Parti Communiste Français

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Le Parti Communiste Français (PCF) est un parti à la longue histoire. Fondé en 1920 dans le sillage de la Révolution d'Octobre, il est très rapidement devenu un parti stalinien inféodé au Komintern, tout en gardant longtemps une forte implantation dans la classe ouvrière française. Durant les dernières décennies, il a évolué en parti réformiste plus traditionnel, comme beaucoup de PC d'Europe (eurocommunisme).

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Années 1920 et 1930[modifier | modifier le wikicode]

Après la trahison des socialistes en 1914 : la majorité des militants de la SFIO décident au congrès à Tours (1920) de s'affilier à la nouvelle Internationale communiste, créant la SFIC (Section française de l'internationale communiste). La SFIO garde la majorité des élus, et pendant longtemps le crédit électoral. De son côté, la SFIC a pour elle le celèbre journal L'humanité fondé par Jaurès, et a les militants les plus actifs ainsi qu'une meilleure implantation ouvrière. Dans ces premières années, le jeune parti est très impliqué dans le combat anti-militariste et anti-impérialiste, et dans le combat féministe. Il n'est pas rare que militants et dirigeants fassent des séjours en prison.

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Mais très vite le parti est stalinisé. De nombreux membres fondateurs sont exclus (Souvarine, Rosmer, Monatte…) et les nouveaux dirigeants sont beaucoup plus liés à l'appareil de l'IC. Celle-ci mène alors la politique « Classe contre Classe », c'est-à-dire un tournant sectaire qui refuse les fronts uniques avec les socialistes, qu'ils traitent de social-fascistes. Le Parti perd la moitié de ses voix aux élections de 1928.

En 1930-1931, Moscou impose un nouveau changement de direction, qui voit l'ascension de Maurice Thorez.


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En 1934, après la victoire d'Hitler et les manifestations d'extrême droite en France, la clique stalinienne se sent menacée. Elle va alors opérer un revirement stratégique total, passant du sectarisme à l'opportunisme, afin de se concilier la bourgeoisie démocrate. En France, le PC va prôner l'unité contre le fascisme. Cela commence par l'unité d'action avec la SFIO, ce qui répond à une vraie attente des travailleurs, puis cela va virer à une politique d'alliance électorale de "toute la gauche", y compris avec les bourgeois du Parti radical sur leur propre programme (Front populaire).

A partir de 1935, le PC met de l'eau dans son internationalisme, ses élus portent l’écharpe tricolore, ses militants se mettent à chanter la Marseillaise... En 1937, le PC devient "PCF".[1]

Après la victoire du Front populaire en 1936, le PC va utiliser toute son influence pour démobiliser la grève générale spontanée en mai-juin 1936.

"Il n’est pas question de prendre le pouvoir actuellement [...] Il faut savoir terminer une grève." Maurice Thorez

De 1936 à 1939, le dévouement des militants communistes s'exprime dans un fort soutien aux républicains espagnols : de nombreux volontaires partent se battre dans les Brigades internationales.

Années 1940[modifier | modifier le wikicode]

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En 1939, lorsque l'URSS signe un accord de non-agression avec l'Allemagne nazie, cela provoque un malaise dans les rangs du PC, qui tente tout de même de le concilier avec l'anti-fascisme. Mais surtout, le PC est accusé de trahir la France : les radicaux et la SFIO répriment, emprisonnent voire exécutent les communistes, qui sont plongés dans la clandestinité.

Au début de la Seconde guerre mondiale, le parti est désorganisé, avec beaucoup de dirigeants arrêtés ou en exil, et beaucoup de militants réprimés ou envoyés au front. Mais la dynamisme des militants, et notamment des militantes, permet d'organiser et maintenir l'activité du parti. En particulier, le PC devient une force majeure de la Résistance contre les Allemands.

