Républicanisme en France

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Allégorie de la première République Française. Le bonnet phrygien rouge est un symbole du républicanisme français.

Le républicanisme en France est une idéologie qui a eu un rôle important, tout en étant divisé entre visions populaires et visions bourgeoises de la république. Ce sont ces dernières qui ont eu le dessus, devenant une part majeure de l'idéologie de la bourgeoisie française.

1 Origines[modifier | modifier le wikicode]

Les philosophes des Lumières seront assez nombreux à défendre des idées libérales, et parmi eux certains vont plus loin que le despotisme éclairé ou la monarchie constitutionnelle. C'est surtout Jean-Jacques Rousseau avec son concept de volonté générale qui donnera l'impulsion pour le républicanisme moderne, en France et au delà (Allemagne notamment).

La révolution états-unienne aboutit à la création de la première grande république de l'époque moderne (1776).

La révolution états-unienne (1765-1783), en s'émancipant de la monarchie anglaise grâce à un puissant mouvement populaire, débouche sur la création d'une république (plus inspirée de Locke, Hobbes ou Montesquieu que de Rousseau). Les idées traversent l'atlantique, et en retour la révolution aux États-Unis a un impact sur la Révolution française. Certains, comme le républicain Thomas Paine, ont même participé aux deux.

2 Révolution française[modifier | modifier le wikicode]

Les leaders de la Révolution française de 1789 sont très influencés par Rousseau, et par l'Antiquité grecque et romaine. Ils sont alors nombreux, à travers les débats qui politisent intensément la population, à défendre le principe de souveraineté populaire et de participation populaire en vue de l'intérêt général. C'est avant tout le processus révolutionnaire et ses événements marquants (refus de la haute noblesse de coopérer, tentative de fuite du roi...) qui font précipiter le passage de la monarchie constitutionnelle à la République, légitimant et stimulant le mouvement républicain en plein essor.

Le républicanisme est alors un courant bouillonnant, traversé de visions différentes, dont une large frange qui porte une idée émancipatrice de la République. Il y avait chez Rousseau une critique des inégalités, et on associait alors surtout les « riches » aux aristocrates propriétaires terriens. Mais l'essentiel des républicains étaient des bourgeois ou petit-bourgeois, et ne voulaient pas que la propriété privée soit trop menacée. C'est pourquoi après la période exceptionnelle de la République montagnarde de 1793 (en équilibre instable sous la pression sans-culotte), une vague réactionnaire a lieu. D'abord la République se durcit (Directoire), puis elle disparaît sous l'Empire de Napoléon Ier, puis la Restauration monarchique.

3 Républicanisme au 19e siècle[modifier | modifier le wikicode]

3.1 Avant 1848[modifier | modifier le wikicode]

Au début du 19e siècle, alors l'industrialisation prend de l'ampleur, une grande partie de la bourgeoisie se détourne du républicanisme, se concentrant sur la recherche du profit. Non seulement en s'enrichissant elle perd sa combativité et son idéalisme, mais elle se retrouve en contradiction avec les aspects « sociaux » qui sont plus ou moins associés à l'idéal républicain, et se méfie même du suffrage universel qui pourrait donner trop de pouvoir à la masse de plus en plus importante qu'elle exploite. La grande bourgeoisie se plaît dans les formes monarchiques de gouvernement.

Cependant le mouvement républicain reste important en France et resurgit à plusieurs occasions au cours du 19e siècle, porté par des secteurs de la petite-bourgeoisie, et de plus en plus, par le mouvement ouvrier.

De nombreux militants s'identifiaient comme républicains mais concevaient la république comme un moyen de faire advenir une société socialisme / communiste (Gracchus Babeuf, Louis Blanc, Auguste Blanqui...). Pour toute la frange du républicanisme ouvrier et socialiste qui se développe alors, la liberté républicaine n'est réellement atteignable qu'en structurant la vie économique autour d'institutions démocratiques où le pouvoir est partagé, notamment des coopératives de travail ou de consommation[1]. Il s'agit de mettre en place une République sociale. Une partie du socialisme s'est cependant construit sur une sorte d'indifférence voire de rejet de 1789, comme chez Fourier, qui était assez indifférent à la forme politique, au nom du primat de l'économie.

