Science-fiction

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La science-fiction est un genre artistique (littéraire, cinématographique...) structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur ou ce qu'aurait pu être le présent voire le passé (planètes éloignées, mondes parallèles, uchronie...), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, anthropologiques...). Elle se distingue du fantastique qui inclut une dimension inexplicable et de la fantasy qui fait souvent intervenir la magie.

Comme toutes les œuvres culturelles, la science-fiction reflète plus ou moins l’idéologie ambiante. Mais comme la SF se projette dans le futur, elle est fortement liée au genre de l’anticipation. Et dans ce cas elle s’appuie souvent sur des tendances de la société présente pour en tirer des scénarios imaginables. Et plus le lien avec la tendance présente sera clair, plus l’anticipation fera réfléchir…

Evolution du genre[modifier | modifier le wikicode]

Les précurseurs[modifier | modifier le wikicode]

Giphantie, de Tiphaigne de la Roche (1760)

Après l'écrasement de la Commune, un Versaillais, René de Maricour, a écrit un livre La Commune en l'an 2073, dans lequel il décrit la vie future (sans famille, avec une société uniformisée et la suppression des sentiments).

Des Lumières au cauchemar[modifier | modifier le wikicode]

L’effet des horreurs du 20ème siècle est très net. Alors que la SF jusqu’à la Belle-Epoque est souvent optimiste, et même « positiviste » (Jules Vernes, les frères Rosny…), après deux guerres mondiales, la SF voit plutôt des nuages à l’horizon. Néanmoins on peut noter que dès les débuts de la SF, avec par exemple La Guerre des Mondes de HG Wells (1898), le récit de SF peut se faire un réceptacle des critiques. En effet, ce roman, plusieurs fois adapté sur d'autres médias, décrit la colonisation brutale de la Terre (surtout de l'Europe) par une civilisation extra-terrestre. L'auteur dénonçant ici bien évidemment, les crimes des expéditions coloniales de son époque.

Dés les débuts du cinéma, la science-fiction est à l'honneur, la première adaptation du roman de Mary Shelley, Frankenstein, sort ainsi en 1912. On pourra aussi noter le film soviétique Aelita sorti en 1924, racontant l'histoire d'une révolution sur Mars, ou encore le chef d’œuvre de Fritz Lang (politiquement très ambiguë), Metropolis. De fait, ce genre, cinématographique comme littéraire, a jusqu'à récemment (comme d'autre pans de la culture populaire) été marginalisé et s'est développé essentiellement dans les cultures underground.

Sans surprise, les années 1950 et 1960 ont produit des films en lien avec la guerre froide, que ce soit sur Terre (Dr Folamour, La jetée) ou sur Mars (Red planet Mars, The sky calls). Mais c’est surtout les expériences de totalitarismes qui ont eu l’effet le plus durable. Car si les premiers films étaient surtout des adaptations de romans sombres directement issus des années 1940 (1984, Fahrenheit 451), ce thème a perduré jusqu’à aujourd’hui.

Le cinéma des années 1950 est également un cinéma de traumatisme, nucléaire en particulier. Hollywood génère alors une production ultra-massive de séries B (voire Z) sur les manipulations nucléaires, incarnées presque toujours par une profusion de monstres géants (Tarentula, Les Monstres Attaquent la Ville pour les plus connus). Mais c'est surtout au Japon, et avec l'émergence des Kaiju-Eiga (littéralement films de monstres) popularisé par le premier Godzilla (ゴジラ 1954, par Inoshiro Honda) que le cinéma japonais va exorciser et représenter de façon souvent très crue le traumatisme de la guerre et des bombes atomiques. On notera aussi dans le cinéma états-unien de cette époque, une métaphore souvent reprise à la fois de la crainte communiste mais aussi une dénonciation de la paranoïa McCarthyste comme dans Bodysnatchers (sorti en France sous le nom L'Invasion des Profanateurs de Sépultures). Même si très souvent, les studios ne s’embarrassent pas de discours politique, et préfèrent représenter des films de genre à la mode (parfois très bon comme Creature From Black Lagoon).

Le renouveau d'une science-fiction utopiste se fera essentiellement par l'arrivé des séries télévisées, et notamment la célèbre série Star Trek de Gene Roddenberry en 1966, proposant une utopie post-capitaliste, débarrassée du racisme et du sexisme ou une équipe d'explorateurs cherchent à nouer des contacts pacifiques et étudier d'autres planètes.

