Invasion de l'Irak (2003)

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L'invasion de l'Irak en 2003 par le gouvernement de George W. Bush fut une affirmation brutale de l'impérialisme états-unien, qui a causé la mort de plus de 100 000 civils irakiens, d'immenses destructions, et une semi-colonisation du pays. On l'appelle aussi la troisième guerre du Golfe.

Evenements[modifier]

Suite aux attentats du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center, le gouvernement néo-conservateur de George W. Bush saisit l'occasion pour lancer une grande vague de réaction mondiale. Au nom de la "lutte contre le terrorisme" et de la "défense de la liberté et de la démocratie", les Etats-Unis renforcent leur domination un peu partout dans le monde. Cela commence par l'invasion de l'Afghanistan en 2001, sous couvert de retrouver Oussama Ben Laden. Puis, en 2002, c'est l'Irak qui est pris pour cible. Le gouvernement Bush prétend que ses services secrets savent que l'Irak met au point des "armes de destruction massive" menaçant l'Occident. Le régime dictatorial de Saddam Hussein est dénoncé comme criminel, alors même qu'il était l'allié des Etats-Unis dans les années 1980...

Malgré la faiblesse des prétextes officiels, l'impossibilité de trouver des armes de destruction massive, malgré aussi que l'Irak accepte que des experts de l'ONU viennent contrôler sur son sol... les Etats-Unis sont déterminés à envahir le pays. Ils mettent fixent alors un ultimatum qu'ils savent mpossible à réaliser : Saddam a jusqu'au 19 mars pour quitter le pays. Le 20 mars 2003, la guerre est formellement déclarée par les Etats-Unis, et les bombardements commencent immédiatement., ainsi que le débarquement des troupes terrestres On parle de "frappes chirurgicales", censées frapper des cibles militaires stratégiques, mais des civils meurent tous les jours.

Les Etats-Unis crient victoire le 1er mai 2003, et Saddam Hussein est arrêté le 13 décembre, tandis qu'un gouvernement fantoche est mis en place. Mais des guerillas et des attentats vont alors frapper en permanence les troupes états-uniennes, bien plus perçues comme des troupes d'occupation que comme des forces de libération. Cette situation va perdurer jusqu'au départ des troupes impérialistes en 2011.

Motivations impérialistes[modifier]

Avant même l'invasion, la grande bourgeoisie états-unienne s'était entendue pour se découper de juteux profits dans cette guerre. Non seulement pour les retombées futures, mais aussi via d'innombrables marchés publics. 40% de la dépense de l'Etat fédéral serait revenu à des contractants privés. Ce qui n'empêche pas la propagande officielle de présenter cette opération comme une

Intérêts géo-politiques[modifier]

  • le pétrole, qui est sans doute la première des motivations, l'invasion de l'Irak permettant aux Etats-Unis et à ses alliés de diversifier leurs sources (limiter la dépendance à l'Arabie Saoudite, au Vénézuela etc...). L'Irak est le 4ème détenteur mondial de réserves pétrolières.
  • encercler l'Iran, qui depuis la révolution de 1979 est un des pays les plus hostiles à l'impérialisme états-unien de la région.
  • défendre l'allié israélien de menaces potentielles
  • réaffirmer la puissance des Etats-Unis, qui malgré leur marasme économique conservent la 1ère armée du monde et se moquent bien de la communauté internationale

"La plus privatisée des guerres"[modifier]

Le gouvernement de George Bush a litteralement distribué des milliards de dollars à ses amis capitalistes.

En particulier, le premier profiteur de guerre est sans doute Halliburton avec sa filiale KBR qui ont empoché au moins 20 milliards de dollars. Son dirigeant de 1995 à 2000 fut Dick Cheney... le même qui se retrouva vice-président sous George Bush. Halliburton et KBR sont entachés de nombreux scandales liés à la guerre en Irak :

  • ils ont économisé un maximum sur la sécurité de leurs employés civils en Irak (camionneurs envoyés sur des routes en zone de tir...)
  • ils ont économisé un maximum sur la sécurité des soldats auxquels ils rendaient des services :
    • l'eau qu'ils fournissaient aux soldats (pour leurs douches notamment) était contaminée (malaria, typhus...)
    • mauvais branchements électriques conduisant à des morts par électrocution
    • incinération de tout et n'importe quoi sur les bases rejetant des fumées ultra-nocives
  • ils bénéficiaient de contrats léonins leur permettant de déclarer les dépenses qu'ils voulaient et se faire rembourser intégralement par les contribuables états-uniens :
    • camions faisant des aller-retour à vide...
    • camions brûlés sur place lorsqu'ils tombaient en panne, pour les racheter à neuf...
    • nourriture des soldats surfacturée (alors qu'elle était produite sur place par des Irakiens sous-payés)
    • lavage du linge complètement baclé... et les soldats avaient interdiction de laver le linge à la main, Halliburton touchant 99$ par panier
    • voitures de luxe, jet-ski, hotels grand luxe pour les hauts cadres de la société
  • les multiples liens de lobbying, corruption, connivence avec les hauts fonctionnaires de l'Etat fédéral, les marchés de gré à gré...

Et Halliburton n'est qu'un exemple. On peut noter aussi :

  • Blackwater : une société de mercenaires qui a tiré d'énormes profits de la guerre en Irak : croissance de 600% entre 2001 et 2005. L'avantage de faire appel à ces mercenaires est notamment qu'ils ne sont pas aussi surveillés que des militaires et peuvent tuer impunément des civils... Après les troupes états-uniennes, les mercenaires forment le plus gros contingent de troupes en Irak.
  • CACI : une société qui a mené des "interrogatoires" dans les prisons, comme à Abu Grahib tristement célèbre pour ses affaires de torture sur des prisonniers irakiens. CACI a reçu 60 millions de dollars. Un "interrogatoire" sur deux était réalisé par une société privée.
  • TITAN : la société fournissant la plupart des interprètes. Elle a signé un contrat de 2 milliards de dollars.

Le marché de la reconstruction[modifier]

Et enfin, comme toutes les guerres sous le capitalisme, il y a un effet positif sur la croissance, avec de nouveaux marchés pour accumuler du capital :

  • les sociétés de BTP états-uniennes se sont partagées le gros du pactole : 5,3 milliards de dollars pour Parsons, 1,03 milliards pour Bechtel[1]...
  • la société DynCorp, chargée d'entraîner la police irakienne, a reçu 1,9 milliards
  • la société de surveillance aérienne, Transatlantic traders, a reçu 5 milliards

Opposition à la guerre[modifier]

Cette invasion de l'Irak, dont les justifications "officielles" ont rarement paru aussi peu crédibles, a soulevé beaucoup de résistances. En Europe, aux Etats-Unis et ailleurs, beaucoup de manifestations anti-guerre ont eu lieu. De très nombreux jeunes se sont politisés à cette occasion, découvrant crûment ce que signifie une guerre impérialiste.

Conséquences[modifier]

Anne Alexander, Daech et la contre-révolution : pour une analyse marxiste, 12 juin 2015

Notes et sources[modifier]

Irak à vendre : les profiteurs de guerre, documentaire 2006