Républicanisme

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Le républicanisme est une idéologie politique selon laquelle l'État doit être au service du bien commun (en latin, res publica : « la chose publique »), et pour cela doit émaner du peuple (souveraineté populaire et démocratie) ou au moins d'une partie du peuple (républiques oligarchiques).

Il s'oppose à d'autres idéologies telles que le monarchisme, l'autoritarisme et le despotisme.

1 Histoire du républicanisme[modifier | modifier le wikicode]

1.1 Républicanisme antique[modifier | modifier le wikicode]

Sculpture d'Aristote

Des premières formes de « républiques » sont nées dans l'Antiquité, avec la République romaine (-509 à -27) et, en Grèce antique, avec la démocratie athénienne (-508 à -322). Ce fut l'effet des luttes de classes au sein des « hommes libres », les moins fortunés faisant pression sur l'aristocratie pour avoir leur mot à dire sur la vie de la Cité. Néanmoins c'étaient loin d'être de véritables démocraties, même au sens limité de démocratie libérale moderne.

Des idées proches du républicanisme sont développées par des auteurs comme Platon (auteur de Perì politeías / La République), Aristote, Polybe ou Cicéron. Ils mettaient en avant les vertus civiques, le besoin d'une constitution, et aussi l'autonomie du citoyen. Pour eux, le citoyen devait être autonome, à la fois vis-à-vis des autres hommes (pas de servitude) et vis-à-vis des nécessités du monde (rejet du travail productif ou reproductif...), ce qui est en lien étroit avec le fait que cette démocratie « d'hommes libres » reposait sur le travail des exclu·es, femmes et esclaves. Le citoyen électeur devait être un propriétaire terrien (premières justifications du suffrage censitaire). Cicéron affirmait même que le travail manuel avait un potentiel corrupteur et pouvait, par habitude, vicier le caractère de l'individu[1].

1.2 Républicanisme de la renaissance et moderne[modifier | modifier le wikicode]

On considère que Machiavel (Discours sur la Première Décade de Tite Live) fait partie des penseurs de l'idée républicaine. En Italie du Nord, les cités marchandes (Venise, Gênes...) sont les seules à conserver une forme « républicaine » sous le Moyen-Âge.

La révolution anglaise du 16e siècle, qui fut une puissante révolution bourgeoise et au cours de laquelle le roi fut décapité, déboucha sur la mise en place d'un « Commonwealth » (1649-1660), qui correspond à peu près à une République. James Harrington écrit alors un essai politique sur la meilleure forme de gouvernement, relevant en partie du genre de l'utopie, Oceana.

Puis ce seront les philosophes des Lumières qui seront assez nombreux à défendre des idées libérales, et parmi eux certains vont plus loin que le despotisme éclairé ou la monarchie constitutionnelle. C'est surtout Jean-Jacques Rousseau avec son concept de volonté générale qui donnera l'impulsion pour le républicanisme moderne, en France et au delà (Allemagne notamment).

La révolution états-unienne aboutit à la création de la première grande république de l'époque moderne (1776).

La révolution états-unienne (1765-1783), en s'émancipant de la monarchie anglaise grâce à un puissant mouvement populaire, débouche sur la création d'une république (plus inspirée de Locke, Hobbes ou Montesquieu que de Rousseau). Les idées traversent l'atlantique, et en retour la révolution aux États-Unis a un impact sur la Révolution française. Certains, comme le républicain Thomas Paine, ont même participé aux deux.

Les leaders de la Révolution française de 1789 sont très influencés par Rousseau, et par l'Antiquité grecque et romaine. Ils sont alors nombreux, à travers les débats qui politisent intensément la population, à défendre le principe de souveraineté populaire et de participation populaire en vue de l'intérêt général. C'est avant tout le processus révolutionnaire et ses événements marquants (refus de la haute noblesse de coopérer, tentative de fuite du roi...) qui font précipiter le passage de la monarchie constitutionnelle à la République, légitimant et stimulant le mouvement républicain en plein essor.