Cette utopisme de SF cohabite néanmoins avec une critique de la technologie très forte, ainsi le roman La Planète des Singes de Pierre Boule, rend compte d'une humanité dégénérée par la technologie, ayant régressé face à une civilisation de grand singes (avec une division raciale du travail : gorilles à l'armée, orang-outang aux sciences, et chimpanzés à l'administration). L'adaptation cinématographique des années 1960 fait place à plus de nuances, et la célèbre scène finale laisse y percevoir la crainte d'une guerre nucléaire, très présente dans le cinéma de cette époque.

La nature et l’individu contre les masses[modifier | modifier le wikicode]

Face à des systèmes où le contrôle des populations est toujours plus perfectionné, la lutte tend à devenir celle de l’individu, de son droit à la liberté ou simplement à la singularité contre l’uniformisation.

Orange mécanique (1971) évoque le danger d’une société en décomposition devenue ultra-violente, et en même temps la violence des technologies de « redressement » dont pourront disposer les autorités. Le monde post-apocalyptique de Mad Max (1979) reprend aussi cette idée, avec une violence omniprésente.

Soleil vert (1973) exprime à la fois une peur de la surpopulation et une conscience écologiste : les sources d’aliments naturels ayant presque entièrement disparu, la multinationale Soylent sert à la population un produit à base de [SPOILER].

Dans THX 1138, que George Lucas a décrit comme une « métaphore des années 1970 », le héros se libère de la société souterraine robotisée en osant aller à l’air libre.

On doit à cette époque de très belles odes à la liberté, mais aussi un certain effacement de la représentation de la lutte de classe. Face à des masses conditionnées, les héros/héroïnes cherchent presque toujours une échappatoire individuelle.

En revanche, il y a clairement une évolution du côté des méchants : l’État n’a plus le monopole, les « mégacoporations » deviennent de sérieuses menaces[1] (notamment avec le courant cyberpunk). Dans Robocop (1987) ou Tokyo Gore Police, c’est même la police qui est privatisée.

Bienvenue à Gattaca (1997) créé un vrai trouble, en étant terriblement réaliste (quasiment pas d’effets spéciaux), et en imaginant seulement la généralisation de l’eugénisme et une ségrégation des humains entre « naturels » et « parfaits ». A vrai dire, le film semble même suggérer que c’est l’introduction de cette technique qui créé l’inégalité, puisque l’inégalité entre les frères Vincent et Anton provient des choix de procréation différents de leurs parents.

L'une des thématiques récurrentes de la SF récente est le dépassement de l'humain par les machines, ainsi que les questions de transhumanismes. Dans le chef d’œuvre cyberpunk Ghost In the Shell, l'héroïne, la commandante de police Motoko Kusanagi, s’interroge sur son humanité et son devenir dans une société ou la mécanisation des corps et la connexion permanente des cerveaux à Internet a flouté les lignes entre humanité et cybernétique.

Dans un tout autre genre, le récit messianique Dune (David Lynch 1984, adapté du roman éponyme de Franck Herbert) présente lui-aussi des dépassements de l'humanité par le contact avec l'Epice, ressource naturelle indispensable aux voyages dans l'espace, et dont l'exposition prolongée transforme les individus en leur donnant d'étranges pouvoirs (qu'il s'agisse du héros lui-même, de l'ordre des Bene Gesserit ainsi que d'autre personnages et institutions du roman et du film). Si le film et le livre se présente comme un récit messianique presque mythologique, on peut y voir à travers le combat des Fremen contre les Harkonnen une métaphore de la lutte anti-impérialiste et anti-coloniale.

L'une des thématiques majeures de la SF est également celui de la science devenue folle, et du savant fou, inspirés des classiques de la SF du 19ème, qu'il s'agisse des multiples films de Frankenstein (on conseillera ceux de James Whale de 1931, sa suite, ainsi que la série de Terrence Fisher produit par la Hammer) ou encore des multiples films adaptés de Dr Jekyll et Mr Hyde, thématique de l'Homme ne pouvant se faire passer pour Dieu, que l'on retrouve dans plusieurs classiques du genre et grand succès du cinéma populaire tels que Le cerveau qui ne voulait pas mourir, ou encore Jurassic Park (adapté de l'excellent roman de Mickael Crichton). Dans le même genre, les risques liés à la technologie sont également développés dans La mouche noire (1958), et son remake La mouche (de David Cronenberg) ou un scientifique se métamorphose suite à un accident dans un test d'une machine de téléportation.

