Ressources naturelles

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Minerai de fer utilisé pour la production de l'acier.

Les notions de ressources naturelles et de matières premières désignent les éléments fournis par la nature qui sont transformés par le travail humain, que ce soit pour produire de simples moyens de subsistance ou accumuler du capital.

Bien que souvent utilisés comme synonymes, les deux termes recouvrent une nuance : les ressources naturelles désignent la matière à l'état brut dans son environnement (une forêt, un gisement de charbon, une nappe phréatique), tandis que les matières premières désignent ces mêmes éléments une fois extraits, récoltés ou modifiés par le travail humain pour être injectés dans un nouveau processus de production (le bois coupé, le charbon miné, l'eau pompée).

Éléments historiques[modifier | modifier le wikicode]

Sociétés pré-capitalistes[modifier | modifier le wikicode]

Une forêt est une ressource naturelle. Un tas de troncs d'arbre relativement standardisés est de la matière première.

Dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, l'appropriation des ressources naturelles est directe et vise la subsistance immédiate (bois, pierre, flore, faune). Avec la révolution néolithique et les sociétés agraires, la terre arable devient la ressource naturelle centrale. L'extraction de minerais (cuivre, bronze, fer) se développe pour la fabrication d'outils et d'armes, mais reste quantitativement limitée par les techniques de l'époque et par des rapports de production qui ne poussent pas à la croissance illimitée de la production.

L'énergie utilisée est presque exclusivement de nature organique et renouvelable (force musculaire humaine et animale, bois, vent, cours d'eau). Les limites de la production sont directement imposées par la photosynthèse et la surface des terres disponibles.

Révolution industrielle et basculement extractiviste[modifier | modifier le wikicode]

Mine de charbon en Angleterre, vers 1900

Le développement du capitalisme en Europe, amorcé par l'accumulation primitive, bouleverse ce métabolisme. Aux 16e et 17e siècles, la Grande-Bretagne fait face à une grave crise d'approvisionnement en bois, liée à l'expansion de sa marine, de son agriculture et de sa métallurgie. Cette contrainte pousse les capitalistes britanniques à se tourner vers le charbon.

L'invention de la machine à vapeur, initialement conçue pour pomper l'eau des mines de charbon, permet de briser la limite organique des anciennes sociétés. Le capitalisme passe d'un régime énergétique de surface (le bois) à un régime énergétique souterrain (les énergies fossiles). Cette transition marque le début de la révolution industrielle.

L'utilisation du charbon, puis du fer en quantités massives, permet le développement des chemins de fer et de la grande industrie mécanisée. L'extraction des matières premières change radicalement d'échelle : il ne s'agit plus de prélever de quoi subvenir aux besoins d'une communauté, mais d'alimenter un cycle d'accumulation infinie du capital. Au 20e siècle, le pétrole vient s'ajouter au charbon, offrant une source d'énergie encore plus dense et facilement transportable, devenant la matière première la plus stratégique de l'économie mondiale.

Matières premières et valeur marchande[modifier | modifier le wikicode]

Marxisme[modifier | modifier le wikicode]

Valeur d'usage, valeur d'échange et travail humain[modifier | modifier le wikicode]

Pour le marxisme, la nature est, avec le travail humain, l'une des deux sources fondamentales de toute richesse matérielle (les valeurs d'usage). Karl Marx reprend à son compte la formule de l'économiste classique William Petty : « Le travail est le père de la richesse matérielle, la terre en est la mère »[1].

Cependant, dans le mode de production capitaliste, la finalité de la production n'est pas la valeur d'usage (la satisfaction des besoins) mais la valeur d'échange et, in fine, le profit. Or, selon la théorie de la valeur-travail, la nature ne crée aucune valeur économique par elle-même. Un gisement de fer intact dans le sol possède une immense valeur d'usage potentielle, mais aucune valeur d'échange car aucun travail humain abstrait n'y a été matérialisé.

Pour Karl Marx, la matière première transfère sa valeur au produit fini mais ne crée pas de valeur nouvelle.