A la fin de la guerre, l'Etat français est fragile, les conditions de vie et de travail du prolétariat sont très dures et la colère très grande, notamment contre le patronat qui s'est majoritairement vautré dans la collaboration, du moment qu'il pouvait continuer à faire des profits. A l'inverse, le PCF était auréolé de son engagement dans la Résistance, fort de ses militants actifs et il cultivait son image de martyr, se présentant comme "le parti des 75 000 fusillés" - chiffre exagéré puisque les historiens estiment à 25 000 le nombre de fusillés en France, toutes tendances politiques confondues. Cette situation est d'ailleurs assez générale en Europe, et la fin de la Première guerre mondiale avait déjà déclenché une vague révolutionnaire. La rapport de force était donc très défavorable à la bourgeoisie.

Mais le PCF a tout fait pour aider à la reconstruction... de l'Etat bourgeois. Staline ne voulait absolument pas d'une révolution, et au contraire il poussait chaque PC à cultiver l'union nationale avec sa bourgeoisie. En France, le PCF travailla main dans la main avec De Gaulle et respecta scrupuleusement la démocratie bourgeoise. L'immédiat après-guerre fut un énorme succès électoral pour lui. Aux élections législatives de 1946, il obtient son record électoral. C'est alors le premier parti français. Il y a des ministres communistes dans tous les gouvernements de 1945 à 1947. Cette période, ainsi que la référence à la Résistance, va contribuer à forger une référence mythifiée pour la "gauche" française.

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Mais une telle dynamique pour un parti communiste, qui est en contradiction avec l'idéologie dominante, ne peut être basée que sur un élan révolutionnaire. Le PCF, devenu stalinien et réformiste, s'est sabordé lui-même en se couchant devant la bourgeoisie, et celle-ci l'a écartée dès qu'elle a pu. En 1947, sur fond de guerre froide qui commence, les ministres communistes sont exclus du gouvernement.

Années 1950 et 1960[modifier | modifier le wikicode]

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Après 1947, les militants d'horizons différents qui avaient rejoint le PCF dans l'enthousiasme de la Libération s'en éloignent. Le PCF restera néanmoins le premier parti ouvrier (et la première force à gauche) jusqu'aux années 1970, avec de forts bastions ouvriers.

Malgré la mort de Staline en 1953, le PCF reste un des PC les plus "orthodoxes" et très lié à la bureaucratie d'URSS. Il soutient 1956 l'intervention militaire contre l'insurrection de Budapest. C'est aussi une période durant laquelle le PCF et "sa" CGT écartent - y compris physiquement - les militants trotskistes qui voudraient s'adresser à "leurs" ouvriers. Lors de la répression du Printemps de Prague en 1968, le PCF commence à se démarquer de la politique soviétique en désapprouvant timidement. Mais parallèlement le PCF avance toujours plus dans le réformisme et l'abandon de toute base marxiste. À l'élection présidentielle de 1965, il se désiste directement en faveur du "candidat unique de la gauche" François Mitterrand.

Au début de Mai 68, le PCF est d'abord hostile au mouvement étudiant qu'il ne contrôle pas. Marchais écrit dans L'Humanité du 3 mai un article violent intitulé « De faux révolutionnaires à démasquer », où il s'en prend par exemple à « l'anarchiste allemand Cohn-Bendit ». En juin 1968, le PCF imprime une affiche en revendiquant d'avoir « été le seul, dès le début, à dénoncer publiquement les agissements, les provocations et les violences des groupes ultra-gauchistes, anarchistes, maoïstes, ou trotskystes, qui font le jeu de la réaction ».


Années 1970 et 1980[modifier | modifier le wikicode]

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En 1976, le PCF commence à s'orienter vers une ligne de type eurocommuniste à l'image du Parti communiste italien. Il abandonne la référence à la doctrine de la « dictature du prolétariat » lors de son XXIIe congrès. Aux cantonales de 1976, pour la première fois depuis 1945, le PCF est devancé par le PS.