Ou encore on pourrait citer l'adaptation par Stuart Gordon (1985) de la nouvelle Re-animator de HP Lovecraft, qui illustre de façon tout a fait jouissive et gore cette tendance du cinéma à montrer les scientifiques comme des personnages a-moraux et obsédés par leur recherches plus que par le respect de l'humanité.

Dans un tout autre genre, Starship Troopers (Paul Verhooven 1997) adapte un roman d'extrême-droite et détourne le propos pour en faire une satire de la militarisation de la société états-unienne et de la prégnance culturelle de l'armée. Cette critique de l'armée, se retrouve également dans L'Echelle de Jacob, qu'on ne spoilera pas ici.

Le retour de la lutte des classes[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1990, sous l’effet de l’offensive généralisée des capitalistes, le fossé entre les classes se creuse. Au tournant des années 2000, et plus encore après la crise de 2008, les contre-utopies sont souvent basées sur une accentuation de la « lutte de classe ».

La ségrégation spatiale, déjà présente depuis au moins 1927 avec la ville haute et la ville basse de Metropolis, devient banale, avec par exemple les délimitations très nettes de Time out, Hunger Games , Divergente. Les riches en l'air (Gunnm) ou en orbite (Elysium) laissent même les pauvres crever sur Terre, ou, plus original, la ségrégation s’organise dans les wagons du train de Snowpiercer (2014). Dans District 9 (2009), l’exploitation d’extra-terrestres par les humains renvoie assez directement à une sorte de colonisation raciste. District 9 est d'ailleurs à ce titre très intéressant, puisque, film sud-africain, il décrit la vie d'un township (le nom lui-même vient du tristement célèbre District 6)

Le terme de lutte de classe mérite d’être nuancé, parce que les cinéastes sont rarement marxistes, et ont en général des visions très particulières de « ce qui ne va pas » dans la société.

On peut par exemple penser que la SF a tendance, dans de nombreux films, à alimenter les interprétations « complotistes » en montrant surtout la domination des élites comme des plans cachés (dans A scanner darkly, The Island…).

Dans de nombreux films post-apocalyptiques, c’est le cadre d’une nature dégradée qui « impose » une société dictatoriale, comme dans Snowpiercer où le fonctionnement hiérarchisé du train est censé être la seule façon de gérer les maigres ressources restantes. Donc paradoxalement, tout en décrivant de façon directe et crue une intense lutte de classe[2], il n’y a pas vraiment de perspective à la lutte au bout du film.

V pour Vendetta (2006) a eu un grand succès en tant que symbole de lutte pour la liberté, et d’héroïsme auquel de jeunes hackers peuvent facilement s’identifier. Mais en réalité, ce film représente davantage la chute d’un régime fasciste, grâce à quelques coups d’éclats qui rallient « le peuple », mais on n’en tirera pas une critique du capitalisme en général. Le film d'ailleurs est à des années lumières du propos de l’œuvre originale, la bédé d'Allan Moore, véritable appel à la propagande par le fait. Pour dire un mot du blockbuster que tout le monde connaît, le basculement entre les deux trilogies de Star Wars est aussi le passage d'une « république » (de fait capitaliste) à un régime fasciste.

Un thème très répandu est celui du film Equilibrium (2002) où les sentiments humains sont supposés être les fauteurs de troubles, ce qui justifie la dictature insipide des « ecclésiastes ». Pire, le navet The giver (2014) propage directement le cliché des libéraux : il faut choisir entre l’égalité et la liberté, et la nature humaine incarnée par le héros finit par l’emporter en détruisant la dictature uniformisante/égalitaire.