Le républicanisme est alors un courant bouillonnant, traversé de visions différentes, dont une large frange qui porte une idée émancipatrice de la République. Il y avait chez Rousseau une critique des inégalités, et on associait alors surtout les « riches » aux aristocrates propriétaires terriens. Mais l'essentiel des républicains étaient des bourgeois ou petit-bourgeois, et ne voulaient pas que la propriété privée soit trop menacée. C'est pourquoi après la période exceptionnelle de la République montagnarde de 1793 (en équilibre instable sous la pression sans-culotte), une vague réactionnaire a lieu. D'abord la République se durcit (Directoire), puis elle disparaît sous l'Empire de Napoléon Ier, puis la Restauration monarchique.

1.3 Républicanisme des 19e et 20e siècles[modifier | modifier le wikicode]

Au début du 19e siècle, alors l'industrialisation prend de l'ampleur, une grande partie de la bourgeoisie se détourne du républicanisme, se concentrant sur la recherche du profit. Non seulement en s'enrichissant elle perd sa combativité et son idéalisme, mais elle se retrouve en contradiction avec les aspects « sociaux » qui sont plus ou moins associés à l'idéal républicain, et se méfie même du suffrage universel qui pourrait donner trop de pouvoir à la masse de plus en plus importante qu'elle exploite. La grande bourgeoisie se plaît dans les formes monarchiques de gouvernement.

Cependant le mouvement républicain reste important en France et resurgit à plusieurs occasions au cours du 19e siècle, porté par des secteurs de la petite-bourgeoisie, et de plus en plus, par le mouvement ouvrier. Progressivement, sous l'effet des luttes, le républicanisme va devenir une idée hégémonique. Même si elle a en partie dû y être poussée, la bourgeoisie va en faire son idéologie dominante, sous une forme nettement « assagie » par rapport aux grands élans de 1789. La République bourgeoise est une république promouvant davantage l'individualisme, le mythe de l'égalité des chances et de la justice impartiale, etc. Mais malgré cela, elle est une forme efficace pour véhiculer l'illusion que l'État émane du peuple et est à son service, sans distinction de caste. C'est pourquoi la forme de la République va devenir ce que la plupart des États issus de révolutions bourgeoises vont revendiquer.

2 Courants dans le républicanisme[modifier | modifier le wikicode]

Le républicanisme peut prendre des voies très diverses. En particulier lors de la Révolution française et au 19e siècle, certains républicains français vont porter des visions selon laquelle la République est nécessairement une République sociale. D'autres, qui vont à la longue l'emporter, vont défendre une vision plus minimaliste et libérale. Aujourd'hui, des courants existent encore dans le républicanisme, même si l'idée républicaine en elle-même soulève beaucoup moins d'enthousiasme que par le passé. Les mouvements ouvriers ont globalement divorcé du républicanisme, et se sont largement exprimés sous la forme du socialisme. Même si le socialisme est, formellement, pensé comme une réalisation qui s'effectue dans le cadre d'une république, il n'est plus vu comme découlant du républicanisme.

2.1 République et démocratie[modifier | modifier le wikicode]

Dans sa forme moderne, le républicanisme prétend souvent être nécessairement démocratique. Dans la pratique, parmi tous les régimes républicains, il y a eu davantage de dictatures que de démocraties (même au sens de démocratie libérale).

Historiquement, une République n'était pas nécessairement démocratique[2] : elle pouvait être une république appuyée sur le suffrage censitaire, une république oligarchique (comme les Républiques maritimes).

Une caractéristique importante d'une grande partie des théories républicaines tient à la séparation des pouvoirs.

2.2 Républicanisme et libéralisme politique[modifier | modifier le wikicode]

Le républicanisme est une des formes que peut prendre le libéralisme politique. Tous deux ont tendance à partir du postulat que tout individu a son libre-arbitre et doit avoir les mêmes droits et devoirs. Ainsi le principal serait de le considérer comme un citoyen comme un autre, quitte à l'encourager de façon idéaliste à exercer sa citoyenneté quelles que soient ses difficultés :

« Pour faire un républicain, il faut prendre l'être humain si petit et si humble qu'il soit, un enfant, un adolescent, une jeune fille ; il faut prendre l'homme le plus inculte, le travailleur le plus accablé par l'excès de travail, et lui donner l'idée qu'il faut penser par lui-même, qu'il ne doit ni foi ni obéissance à personne. » Ferdinand Buisson, 1887.