La ressource naturelle ne devient une matière première (et une marchandise) qu'à partir du moment où le travail humain l'arrache à son état naturel. La valeur de la matière première sur le marché est donc déterminée par le temps de travail socialement nécessaire à son extraction, à son conditionnement et à son transport.

Matières premières et taux de profit[modifier | modifier le wikicode]

Dans l'analyse du Capital, Marx divise le capital investi par le capitaliste en deux parties :

  • Le capital variable (v) : l'achat de la force de travail, qui est la seule source de création de valeur nouvelle (la plus-value).
  • Le capital constant (c) : l'achat des moyens de production, qui incluent les machines (capital constant fixe) et les matières premières (capital constant circulant).

Les matières premières jouent un rôle particulier : elles sont entièrement consommées au cours du processus de production et transfèrent la totalité de leur valeur dans le produit fini, sans en créer de nouvelle. Une chemise en coton contient la valeur du coton brut qui a servi à la tisser.

Par conséquent, les matières premières constituent un enjeu central pour le taux de profit capitaliste. La formule du taux de profit étant pl / (c+v) (où pl est la plus-value), toute augmentation du coût des matières premières (qui fait gonfler c) fait tendanciellement baisser le taux de profit. À l'inverse, l'accès à des matières premières bas coût est un levier pour contrecarrer la baisse tendancielle du taux de profit. C'est ce qui pousse structurellement le capitalisme à chercher à s'approprier la nature au moindre coût, une dynamique que certains marxistes écologistes contemporains qualifient d'appropriation de la « nature bon marché » (cheap nature)[2].

Autres analyses[modifier | modifier le wikicode]

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Matières premières et impérialisme[modifier | modifier le wikicode]

Colonisation[modifier | modifier le wikicode]

Caricature de 1892 montrant le colon britannique Cecil Rhodes enjambant l'Afrique.

À la fin du 19e siècle, les puissances capitalistes européennes se lancent dans une expansion coloniale brutale jusqu'à contrôler la quasi-totalité de l'Afrique et une bonne partie de l'Asie.

De nombreux marxistes font l'analyse que ce sont les transformations du capitalisme (monopoles, capital financier...) qui ont poussé à ce colonialisme. Lénine analyse ce qu'il appelle le stade suprême du capitalisme, l'impérialisme[3].

Si différentes motivations économiques ont été avancées et débattues[4], une des principales était la sécurisation et l’accaparement de ressources naturelles.

En effet la seconde révolution industrielle (électricité, chimie, automobile) exige de nouvelles matières que l'Europe ne possède pas ou plus en quantité suffisante :

  • Le caoutchouc : indispensable pour l'industrie naissante du pneu et l'isolation électrique. Son extraction en Congo belge sous le règne de Léopold II s'est faite au prix de massacres et de mutilations de millions d'Africains, constituant l'un des crimes coloniaux les plus effroyables.
  • Le cuivre et l'étain : nécessaires pour l'électrification naissante, exploités massivement en Afrique australe et en Amérique latine. Avant 1914, à peu près la moitié de la production mondiale d'étain provenait de Malaisie. Le cuivre du Katanga, exploité par l’Union minière dans le Congo belge à partir des années 1910, et celui de Rhodésie du Nord à partir des années 1930.
  • L’or : À partir des années 1890, l'or d'Afrique du Sud est une part considérable de la production mondiale. C’est un pilier de l’étalon-or et de la place de Londres.
  • Le coton : bien que connu de longue date, sa demande explose. Les puissances coloniales ont souvent délibérément détruit l'artisanat local (comme l'industrie textile indienne par les Britanniques) pour forcer les pays colonisés à se spécialiser dans l'exportation de coton brut vers les métropoles, et à importer en retour les vêtements manufacturés européens.
  • Le nickel : la Nouvelle-Calédonie est le premier producteur mondial à la fin du 19e siècle
  • Le phosphate : qui sert alors d'engrais pour contrer la baisse de fertilité des sols et maintenir le développement de l'agriculture intensive. Beaucoup des phosphates sont notamment extraits du Maghreb.
  • Les oléagineux d’Afrique de l’Ouest (arachide du Sénégal, huile de palme) pour la savonnerie et la margarine, et le cacao de la Gold Coast, premier producteur mondial.
  • Le jute du Bengale, en quasi-monopole, était utilisé dans les sacs et emballages du commerce mondial.
  • L’uranium de Shinkolobwe, au Congo belge, qui fournit l’essentiel de l’uranium du projet Manhattan.
Le latex est une matière première de nature végétale. Ici, du latex est collecté à même sa source naturelle, l'hévéa (arbre à caoutchouc).