Le cinéma de SF peut néanmoins porter des perspectives révolutionnaires. Au Japon, le film L'Empereur Tomato-Ketchup (Shuji Terayama, 1971) imagine une société ou les enfants ont renversé les adultes et imposent leur propre dictature, le film décrit un processus de libération dans ses excès et ses failles, mais est surtout une promesse de rébellion victorieuse et de transformation radicale de la vie. Dans le même thème Battle Royale II (Kinji Fukasaku, 2003) est un véritable pamphlet guévariste, multipliant les références à l'Armée Rouge Japonaise, justifiant l'utilisation du terrorisme révolutionnaire et de la guerilla. Suite directe du premier (adapté du roman de Koshun Takami sorti en 1999) lequel décrivait un régime policier sacrifiant sa jeunesse dans un sordide jeu de massacre. On pourra aussi penser au film Wonderful Days, de Kim Moon-Saeng, où s'affrontent directement deux classes distinctes dans un monde post-apocalyptique, et où la classe dominante ne recule devant aucun ravage pour continuer à perpétuer son mode de vie [SPOILER ALERT : les travailleurs se soulèvent dans un mouvement armé et gagnent !]

Dans Time out (2011), l’argent est remplacé par le « temps restant à vivre » : temps qui peut être échangé, rechargé en travaillant, ou joué au casino pour ceux qui en ont à ne plus savoir quoi en faire. L’avantage de cette description (même s’il lui manque une vraie base scientifique) c’est qu’elle donne un pur caractère économique à la vie. Plus question du hasard et des plus ou moins bonnes conditions physiques des uns et des autres, l’exploitation humaine apparaît dans sa nudité. Ce qui fait dire aux personnages que « pour quelques immortels, beaucoup doivent mourir », c’est le « darwinisme capitaliste ».

Sleep Dealer (2008) est sans doute un des films de SF qui parle le plus directement de l’exploitation des travailleur-se-s. Le scénario se déroule dans une Tijuana du futur, mais derrière les techniques plus avancées, c’est toujours l’horreur capitaliste qui est décrite…

Quant aux derniers gros succès (en livre comme en film), les séries Hunger Games et Divergente, ils sont forcément intéressants. On ne parlera pas ici de qualité des films[3]... mais du fait que des millions de personnes sont touchées par ces deux scénarios (très proches) dans lesquels des jeunes femmes mènent une révolution contre une société de classe. Certaines estiment que « C’est quasiment une ode à la conscience politique que l’on trouve dans ces best-sellers encourageant la jeunesse à s’interroger sur ses propres valeurs et à les confronter à celles du système en place ! »

Les sous-genres[modifier | modifier le wikicode]

Hard science-fiction[modifier | modifier le wikicode]

Une définition de la hard science fiction, ou hard SF, fut proposée par l'écrivain américain Allen Steele en 1992[4] : « La hard SF est une forme de littérature de l'imaginaire qui se construit autour de la science établie ou de son extrapolation prudente. » L'expression fut utilisée pour la première fois en 1957 par P. Schuyler Miller dans un compte-rendu de Islands of Space de John W. Campbell, publié dans la revue Astounding Science Fiction[5]. Ce genre est représenté par exemple par les œuvres de Arthur C. Clarke, Stephen Baxter et Greg Egan.

Voyage dans le temps[modifier | modifier le wikicode]

Le voyage dans le temps peut être un genre à part entière, ou l'un des thèmes d'une œuvre. Ce genre affronte les problèmes liés aux paradoxes temporels, comme le paradoxe du grand-père, mais peut amener à des réflexions sur certains événements historiques lorsque, par exemple, un personnage crée l'histoire qu'il voulait en fait observer, comme dans Voici l'homme de Michael Moorcock. Le classique du genre est La Machine à explorer le temps de H. G. Wells.

Uchronie[modifier | modifier le wikicode]

L’uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. Un exemple est Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick.


  • Le printemps russe (1991) de Norman Spinrad, qui imagine un profond déclin des USA au cours de la décennie 1990, face à une Union soviétique pacifique et en pleine expansion.
  • La Servante écarlate (1990) de Volker Schlöndorff. Dans des États-Unis de la fin du XXe siècle, la pollution et les accidents nucléaires ont rendu la plupart des femmes stériles, et un pouvoir totalitaire place les femmes encore fécondes comme reproductrices auprès des chefs de la nation, les « Commandants ».