Cependant selon les courants, il peut y avoir des nuances. Parmi les républicains il est plus courant de trouver une prise en compte des dominations entre citoyen·nes que parmi les « libéraux » au sens large.

Car le pur libéralisme politique défend une philosophie du sujet rationnel, "désengagé" de ses appartenances héritées, et demande que ce sujet soit libre, c'est-à-dire, pour le libéralisme, qu'il ne subisse pas d'interférence quand il use de sa raison pour faire des choix n'engageant que son mode de vie. Le rôle du droit et de l'État est de préserver cette liberté, considérant qu'il existe un espace individuel sur lequel l'espace social ne doit avoir aucun pouvoir[3].

Le républicanisme tend à reconnaître un rôle essentiel à l'État comme garant de la non-domination. Il pose, en effet, qu'une règle sociale (loi) peut être génératrice de liberté (liberté de réunion, liberté de la presse...). En ce sens, il distingue entre les interférences, ce que le libéralisme ne fait pas : il y a des interférences légitimes (comme celles de la loi, lorsque celle-ci vise à assurer la non-domination), et des interférences arbitraires, qui doivent être combattues parce qu'elles sont arbitraires, et non parce qu'elles interfèrent.

L'article 1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen prévoit : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Si la première phrase définit la base du libéralisme, la seconde apporte une nuance, ouvrant la porte à des formes d'interventionnisme.

Ainsi certains penseurs républicains analysent les dominations qui peuvent résulter des caractéristiques sociales des individus (Charles Taylor, Philip Pettit, John Maynor), comme le statut professionnel, le genre, la culture...

Le libéralisme pur se base seulement sur une notion de « liberté négative » : la liberté est définie comme absence d'interférence dans les choix des individus, et donc peu d'enjeux de délibération démocratique (ce qui a été théorisé par Isaiah Berlin par exemple). Ce qui s'oppose à une notion de « liberté positive », dans laquelle l'État doit créer activement les conditions pour émanciper les individus ou certains individus, et où les citoyens doivent participer activement à la vie publique (thèse défendue notamment par Hannah Arendt). Le néorépublicanisme de Pettit se présente comme une tentative de trouver un juste milieu entre liberté négative et liberté positive. [4]

2.3 Républicanisme et libéralisme économique[modifier | modifier le wikicode]

Certains républicains ont développé une vision donnant une place importante aux mécanismes de marché. On a pu l'appeler « républicanisme commercial ».

Selon cette vision, le développement de marchés concurrentiels est quelque chose qui a permis de lutter efficacement contre l'arbitraire[5]. Le marché est compris par les auteurs de ce courant comme un mécanisme capable de défaire l'individu de l'arbitraire des puissants, des propriétaires. S'il existe un marché du travail, alors il est possible de changer d'occupation sans avoir à rester soumis à un même employeur. S'il existe un marché des relations amoureuses, il est possible de se défaire de l'arbitraire des mariages arrangés et des relations pour la vie. L'idée fondamentale sur quoi ce courant se tient est le mal causé par les monopoles de pouvoir, qu'ils soient l'affaire d'un industriel, d'un monarque ou d'un syndicat. Il faut rendre les économies concurrentielles, rendre le mouvement le plus aisé possible, diminuer le coût des transactions, des échanges, etc[6].

2.4 Républicanisme et socialisme[modifier | modifier le wikicode]

Certains républicains ont développé des idées s'éloignant du pur libéralisme économique, allant du social-libéralisme au socialisme révolutionnaire. En particulier, durant la première moitié du 19e siècle, le clivage entre républicanisme bourgeois, mouvement ouvrier et socialisme n'apparaissait pas encore clairement (tout comme le clivage entre radicalisme et socialisme).

