dessus, LO organise également des conférences en région parisienne sur des sujets historiques ou politiques, intitulés "Cercle Léon Trotsky". LO organise également pendant l'été des "caravanes" de militants qui sillonnent les villes où la présence de militants LO est plus rare. Ce principe des caravanes a également été étendu récemment au reste de l'année avec des interventions locales plus fréquentes. Lutte Ouvrière organise également une fête annuelle à Presles, Val d'Oise, le week-end de la Pentecôte. Cette fête regroupe généralement des milliers de personnes. C'est en partie une sorte de kermesse, avec jeux, animations, concerts, gastronomie, etc., organisée de façon à pouvoir accueillir un public familial, enfants compris. Mais c'est aussi un rendez-vous politique avec allocutions de la porte-parole nationale, débats organisés avec des militants ou des personnalités sur des sujets de société, et invitation de groupes politiques qui peuvent eux-mêmes organiser des débats ou y participer. La fête de LO donne également une large place à la vulgarisation scientifique avec un chapiteau particulier consacré à la science, et à la littérature avec deux librairies.

Courants issus de LO[modifier | modifier le wikicode]

Union Ouvrière et Combat Communiste[modifier | modifier le wikicode]

Ces deux groupes ont été fondés suite à l'exclusion en 1974 de militants de LO de Bordeaux et Toulouse qui avaient une analyse différente de la majorité sur la question de la nature de l'URSS, selon eux un Capitalisme d'état et non un Etat ouvrier dégénéré comme le soutenait la majorité de LO. Le groupe "Union Ouvrière" a disparu en 1977, après avoir évolué vers des positions d'ultra-gauche. Le groupe Combat Communiste a quant à lui existé jusqu'en 1990, après quoi certains de ses membres ont rejoint LO, la LCR ou d'autres mouvements.

Fraction l'Etincelle[modifier | modifier le wikicode]

La "Fraction de Lutte Ouvrière", encore appelée "La Fraction l'Etincelle" ou simplement "La Fraction", est un groupe qui s'est formé en 1996 au sein de Lutte Ouvrière, au départ sur un désaccord avec la majorité sur l'évolution de l'URSS. Bien qu'une partie des militants de ce groupe soient restés à LO après sa formation, il a également organisé des militants extérieurs à LO, qui n'étaient pas reconnus par la direction majoritaire de l'organisation, ce qui donna lieu a un second motif de désaccord, qui alla croissant. En outre, la Fraction militait pour que Lutte Ouvrière ait une politique plus ouverte vers des alliances avec le reste de l'extrême-gauche. Des différences d'analyse importantes avec la majorité se sont également fait jour sur les émeutes des banlieues en novembre 2005, et en 2008 sur l'attitude à avoir vis-à-vis du futur NPA, la Fraction exprimant son souhait que LO s'associe avec la LCR à sa construction, et les militants de la Fraction participant de fait à sa construction. La Fraction a bénéficié pendant 12 années d'une certaine liberté au sein de Lutte Ouvrière, avec le droit de publier sa propre presse (bulletins d'entreprise "L'Etincelle", et revue "Convergences Révolutionnaires" au départ avec la tendance R! de la LCR), ainsi qu'une tribune hebdomadaire dans "Lutte Ouvrière" et mensuelle dans "Lutte de Classe". Ce groupe a été exclu le 21 septembre 2008 suite à un désaccord lié aux élections municipales de 2008. Il a depuis rejoint le NPA, où il a une place d’observateurs au Conseil politique national (CPN).

Liens[modifier | modifier le wikicode]

Site officiel de Lutte ouvrière.

Audio-LO, propose la lecture enregistrée des publications de Lutte ouvrière.

Site de la fête de Lutte ouvrière, le Week-end de la pentecôte, à Presles (Val-d'Oise).

Site de la Fraction l'Etincelle.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]