Dans les années 1980, la restructuration capitaliste mondiale érode rapidement les bastions ouvriers du PCF. Comme la direction communiste ne se montre pas utile pour résister et au contraire est associée aux reculs, le PCF ne recrute quasiment plus et décline. Le PCF a 4 ministres dans le gouvernement de Mitterrand, qu'il retire en 1984 lorsque le risque de perdre sa base devient trop élevé. Parallèlement c'est aussi la montée du Front National, qui commence à obtenir des voix de travailleurs et finit par dépasser le PCF.

Années 1990 et 2000[modifier | modifier le wikicode]

A partir des années 1990, la direction du PCF abandonne le symbole de la faucille et du marteau.


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Robert Hue veut accélérer la « mutation » du PCF en parti social-démocrate. Même si le nom de "communisme" est gardé, le discours humaniste bourgeois domine, avec bien plus de références à la Résistance ou à la Révolution française qu'à la lutte de classe et aux révolutions prolétariennes. Il y a à nouveau des ministres PCF au gouvernement de "gauche plurielle" entre 1997 et 2002, qui privatise, réprime, gère le capitalisme... Aux élections, notamment aux présidentielles de 2002 et 2007, le PCF s'effondre. Le parti cible ses critiques sur le "libéralisme", la "finance", l'Union européenne... En 2005, il tente de se refaire une jeunesse en participant à la campagne sur le Non au traité constitutionnel européen.

En 2009, Jean-Luc Mélenchon, un ex du PS, fonde le Parti de Gauche et veut renouer avec un réformisme de gauche plus assumé. Sur la dynamique de sa personne, le PCF et le PG s'allient dans le Front de Gauche, qui remobilise les militants PCF et attire quelques jeunes. Mélenchon parvient à rassembler les voix qui s'étaient portées sur l'extrême gauche et capitalise 11% en 2012.

Liens avec la CGT[modifier | modifier le wikicode]

Les liens avec la CGT sont loin d'avoir disparu ! Même depuis les années 90, où à la « mutation » du PC répondait « le recentrage » de la CGT de Thibaut. B. Thibaut par exemple a d'abord été élu au CN du PCF en 1996 avant d'être élu secrétaire général de la Cgt en 1997 (le parcours classique)... mais il ne s'est pas représenté au CN du PC en 2001. En 2003, on estime à 80% le nombre de secrétaires d'UD CGT qui avaient encore leur carte au PC et 25 secrétaires de fédé sur une trentaine... Certes, désormais, ils ne siègent plus dans les instances du PC, ils sont juste « encartés » comme on dit... même si on a du mal à penser que ce sont de simples militants de base, ces responsables sont d'abord CGT et après PC, et c'est ça qui tranche par rapport à... avant 81. Et cette "indépendance" de la CGT veut surtout dire interdiction au PC d'intervenir de façon autonome dans les luttes. On peut se rappeler l'épisode «LU- Danone » en 1999 : Hue
voulait se refaire une santé sans rompre avec Jospin, appelle à manifester à Paris contre tous les licenciements, et la CGT refuse d'appeler car c'est "politique. Le PC et la CGT restent deux bureaucraties, syndicale et politiques, très imbriquées et assez d'accord sur le fond : par exemple le discours de la relance par les salaires, du dialogue social... même si parfois « ça frotte ».

Résultats électoraux[modifier | modifier le wikicode]

Les résultats aux différentes élections donnent un reflet de l'influence du parti dans la société. Le PCF devient un puissant parti ouvrier dans les années 1930, et le restera jusqu'aux années 1970, après quoi il connaît un déclin rapide. Il faut être prudent sur les pronostics, car la profonde crise actuelle provoque un rejet des partis les plus englués dans la gouvernance bourgeoise (PS et UMP) et peuvent favoriser le PCF, comme semble l'indiquer l'expérience du Front de Gauche.