En France, de nombreux militants s'identifiaient comme républicains mais concevaient la république comme un moyen de faire advenir une société socialisme / communiste (Gracchus Babeuf, Louis Blanc, Auguste Blanqui...). Pour toute la frange du républicanisme ouvrier et socialiste qui se développe alors, la liberté républicaine n'est réellement atteignable qu'en structurant la vie économique autour d'institutions démocratiques où le pouvoir est partagé, notamment des coopératives de travail ou de consommation[7].

Marx considérait que « c'est précisément [sous la forme de la république démocratique] que se livrera la suprême bataille entre les classes »[8]. Et Engels écrivait encore en 1891 :

« Une chose absolument certaine, c'est que notre Parti et la classe ouvrière ne peuvent arriver à la domination que sous la forme de la république démocratique. Cette dernière est même la forme spécifique de la dictature du prolétariat, comme l'a déjà montré la grande Révolution française. »[9]

Globalement, dans l'ensemble de la social-démocratie à l'époque de la Deuxième internationale, la revendication de la république était centrale dans les pays non démocratiques, étant vue comme condition nécessaire pour aller au socialisme.

En Russie, la revendication traditionnelle des révolutionnaires démocrates était l'instauration d'une république, même si le parti de la bourgeoisie libérale (parti KD) a fini par se limiter à revendiquer une monarchie constitutionnelle. Les bolchéviks accusaient l'aile liquidatrice des menchéviks de leur emboîter le pas. La révolution russe de 1917 a débouché sur la mise en place d'une Union des républiques socialistes soviétiques.

2.5 Néorépublicanisme[modifier | modifier le wikicode]

Un courant dit « néo-républicain » a émergé depuis les années 1970 et les travaux de J. G. A. Pocock et Quentin Skinner (parfois appelé l'école de Cambridge) sur l'histoire des idées républicaines. En 2007, Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy, appuyés sur une équipe internationale, ont établi une photographie de l'idée républicaine en Europe et dans le monde.[10]

Ce renouveau n'est pas qu'historiographique, car ces auteurs sont souvent aussi des philosophes porteurs d'une idée du républicanisme, sous l'impulsion notamment du philosophe Philip Pettit. Pour Pettit et d'autres (Cass Sunstein, Frank Lovett[11]...), la liberté se définit comme non-domination, et pour la réaliser, il est nécessaire d'instaurer un gouvernement du peuple par le peuple structuré par des mécanismes permettant aux individus de contester les décisions s'appliquant à eux[12]. L'être libre serait donc un individu qui ne serait ni dominé par un autre (Dominium) ni par l'État (Imperium) c'est-à-dire d'interférence par autrui[13].

Certains s'appuient sur l'idée présente chez Cicéron selon laquelle l'individu doit être émancipé du travail aliénant pour être réellement autonome, ce qui dans le contexte contemporain doit amener à une critique du salariat.[14]

Parmi ce courant on peut aussi citer Maurizio Viroli, Sauro Mattarelli, Jean-Fabien Spitz, Michael Sandel (qui a plus tard pris ses distances du républicanisme pour se tourner vers le communautarisme[15]).

Le philosophe John Rawls, important penseur contemporain du libéralisme politique, s'est rapproché d'une certaine voie républicaine, qu'il appelle le « républicanisme politique ». Dans la lignée rawlsienne, de nombreux philosophes ont développé des théories républicaines de l'économie visant à défaire l'individu de la domination issue de causes économiques[16].[17] Certains défendent l'idée que les principes fondamentaux du républicanisme mènent nécessairement à défendre le revenu de base, notamment parce que l'autonomie économique est une condition de la liberté[18].

Ce courant néorépublicain est globalement un courant de gauche bourgeoise, défendant une idée plus généreuse de la république, mais entretenant l'illusion qu'il suffirait d'une légère reconfiguration des institutions pour supprimer la domination. L'État n'est donc pas vu comme un État capitaliste, et la lutte de classe n'est pas reconnue comme un fait structurant.

Le néo-républicanisme de l'école de Cambridge a reçu plusieurs critiques sur la gauche, notamment d'auteurs comme John McCormick ou Nadia Urbinati, qui défendent la mise en place d'institutions en rupture avec la démocratie représentative classique.[19].

