Louise Michel

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Louise Michel (29 mai 1830-9 janvier  1905) était une militante socialiste et anarchiste ainsi qu'une figure du mouvement ouvrier français.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Jeunesse et formation intellectuelle[modifier | modifier le wikicode]

Louise Michel est la fille naturelle d'un châtelain et d'une domestique, Marianne Michel. Elle jouit d'une éducation libérale, lit Voltaire, écrit des lettres enflammées à Victor Hugo, qu'elle admire et vénère. Dès son plus jeune âge, elle se préoccupe du sort des miséreux, mais aussi de celui des animaux. Ces premiers écrits, publiés en 1861, nous montrent le visage d'une femme préoccupée par le sort que la société réserve aux aliénés et par la condition asilaire. Louise Michel est, à l'époque, tout imprégnée de l'enseignement évangélique.

Formation d'une militante[modifier | modifier le wikicode]

Louise Michel quitte sa Haute-Marne natale pour Paris en 1856. Elle s'éloigne peu à peu des idées du catholicisme social, et sa foi chrétienne s'altère devant les injustices sociales. Elle rejoint les milieux d'opposition au Second Empire et se lie avec Théophile Ferré, Emile Eudes et Raoul Rigault, futures personnalités majeures de la Commune de Paris.

La Commune de Paris[modifier | modifier le wikicode]

Louise Michel est une figure majeure de la Commune de Paris (1871). Activiste communarde, elle est aussi une militante féministe, qui affirme, pendant la Commune, le droit des femmes à "se battre comme un homme", de se mettre en danger comme les hommes - mais aussi qui réclame pour les femmes le droit de mettre en oeuvre leurs "forces propres", c'est-à-dire "leur détermination, leur sens de l'administration, leur dévouement aux soins".

Louise Michel est une figure indépendante, qui agace les autorités de la Commune, n'hésitant pas, par exemple, à franchir les lignes ennemies en dépit des conseils de prudence. Mais elle ne refuse pas pour autant l'instance collective : elle est membre des deux comités de vigilance du 18e arrondissement et elle préside, dès novembre 1870, le comité républicain de vigilance des citoyennes de Montmartre. Grâce à ses talents d'oratrice, elle y exerce une grande influence.

Durant la Semaine Sanglante, Louise Michel participe aux derniers affrontements tout en assumant jusqu'au bout son rôle d'ambulancière. Finalement arrêtée, elle est déférée devant un conseil de guerre face auquel elle tient un discours courageux et provocateur :

"Je ne veux pas me défendre. [...] J'appartiens tout entière à la révolution sociale et je déclare accepter la responsabilité de tous mes actes. [...] Vous êtes des hommes et moi je ne suis qu'une femme. [...] Si vous n'êtes pas des lâches, tuez-moi."

Déportation[modifier | modifier le wikicode]

Finalement, Louise Michel est déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle se consacre à l'instruction des Kanaks et soutient leur révolte en 1878, alors que la plupart des communards déportés participent au contraire à la répression. Elle devient dès lors une militante anti-coloniale.

Après l'amnistie[modifier | modifier le wikicode]

En 1880, la République vote une loi d'amnistie pour tous les anciens communards. Louise Michel rentre à Paris, et poursuit inlassablement son activité militante :

  • pour la réquisition de nourriture avec les sans-travail (1883) ;
  • avec les grévistes de Decazeville (1886) ;
  • en faveur de la grève générale (1890) ;
  • en faveur de Dreyfus (1898).

Elle sillonne la France et l'Europe pour y tenir des conférences anarchistes. Elle est plusieurs fois en butte à la répression, fait plusieurs séjours en prison et est même obligée de s'exiler en Angleterre après le vote des lois scélérates en 1893.

Elle meurt à Marseille, d'une pneumonie, en janvier 1905.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Eric Laffont, "Louise Michel. L'anarchiste", [1