Cette division internationale du travail a forgé une asymétrie structurelle : les pays du « centre » impérialiste se sont réservé la production industrielle à haute valeur ajoutée, tandis que les pays de la « périphérie » ont été assignés au rôle de fournisseurs de matières premières (souvent via des monocultures ou des mono-exportations).

Cependant l'essentiel des matières premières provenait des métropoles elles-mêmes (coton du Sud des États-Unis, charbon et fer d'Europe, cuivre des États-Unis et du Chili, pétrole des États-Unis, de Russie, du Mexique ou de Roumanie...), et les productions des colonies étaient souvent mises sur le marché mondial, si bien que les pays sans colonies y avaient aussi accès. Il faut aussi souligner que les territoires britanniques les plus dynamiques (Australie, Canada, Afrique du Sud...) étaient des dominions avec une bourgeoisie locale autonome plutôt que des colonies au sens strict. Dans une certaine mesure, des entreprises privées européennes étaient implantées dans les colonies d'autres métropoles, comme la Suisse[5][6], la Suède[7], ou encore la Compagnie française des pétroles opérant dans l'Irak sous mandat britannique dans l'entre-deux-guerres.

La course aux colonies que se livrent les États impérialistes à la fin du 19e siècle est en grande partie un pari sur l'avenir et un enjeu idéologique nationaliste, et ne peut pas être vue de façon économiciste comme pur reflet d'une rationalité économique.[4]

En revanche il est clair que les colonies ont été un atout pour les grands empires pendant les années 1930, où le commerce s'effondre et où il y a guerre des devises. Une matière première payée en livres ou en francs à l’intérieur de la zone sterling ou de la zone franc économisait des devises rares. Le Troisième Reich réclamait d'ailleurs la restitution de ses colonies en invoquant la « question des matières premières » : sans colonies ni devises, l’Allemagne peinait à s’approvisionner.

Semi-colonisation[modifier | modifier le wikicode]

Il n'est pas nécessaire qu'il y ait colonisation directe pour que les matières premières se retrouvent globalement accaparées par les pays impérialistes.

Que l'on parle de semi-colonisation (terme employé par les marxistes du début du 20e siècle) ou de néocolonialisme (plutôt pour les pays du Sud après les indépendances de la deuxième moitié du 20e siècle), les mécanismes de domination impérialiste indirects perdurent, notamment : l'échange inégal (les écarts de rémunération engendrent un transfert de valeur du Sud vers le Nord) et la dégradation des termes de l'échange (la valeur des matières premières tend à baisser par rapport aux produits manufacturés que les pays du Sud doivent importer). Le cercle vicieux est alors refermé : il faut vendre toujours plus de tonnes de cuivre ou de cacao pour acheter le même nombre de machines industrielles.

L'ouvrage célèbre d'Eduardo Galeano, Les Veines ouvertes de l'Amérique latine (1971), documente de manière exhaustive comment l'or, l'argent, le guano, le salpêtre, le cuivre et le pétrole ont été historiquement pillés.

« Malédiction des ressources naturelles »[modifier | modifier le wikicode]

De nombreuses observations ont montré qu'il y avait une tendance à ce que les pays ayant des ressources naturelles abondantes souffrent de conséquences négatives :

  • plus forte corruption des politiciens ;
  • tendance à la désindustrialisation du fait de la focalisation sur les industries extractives, et du renchérissement des exportations (du fait de l'afflux de devises liées aux achats de ressources, qui font monter la valeur de la monnaie du pays) ;
  • pénalisation des économies centrées sur les ressources du fait de la volatilité des prix des matières premières ;
  • tendance à une croissance plus faible du fait de ces trois facteurs, associée à une économie de rente.
Le Venezuela est un pays dont les dirigeants ont toujours beaucoup compté sur la rente pétrolière.