3 Par pays[modifier | modifier le wikicode]

3.1 Barbade[modifier | modifier le wikicode]

3.2 Canada[modifier | modifier le wikicode]

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3.3 Québec[modifier | modifier le wikicode]

Le mouvement souverainiste du Québec est inspiré, parfois indirectement, de penseurs républicains, même si le catholicisme et les survivances d'Ancien régime ont dominé.[20][21]

Depuis quelques années, l’étude du républicanisme au Québec (un peu oublié[22]) a connu une renaissance, suite aux travaux de l’école historique inaugurée par John G. A. Pocock et Quentin Skinner. Les élites du Bas-Canada, qui ont tenté de se trouver une place dans le gouvernement colonial puis de se rebeller contre lui entre 1819 et 1840 ont emprunté à l’imaginaire et aux arguments du Country party en Grande-Bretagne et des révolutionnaires américains,[23][24] avec l'idée de constitution[25], la culture du citoyen-soldat[26]. Cela peut être rattaché aux révolutions atlantiques.[27]

Bien que le projet politique des Patriotes ait échoué en 1837-38, leur discours républicain a survécu à la répression coloniale et à l’hégémonie de l’Église catholique et continué d’imprégner, sous des appellations et des mouvements divers[28], les débats politiques au Bas-Canada, puis au Québec jusqu’au début de la Révolution dite « tranquille », que l’on situe au début des années 1960[29]. Cet intérêt nouveau pour l'idée de république au Québec a alimenté la réflexion sur l'avenir politique du Québec et notamment sur l'adoption d'une véritable constitution écrite d'un État ou d'une République du Québec[30].

3.4 États-Unis[modifier | modifier le wikicode]

Portrait de Thomas Paine

Le républicanisme est intimement lié à l'histoire des États-Unis, pays fondé sur une révolution républicaine. Mais aussi, son histoire est traversée par les tensions inhérentes aux idéaux républicains. Le républicanisme est notamment aux fondements de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, de leur constitution, de la Déclaration des droits ou encore du discours de Gettyburg.

En marge du courant républicain libéral dominant, certains penseurs allaient jusqu'à une vision « socialisante ». Thomas Paine a écrit un pamphlet défendant directement le principe du revenu de base Agrarian Justice. L'idée étant que la liberté n'est possible que si l'individu n'est pas dépendant des autres pour sa survie. Cette dépendance aurait tôt fait de soumettre l'individu à l'arbitraire d'un autre et ainsi d'aller à l'encontre de la conception de la liberté républicaine. C'est pourquoi, selon lui, il était nécessaire de donner à chaque individu un revenu de base pour qu'il puisse survivre.

À la suite de la guerre de Sécession, un retour du républicanisme est apparu dans le discours syndical. En effet, les Knights of Labor avaient développé un vocabulaire très proche de celui du républicanisme. C'est une forme du républicanisme qui a, a posteriori, pris le nom de républicanisme du travail. C'est-à-dire un courant du républicanisme cherchant à libérer les travailleurs de la domination arbitraire des détenteurs de capitaux, dans le contexte américain post-guerre civile, les grands industriels et les grands propriétaires[31].

3.5 Espagne[modifier | modifier le wikicode]

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3.6 France[modifier | modifier le wikicode]

Le républicanisme est une idéologie qui a eu un rôle majeur en France, tout en étant divisé entre visions populaires et visions bourgeoises de la république. Ce sont ces dernières qui ont eu le dessus, devenant une part majeure de l'idéologie de la bourgeoisie française.

3.7 Japon[modifier | modifier le wikicode]

Le républicanisme s'est exprimé au Japon très tôt, au cours des années 1870-1880, dans le cadre du Mouvement pour la liberté et les droits du peuple (Jiyû minken undô 自由民権運動), au cours duquel les idées de liberté (jiyû 自由), égalité (byôdô 平等), la connaissance des libertés fondamentales et du régime républicain en tant que tel (kyôwakoku 共和国) se sont diffusées. Le penseur Nakae Chômin (1847-1901) joua un rôle central en la matière en traduisant Du contrat social (Rousseau)[32] et plusieurs textes de républicains français des années 1860-1870[33]. Le régime impérial s'établit en 1889 sur la base de la répression de ce mouvement et il faut attendre 1945 et la démocratisation pour voir ressurgir un nouvel intérêt pour le républicanisme.

