Bloc de l'Est

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Le bloc de l'est, aussi appelé bloc communiste ou encore bloc soviétique (cette dernière définition englobe plus spécifiquement l'URSS et les pays d'Europe satellites) désigne l'ensemble des pays dits "communistes" (stalinistes) au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Ces pays avaient la particularité de tous se situer à l'Est du méridien de Greenwich (à l'exception de Cuba), d'où le nom attribué au bloc. Le bloc s'est désagrégé en 1991 avec la libéralisation des pays d'Europe de l'Est et l'effondrement de l'URSS, mais certains pays à régime stalinien, comme la Corée du Nord, persistent.

Pays ayant appartenu au bloc[modifier]

URSS[modifier]

L'URSS était le pays phare du bloc. Premier Etat ouvrier à la suite de la Première guerre mondiale, l'URSS, sous l'impulsion de Staline, va être réorganisée en un régime centralisé et totalitaire. Certains militants commencent à affirmer que l'URSS exerce un impérialisme sur ses pays voisins, notamment les républiques satellites d'Europe de l'Est au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Mais certains militants, comme Trotsky, s'opposaient à cette vision réductrice :

« Peut-on qualifier d'impérialisme la politique d'expansion actuelle du Kremlin? Avant tout il faudrait s'entendre sur le contenu social que nous conférons à ce terme. L'histoire a connu l'impérialisme de l'Etat romain fondé sur le travail des esclaves; l'impérialisme de la propriété terrienne féodale; l'impérialisme du capital commercial et industriel; l'impérialisme de la monarchie tsariste, etc. La force motrice de la bureaucratie soviétique réside, sans aucun doute, dans sa volonté d'accroître son pouvoir, son prestige, ses revenus. C'est ce même élément d'impérialisme - pris dans le sens le plus large du terme - qui fut dans le passé la marque spécifique de toutes les monarchies, oligarchies, castes dirigeantes, classes et milieux divers. Pourtant, dans la littérature politique contemporaine, du moins dans la littérature marxiste, par "impérialisme" on entend la politique d'expansion du capital financier qui a un contenu économique bien défini. Appliquer à la politique du Kremlin le terme d'impérialisme sans expliquer en fait ce que l'on entend par-là, cela revient tout simplement à identifier la politique de la bureaucratie bonapartiste avec la politique du capitalisme monopoliste, en se fondant sur le fait que l'un et l'autre utilisent la force militaire à des fins d'expansion. Une telle identification, propre seulement à semer la confusion, convient à des démocrates petits-bourgeois plutôt qu'à des marxistes. »[1]

La chute de l'URSS va conclure l'effondrement du bloc[2]. Aujourd'hui, l'impérialisme russe s'exerce surtout en Ukraine, où une partie du pays (Crimée) est devenue, à la suite d'élections contestées[3], russe.

Article détaillé : Dissolution de l'URSS.

Chine[modifier]

La Chine était le second pays le plus important du bloc, mais les relations entre les bureaucraties chinoise et soviétique vont se tendre progressivement, notamment au cours des années 1960[4]. A la suite de la révolution de 1949, l'économie chinoise, tout d'abord fermée, va progressivement s'ouvrir aux exigences du marché[5], paradoxe on ne peut plus étonnant pour un régime censé "communiste".

République démocratique d'Allemagne[modifier]

Ce petit pays satellite va voir sa capitale, Berlin, cristalliser les tensions entre les puissances occidentales et soviétique, à tel point qu'un mur sera construit afin de séparer définitivement "Berlin-ouest" du reste du bloc soviétique.

Pologne[modifier]

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la Pologne va devenir un pion important de l'URSS. Mais des troubles survenus dans les années 1980[6] va amener ce pays à être l'un des premiers à se libérer du carcan soviétique.

Tchécoslovaquie[modifier]

Le cas de la Tchécoslovaquie est différent des autres, car cette dernière ne va pas tomber tout de suite dans le bloc de l'Est. A la suite de la Seconde guerre mondiale, des élections pluralistes sont organisées. Mais Klement Gottwald, devenu président du Conseil, rejette, en 1947, le plan Marshall, et exécute le coup d'État (« coup de Prague ») qui assure au parti communiste le pouvoir absolu sur la Tchécoslovaquie. En 1968, les dirigeants tentent de bouger les lignes en instaurant un "socialisme à visage humain", mais sont écrasés par les russes qui craignent de perdre en influence dans la région.[7]

Roumanie[modifier]

La Roumanie, sous la présidence des Ceaususcu, va devenir une dictature sanglante et retardée[8], qui sera l'une des dernières à s'ouvrir au libéralisme à l'issue de la Guerre froide.

Hongrie[modifier]

La Hongrie connut une première révolution qui échoua. Après la Seconde guerre mondiale, la Hongrie devint rapidement membre du Bloc. Elle connut une insurrection populaire authentique en 1955, réprimée par l'armée soviétique.

Corée du Nord[modifier]

La Corée du Nord va devenir l'une des dictatures parmi les plus fermées de la planète.

Cuba[modifier]

Le cas de Cuba est particulier, car il s'agit initialement d'une révolution populaire[9], proche des Etats-Unis, rachetée par la bureaucratie soviétique, et aujourd'hui par la bureaucratie américaine[10]... D'un point de vue militaire, Cuba était aussi d'une importance stratégique pour le Kremlin, car l'installation d'une base de lancement de missiles aurait mis les Etats-Unis mais aussi les pays satellites d'Amérique centrale à moins d'une heure de portée[11] ; finalement, les soviétiques cèderont et de ce fait éviteront une guerre nucléaire.

Vietnam[modifier]

À la suite de la guerre du Vietnam, ce dernier va devenir "communiste" et adopter à son tour une politique d'ouverture économique (mais pas politique - la junte s'arrogeant toujours l'essentiel du pouvoir) proche de la Chine.

Autres[modifier]

La Yougoslavie, dans un premier temps attachée au bloc de l'Est, va progressivement s'en détacher[12], sans jamais se libéraliser.

Notes et sources[modifier]