Précarité du travail

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La précarité du travail est l'absence de contrat stable, qui créé une incertitude du lendemain et une peur du chômage pour les travailleurs.

Les bourgeois eux parlent de "flexibilité du travail", qui leur permet d'ajuster plus facilement la force de travail aux fluctuations du marché capitaliste.

Généralités[modifier]

Tout comme le niveau des salaires, les garanties plus ou moins grandes de stabilité de l'emploi sont un combat historique de la classe travailleuse. Le premier des acquis fut d'obliger les patrons à formaliser des contrats de travail, contrairement à l'emploi de journaliers jetables. Mais ces contrats peuvent être extrêmement variables : leur durée peut être courte (CDD de 6 mois...), la rupture peut se faire selon le bon vouloir du patron... La protection contre la précarité se fait d'abord par la lutte et l'établissement d'un rapport de force par les travailleurs :

  • si ce rapport de force est uniquement local (dans une entreprise donnée), il peut conduire à une avancée qui peut servir d'avant-garde, mais il peut aussi être rapidement repris et les travailleurs réprimés
  • si ce rapport de force s'étend à toute une branche de production ou une région, il est plus solide et peut donner lieu à des formalisations comme les conventions collectives
  • enfin si la solidarité de classe est suffisamment forte, les syndicats ou partis ouvriers peuvent pousser à ce que soint inscrites dans la loi certaines garanties, et mis en place certains dispositifs (conseils de Prud'hommes...)

Mais tant que perdurera le système capitaliste, un emploi stable restera une aberration pour les patrons, et... les patronnes :

« La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » Laurence Parisot[1]

L'offensive néolibérale : précarité ou chômage ?[modifier]

Depuis les années 1980 et le tournant néolibéral, la classe dominante cherche partout à lutter contre la dégradation économique en précarisant le travail, et les économistes à son service s'empressent de justifier cette attaque anti-sociale. C'est d'abord "au nom de l'emploi" que l'on flexibilise : "si on laisse les patrons plus libres de licencier, ils auront moins peur d'embaucher". Globalement, cela n'a rien d'évident, puisque la précarisation a augmenté... en même temps qu'a augmenté le chômage.

Mais l'économie dominante s'est néanmoins acharnée à démontrer que les différences de taux de chômage entre les pays sont liées à leur protection plus ou moins "rigide" du travail. Pour Michel Husson, « des centaines d’économistes ne sont payés qu’à établir ce type de démonstration » mais rien de sérieux ne permet de prouver ce lien.[2] On trouve en effet des pays où le chômage et la précarité sont faibles, comme la Suède ou la Norvège. En 2006, une étude de nombreux travaux sur cette question estimait que ces travaux ont été « guidés par la volonté de vérifier ou confirmer la théorie reçue, plutôt que de la confronter à un point de vue critique »[3].

Une autre affirmation qui semble un peu plus fondée est que la flexibilité "permet d'ajuster plus rapidement le marché du travail à la demande" : on serait embauché plus rapidement en cas de reprise, mais aussi licencié plus rapidement en cas de crise... Rien ne permet de dire si c'est souhaitable : cela permet peut-être de réduire le chômage de longue durée pour quelques uns, mais cela augmente l'angoisse pour tous les travailleurs...

Etat des lieux[modifier]

L’OCDE calcule depuis 1999 un indice synthétique (LPE : Lois Protectrices de l'Emploi) qui mesure le degré de flexibilité. Il permet de distinguer trois groupes de pays en Europe. La France se trouve, avec les pays scandinaves et méditerranéens, dans la catégorie des pays « rigides », tandis que le Danemark, la Suisse, l’Irlande et le Royaume-Uni sont les pays les plus « flexibles ».

Pour la France, le BIP 40[4] a produit un indicateur de la précarité qui permet de quantifier son évolution :

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Cas particuliers[modifier]

Dans certains cas, de façon surprenante, les patrons ont intérêt à préférer un CDI qu'un contrat précaire.

Par exemple, à Mc Donalds, on préfère embaucher en CDI. De cette façon, si une-e salarié-e a envie de partir (ce qui arrive souvent vu l'aspect "petit boulot", ou encore la pression qui peut vite devenir insupportable), il/elle doit démissionner et n'a donc pas droit à des indemnités de chômage.

Notes et sources[modifier]