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Le meilleur résultat du PCF fut atteint lors des législatives de 1946, et son plus bas en 2007 avec 1,9 %.

Ce sont les maires qui sauvent mieux leur peau dans les élections ces dernières décennies, mais le PCF perd peu à peu ses grandes villes emblématiques. C'est cette implantation locale du PCF qui lui permet désormais, plus que tout de rester une force politique. On peut parler de « communisme municipal ».

En 30 ans, l'électorat ouvrier du PC a été laminé :

  • 1973 : 40% des ouvriers votaient pour le PC
  • 2002 : ils ne sont plus que 4%
     

Effectifs et organisation[modifier | modifier le wikicode]

Nombre d'adhérents / militants[modifier | modifier le wikicode]

L'apogée militante du PCF (excepté entre 45 et 47) fut en 1978, avec 700 000 adhérents revendiqués (sans doute autour de 500 000 en réalité)... La baisse la plus brutale des effectifs a lieu en fait suite à la participation gouvernementale des années 80 (cela n'a rien à voir avec la Chute du mur et la fin de l'URSS), puisqu'en 1987, le PC ne revendique plus que 330 000 militants. En 1996, avant la deuxième participation gouvernementale (1997-2002) le PC revendique 274 000 militants, puis 180 000 en 1999, puis 130 000 en 2006, puis 100 000 en 2011. De fait, à chaque participation gouvernementale, les effectifs du PCF ont été divisés par deux !

De fait, depuis 2001, comme l'explique Roger Martelli dans son étude réalisée en 2010, Prendre sa carte 1920-2009, Données nouvelles sur les effectifs du PC, le PC possède une double « comptabilité » les adhérents et les cotisants (en fait depuis 2001, il n'y a plus de cérémonie de remise de cartes annuelles... on prend une carte pluriannuelle avec versement libre... ou pas de versement du tout mais du coup les gens qui prennent à un moment donné leur carte sont comptabilisés comme adhérents). Les cotisants (donc ceux à jour de leur cotis) étaient comptés en fev. 2006 à 99 000, à 65 000 en nov. 2009... ce qui fait toujours d'après R.Martelli, un effectif « militant » dans le sens actif autour de 25 000.

Les chiffres donnés par le PC les plus récents sont ceux de la consultation interne de juin au sujet du choix du candidat à l'élection présidentielle : il y avait un peu plus de 69 000 inscrits, il y a eu un peu plus de 48 000 votants, répartis sur tous les départements. Il fallait pour pouvoir voter être à jour de cotisations mais aucune règle précise n'a été édictée à ce sujet.

Aujourd'hui la moitié des adhérents du PC se concentrent dans 10 départements : Nord + Seine-Maritime + Petite Couronne de la RP + Bouches du Rhône + Rhône + Dordogne + Gard.
Les endroits où le PC s'est le plus effondré en terme militant : la Région parisienne, l'Est de la France et le Limousin.

Un autre indicateur intéressant sur le fait que le PC a tendance à devenir un parti de moins en moins militant, et de plus en plus d'adhérents. Une enquête réalisée en 1997 : 31% des adhérents consacrent moins d'une heure par mois aux tâches militants (et l'enquête prouve que ceux qui n'ont pas du tout d'activité militante sont encore plus nombreux). La quasi disparition du portage de l'Huma dimanche par exemple. Il faut nuancer cela par le fait que de nombreux militants du PC sont investis dans le militantisme associatif, et pour la plupart dans des associations qui ont été traditionnellement liées au PCF : UFF, Fnaca, Anacr, Secours populaire, Mouvement de la Paix, la FSGT, la CNL (même si certaine aujourd'hui comme le Secours populaire ont perdu toute référence explicite au PCF).