3.8 Chine[modifier | modifier le wikicode]

La Chine a été significativement inspirée par le vocabulaire républicain à la fin du 19e et au début du 20e siècle, via le Japon. Les concepts de liberté (自由 : zi you), de constitutionnalisme (宪政 : xian zheng), de souveraineté populaire (民权 : min quán), de république (共和 : gong he), de citoyen (国民 : guo min) et de vertu civique ont eu un impact tel qu’il n’est pas précis de seulement parler de républicanisme chinois[34],[35].

3.9 Royaume-Uni[modifier | modifier le wikicode]

Première publication en anglais du Manifeste communiste (1850) dans le Red Republican (journal chartiste de Julian Harney)

Au Royaume-Uni, le républicanisme est un mouvement politique qui vise à supprimer la monarchie britannique pour la remplacer par une république à la tête de laquelle les chefs d'État ne se succéderaient plus de façon héréditaire. Le mouvement chartiste a été un fort moment de radicalisme et de républicanisme.

Il y a aussi des républicains sécessionnistes en Écosse et au pays de Galles, et des républicains irlandais en Irlande du Nord, qui veulent établir une république indépendante de l'Angleterre.

3.10 Irlande[modifier | modifier le wikicode]

Le Fianna Fáil, parti au pouvoir en République d'Irlande, se considère comme parti républicain, dans le sens où il est pour l'unité de l'Irlande.

3.11 Maroc[modifier | modifier le wikicode]

3.12 Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le wikicode]

