Saint-Simon

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Henri de Saint-simon.jpg
Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon
(1760-1825), est un économiste et un philosophe français sont la pensée fut influente au XIXème siècle. Il fut un théoricien de la société industrielle naissante, et un socialiste utopique par sa doctrine sociale.

Biographie et doctrine[modifier]

Le comte de Saint-Simon avait été enthousiasmé par la Révolution française. Il concevait la société comme divisée entre travailleurs (ouvriers salariés mais aussi fabricants, négociants, banquiers) et oisifs (anciens nobles et nouveaux rentiers). Il avait constaté que seule une petite partie du tiers-état, c’est-à-dire la bourgeoisie, avait bénéficié réellement de la chute du clergé et de la noblesse oisive. Saint-Simon se demandait, en tant que philosophe et économiste, qui devrait diriger la société. Évidemment pas les oisifs, mais pas non plus les travailleurs non possédants répondait-il.

Selon lui, la direction de la société devait revenir à une union entre la science et l’industrie : la science, c’était les intellectuels, et l’industrie, c’était les bourgeois (abricants, négociants et banquiers). Il voulait unir cette élite dirigeante grâce à une espèce de nouvelle religion, un nouveau christianisme avec une hiérarchie de fonctionnaires de confiance qui dirigeraient et organiseraient l’économie en se souciant du sort du plus grand nombre et des plus pauvres.

Il expose sa conception sociale dans plusieurs publications de fortune diverse et particulièrement dans Le Système industriel en 1821 et Le Catéchisme des industriels en 1823. Il considère que l’âge d’or est à venir et à trouver dans la perfection de l’ordre social qui passera par une forme de capitalisme qui créera une abondance de richesse profitant à tous. Il est favorable à un " Conseil des Lumières " constitué de savants, d’artistes, d’artisans, de chefs d’entreprise capables de privilégier les faits et le fond plutôt que les principes et la forme. De même, gouverner n’est plus une propriété et le politique devient un aspect du système économique.

L’approche socialiste de Saint-Simon se remarque particulièrement dans la tendance à l’organisation et à la planification de la France, notamment dans un " projet d’amélioration générale du territoire de la France " censé enrichir le pays et entraînant par suite une amélioration des conditions de vie de tous  : son objectif est l’élévation morale du prolétariat grâce à une organisation des richesses par les capitalistes eux-mêmes.

Disciples saint-simoniens[modifier]

Ses nombreux disciples fondèrent des écoles qui devinrent de petites communautés ou sectes où l’on pratiquait l’entraide comme chez les moines de Ménilmontant dirigés par le Père Enfantin qui se prenait pour un nouveau messie. Les membres portaient un habit rouge qui se boutonnait dans le dos. Persécutés par la police, les disciples furent dispersés. Certains partirent en Algérie ou en Égypte participer à divers projets de développement de l’industrie ou de la technique, souvent en lien direct avec la politique coloniale (canal de Suez...) mais souvent aussi avec une vocation sincèrement philanthropique (mise sur pied d’écoles d’ingénieurs en Égypte...).

« L'école saint-simonienne célébra sur le mode dithyrambique la force productive de l'industrie. Elle confondit les forces créées par l'industrie avec cette industrie, c'est-à-dire avec les conditions d'existence présentes de ces forces.  » « Ce fut le premier appel fait aux hommes pour émanciper leur industrie du lucre et concevoir l'industrie moderne comme une période de transition. Les saint-simoniens ne s'en tinrent d'ailleurs pas à cette interprétation. Ils allèrent jusqu'à attaquer la valeur d'échange, l'organisation de la société actuelle, la propriété privée. Ils mirent l'association à la place de la concurrence. Mais l'erreur initiale se vengea d'eux. Cette confusion les entraîna dans l'illusion qui leur fit prendre le sordide bourgeois pour un prêtre; pis encore, après les premières luttes extérieures, ils retombèrent dans la vieille confusion (illusion); mais cette fois, quand ce contraste entre les deux forces qu'ils avaient confondues se manifesta justement dans la lutte, ils sombrèrent dans l'hypocrisie. Leur glorification des forces productives de l'industrie devint la glorification du bourgeois, et M. Michel Chevalier, M. Duvergier, M. Dunoyer se sont eux-mêmes cloués au pilori, entraînant avec eux le bourgeois, devant toute l'Europe — où les oeufs pourris que l'histoire leur lance à la figure se muent, encore par la magie du bourgeois, en oeufs d'or : l'un a conservé les vieilles phrases, mais en leur donnant le contenu du régime bourgeois d'aujourd'hui; le deuxième pratique lui-même le sordide commerce en grand et préside à la prostitution des journaux français; tandis que le troisième est devenu l'apologiste le plus enragé de l'ordre actuel et surpasse en impudence (inhumanité) tous les économistes français et anglais d'antan. » [1]

Notes et sources[modifier]