Composition sociale[modifier | modifier le wikicode]

Bien sûr, on ne peut pas analyser l'évolution de la composition sociale du PCF en dehors des évolutions générales de la société. Pour ce parti qui s'est longtemps revendiqué comme le parti de la classe ouvrière, à la fois comme expression de ses intérêts politiques mais aussi comme le cadre d'organisation politique de celle-ci, la désouvriérisation au sens disparition de grandes concentrations ouvrières dans des secteurs industriels tels que les mines, la sidérurgie, les chantiers navals, l'automobile (la métallurgie en général) a eu un effet tout aussi important que l'appréciation politique portée sur le rôle du parti lorsqu'il a participé aux gouvernements de gauche !

Pour donner là encore quelques chiffres :

  • 1976 : 52 % des membres du bureau politique sont des ouvriers/ouvrières
  • 1979 : 46,5 % des adhérent sont des ouvriers/ouvrières
  • 1997, ils ne sont plus que 31,3%
  • 2002, il n'y a que 10,6 % d'ouvriers parmi les participants au 21ème congrès, parmi les membres élus à la CN, 8% seulement sont ouvriers.

Les cellules d'entreprises, qui n'ont jamais rassemblé qu'une minorité d'adhérents par ailleurs, ont quasiment toutes disparu... mais de fait, c'est carrément les cellules en général dans le parti qui ont de fait disparu, du moins cessé de vivre, on parle désormais bien plus des « sections locales » ou bien des « réseaux »....(par exemple lors du congrès de 2002, 11 % des délégués ne sont pas affiliés à une cellule, désormais les fédérations recrutent directement, ce sont pour la plupart du temps des gens exerçant un mandat électoral, les « élus locaux » qui de plus en plus dominent dans les sections. C'est un parti de moins en moins « ouvrier » (et de plus en plus institutionnalisé) même si de fait, à l'heure actuelle c'est encore celui qui comporte le plus de militants d'origine ouvrière.

La catégorie sociale la plus représentée aujourd'hui, et c'est encore plus vrai parmi « les cadres », ce sont les travailleurs employés ou cadres moyens de la fonction publique et notamment les enseignants.

En 2009, les retraités représentent 1/4 des effectifs (contre 15% en 1979), les moins de trente ans ne représentent que 6%.

En 2009, les femmes représentent 41% des effectifs, ce qui en fait de très loin le parti comportant le plus de femmes ! Même si récemment, le processus de féminisation qui a été très fort jusque dans les années 90 a tendance à ralentir.

Cellules militantes[modifier | modifier le wikicode]

Les cellules d'entreprises, qui n'ont jamais rassemblé qu'une minorité d'adhérents par ailleurs, ont quasiment toutes disparu... mais de fait, c'est carrément les cellules en général dans le parti qui ont disparu, du moins cessé de vivre, on parle désormais bien plus des « sections locales » ou bien des « réseaux »....(par exemple lors du congrès de 2002, 11 % des délégués ne sont pas affiliés à une cellule, désormais les fédérations recrutent directement, ce sont pour la plupart du temps des gens exerçant un mandat électoral, les « élus locaux » qui de plus en plus dominent dans les sections. C'est un parti de moins en moins « ouvrier » (et de plus en plus institutionnalisé) même si de fait, à l'heure actuelle c'est encore celui qui comporte le plus de militants d'origine ouvrière.

Finances[modifier | modifier le wikicode]

En 1979, les cotisations représentaient 1/4 des ressources
En 2004, elles ne représentent que 9%

La plus grosse rentrée d'argent c'est les reversements des cotisations des élus pour 53 % et 11% pour le financement public (les dons représentent 11% également... somme relativement importante, le PC garde une réserve de sympathie importante... notamment par le biais des amis de l'Humanité par exemple (appels à donc récurrents pour sauver le quotidien « de Jean Jaurès »).

Ces dernières années, le PCF a vendu une partie de son patrimoine immobilier, notamment l'immeuble de l'Humanité à Paris pour 15 millions d'euros, les locaux de l'école centrale du parti à Draveil, etc. En 2002, 42 salariés permanents du siège à Colonel Fabien ont été licenciés (sur une centaine au total).