Cyberpunk[modifier | modifier le wikicode]

L’appellation cyberpunk est apparue dans les années 1980. Elle désigne un sous-genre de l'anticipation, elle-même sous-genre de la science-fiction, décrivant un monde futuriste de manière dystopique (négative). Le cyberpunk met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l'information et la cybernétique). Parmi les principaux écrivains cyberpunk, on peut citer William Gibson, et plus particulièrement son roman Neuromancien (1984), ou Neal Stephenson.

On peut citer aussi des films comme Matrix, ExistenZ (1999), Repo Men (2010) de Miguel Sapochnik.

Space opera[modifier | modifier le wikicode]

Les récits de space opera articulent leur intrigue autour de voyages interplanétaires ou interstellaires. Dans ces récits, les théories d'astrophysique croisent les protocoles des récits d'aventures maritimes et en reprennent généralement le lexique (vaisseau, flotte...)[6]. Une part non négligeable de ces récits relève également de la science-fiction militaire. Ces récits, où la possibilité des déplacements à très longue distance est centrale, permettront le développement du thème d'empire interstellaire ou galactique.

Le Space opera apparaît en France notamment avec la Roue Fulgurante de Jean de la Hire en 1908 puis dans les années 1920 avec les romans de l'auteur américain Edward Elmer Smith, notamment La Curée des astres (1928), puis à une plus grande échelle dans Triplanétaire (1934) qui ouvrait le Cycle du Fulgur[7]. Après la seconde guerre mondiale, le space opera deviendra un genre prisé de la télévision, avec des séries comme Star Trek (États-Unis, 1964) de Gene Roddenberry et Cosmos 1999 (Angleterre, 1975) de Gerry Anderson. Pour le cinéma, le genre connaîtra un succès retentissant en 1977 avec le film La Guerre des étoiles (renommé Star Wars: A New hope lors de sa seconde parution au cinéma en 1997) (États-Unis, 1977) de George Lucas, premier volet de la trilogie originale Star Wars, puis quatrième volet de l'hexalogie du même nom. En 1997, le film Stargate est à l'origine de la série Stargate SG-1 (et de trois séries dérivées) qui connaîtront un grand succès populaire tout au long des années 2000.

Coté littérature, le genre se porte bien dans les années 2000 et 2010 avec des grands auteurs et des œuvres majeures au premier rang desquels Dan Simmons (cycles Hypérion et Endymion, Ilium et Olympos), Peter F. Hamilton (cycles L'Aube de nuit, L'Étoile de Pandore, La Trilogie du vide), Alastair Reynolds (cycle des Inhibiteurs), David Weber (cycle Honor Harrington) et John Scalzi (cycle du Vieil Homme et la Guerre).

Space fantasy[modifier | modifier le wikicode]

Les récits qui mêlent à des univers de Space opera certains éléments typiques de la fantasy : magie, quête initiatique, atmosphère de conte. Ce genre peut réunir aussi bien les univers futuristes façon Warhammer 40000, où eldar et orques se battent à bord d'immenses machines de guerre, que d'autres plus étranges comme Spelljammer, où elfes, nains et humains explorent l'espace à bord de navires magiques, dépourvus de la moindre trace de technologie. Un cycle présentant les caractéristiques de la space-fantasy peut également évoluer en planet-opera fantasy (citons les cycles de Ténébreuse et la Ballade de Pern par exemple).

Planet opera[modifier | modifier le wikicode]

Les récits de planet opera ont pour décor une planète étrangère aux caractéristiques déroutantes et mystérieuses que les principaux personnages ont pour mission d'explorer et de découvrir sous tous ses aspects (faune, flore, ressources). La trilogie d'Helliconia en est l'exemple canonique.

Science-fiction post-apocalyptique[modifier | modifier le wikicode]

Le post-apocalyptique (parfois abrégé en « post-apo » ou « post-nuke ») dépeint la vie après une catastrophe ayant détruit la civilisation : guerre nucléaire, collision avec une météorite, épidémie, crise économique et énergétique, etc.

Parfois utilisé simplement pour ses aspects ultra-violents, le post-apocalyptique repose sur un délicat équilibre entre une civilisation perdue et un chaos naissant. Il met en scène une confrontation de la réalité sociale (négociable, relative, corrompue, de servitude et dépassant l'échelle d'un seul homme) à la dure réalité physique (immédiate, intraitable, libre, individuelle). C'est à la fois la fin du monde et un nouveau départ. Une contradiction riche qui permet de développer un discours original sur le monde réel.