Cela a été décrit d'abord à propos des Pays-Bas des années 1960, lorsque la découverte et l’exploitation de gisements de gaz a conduit à une appréciation de la monnaie et à un déclin du secteur manufacturier. Des économistes parlent alors de « syndrome hollandais ». Puis le cas plus général a été appelé « malédiction des ressources naturelles » et a été largement appliqué à de nombreux pays, notamment des pays périphériques.

Mais en réalité cette « malédiction » n'a rien de naturel ni de fatal. De nombreux pays ont su contrer ses effets, notamment en fléchant les revenus générés vers des fonds souverains (Norvège, Émirats, Arabie saoudite...). Mais si la plupart des pays pauvres succombent à cette malédiction, c'est en grande partie le résultat de l'impérialisme, comme mentionné plus haut.

Les colons avaient d'emblée orienté ces territoires vers l'extraction, produisant des « économies d'enclave », avec des chemins de fer reliant directement les mines à la côte. Longtemps après, les infrastructures restent adaptées à l'exportation, mais pas au développement d'un marché intérieur. Lors des décolonisations et après, les impérialistes ont activement soutenu des dirigeants locaux qui étaient prêts à conserver cet ordre établi en échange d'une part des profits, ce qu'on appelle la bourgeoisie compradore. Ils n'hésitent pas à avoir recours à la corruption, voire parfois à soutenir des coups d'État contre ceux qui nuisent à leurs intérêts. Dans ces conditions s'étonner qu'il y ait des corrompus et des tyrans dans ces semi-colonies relève de l'hypocrisie.

Il ne s'agit pas juste d'un effet du passé colonial qui perdure dans le temps. Les mécanismes néocoloniaux mentionnés ci-dessus sont aujourd'hui à l’œuvre pour freiner l'industrialisation des pays du Sud global.

Extractivisme et écologie[modifier | modifier le wikicode]

L'extraction effrénée des ressources par le capitalisme pose des problèmes écologiques majeurs, et présente des risques d'épuisement de certaines ressources.

Impacts écologiques[modifier | modifier le wikicode]

Mine de cuivre à ciel ouvert. Le capitalisme génère des externalités écologiques massives dans sa quête de matières premières.

Bien avant le capitalisme, les activités humaines d'extraction de ressources naturelles ont pu avoir des impacts négatifs sur l'environnement, qui ont eu à leur tour avoir des impacts négatifs imprévus sur les vies humaines. Marx et Engels en avaient conscience, mentionnant par exemple les problèmes de déforestation.

« Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie Mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s’attendre à jeter par là les bases de l’actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d’accumulation et de conservation de l’humidité. » [8]

Mais le capitalisme a généralisé ce type de problèmes. Avec sa production résultant d'un ensemble de décisions motivées par le profit, sans plan d'ensemble, et avec les technologies puissantes à sa disposition, il produit d'immenses déséquilibres entre la nature et les sociétés. Plusieurs marxistes décrivent ces déséquilibres par la notion de rupture métabolique.

On peut mentionner par exemple :

Le capitalisme considère la nature comme un don gratuit et traite la pollution comme une externalité (un coût imposé à la société et non payé par l'entreprise).

Risques de pénuries[modifier | modifier le wikicode]

Face à la ponction croissante des ressources, des craintes de pénurie émergent régulièrement au sein même de la société bourgeoise. Une des premières manifestations de ce type de crainte a été le malthusianisme, vision réactionnaire qui s'est aussi avérée fausse. Un grand nombre de craintes ont surgi par la suite, et les plus catastrophistes se sont avérées largement exagérées. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas aujourd'hui des préoccupations légitimes sur les ressources les plus épuisables.

