Division internationale du travail

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La division internationale du travail est le fait que la production soit répartie géographiquement, puis échangée par le commerce mondial.

Historique[modifier]

Origine[modifier]

Le commerce triangulaire était une première forme de division internationale du travail à grande échelle. Mais celle-ci a vraiment pris son essor avec la révolution industrielle du 19ème siècle. Un des effets est l'augmentation de l'interdépendance objective entre entreprises, entre États, entre peuples...

Aujourd'hui[modifier]

Le capitalisme mondial, aidé par les dérégulations du tournant néolibéral et les régulations mondiales (FMI, OMC, ONU...) a poussé jusqu'à un niveau record la division internationale du travail.

  • Les pays impérialistes (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Japon, Océanie) conservent des services et industrie de pointe
  • Les pays dominés fournissent les matières premières (métaux, hydrocarbures...), l'agriculture d'exportation (fruits exotiques...), l'industrie légère intensive en travail mais pas en capital (textile...), et certains services (tourisme, assistance téléphonique, informatique...).

La planification par les firmes multinationales, dans un cadre de plus en plus éclaté, fractionné, de la production de biens industriels (par exemple des automobiles) dont les nombreux éléments constitutifs sont produits aux quatre coins du monde avant d’être assemblés. La production de services elle-même s’internationalise, et se délocalise : centres d’appel gérés par des sociétés françaises dans des pays tels que le Sénégal, le Maroc, la Tunisie… délocalisation d’une large partie des services de maintenance, mais aussi de développement informatique dans des pays comme l’Inde, l'Amérique latine, l'Europe de l'Est... (par exemple AXA ou IBM).

Entre grandes puissances impérialistes, il n'y a pas spécialement de "complémentarité", chacune essayant autant que possible de conserver son industrie dans chaque secteur. Par exemple, 80 % des échanges entre la France et l'Allemagne se font sur des produits de même nature (automobile, électronique...).

Il y a une division internationale au sein des grands trusts multinationaux : 30% du commerce mondial est interne aux multinationales.

Théorisations[modifier]

Théorie des avantages comparatifs[modifier]

L'économiste anglais David Ricardo a développé la théorie de l'avantage comparatif pour expliquer la division internationale du travail qui naissait au début du 19ème siècle, et - comme souvent chez les économistes classiques - pour la légitimer comme un processus bénéfique du capitalisme.

En s'appuyant sur l'exemple de l'échange de draps anglais contre le vin portugais en 1817, il a dégagé le schéma suivant :

  • des pays sont plus ou moins compétents dans un domaine donné (pour des raisons naturelles, culturelles...) et donc les marchandises qu'ils produisent dans ce domaine sont plus ou moins compétitives par rapport à celles d'autres pays
  • l'augmentation du libre-échange fait jouer la concurrence internationale
  • les pays abandonnent leurs activités moins efficaces économiquement, et ainsi peuvent affecter les ressources ainsi libérées (main d’œuvre, capitaux, ressources naturelles) aux activités les plus efficaces, dont le produit est exporté.

Quelques chiffres actuels[modifier]

  • La Thaïlande produit 40 % des disques durs vendus dans le monde.
  • La Chine produit 50 % des téléphones portables et 60 % des ordinateurs vendus dans le monde
  • Un produit simple comme un jeans compte 18 composants provenant de trois continents, avant d’être vendu en Europe.
  • Une Renault Logan fabriquée en Roumanie n'est pas plus « française » qu’une Toyota Yaris fabriquée à Valenciennes.
  • Une usine comme Renault-Cléon (Seine-Maritime) travaille à 60 % à l’exportation (moteurs et boîtes de vitesse).

En juin 2011, 143 députés avaient signé un texte ridicule demandant qu’Air France achète plus d’Airbus « européens » que de Boeing « américains ». Mais un Boeing 787 Dreamliner comporte 10 % de pièces et de systèmes français (câblages, logiciels de fabrication, freins, trains d’atterrissage, portes) et un Airbus A380, une bonne moitié de produits américains…

Au moins 55 % des exportations chinoises sont réalisées par des multinationales étrangères, américaines, japonaises ou européennes notamment. Autrement dit, quand un iPod « made in China » arrive ici, il a certes été assemblé en Chine. Mais avec des centaines de composants originaires de différents pays, tandis que la conception et le marketing viennent des États-Unis. Et ce qui revient aux Chinois est dérisoire par rapport à ce qui revient à Apple et à ses différents sous-traitants. Pour un iPod vendu 150 dollars aux États-Unis, 4 dollars reviendraient à la Chine et, là-dessus, encore beaucoup moins pour les salaires des ouvriers chinois.

Le commerce mondial a augmenté deux fois plus vite que la production. Il représentait 14 % de la production mondiale en 1970, 20 % en 1990 et 30 % aujourd’hui.

Notes et sources[modifier]

« La « démondialisation » et le protectionnisme, entre démagogie cocardière et ineptie économique », Lutte ouvrière, 2012