Courants du Parti Communiste Français

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Cette page traite des courants à l'intérieur du Parti communiste français.

Historique[modifier | modifier le wikicode]

L'existence de courants a longtemps été interdite, comme dans tous les partis staliniens, qui le justifiaient fallacieusement au nom du "centralisme démocratique". De nombreux membres fondateurs sont exclus (Souvarine, Rosmer, Monatte…) dans les premières années. Des organisations communistes dissidentes, d'extrême gauche, se créent pour défendre un communisme opposé au stalinisme : le Cercle communiste démocratique, la Ligue communiste, L'Union communiste, entre autres. La revue La Révolution prolétarienne regroupe les principaux fondateurs du PC, exclus ou démissionnaires.

Dans l'enthousiasme de l'après-guerre, le PCF agrège de nombreux adhérents d'horizons différents, et lorsque le parti est rejeté dans l'opposition en 1947, des désaccords idéologiques s'expriment, et les exclusions se multiplient.

Dans les années 1960, quelques militants sont gagnés au maoïsme et quittent le parti ou en sont exclus. En 1966, des trotskystes comme Alain Krivine qui pratiquaient l'entrisme sont exclus de l'Union des étudiants communistes (UEC), et créent la Jeunesse communiste révolutionnaire.

Jusque dans les années 1980, les figures qui s'émancipaient - « rénovateurs », « réformateurs », « refondateurs » - étaient généralement des personnalités de premier plan, dirigeants, ex-ministres... qui avaient des ambitions politiciennes, généralement de rapprochement plus direct avec la social-démocratie, souvent sans base et ils finissaient tous par quitter le parti à un moment ou un autre...

En 1994, le 28ème congrès du parti rompt officiellement avec son "centralisme démocratique", mais maintient l'interdiction des tendances. Les statuts du PCF issus du 31ème congrès, disposent : « Ainsi, nous faisons le choix de faire du pluralisme de droit un principe de notre mode de fonctionnement. Pour autant, les communistes ne veulent pas que cela se traduise par un fonctionnement en tendances. ».

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Depuis les derniers congrès, des oppositions internes se sont formées, et de fait, elles sont plutôt situées sur la gauche du parti : Coordination Communiste, Rouges Vifs, Gauche Communiste... Elles sont parfois basées sur des fédérations, notamment celle du Pas de Calais. En 2003, lors des votes préparatoires au congrès, la résolution du Pas de Calais qui s'affirmait révolutionnaire avait recueilli 23,6% des votes nationaux, donc bien au-delà de son influence militante, qui ne dépasse pas la centaine...

Mais ces courants ne représentent malheureusement pas des forces susceptibles de régénérer le PCF. Ils sont surtout nostalgiques d'un parti stalinien, avec le nationalisme et le sectarisme qui va avec (ils se détestent entre eux, et détestent l'extrême gauche). Souvent, ils continuent d'utiliser l'ancien logo du parti, avec la faucille et le marteau.

En 2000, alors que le 30ème congrès poursuit l'abandon de la conception marxiste-léniniste, un certain nombre de militants quittent le PCF à l'appel de Rolande Perlican, pour fonder en 2002 Communistes[1], un petit parti stalinien orthodoxe.

Courants actuels[modifier | modifier le wikicode]

L'organisation en tendances n'existe pas officiellement, mais on peut identifier des courants ainsi que des groupes politiques, qui s'affirment notamment lors des votes internes (textes d'orientation, élection des directions, consultations internes…).

  • La majorité du PCF, autour de Marie-George Buffet et Pierre Laurent, défend à la fois l'existence du PCF et la nécessité de profondes transformations. Ils font le choix d'une autonomie par rapport au Parti socialiste, tout en en faisant un allié potentiel, notamment aux élections locales, au même titre que les autres forces de gauche (Parti de gauche, Les Verts), d'extrême gauche (NPA…) ainsi que toutes les composantes du mouvement social (syndicalistes, militants associatifs…). Cette ligne politique, exprimée dans la base commune de discussion du 34ème congrès, a obtenu 60,91 % des suffrages, puis 68,7 % après amendements du congrès.
  • Des anciens partisans de Robert Hue, tels que Marie-Pierre Vieu ou Dominique Grador, qui considèrent que le PCF doit se « métamorphoser », sans toutefois préconiser nécessairement la création d'une nouvelle force politique pour le remplacer. Ils ont, au 34ème congrès, déposé une liste alternative avec les refondateurs, soutenus par des figures du PCF telles que Jack Ralite, Lucien Sève ou Georges Séguy. Pour sa part, Robert Hue a quitté le conseil national du parti en décembre 2008 pour fonder une association politique, intitulée « Nouvel espace progressiste » (NEP) et soutenue par le sénateur Ivan Renar.
  • Les « novateurs », généralement anciens partisans de la ligne politique de Georges Marchais comme Nicolas Marchand et Yves Dimicoli ont formé le réseau Action Novation Révolution. Ils défendent l'autonomie d'action et de proposition du PCF, notamment en s'appuyant sur la pensée de Paul Boccara et les « novations marxistes ». Ils ne s'opposent cependant pas aux alliances avec le PS.
  • Les « orthodoxes » s'opposent à ce qu'ils appellent la « mutation réformiste » du PCF et proposent de remettre le parti à l'avant-garde en revenant aux fondamentaux marxistes et en rompant avec le PS. Ils prônent également une rupture avec l'Union européenne et une priorité moins importantes donnée aux institutions. Parmi eux, on compte notamment André Gerin, Jean-Claude Danglot et plusieurs groupes politiques comme la section du PCF Paris 15ème, la Gauche communiste de Jean-Jacques Karman et la Confédération d'action communiste de Georges Hage. Ils ont déposé, lors du 34ème congrès, un texte intitulé « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » qui a récolté 24,03 % des suffrages.
  • Les animateurs de l'association La Riposte[2], liée au niveau international à la Tendance marxiste internationale, mouvement trotskiste, ont déposé un texte alternatif pour le 34ème congrès intitulé « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » qui a recueilli 15,04 % des suffrages. Les membres de ce courant sont partisans d'un retour aux fondamentaux marxistes du PCF et à une stratégie révolutionnaire tout en condamnant sévèrement le stalinisme et la bureaucratisation de l'URSS. La Riposte maintient une activité politique propre, indépendamment du PCF, notamment par la diffusion de son journal, de documents et de brochures mais aussi par la tenue de formations et de réunions pour ses adhérents et sympathisants. 

Il faut dans tous les cas rappeler qu'il n'existe pas de statistique « officielle » concernant le nombre de militants communistes se retrouvant dans ces courants plus ou moins structurés, les adhérents du PCF ne sont très majoritairement pas organisés au sein de courants internes.

À l'occasion de la constitution du Front de gauche (2009), puis des listes « Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes » (2010) construites autour du Front de Gauche, une confrontation de points de vues différents selon les régions et les réalités locales est apparue. Ainsi un débat profond s'est enclenché en interne sur l'opportunité soit de revenir à une alliance « classique » PCF-PS et divers gauche, soit de poursuivre la stratégie du Front de Gauche en l'élargissant à d'autres formations politiques, soit de proposer des listes PCF indépendantes.

Dans les régions où les fédérations du PCF ont majoritairement opté pour des listes d'union PS-PCF (notamment en Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne et Lorraine), des adhérents du PCF sont rentrés en dissidence afin de soutenir la construction de listes unitaires à la gauche du PS.

Notes et sources[modifier | modifier le wikicode]