À la fin du 18e siècle, Thomas Malthus affirmait que la population augmentait trop vite (il visait essentiellement les pauvres) et que la mortalité allait fatalement frapper, en raison d'une insuffisance alimentaire. Il a eu tort : le capitalisme a trouvé des moyens d'entamer une hausse des rendements agricoles, et la population a continué à augmenter (tout en finissant par se stabiliser dans les pays achevant leur transition démographique). Marx et Engels ont combattu la vision de Malthus, qui avec une extrême virulence. Pour eux, le malthusianisme est l'idéologie bourgeoise par excellence : il naturalise la misère. Marx démontre que la « surpopulation relative » (l'armée de réserve des travailleurs au chômage) n'est pas due à un manque de ressources naturelles, mais à la loi d'accumulation du capital, qui remplace les travailleurs par des machines. La pauvreté n'est pas un problème de rareté naturelle, mais un problème de répartition des richesses, de désorganisation de la production et d'accaparement privé.

Au 20e siècle, le néo-malthusianisme refait surface, notamment avec le rapport du Club de Rome (Les Limites à la croissance, 1972) qui modélise l'effondrement de la civilisation industrielle suite à l'épuisement des matières premières, ou avec les craintes récurrentes du « pic pétrolier ».

Le mouvement ouvrier et marxiste a souvent souligné que la plupart de ces paniques se sont avérées fausses à court et moyen terme. Le capitalisme possède une capacité d'adaptation que les malthusiens sous-estiment, via plusieurs mécanismes :

  • L'innovation technologique : Elle permet d'extraire des ressources auparavant inaccessibles (forage en eaux profondes, gaz de schiste).
  • La substitution : Quand une matière devient trop rare et chère, le capital investit pour lui trouver un substitut (comme la fibre optique remplaçant le fil de cuivre pour les télécommunications).
  • Les gains d'efficacité : Les machines utilisent de moins en moins d'énergie par unité produite.

Cependant, comme le souligne le paradoxe de Jevons, dans un système capitaliste, l'augmentation de l'efficacité d'utilisation d'une ressource ne conduit pas à une baisse de sa consommation globale, mais au contraire à une augmentation de la consommation globale en raison de la baisse de son coût relatif et de l'expansion du marché.

Malgré les fausses alertes du passé, les limites physiques de la Terre s'imposent aujourd'hui comme une réalité matérielle incontournable. La crainte contemporaine ne porte pas tant sur l'épuisement géologique absolu, mais sur les limites de la "transition énergétique" capitaliste.

Le projet d'un « capitalisme vert » nécessite des quantités faramineuses de métaux (lithium, cobalt, cuivre, terres rares) pour produire des batteries, des éoliennes et des panneaux solaires. Le Taux de Retour Énergétique (TRE, ou EROI en anglais) — c'est-à-dire la quantité d'énergie qu'il faut dépenser pour obtenir une unité d'énergie utilisable — ne cesse de baisser. Il faut retourner beaucoup plus de tonnes de roche avec des machines diesel aujourd'hui pour obtenir une tonne de cuivre qu'il y a un siècle, car les minerais les plus concentrés ont déjà été exploités.

Le capitalisme se heurte ainsi à une double contradiction : la transition écologique requise pour sauver le climat demande un surcroît massif d'extractivisme minier, qui lui-même détruit la biodiversité, pollue les eaux et aggrave la subordination des pays du Sud global. La planification socialiste rationnelle et démocratique de la production, basée sur la valeur d'usage, le recyclage intégral et la fin de l'obsolescence programmée, apparaît ainsi dans l'analyse marxiste contemporaine non seulement comme une nécessité sociale, mais comme une urgence écologique vitale.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ Karl Marx, Le Capital, Livre I, Chapitre 1.
  2. ↑ Jason W. Moore, Capitalism in the Web of Life: Ecology and the Accumulation of Capital, Verso, 2015.
  3. ↑ Lénine, L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Voir l'analyse des causes matérielles de la vague de colonisation de la fin du 19e siècle.
  5. ↑ Andreas Zangger, Koloniale Schweiz, 2011
  6. ↑ Patricia Purtschert et Harald Fischer-Tiné (dir.), Colonial Switzerland: Rethinking Colonialism from the Margins, 2015
  7. ↑ Magdalena Naum et Jonas Nordin (dir.), Scandinavian Colonialism and the Rise of Modernity, 2013
  8. ↑ Friedrich Engels, Dialectique de la nature, 1883
  9. ↑ all4trees, Exploitation minière, 31 octobre 2025