Le post-apocalyptique se distingue des fictions de catastrophe (film catastrophe), qui mettent en scène le cataclysme lui-même.

Exemples : Mad-Max,  Babylon A.D,   Æon Flux (Karyn Kusama, 2005)

Les femmes dans la science-fiction[modifier | modifier le wikicode]

L'image de la science[modifier | modifier le wikicode]

Il existe un courant de la SF qui valorise la science, la présentant comme une source importance ou principale (quitte à être qualifié de scientiste) :

  • C'est notamment le cas des débuts de la SF
  • Dans les années 1950, 1960, ce courant connaît un léger renouveau. Chez Asimov, le progrès scientifique est plutôt positif. Ex de Fondation où la régression sociale après le déclin de l’Empire correspond à un déclin technologique et un retour du religieux.

A l'inverse, de nombreuses oeuvres portent un discours critique sur la science :

  • Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, 1932 : méfiance envers le progrès technique, l’eugénisme en particulier
  • Karin Boye, La Kallocaïne, 1940
  • René Barjaval, Ravage

Enfin, la plupart des livres ou romans se situent dans un entre-deux :

  • Ira Levin, Un bonheur insoutenable, 1970 : Un ordinateur central régit l’humanité à l'aide de drogues. Le récit laisse d'abord penser que la cause est la technologie, mais finalement on apprend que c’est la « caste des programmeurs » qui est derrière. Le totalitarisme est humain.

A tel point que certains se demandent : « La science-fiction a-t-elle perdu foi en l’avenir ? »[8]

Les discours politiques dans la SF[modifier | modifier le wikicode]

Discours libéral[modifier | modifier le wikicode]

Ayn Rand, La Grève (Atlas Shrugged), 1957

Critique des dictatures[modifier | modifier le wikicode]

Nous autres, Eugène Zamiatine, 1920 : Critique du contrôle total de l’État sur la vie privée

George Orwell, 1984 ou La ferme des animaux

Kin-dza-dza! (1986), du réalisateur soviétique Gueorgui Danielia, est une satire sociale située dans une dystopie.

La Cité et les Astres de Sir Arthur C. Clarke

Le Monde aveugle de Daniel F. Galouye

THX 1138 de George Lucas

Croisière sans escale de Brian Aldiss

FAQ: Frequently Asked Questions, Carlos Atanes, 2004

Un thème très courant est celui du monde trop parfait, contre lequel « l’homme libre » se révolte (souvent par amour).

Les totalitarismes s’en prennent à l’art et aux sentiments (comme dans le Meilleur des mondes ou encore Fahrenheit 451)... Et le subversif est l’individu différent.

Discours communiste[modifier | modifier le wikicode]

Le Talon de fer, Jack London, 1908

Utopolis, de Werner illing, 1930

Autres utopies[modifier | modifier le wikicode]

La Culture, civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks

Kim Stanley Robinson, "La Trilogie de Mars" (Mars la rouge, Mars la verte, Mars la bleue)

Robert HEINLEIN, Révolte sur la Lune

Une société prônant une liberté totale, jusque dans les relations matrimoniales, et le rejet de toute forme d’autorité étatique. Pas d’impôts, pas de service public, la base de fonctionnement du système étant l’auto-organisation.

Dan SIMMONS, Hypérion

Une civilisation qui en apparence offre une grande liberté et un accès aux loisirs sans limite, grâce notamment aux portails distrans de téléportation instantanée. La question des besoins de première nécessité et des dépenses énergétiques - une des composantes essentielles de l’élaboration utopique - semblent définitivement résolus. Mais, l’Hégémonie qui dirige cette société laisse reposer toute sa confiance dans les machines du Technocentre. Grossière erreur car elle se fait duper par ces machines qui utilisent l’Humanité pour accroître leur pouvoir.

Ursula LE GUIN, Les dépossédés : expérimentation du projet anarchiste sur la planète Annares

Roy Lewis La Véritable Histoire du dernier roi socialiste (The Extraordinary Reign of King Ludd, 1990). Roy Lewis imagine qu’en 1848, des révolutions socialistes européennes victorieuses ont imposé au monde une société égalitaire où les citoyens vivent désormais à l’abri des dangers d’une guerre, d’une industrialisation débridée… et de progrès corrupteurs sous l’influence du courant luddiste et des corporations professionnelles. Cela finit par une restauration du capitalisme, seule à même de satisfaire les goûts égoïstes des hommes...