4 Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. (en) MacGilvray, Eric, 1971-, The invention of market freedom, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-107-00136-7, OCLC 678924625)
  2. (en) Nadia Urbinati, « Competing for Liberty: The Republican Critique of Democracy », The American Political Science Review, vol. 106, no 3,‎ , p. 607–621 (DOI 10.2307/23275436, lire en ligne)
  3. Audard, Catherine., Qu'est-ce que le libéralisme ? : éthique, politique, société, Paris, Éditions Gallimard, , 843 p. (ISBN 978-2-07-034973-9, OCLC 690551062)
  4. Philip Pettit, Patrick Savidan et Jean-Fabien Spitz (trad. de l'anglais), Républicanisme : une théorie de la liberté et du gouvernement, Paris, Éditions Gallimard, , 444 p. (ISBN 2-07-076838-4, OCLC 417571686)
  5. (en) Taylor, Robert S., 1968-, Exit Left : Markets and Mobility in Republican Thought, , 130 p. (ISBN 978-0-19-879873-6, OCLC 960835331)
  6. (en) Robert S. Taylor, « Market Freedom as Antipower », American Political Science Review, vol. 107, no 3,‎ , p. 593–602 (ISSN 0003-0554 et 1537-5943, DOI 10.1017/s0003055413000300, lire en ligne)
  7. (en) Gourevitch, Alexander., From slavery to the cooperative commonwealth : labor and the republican liberty in the nineteenth century, New York (N.Y.), Cambridge University Press, , 213 p. (ISBN 978-1-107-03317-7, OCLC 885983229)
  8. Karl Marx, Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier allemand, 1875
  9. Friedrich Engels, Critique du projet de programme social-démocrate de 1891
  10. La république universelle, 2 volumes (Sous la direction de Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy), L'Harmattan, 2007
  11. (en) Lovett, Frank., A general theory of domination and justice, Oxford University Press, , 288 p. (ISBN 978-0-19-967299-8 et 0-19-967299-7, OCLC 954504567)
  12. (en) Pettit, Philip, 1945-, On the people's terms : a republican theory and model of democracy, Cambridge/New York, Cambridge University Press, , 338 p. (ISBN 978-0-521-18212-6, OCLC 796354888)
  13. (en) Pettit, Philip, 1945- et Spitz, Jean-Fabien, 19..- ..., Républicanisme : une théorie de la liberté et du gouvernement, Éditions Gallimard, , 444 p. (ISBN 978-2-07-076838-7, OCLC 417571686)
  14. (en) Alex Gourevitch, « Labor Republicanism and the Transformation of Work », Political Theory, vol. 41, no 4,‎ , p. 591–617 (DOI 10.1177/0090591713485370, lire en ligne)
  15. (en) Sandel, Michael J., Democracy's Discontent : America in Search of a Public Philosophy, Belknap Press of Harvard University Press, , 417 p. (ISBN 978-0-674-19745-9, OCLC 41463931)
  16. (en) Thomas, Alan, 1964-, Republic of equals : predistribution and property-owning democracy (ISBN 978-0-19-060211-6, OCLC 956379092)
  17. (en) Richard Dagger, « Neo-republicanism and the civic economy », Politics, Philosophy & Economics, vol. 5, no 2,‎ , p. 151–173 (DOI 10.1177/1470594x06064219, lire en ligne)
  18. (en) David Casassas et Jurgen De Wispelaere, « Republicanism and the political economy of democracy », European Journal of Social Theory, vol. 19, no 2,‎ , p. 283–300 (DOI 10.1177/1368431015600026, lire en ligne)
  19. (en) McCormick, John P., 1966-, Machiavellian democracy, Cambridge University Press, , 266 p. (ISBN 978-0-521-53090-3, OCLC 637038850)
  20. Marc Chevrier, "La république néo-française", Bulletin d'histoire politique, vol. 17, no 3, 2009, p. 29-58
  21. Danic Parenteau, Précis républicain à l'usage des Québécois, Montréal, Fides, , 147 pages p. (ISBN 978-2-7621-3750-7)
  22. Marc Chevrier, La République québécoise. Hommages à une idée suspecte, Montréal, Boréal, , 454 pages p. (ISBN 978-2-7646-2183-7)
  23. Louis-Georges Harvey, Le Printemps de l'Amérique française, Montréal, Boréal, 2005
  24. Stéphane Kelly, La petite loterie, Montréal, Boréal, 1997
  25. Louis-George Harvey, "Les Patriotes, le républicanisme et la constitution québécoise", Bulletin d'histoire politique, vol. 17 no 3, 2009, p. 59-78
  26. Samuel Trudeau, "L'expérience républicaine de la guerre, de l'hoplite au désarmement québécois", Bulletin d'histoire politique, vol. 17, no 3, 2009, p. 79-92
  27. Linda Cardinal, "Le Québec et le monde atlantique", Bulletin d'histoire politique, vol. 17, no 3, 2009, p. 17-28
  28. Charles-Philippe Courtois, "Le républicanisme au Québec au début du 20e siècle : Les cas de figure de Wilfrid Gascon, Olivar Asselin et Ève Ciré-Côté", Bulletin d'histoire politique, vol. 17, no 3, 2009, p. 93-120
  29. Marc Chevrier, « L’idée républicaine au Québec et au Canada français – les avatars d’une tradition cachée – », dans Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy (dir.), L’idée républicaine dans le monde 18e – 21e siècles, Volume 2, Paris, L’Harmattan, 2007, p. 31-64
  30. Voir Marc Chevrier, "La République du Québec et sa constitution", Argument, vol. 10, no 1, 2007-2008, p. 127-161 ; André Binette, "Aspects juridiques de la fondation de la République du Québec, Bulletin d'histoire politique, vol. 17, no 3, 2009, p. 121-137 ; Danic Parenteau, L'indépendance par la République. De la souveraineté du peuple à celle de l'État, Fides, 2015 (ISBN 978-2-7621-3915-0).
  31. (en) Alexander Gourevitch, From slavery to the cooperative commonwealth : labor and republican liberty in the nineteenth century, , 213 p. (ISBN 978-1-139-51943-4, OCLC 898138774)
  32. Nakae Chômin (trad. du japonais), Écrits sur Rousseau et les droits du peuple, Paris, Les Belles Lettres Collection chinoise, , 150 p. (ISBN 978-2-251-44880-0)
  33. Eddy Dufourmont, Rousseau au Japon. Nakae Chômin et le républicanisme français, Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, , 257 p. (ISBN 979-10-300-0276-8)
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5 Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]