Séparation des pouvoirs

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La séparation des pouvoirs est un principe de la démocratie bourgeoise. Il s'agit officiellement de rendre indépendants les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, afin qu'il n'y ait pas de concentration dictatoriale du pouvoir.

Point de vue du libéralisme politique[modifier]

Les marxistes et la Commune de Paris[modifier]

La Commune de Paris de 1871 est souvent considérée par les marxistes comme le premier État ouvrier, rompant dans sa forme avec les États bourgeois. Or, une des caractéristiques de la Commune est d'avoir aboli la séparation des pouvoirs. Marx écrit : « La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois. »

Pourquoi cette décision ? On apprend à l’école que l’un des critères de démocratie d’un régime est la séparation des pouvoirs. En fait, si l’on y regarde de plus près, cette prétendue « séparation des pouvoirs » consiste en réalité à faire élire par l’ensemble de la population des « moulins à parole » (Lénine) et à donner les tâches exécutives (c’est-à-dire réellement politiques) à une caste de fonctionnaires qui ne sont pas eux soumis au suffrage universel (hautes administration, magistrats, police, armée, etc.). Dans L’État et la Révolution, Lénine explique :

« Au parlementarisme vénal, pourri jusqu’à la moelle, de la société bourgeoise, la Commune substitue des organismes où la liberté d’opinion et de discussion ne dégénère pas en duperie, car les parlementaires doivent travailler eux-mêmes, appliquer eux-mêmes leurs lois, en vérifier eux-mêmes les effets, en répondre eux-mêmes directement devant leurs électeurs. Les organismes représentatifs demeurent, mais le parlementarisme comme système spécial, comme division du travail législatif et exécutif, comme situation privilégiée pour les députés, n’est plus. »[1]

L’État cesse d’être une institution morale, qui se voudrait au-dessus des classes ; il devient un simple outil, et s’assume comme tel.

Notes et sources[modifier]

Tendance CLAIRE du NPA, Leçons de la première prise de pouvoir par le prolétariat, 2009