La manne rapportée par les élus directement (reversement d'une partie des indemnités... longtemps 1⁄2 des indemnités... source de conflits d'ailleurs ces dernières années avec certains élus qui rechignent à reverser) est donc primordiale pour le PC. Mais il y a aussi tous les postes de salariés/permanents du parti qui sont du coup directement pris en charge par les budgets des collectivités territoriales (les « secrétaires de mairie » ou bien les assistants des conseillers régionaux ou généraux, ou assistants parlementaires...). Il y a aussi tous les entreprises de loisirs, de tourisme, de communications, des imprimeries, des agences de comptabilité etc qui sont directement liés au PCF et qui vivent grâce aux contrats passés avec les municipalités essentiellement... ou qui font de grands encarts de publicité dans l'Humanité ( à noter que le principal procès autour du financement dit « occulte » du PCF avec notamment le groupe GIFCO... qui s'est ouvert en 2000 s'est clôt par une relaxe de Robert Hue en 2001... époque où le PC était au gouvernement et où le PS avait bien besoin de son allié... Jospin a même raconté ensuite que le PCF avait bénéficié à cette époque des « fonds secrets » de Matignon).

Courants internes[modifier | modifier le wikicode]

L'existence de courants a longtemps été interdite, comme dans tous les partis staliniens.

Jusque dans les années 1980, les figures qui s'émancipaient - « rénovateurs », « réformateurs », « refondateurs » - étaient généralement des personnalités de premier plan, dirigeants, ex-ministres... qui avaient des ambitions politiciennes, généralement de rapprochement plus direct avec la social-démocratie, souvent sans base et ils finissaient tous par quitter le parti à un moment ou un autre...

Depuis les derniers congrès, des oppositions internes se sont formées, et de fait, elles sont plutôt situées sur la gauche du parti : Coordination Communiste, Rouges Vifs, Gauche Communiste... Elles sont parfois basées sur des fédérations, notamment celle du Pas de Calais. En 2003, lors des votes préparatoires au congrès, la résolution du Pas de Calais qui s'affirmait révolutionnaire avait recueilli 23,6% des votes nationaux, donc bien au-delà de son influence militante, qui ne dépasse pas la centaine... Mais ces courants ne représentent malheureusement pas des forces susceptibles de régénérer le PCF. Ils sont surtout nostalgiques d'un parti stalinien, avec le nationalisme et le sectarisme qui va avec (ils se détestent entre eux, et détestent l'extrême gauche).

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Journaux de la SFIC, CERMTRI
  • Le Parti Communiste, de ses origines au parti de gouvernement, Cercle Léon Trotsky du 3 février 1984
  • Dominique Andolfatto, PCF de la mutation à la liquidation, Ed. Du Rocher, 2005
  • Marie-Claire Lavabre, François Platone, Que reste-t-il du PCF ?, Ed. Autrement 2003
  • Bernard Pudal, Un monde défait, les communistes français de 1956 à nos jours, Ed. Du Croquant, 2009
  • Roger Martelli, Prendre sa carte 1920-2009, Données nouvelles sur les effectifs du PCF, Fondation Gabriel Péri/CG du 93
  • Julian Mischi, la recomposition identitaire du PCF : modernisation du parti et dépolitisation du lien partisan, Revue Communisme, N°72-73, 2003
  • Julian Mischi, Partis politiques et système partisan en France, Chap. 2, Pour une histoire sociale du déclin du Parti communiste, Ed. Presses de Sciences Po, 2007
  • Julian Mischi, Comment un appareil s’éloigne de sa base, Le monde diplomatique, Janvier 2015
  • Julien Chuzeville, Un Court moment révolutionnaire, la création du Parti communiste en France, 2017
  1. Voir la Une de L'Humanité du 22 octobre et celle du 23 octobre 1937.