La Nuit des temps de René Barjavel

L'image des robots[modifier | modifier le wikicode]

C'est en 1920 dans le roman R.U.R. (Rossum Universal Robot) de Karel Capek, qu'apparaît le terme robot, à partir du mot tchèque « robota » qui signifie « travail, besogne, corvée ».

 Les robots sont depuis régulièrement utilisés dans les récits de SF.

Ils sont souvent source de danger, notamment quand ils sont utilisés par des hommes aux intentions mauvaises, des corporations machiavéliques en particulier (Robocop, I. Robot... ).

Woody et les Robots (Sleeper), Woody Allen, 1973

L'image de l'extra-terrestre[modifier | modifier le wikicode]

Dès les débuts de la SF, la possibilité d'une existence extra-terrestre se fait jour, en début d'article nous avions évoqué Aelita, ainsi que le roman de Wells, La Guerre des Mondes, et son anti-colonialisme, on ne reviendra pas sur l'émission radiophonique de Orson Welles de 1938 mais on peut revenir sur les films qui en ont été adaptés : un premier dans les années 1950, qui est une métaphore de la guerre nucléaire, ainsi que celle plus récente de Spielberg, évoquant plutôt le terrorisme.

Dans les 50's après les rumeurs concernant Roswell et la possible présence d'extra-terrestres, la prégnance de complots gouvernementaux ou la représentation des extra-terrestres comme force d'invasion supérieure proposant souvent un modèle de société totalitaire est prégnante dans le cinéma (L'attaque des soucoupes volantes, Robot Monster, Plan 9 From Outer Space, Le Village des Damnées etc.)

Il faudra attendre les années 1970 et deux films majeurs que sont Alien de Ridley Scott, où l'extra-terrestre, est un animal prédateur, ainsi que Star Wars (fortement inspiré par la série de romans Flash Gordon, adaptée en film en 1980) pour que les extra-terrestres et humains cohabitent de façon naturelle (Star Trek était précurseur - sur ce point aussi). Dans ces films les extra-terrestres ne sont pas forcément plus avancés que nous en termes de technologie, et ils ne sont pas forcément dans des organisations sociales complexes (les Alien font penser à une organisation en ruche d'insectes), chose que l'on retrouve également dans le classique The Thing, de John Carpenter, déjà remake de La chose venu d'un autre monde. De fait, les angoisses transposées sur l'incarnation de l'antagoniste extra-terrestre (quand l'Alien n'est pas un allié) sont totalement différentes, et le traitement s'en retrouve largement modifié, évacuant toute la dimension « guerre froide », de Bodysnatchers ou d'autres classiques des périodes antérieures. On pourra aussi citer le grand succès commercial Avatar (2009), transposant les codes du western dans un univers SF et évoquant les guerres indiennes. Bien loin des premières soucoupes volantes.

Il est à noter que dans la culture populaire et la contre-culture des Etats-Unis (qu'il s'agisse de théories complotistes, jeux, convention, série, film etc...) les extra-terrestres tiennent une place de choix.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. http://io9.com/5217560/15-evil-corporations-in-science-fiction
  2. http://www.socialisme.be/fr/8970/snowpiercer-un-mariage-efficace-de-science-fiction-et-de-lutte-des-classes
  3. Que certains n’apprécient visiblement pas ! http://www.meltybuzz.fr/le-bon-coin-une-annonce-improbable-pour-un-dvd-et-une-pomme-de-terre-a430554.html
  4. Cf. John CLUTE & Peter NICHOLLS, The Encyclopedia of Science Fiction, Orbit, 1994, p. 542.
  5. Westfahl, Gary,
  6. Voir à ce propos : Irène LANGLET, La science-fiction. Lecture et poétique d'un genre littéraire, Armand Colin, Paris, 2006, p. 170.
  7. Voir à ce propos : John CLUTE et Peter NICHOLLS (éd.), The Encyclopedia of Science Fiction, Orbit, 1994, p. 1139.
  8. http://transhumanistes.com/archives/2651