Au début du 19e siècle, il n’y a pas de fossé infranchissable entre ceux qui se veulent simplement républicains et ceux qui s’affirment socialistes. Témoin un homme comme François Raspail. Combattant de juillet 1830 il a succédé à Ulysse Trélat à la présidence de la Société des Amis du Peuple. On le retrouve à la Société des Droits de l’Homme. Autant d’activités qui le conduisent à deux reprises en prison. En 1834, il fonde avec Guillard de Kersausie Le Réformateur qui connaît un assez grand succès. Démocrate avant tout, partisan du suffrage universel, Raspail se préoccupe sans doute du sort des ouvriers. Toutefois, il n’envisage que des réformes. Les ouvriers artisanaux devront former des coopératives de production grâce aux crédits fournis par des banques d’Etat. Quant aux travailleurs des grandes entreprises, leurs salaires seront fixés par des jurys composés d’ouvriers et d’employeurs et présidés par des commissaires du gouvernement.

Dans l’ensemble, les républicains rejettent les théories socialistes et communistes. Ils considèrent que l’essentiel réside dans la conquête du suffrage universel grâce auquel des réformes pourront être faites qui amélioreront la condition ouvrière : développement de l’instruction primaire, transformation de la fiscalité par un impôt progressif, liberté d’association, arbitrage en matière de coalition, suppression du livret ouvrier, etc. Telles sont les propositions du National après que Marrast en ait pris la direction en 1841.

La majorité des rédacteurs de La Réforme ne va pas beaucoup plus loin. Les démocrates comme Ledru-Rollin sont attachés au principe de la propriété en tant que « fondement de toute moralité » et dénoncent les concentrations, les nouvelles féodalités dans la mesure où elles mettent en danger la petite propriété.

3.2 Révolution de 1848[modifier | modifier le wikicode]

Lamartine devant l'hôtel de ville de Paris, rejetant le drapeau rouge.

La révolution française de 1848 renverse la Monarchie de Juillet par un soulèvement populaire dont la bourgeoisie républicaine prend la tête. Elle met en place la Deuxième République, qui dans un premier temps semble bénéficier d'un grand unanimisme républicain.

Mais très vite, la lutte de classe révèle que ce ne sera pas la République sociale que tant idéalisaient. Ce qui débouche sur un soulèvement ouvrier qui sera réprimé dans le sang (« Journées de Juin »). Après avoir brisé toutes les aspirations populaires au bout de trois ans, cette république bourgeoise perd tout soutien de masse et voit grandir les forces réactionnaires. Cela débouche sur le coup d'État de Napoléon III en 1851.

3.3 Fin du 19e siècle[modifier | modifier le wikicode]

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Progressivement, sous l'effet des luttes, le républicanisme va devenir une idée hégémonique. Même si elle a en partie dû y être poussée, la bourgeoisie va en faire son idéologie dominante, sous une forme nettement « assagie » par rapport aux grands élans de 1789. La République bourgeoise est une république promouvant davantage l'individualisme, le mythe de l'égalité des chances et de la justice impartiale, etc. Mais malgré cela, elle est une forme efficace pour véhiculer l'illusion que l'État émane du peuple et est à son service, sans distinction de caste. C'est pourquoi la forme de la République va devenir ce que la plupart des États issus de révolutions bourgeoises vont revendiquer.

4 Républicanisme au 20e siècle[modifier | modifier le wikicode]

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Dans le paysage politique français, la quasi-totalité des partis ou mouvements de gauche font référence à la république sociale : la Gauche républicaine et socialiste, le Parti radical de gauche, le Parti de gauche

Mais la droite également, pour se distinguer de l'extrême droite (historiquement anti-républicaine) se qualifie souvent de « droite républicaine », comme le parti Les Républicains.

Certains philosophes comme Denis Collin[2] effectuent une synthèse entre ce courant et un marxisme critique. Le triptyque Liberté, Égalité, Fraternité (ou communauté chez Pettit) découle pour les philosophes de ce courant de la définition de la Liberté comme non-domination. L'égalité devient alors la garantie d'une absence d'arbitraire, qui permet la liberté.

5 Dates importantes[modifier | modifier le wikicode]

6 Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. (en) Gourevitch, Alexander., From slavery to the cooperative commonwealth : labor and the republican liberty in the nineteenth century, New York (N.Y.), Cambridge University Press, , 213 p. (ISBN 978-1-107-03317-7, OCLC 885983229)
  2. Denis Collin, Revive la République, Armand Colin, 2005